Croque-Monsieur et Marcel Mithois: une comédie légère dans le Paris des années 60 à nos jours

Dans le paysage du boulevard, l’un des plus grands succès des dernières décennies resurgit sous les traits de Fanny Ardant : une veuve fantasque, amoureuse de la vie au-delà de toute morale, qui va et vient entre rire et mélancolie. Coco Baisos, bourgeoise iconoclaste, cherche obstinément un nouvel époux riche pour sauver son train de vie et échapper à la ruine, avant que les rumeurs de son infortune ne se répandent dans Tout Paris. Cette figure de femme se déploie au cœur d’un vaudeville à l’allure de comédie musicale, où les chansons - écrites par Alex Beaupain, compositeur fétiche du cinéaste Christophe Honoré - accompagnent les répliques et les gags.

Marcel Mithois, adaptable et malicieux, fait surgir une trame qui, selon les critiques, repose sur une formule éternelle du genre: rire, légèreté et tendresse pour les jeux insouciants du monde, avec une volonté de divertir qui ne cherche pas à trop moraliser. Le premier mérite de Mithois est de laisser à des figures théâtrales telles que la Vieille Dame de Dürrenmatt et d’autres pour ne s’occuper que de notre gaieté d’un soir; le second, d’entretenir cette joie de bout en bout par des recettes simples et efficaces. Les dialogues, discrets et directs, soutiennent le rythme sans chercher à imposer une pensée lourde, afin que le rire circule et que les comédiens puissent exprimer leur comique propre.

Illustration de l’affiche de la pièce et du décor de cabaret

La distribution réunit des comédiens de talent qui participent à l’élan comique: Jacques Dynam en policier égrillard, Hubert Deschamps en valet de chambre littérateur, et Henri Virlogeux en benêt traversé par la débauche. Libérés par l’auteur et par Jean-Pierre Grenier, ces personnages entraînent le public dans le cabaret, leur royaume, où l’on suit avec plaisir les évolutions des situations et des répliques. Dans le Paris des années 1960, Coco Baisos se retrouve veuve et désargentée pour la cinquième fois, et c’est dans ce cadre que se noue une dynamique particulière entre l’argent et le cœur, entre la comédie et le melodrame léger.

Pour la rentrée théâtrale 2016, Fanny Ardant est dirigée par le metteur en scène Thierry Klifa, avec lequel elle a déjà collaboré sur d’autres pièces. Le metteur en scène propose une pièce lente et parfois qui peut paraître ennuyeuse selon les perceptions du public, avec des répliques parfois peu comprises lorsque les comédiens sont de dos. Néanmoins, l’arrivée de Bernard Menez apporte une diversion salutaire et enclenche l’animation nécessaire pour redonner vie au spectacle. L’interprétation de Fanny Ardant est décrite comme vive et drôle, portant la pièce dans un ton légère et chaleureux, même si certains critiques évoquent un casting irrégulier et une action prévisible.

  1. Le mélange des genres: vaudeville, comédie musicale et satire légère du milieu bourgeois.
  2. La figure de Coco Baisos: une femme qui se réinvente sans renoncer à ses habitudes.
  3. La place du cabaret et de la magie des chansons d’Alex Beaupain dans le rythme général.
  4. Le travail des interprètes: Ardant, Menez et les seconds rôles qui donnent le tempo de la pièce.

Le parti pris général du dispositif est de préserver la joie et l’énergie du rire, tout en permettant aux comédiens d’exprimer leur esprit comique. La pièce, considérée par certains comme « vieillotte » et dont l’action demeure prévisible, continue néanmoins à séduire par son apparat de spectacle et par les moments où le public est emporté par l’élan collectif. Julia Faure et d’autres interprètes interviennent sur des volets variés du théâtre contemporain, rappelant que même lorsque le texte se situe dans une veine nostalgique, la mise en scène peut offrir des instants de magie et de fête sur les planches.

Graphique illustrant l’évolution du théâtre boulevardie

À travers ce Croque-Monsieur métaphorique, Mithois et ses interprètes jouent avec les codes du vaudeville, en prolongeant l’esprit des années 60 tout en s’inscrivant dans une réception contemporaine. Le divertissement est l’objectif: faire rire, divertir et offrir un moment d’insouciance, tout en laissant une porte entrouverte sur des questionnements plus délicats concernant le rapport des femmes à l’argent et au pouvoir dans la société.

Ce texte vous est offert pour explorer les contours d’une pièce qui mêle arts du spectacle et théâtre populaire, avec des choix de mise en scène et des performances qui restent, malgré quelques critiques, au service d’un plaisir immédiat et communicatif.

Le dada ou dadaïsme, c'est quoi ? - Une histoire de l'art | Episode 1 | Wladimir autain |

Notes et extraits critiques

  • Note originale et réussie de cette mise en scène, les acteurs chantent des chansons écrites par Alex Beaupain, compositeur fétiche du cinéaste Christophe Honoré.
  • La qualité des répliques et le rythme soutenu sont mis en regard des critiques qui évoquent une lenteur possible du récit.
  • Le duo Ardant-Menez est souvent cité comme point fort du spectacle, apportant énergie et éclats comiques.

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