Les premiers habitants du village, fondé dès 1785, sont venus de Langevin ou des alentours de Saint-Joseph, motivés par le développement de la culture du géranium dans ce secteur, dans les années 1850. L’emprise prospectée est une petite clairière, orientée est-ouest, d’une superficie d’environ 1 600 m². De nombreux vestiges de bâtis sont observables en élévation, pour la plupart des murs et murets de pierres sèches, relativement bien conservés, malgré la présence de nombreux chablis, notamment de filaos, et d’effondrements partiels. Montées sans mortier avec des pierres de moyen module, les constructions sont élevées de manière à s’adapter à de gros blocs rocheux présents naturellement sur le site. Les murs, de 60 cm d’épaisseur en moyenne, peuvent mesurer entre 50 cm et 1,30 m de haut.
Tout d’abord en arrivant sur le premier plateau, au milieu des quelques cultures fruitières qui restent, on aperçoit une case en tôle et des anciens emplacements d’habitation. A la place du kiosque, il y avait une école. Puis en continuant notre périple vers les hauts, on retrouve des traces de murs d’habitation au bord de la ravine des Sept Bras avec des plantations des anciens habitants comme le Califon fleur ornementale qui a envahi le secteur et le camélia qui servait de savon… Sur ce plateau vivait tout un village avec son école également. On a compté jusqu’à une soixantaine d’élèves dans les deux écoles.
Ces habitants vivaient en autarcie, les hommes descendaient jusqu’à Langevin pour vendre leurs productions, le géranium principalement, et acheter ce qui manquait dans les hauts. La route n’est arrivée à Grand Galet qu’en 1968. Leurs conditions de vie étaient rudes en particulier au moment de la période cyclonique. Marie Ducheman, nom de jeune fille Francomo, célèbre centenaire de Saint-Joseph est née le 6 janvier 1917 à Cap Blanc. « A l’origine cette population est arrivée à Grand Galet vers les années 1850. »
« Dans les années 1990, le village de Grand Galet « classé à 95% en zone d’aléas naturels très forts » devait être totalement délocalisé. (1) « À la Réunion, les Petits Blancs des Hauts désignent les premiers habitants des Hauts de l'île de La Réunion, dont la peau était claire et le statut social peu élevé. Pour pouvoir survivre, ces Blancs, descendants d'Européens, s'engagent au cours du XIXe siècle dans un mouvement de colonisation des hauteurs, jusqu'ici considérées comme inaccessibles et laissées aux Noirs marrons. Ils y trouvent un climat agréable qui encourage leur fixation mais n'empêche pas une forme de misère. (2) »
« Ils furent fatalement amenés aux cultures vivrières et à l'élevage par la nécessité de se nourrir, l'espoir aussi de pouvoir ravitailler les plaines sucrières et les villes. Puis, l'insuffisance des ressources et l'échec de l'autarcie les poussèrent à chercher un revenu supplémentaire dans les cultures destinées à l'exportation. Mais le climat excluait toute plante tropicale, l'éloignement et l’absence de routes, toute récolte pondéreuse et fragile, la pauvreté et la routine tout travail délicat ou astucieux. »
On sait que le problème fut assez habilement résolu par la culture des plantes à parfums, distillées sur place, et dont les essences, de très grosse valeur pour un très faible poids, peuvent se transporter facilement dans un sac à dos et sur les pistes escarpées. Ils cheminent sous les filaos, continuent sur le sentier dans la forêt de bois de couleurs jusqu’à Grand pays et montent par les lacets. Ils poursuivent sur une ancienne coulée de lave de la ravine Grand Sable et sur le sentier recouvert de scories vers le sommet du rempart. Les paysages sont grandioses et variés, offrant des points de vue impressionnants sur tout le Grand Pays et la Plaine des Sables située entre 2 250 et 2 350 m d’altitude, recouverte de lapillis scoriacés issus des éruptions récentes du Piton Chisny et du Piton Haüy.
