Consommation de viande bovine dans le monde: statistiques et perspectives

Depuis dix ans, la consommation de viande bovine augmente dans les pays en développement, mais reste globalement stable dans les pays développés. Dans l’Union européenne, la consommation totale et par tête a diminué sur la dernière décennie avec des évolutions variables selon les Etats membres. Les perspectives à moyen et long terme suggèrent que les échanges mondiaux de viande bovine devraient augmenter, mais l’UE ne devrait pas en tirer profit pleinement en raison d’une compétitivité-prix relative. L’équilibre du marché communautaire est très sensible aux évolutions de la production, des importations, de la consommation par tête et des exportations subventionnées.

Perspectives globales de la demande et de la production

Selon le rapport Perspectives agricoles 2025-2034 OCDE-FAO, une croissance de la consommation mondiale de produits animaux est attendue, avec une hausse d’environ 47,9 Mt en dix ans. La consommation mondiale de viande devrait progresser de 47,9 Mt, soit une augmentation moyenne de 0,9 kg par habitant et par an en équivalent poids comestible au détail (epd). Dans le détail, c’est la volaille qui progresse le plus rapidement (+21%), devant la viande ovine (+16%), la viande bovine (+13%) et la viande porcine (+5%) d’ici 2034.

Par habitant, la consommation totale de viande ne devrait progresser que de 3% pour atteindre 29,3 kg epd par habitant/an, avec une « croissance moitié moins élevée qu’au cours de la décennie précédente ». La croissance est particulièrement soutenue dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure; 45% de la croissance se produira dans ces pays.

La viande bovine devrait atteindre 84 Mt epc (équivalent carcasse) au cours de la prochaine décennie, restant stable autour de 6 kg epd par habitant et par an. La hausse est plus prononcée dans les régions Moyen-Orient et Asie, tandis que l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Océanie pourraient connaître les baisses les plus marquées par habitant, en raison de la hausse des prix.

Évolution régionale et dynamique par espèce

La volaille demeure le principal moteur de la hausse de la consommation mondiale de viande, représentant une part croissante des protéines carnées et des volumes supplémentaires à produire. La volaille devrait fournir 62% du volume total de viande supplémentaire produit entre 2024 et 2034. Cette tendance est soutenue par son coût relativement bas et son profil nutritionnel favorable, mais elle fait face à des obstacles comme les flambées de grippe aviaire et des défis environnementaux et sanitaires liés à l’usage des antibiotiques et au bien-être animal.

La viande porcine connaît une reprise après les perturbations liées à la peste porcine africaine (PPA). Elle représente environ 13% des quantités supplémentaires de viande produites dans le monde à l’horizon 2034, avec une forte croissance en Asie et des mutations selon les régions.

Pour la viande bovine, la production mondiale est amenée à augmenter grâce à l’amélioration des poids à la carcasse, à une commercialisation plus efficace, à de meilleures pratiques de gestion des troupeaux et à des investissements dans les infrastructures. La Chine est appelée à apporter la principale contribution à cette hausse pour satisfaire sa consommation intérieure, suivie par l’Inde et les autres grands producteurs.

Des échanges internationaux au ralenti, des prix en hausse pour les ruminants

Les échanges mondiaux de viande devraient croître après une légère baisse initiale liée au rebond de la production chinoise après l’épidémie de PPA, puis reprendre à un rythme plus modéré que durant la décennie précédente. À l’horizon 2034, le Brésil, l’Union européenne et les États-Unis pourraient concentrer plus de la moitié des exportations mondiales, leur part restant stable au cours de la période. L’Australie et la Nouvelle-Zélande dominent toujours les marchés mondial des viandes ovines, en se réorientant vers des segments à plus forte valeur ajoutée en Europe et en Amérique du Nord.

En termes de prix, les viandes de ruminants sont prévues en hausse au début de la période de projection, en raison de la reconstitution des cheptels bovins et ovins, tandis que les prix des viandes non ruminants évolueraient à la baisse, soutenus par une croissance plus modérée de la production et une diminution des importations chinoises. À moyen terme, les prix réels devraient baisser par rapport à leur niveau actuel, grâce à l’amélioration de la productivité et à la baisse des coûts réels des aliments pour animaux. Les prix réels des viandes de ruminants pourraient culminer autour de 2027 avant de diminuer, et les prix des non-ruminants devraient finir environ 20% plus bas que le niveau de référence.

Éléments contextuels et facteurs structurels

La hausse du niveau de vie et l’urbanisation accélèrent la demande de protéines animales, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire et en Asie. L’augmentation de la consommation de viande est aussi associée à des transformations des régimes alimentaires et à des évolutions démographiques, avec une part croissante des volailles due à leur coût et à leur accessibilité. En Europe, la consommation par tête a tendance à diminuer, reflétant des évolutions de prix et des préférences alimentaires.

La sécurité alimentaire mondiale est étroitement liée à la disponibilité et à l’utilisation des aliments et à la stabilité des prix et des approvisionnements. Les pertes et gaspillages alimentaires restent significatifs, estimés à environ un tiers de la production alimentaire, avec des variations selon les étapes de la chaîne et les pays.

Notes et sources

Le document est basé sur les Perspectives agricoles 2025-2034 OCDE-FAO, qui décrivent les tendances, les évolutions récentes et les projections à moyen et long terme des marchés agricoles et alimentaires mondiaux. L’ouvrage souligne les contributions des pays membres et des organisations spécialisées et la nécessité d’une planification publique durable.

Carte des échanges mondiaux de viande bovine et évolution régionale
Catégorie Projection 2034 Variation moyenne par habitant Principaux moteurs
Viande bovine 84 Mt epc -6 à +0,62 kg epd/an selon les régions Croissance démographique et revenu, productivité
Viande porcine ≈130 Mt epc -4% par habitant Rattrapage post-PPA, demande régionale
Volaille ≈173 Mt pac +0,9 kg epd/an (global) Coût bas, profil nutritionnel, croissance étendue

État des lieux et projections: la consommation mondiale de viande a doublé depuis les années 1990, avec une montée rapide des volailles et une stabilisation relative de la viande bovine dans les pays développés. En Chine, la consommation par habitant a fortement augmenté; en Inde, elle reste modeste. La FAO souligne que la demande mondiale de protéines carnée progressera davantage dans les pays émergents et que l’urbanisation et l’augmentation des revenus demeurent les principaux moteurs de l’évolution des régimes alimentaires.

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