Une fois toute la laine nécessaire cardée, j’ai pu passer aux échantillons de filage et de tricot. J’ai commencé par déterminer l’épaisseur approximative de la laine que je souhaite, en me basant sur le type de laine conseillé dans le patron utilisé comme base pour mon pull. Après les échantillons de filage, les échantillons de tricot. J’en ai fait un premier, tricoté avec des aiguilles 4 mm mais les motifs étaient trop grands à mon goût. J’ai donc refait des échantillons de fil un peu moins épais qui pourront être tricotés avec des aiguilles plus fines et donc faire de plus petits motifs.
Après deux heures de travail, le deuxième échantillon tricot est fait. Lors des échantillons de fil, j’ai fait des cartes de contrôle pour pouvoir reproduire le fil en grande quantité plus facilement. J’ai donc repris le carte correspondante au fil voulu (pour le fil blanc, c’est ici la carte du milieu). Sur ces cartes, j’attache un morceau de fil célibataire (un brin) et un morceau de fil retordu (2 brins). Armée de mes cartes de contrôle, j’ai pu commencer à filer en grande quantité. Une fois la laine bien lavée, j’ai pu passer à la teinture d’une partie de celle-ci. J’ai choisi d’utiliser l’oignon pour la teinture car j’aime la couleur lumineuse qu’il donne mais aussi parce que pour faire un « gros » projet comme celui-là, je préfère utiliser une matière tinctoriale que je trouve facilement, en grande quantité.

Sur ma cuisinière à bois, je peux mettre deux grosses casseroles, j’en profite donc généralement pour faire plusieurs étapes en même temps. Le deuxième jour, je vais faire le bain de teinture en faisant cuire les peaux d’oignon à petits bouillons pendant une heure. En même temps, je vais préparer la laine qui va être teinte en la mordançant. Pour ce projet, je mordance la laine au sulfate d’aluminium pour améliorer la tenue de la couleur mais aussi pour m’assurer d’obtenir la couleur voulue. En effet, il est tout à fait possible de teindre avec de l’oignon sans mordancer au préalable mais on obtient alors des nuances de bruns. Une fois la laine bien sèche, j’ai commencé à carder celle-ci. L’étape du cardage est indispensable pour faciliter le filage et le rendre plus régulier. En effet, lors du cardage, les petits déchets, tels que les fausses coupes (petits morceaux de laine) ou les débris végétaux les plus gros pourront être retirés. Le cardage, c’est aussi une façon d’ordonner un peu les fibres. Dans le cas des laines de couleurs, qu’elles soient naturelles ou obtenues par teinture, le cardage aide à homogénéiser la couleur. Puisque j’ai dû faire deux sessions de teinture, j’ai deux fois 150g de laine d’un orange légèrement différent.

06 avril 2026. Après avoir ouvert l’atelier, pendant plusieurs années, j’ai beaucoup créé pour les autres. Je faisais de la teinture, je filais, je tricotais et je tissais dans le but de créer de quoi installer sur mes stands lors des évènements auxquels je participais tout au long de l’année. Quatre ans plus tard, j’ai décidé de faire moins d’évènements. Première chose à faire: déterminer le modèle du pull. J’ai choisi d’utiliser le même modèle (patron) de mon premier pull sans manche, le Darroby de Sydney Roseweck. Mais contrairement au modèle d’origine, il n’y aura pas de torsade mais bien des motifs de couleurs différentes. Ceci me permet de déterminer, à la grosse louche, la quantité de laine dont je vais avoir besoin et donc le nombre de grammes de laine à laver.
J’ai ensuite été fouiller dans mes toisons sales pour trouver la perle rare. Pour faire un pull, on souhaite un fil chaud mais solide et pour ça, la laine qui va être filée doit avoir des propriétés particulières. Pour faire un fil solide, la première chose est de choisir des fibres suffisamment longues. Au plus les fibres de laine sont longues, au moins il y aura de petites extrémités de fibres qui ressortiront lors du filage. Moins de fibres qui ressortent, c’est moins de risque de bouloches et moins de risque de feutrage dans les zones à frottements (sous les bras par exemple). Pour avoir un fil de laine bien chaud, il faut que les fibres aient des petites ondulations. Ce qui donne sa chaleur à la laine, ce ne sont pas les fibres en elles-mêmes mais bien l’air qui est emprisonné entre celles-ci.

Viens ensuite l’étape de nettoyage de la laine. J’utilise plusieurs techniques de nettoyage. Pour ce projet, j’ai choisi de nettoyer la laine à l’eau chaude et au liquide vaisselle. Je ne lave la laine à l’eau chaude qu’en hiver, quand je fais chauffer l’atelier à l’aide de ma cuisinière à bois. Je profite que celle-ci soit chaude pour y faire chauffer de l’eau de pluie, ce qui me permet d’économiser pas mal d’énergie. L’hiver, c’est également le moment de l’année où nous avons beaucoup d’eau de pluie. Ça tombe bien car pour nettoyer + ou - 300g de laine, j’ai besoin de 40l d’eau. J’utilise du liquide vaisselle car ça dégraisse bien et j’aime travailler une laine bien dégraissée. Je choisis du liquide vaisselle bio pour limiter mon impact sur l’environnement mais aussi parce que c’est plus doux pour la laine.
La teinture végétale à l'oignon avec Latifa et Fatou
Cet atelier est ouvert à toutes celles qui aiment créer, partager, s'amuser, rire... et jouer avec les tissus, fils, rubans... Nouveau programme... Initiation au crochet. Révision des points de base, apprendre à lire un schéma et à réaliser un granny (carré crocheté). Découvrir l'art d'assembler des morceaux de tissus, de formes couleurs et textures différentes, pour réaliser de magnifiques pièces textiles. Pour toutes celles qui souhaitent se lancer dans le tricot ou celles qui ont besoin de conseils, trucs et astuces. Contactez-nousN'hésitez pas à nous contacter pour toute demande ou réservation d'atelier. Localisation Cocottes et fil, Spa, Liege, Belgique. Des ateliers pour tous les niveaux. Partagez un moment créatif autour du tricot et de la couture.
Éléments techniques et choix du fil
Pour faire un pull, on souhaite un fil chaud mais solide et pour ça, la laine qui va être filée doit avoir des propriétés particulières. La fibre doit être suffisamment longue pour limiter les extrémités qui ressortent lors du filage et minimiser les bouloches et le feutrage dans les zones de frottement. Les fibres longues et ondulées permettent d’obtenir une meilleure isolation thermique, l’air emprisonné entre les fibres contribuant à la chaleur.
Après le cardage, la laine est prête pour le filage et le tricot. Le choix du modèle et du patron guide la quantité de laine nécessaire et le type de motifs à obtenir, que ce soit des torsades ou des motifs colorés issus de différentes teintes.
| Étape | Description | Notes |
|---|---|---|
| Préparation | Cardage pour enlever déchets et ordonner les fibres | Homogénéise les couleurs lors des teintures |
| Teinture | Teinture à l’oignon, mordance au sulfate d’aluminium | Deux sessions de teinture; la mordance améliore la tenue |
| Filage | Échantillons, cartes de contrôle, fil célibataire et fil retordu | Reproduction en quantités importantes possible |
En somme, ce parcours montre comment passer de la toison brute à un fil prêt à tricoter, en privilégiant une approche méthodique: échantillonnage précis, contrôle des coloris, mordance adaptée, et cardage minutieux pour obtenir un fil chaud et solide, adapté au patron choisi et aux motifs souhaités.