La pâte, est une technique à part entière de pêche de la carpe au coup. Par contre, c’est en été, quand les poissons sont avides de nourriture, que cette pêche de la carpe au coup est très productive et excitante. Les mélanges peuvent être mouillés de différentes façons, de très sèche à très mouillée, suivant les conditions de pêche et les utilisateurs. Cette pâte peut-être amené sur le coup de différentes façons suivant sa texture. En utilisant une micro-coupelle dans le cas de pâte très molles ou grâce à un collier « Colring » pour des pâtes plus fermes. Habituellement, cette pêche de la carpe au coup pratiquée pendant la belle saison est relativement facile, les poissons arrivant très vite sur l’amorçage constitué d’une ou deux coupelles de pellets durs et de quelques morceaux de pâte. On amorce régulièrement en amenant quelques pellets déposés sous la pâte dans la micro-coupelle.
La pâte est à la fois une esche et une amorce. Une bonne boulette de pâte va en effet enrober l’hameçon, dégager son arôme et, en se délitant, expulser peu à peu des particules très appétentes. Attirées, les carpes viennent alors fouiller le tapis qui se forme peu à peu sur le fond et certaines vont gober l’hameçon sans même s’en rendre compte. En théorie, le procédé est imparable. Mais la mise en pratique demande de la précision, canne en main mais aussi dans l’élaboration de la recette, son mouillage surtout. Trop dure, la pâte ne travaille pas et reste inerte sur le fond ; trop molle, elle ne tient pas bien sur l’hameçon.
La principale difficulté de cette pêche est de ferrer au bon moment, ne pas ferrer sur les tremblotements, les petits mouvements du flotteur, mais de ferrer sur les touches très franches, les remontées de flotteurs. Efficace l’été, la pâte permet de sélectionner les plus grosses carpes. Carl exploite toujours plusieurs coups amorcés, dont certains au ras de la berge d’où il n’est pas si simple d’extraire un beau spécimen en force. Prêt à l’emploi ou fait-maison, il existe de nombreux mix efficaces. C’est la texture qui est plus difficile à maîtriser. Car quelques gouttes d’eau de trop dans un mélange qu’on ne maîtrise pas et il n’agit et ne tient plus de la même façon.
Pour comprendre et optimiser cette approche, Carl Williams, grand spécialiste anglais, livre ses recettes et conseils. « J’utilise deux recettes en alternance sur un même coup », précise-t-il. Le premier mélange, classique, est parfait et accepte quelques approximations au niveau du mouillage tout en offrant une excellente tenue à l’hameçon. Le second est plus particulier, moins actif et aussi très sélectif. »
Le premier mélange repose sur deux ingrédients. Sa préparation est enfantine et la texture obtenue idéale. Il peut être utilisé dans n’importe quelle situation de profondeur, à courte, moyenne et même longue distance. La seconde pâte, moins conventionnelle, est à base d’un ingrédient dont les carpes raffolent: le luncheon meat, un pâté de jambon très anglais. Le mix de Carl est un mélange de pellets extrudés et expansés broyés, peu importe la marque. Il broie une part de pellets expansés et deux de micro-pellets (2 mm). Il noie ensuite le tout dans un récipient, en laissant dépasser 1 cm d’eau, et laisse reposer entre 30 et 40 minutes.
Deux coupelles sur un même scion : à droite, celle qui contient la boulette de pâte qui enveloppe l’hameçon, et à gauche, une seconde garnie d’un peu de maïs doux afin de maintenir l’attractivité du coup. Il utilise ces deux mix en alternance. Le premier pour créer un appel, le second permettant de sélectionner les plus gros poissons une fois qu’ils se sont bien installés. Ces deux recettes sont particulièrement efficaces à la belle saison, dès que les eaux ont commencé à se réchauffer. La présentation compte aussi beaucoup, bien sûr. La boulette de pâte doit être visible, accessible, et toujours reposer sur le fond. Le poids des boulettes varie entre 20 et 50 g, parfois plus, pour lester le flotteur et mieux indiquer les mouvements sur le coup.
La présence du flotteur semble anecdotique, mais il reste essentiel pour assurer un ferrage efficace. « Le flotteur garantit que mon montage est toujours à l’aplomb du scion », affirme Carl. Pour que le stratagème soit opérant, il faut dénicher un fond totalement plat, sans pente à proximité. Une petite table de 20x20 cm peut suffire. Concernant la ligne, le montage est simple mais chaque élément répond à des critères précis. Le nylon doit être solide et rigide; un 28/100 garantit une tenue de ligne et une lecture optimale des mouvements. La bannière est ultra-réduite afin d’obtenir une présentation à l’aplomb et un ferrage optimal. Carl utilise des élastiques Hydrolastic (Daiwa) rouge 3,3 mm et brun 3,5 mm pour garder les poissons sous contrôle et les ramener efficacement à l’épuisette. L’antenne remonte en surface au fur et à mesure de la dissolution de la pâte.
Pour éviter les casse, les liens entre le nylon et le flotteur sont soignés. Les flotteurs sont dépourvus d’œillet et le raccord entre le nylon et le flotteur se fait avec un tronçon d’Hydrolastic de petit diamètre. L’élastique creux remplit le même rôle qu’une gaine silicone, mais avec un maintien plus ferme et plus sûr. Attention à bien respecter les dosages en eau et à vérifier que la pâte ne soit pas trop liquide. Pour 100 g de pâte, 50 g de granulé Fish Maele, 10 g de Frolic, 15 g de chanvre moulu et 25 g de mie de pain. Recette propose aussi 250 g de Fish Maele, 20 g Bayby corn, 10 g chanvre et 20 g mie de pain. Réalisation: on moue tout, on passe tout au tamis, on mélange et on arrose progressivement jusqu’à obtenir une pâte malaxable; on prépare la pâte la veille et le lendemain elle tient bien à l’hameçon. Si nécessaire, ajouter du PV1. À chaque pêche, on remouille légèrement et on malaxe de nouveau. Cette approche est productive surtout en été et pratique en carpodrome sur le fond, avec des montages rigides et une présentation perpendiculaire au scion.
