Au moment de quitter son labo, mardi 31, sur les coups de 18 h, Christophe Ménard a eu un petit pincement au cœur : on ne tourne pas dans l'indifférence une page aussi importante de sa vie. D'autant plus que La Chocolatière, à Tours, c'est une affaire de famille, que son père Jean-Claude avait bâtie pour lui donner une réputation nationale, avant de la lui transmettre en 2001.
Ce relais entre père et fils s'était passé de façon naturelle : « La pâtisserie, comme Obélix, je suis tombé dedans tout petit », confesse Christophe Ménard. « Quand mes parents étaient installés à Château-Renault, avec mon frère, on aidait au labo. On équeutait les fraises pour les tartes, on livrait les croissants le dimanche… »
Et quand il s'est agi de choisir un métier, la voie était toute trouvée. « J'ai fait mon apprentissage chez Pelletier à Paris, une grande maison à l'origine des Relais Desserts : j'ai eu la chance d'y côtoyer des Meilleurs Ouvriers de France. Puis je suis revenu à Tours pour travailler avec mon père : je me suis fait remuer les fesses ! C'était normal. Mon père m'a appris la rigueur, indispensable en pâtisserie, et le goût du travail bien fait. »
Passage en Belgique, trois ans chez un Meilleur Ouvrier de France : « On était plusieurs à se retrouver l'après-midi, une fois le travail terminé, pour apprendre à tirer le sucre. J'ai appris beaucoup là-bas. »
Puis retour en Touraine : « C'était l'époque où mon père démarrait sa boutique de Saint-Avertin, il ne pouvait être partout. Et son chef pâtissier venait de partir : il m'a proposé de prendre sa place. »
En 2001, Christophe a pris les commandes du bateau quand son père a pris sa retraite, assisté par son épouse Carole au magasin, succédant à Mme Ménard mère. Pourquoi clore ce chapitre ? « Être à la tête d'une entreprise comme La Chocolatière, c'est lourd : on gère une vingtaine de salariés, on discute avec les fournisseurs et les banquiers… On finit par consacrer son temps à autre chose que son métier de base. Et on ne sort plus trop du labo. Or, dans la pâtisserie, la progression se fait par les échanges. Il faut sortir, rencontrer d'autres professionnels, échanger avec eux. Arrivé à la cinquantaine, j'ai ressenti le besoin de passer à une autre étape de ma vie professionnelle qui me permette de faire tout ça. »
" Mon père m'a appris la rigueur indispensable " Christophe ne va donc pas abandonner le chocolat et la pâtisserie : « C'est ma passion, toujours intacte. Je vais travailler différemment. »
Les projets ne manquent pas : Christophe continuera à enseigner à l'École nationale de pâtisserie à Yssingeaux (Haute-Loire), formateur à l'étranger, fondation d'une école de pâtisserie… « Je vais me reposer un peu pour laisser mûrir tout ça. »
Le nom de Ménard continuera certainement à briller au firmament de la pâtisserie française. à suivre
La Chocolatière continue. Le départ de Christophe Ménard ne signifie pas la fermeture de La Chocolatière : la boutique de la rue de la Scellerie à Tours ne changera pas d'enseigne, les produits seront toujours élaborés dans le labo derrière la boutique. C'est Thibault Brunner, qui assistait Christophe Ménard depuis de nombreuses années, qui prend la responsabilité du labo. La page se tournera donc dans la continuité.
Chocolats signature et héritage
La biographie de Christophe Ménard est intimement liée à ses chocolats signature, fruit d'un savoir-faire transmis de génération en génération et enrichi par des expériences à Paris, en Belgique et en Touraine. Le lien avec son père Jean-Claude demeure une source d'inspiration et de rigueur, pierre angulaire de la réputation nationale de La Chocolatière.
Les créations emblématiques portent l'empreinte d'une pâtisserie tournée vers l'exigence: maîtrise du sucre tiré en Belgique, précision du travail en laboratoire, et une approche qui privilégie l'échange avec les professionnels pour faire évoluer les techniques et les recettes.

Parcours et influences
- Apprentissage chez Pelletier à Paris, près des Relais Desserts et des Meilleurs Ouvriers de France.
- Retour à Tours pour travailler avec son père et acquérir la rigueur du métier.
- Expérience en Belgique, apprentissage du tirage du sucre auprès de Meilleurs Ouvriers de France.
- Prise des commandes en 2001, succession à la tête de La Chocolatière.
- Élévation du laboratoire et transition vers une gestion plus stratégique de l’entreprise.
Christophe Ménard ne renie pas son passé; il souhaite plutôt l’intégrer à une nouvelle étape professionnelle qui permette de partager son savoir et d’ouvrir de nouvelles voies, notamment par l’enseignement et la création d’écoles dédiées.
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Impact et continuité
La Chocolatière ne cesse pas; Thibault Brunner prend le relais au laboratoire pour assurer la continuité de la qualité et des recettes historiques, tandis que Christophe poursuit ses engagements dans l’enseignement et des projets à l’étranger.
Le récit de Christophe Ménard est aussi celui d’un héritage qui se réinvente: un artisanat tourné vers l’échange, la rigueur et l’innovation, capable d’évoluer sans rompre avec ses racines familiales et son savoir-faire.
| Élément | Description |
|---|---|
| Lieu | Tours, La Chocolatière, boutique rue de la Scellerie |
| Succession | 2001 : Christophe Ménard prend les commandes; Thibault Brunner prend le laboratoire |
| Objectifs | Continuer l’excellence, transmettre le savoir, former et innover |
tags: #christophe #menard #chocolatier