Étape par étape, la randonnée décrit un itinéraire historique et naturel, avec balises et étapes: Etape 1 : 2 300 km, Balise Citerne. Etape 2 : 1 600 km, Balise Cap Blanc. Etape 3 : 3 500 km, Etape 4 : 2 200 km, Etape 5 : 2 400 km, Balise Plaine des Sables - Route Forestière du volcan. À l’exception des habitants de Saint-Joseph, voire de ceux de l’écart de Grand Galet - et les randonneurs - peu de gens connaissent l’ancien village de Cap Blanc. Ancien, car il n’existe plus aujourd’hui, totalement déserté un peu après le milieu du 20e siècle suite à diverses intempéries : passage de plusieurs cyclones (dont le terrible cyclone de 1932 : 90 morts ; plus de 40 000 sinistrés), nombreux éboulis…
Les habitants se sont retrouvés particulièrement isolés. Le quartier ou « petit village » de Cap Blanc, situé entre Grand Galet et la Plaine des Sables, est particulièrement éloigné de Saint-Joseph et difficile d’accès. Il a été fondé en 1785 d’abord dans le fond de la rivière Langevin par Joseph Hubert, qui fut longtemps Maire de Saint-Joseph. Ce premier village se situait à un peu plus d’un kilomètre du village actuel. On peut encore aujourd’hui observer quelques anciens petits murs ou murets en pierres, parfois plutôt bien conservés, souvent recouverts de filaos et de racines. Les premiers habitants vivaient quasiment en autarcie, trop éloignés de Saint-Joseph.
Au milieu du 19e siècle, ce village a compté plusieurs centaines d’habitants au moment de l’âge d’or de la culture du géranium (distillation). Ceux-ci venaient essentiellement de Langevin et des alentours de Saint-Joseph. La proximité de Grand Galet (7 à 8 km tout de même) permettait à certains enfants d’aller à l’école. La population était pauvre, vivant essentiellement de quelques cultures, d’arbres fruitiers locaux, de quelques volailles. Pas de médecin bien sûr : « à l’époque, c’était surtout les plus riches qui profitaient du médecin, dit Marie-Estella Benard, et la ville était trop éloignée. »
Cap Blanc est aujourd’hui bien connu des randonneurs pour la difficulté du sentier, mais surtout pour la beauté des paysages. En se baladant ou en randonnant, on trouve encore ça ou là une vieille case en tôle. Très souvent, on peut observer des truites nageant dans une rivière aux eaux limpides. Les filaos sont impressionnants, la rivière et ses cascades sont magnifiques, les paysages très variés, et on se trouve entouré de remparts. Le témoignage de Marie Estella Benard raconte la pauvreté et les aides locales, avec des journalières et des enfants aidant dans la case et sur l’habitation en échange de nourriture.
Pour ceux qui aiment se baigner, le sud sauvage de La Réunion offre parmi les plus beaux sites de l’île, notamment les rives de la rivière Langevin. Se rendre à Saint-Joseph, longer la rivière et passer la cascade de Grand Galet mène après une vingtaine de minutes de marche sur le sentier de Cap Blanc. Attention, ce sentier marron couvert de racines de cryptomérias est très glissant. Il est conseillé d’enregistrer le numéro du PGHM et d’avertir ses proches avant le départ. La randonnée est décrite comme une expérience exigeante et spectaculaire, avec une longue marche, des paysages variés et des zones de repos le long du chemin.

Balade du coté de cap blanc, cascade Grand galet et bassin caché à Langevin sur l'ile de la Reunion
Cette fiche randonnée décrit l’itinéraire des sentiers gérés par l’ONF et rappelle les précautions liées à l’accès et à l’état des sentiers. Le parcours met en valeur les paysages, les vestiges et les difficultés du terrain, offrant une vision détaillée de l’histoire humaine et géologique de Cap Blanc et de Grand Galet.
| Lieu | Description | Date et faits marquants |
|---|---|---|
| Cap Blanc | Premier village fondé en 1785, autarcie, culture du géranium au 19e siècle | Fondation 1785; âge d’or du géranium |
| Grand Galet | Village relié par la route en 1968, fréquentation des randonneurs | Route arrivée 1968; cyclones et éboulis |
| Plaine des Sables | Territoire basaltique, panoramas remarquables | Altitudes 2 250-2 350 m; lapillis et scories |
Le récit de Cap Blanc mêle histoires humaines et paysages spectaculaires: remparts, rivières, forêts de filaos et cascades, dans un cadre où l’autarcie des habitants côtoie la rudesse des conditions climatiques et des cyclones répétés. La randonnée devient alors une manière d’évoquer et de comprendre cette histoire vivante, entre mémoire collective et géographie volcanique.