Bonjour tout le monde !! J’espère que vous allez tous très bien en cette journée. Je suis actuellement posée dans mon jardin, à vous écrire au doux son des cigales. Je ne suis pas en vacances avant plusieurs semaines mais en cette période j’aime lire des romans plus légers. Après l’avoir vu partout sur les réseaux sociaux cet été, je me suis lancée dans la lecture d’Agatha Raisin de M.C. Beaton. J’ai commencé avec le tome 1 : La quiche fatale.
Pitch et incipit : une retraite pas si tranquille
Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Cotswolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Mrs. Agatha Raisin était assise à son bureau désormais vide de South Molton Street, dans le quartier de Mayfair, à Londres. De la réception lui parvenaient le bourdonnement des conversations et le tintement des verres du personnel qui s’apprêtait à lui faire ses adieux. Car Agatha prenait une retraite anticipée. Elle avait bâti son agence de relations publiques au prix de longues années de dur labeur, laissant loin derrière elle la petite fille d’ouvriers de Birmingham qu’elle était autrefois.
Ayant vendu pour une somme rondelette son agence londonienne de relations publiques, la self-made-woman cinquantenaire Agatha Raisin, originaire des quartiers les plus pauvres de Birmingham, a acheté un charmant cottage dans un petit village situé au cœur des Costwolds, région de collines à une heure et demie à l’ouest de Londres, fort touristique et particulièrement à la mode désormais.
Le déclencheur : le concours de quiches
Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Elle s’inscrit au concours de la meilleure quiche, sauf qu’elle ne sait pas cuisiner. Alors elle part à Londres acheter une quiche chez un traiteur qu’elle affectionne particulièrement. À la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur.

Ton et rythme : un cosy mystery détendu
Le synopsis de départ est celui-ci mais ne vous attendez pas à une « vraie » enquête policière avec du suspense, des indices, des interrogatoires intenses, comme on peut le voir dans d’autres romans de ce genre littéraire. Là c’est plutôt tranquille, je dirai que c’est une enquête policière sur fond de rythme de croisière. Rien ne presse, on cherche des indices comme on peut, on flâne, on visite, on papote à droite à gauche. Rien de bien méchant mais c’est pour vous dire que si vous recherchez un vrai roman policier avec le suspense et l’intrigue comme dans un roman d’Agatha Christie passez votre chemin. En revanche si vous avez envie de vous détendre, cette lecture est idéale.
J’ai eu beaucoup de mal avec le personnage d’Agatha, car je ne m’identifiais pas du tout à elle puis parce qu’elle me semblait antipathique et égocentrique. Je ne lisais pas le livre pour l’intrigue car le coupable m’importait peu, je le lisais car il est très chill. Il y a beaucoup de digressions sur sa vie, son quotidien, ses rencontres, ses repas, ses projets et finalement on s’attache à cette femme qui ne fait rien pour l’être. Certains passages sont comiques et décrivent une Angleterre charmante par ses villages et la proximité entre les habitants.
Personnages : Agatha et la galerie du village
Agatha, notre héroïne, est présentée sur la quatrième de couverture comme un sacré phénomène. Le lecteur pourra être déçu de ne pas vraiment retrouver cela de manière constante au long du roman. Davantage sans doute que la galerie de portraits qui se met en place dès ce premier épisode, galerie pour laquelle M.C. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Une héroïne égocentrique qui n'a pas sa langue dans sa poche.
Du côté des personnages, rien de bien transcendant ! La plupart d’entre-eux manque cruellement de profondeur. Roy, l’ancien employé d’Agatha se distingue par son extravagance, mais reste, à mon avis, encore trop lisse. La multitude d’habitants de Carsely, le petit village où emménage Agatha peut être troublante et parfois difficile à suivre. Eux aussi restent assez plats et, mis à part leur rôle dans le roman (quoique certains fassent un peu figure de plante verte), ils ne sont pas assez creusés, présentés correctement au lecteur.

Style, écriture et rythmes des chapitres
À la découverte du style d’écriture de M.C. Beaton, j’ai été assez surprise et pas immédiatement accrochée. Les premières pages mettent du temps à nous embarquer dans l’univers d’Agatha Raisin et j’ai été assez déçue par la description, un peu longue, du début de roman. J’ai lu la plus grosse partie de ce roman à l’ombre d’un palmier sur la plage un matin. Je l’ai lu très rapidement car les chapitres sont dynamiques, les personnages secondaires sont géniaux, j’ai tout particulièrement aimé Roy un ancien salarié d’Agatha Raisin.
L’enquête en elle-même est simpliste, mais on prend plaisir à voir apparaître de nouveaux indices ou à se faire prendre au piège. L’enquête passe assez vite au second plan (durant à peu près la première moitié du roman) car elle stagne pas mal. Néanmoins, même si l’on devine assez vite comment va se résoudre l’enquête, on est happé par les mots de M.C. Beaton, qui nous emmène, malgré tout, dans un univers assez dingue, avec des personnages tout aussi fous. Agatha joue le rôle d’enquêtrice, un peu contre l’avis du policier en charge du dossier, et cela va lui apporter un certain nombre de péripéties, qui font la crème du roman, tout en distrayant le lecteur (plus d’une fois, je me suis prise à sourire…).
Acorn TV Original | Agatha Raisin Trailer
Contexte éditorial et parcours de l’autrice
Marion Chesney Gibbons, née Marion McChesney, en 1936, à Glasgow, a été libraire puis critique de théâtre, journaliste et éditrice. Auteur de nombreux romans policiers, romans d’amour et récits historiques sous son nom et sous de nombreux pseudonymes, elle est notamment connue pour ses séries policières humoristiques Agatha Raisin, et Hamish Macbeth, publiées sous le pseudonyme de M. C. Beaton. Il aura fallu attendre 24 ans pour qu'Agatha Raisin débarque chez nous. « La quiche fatale », publié en 1992, est le premier titre d'une longue série qui en compte 28. M.C. Beaton est l’un des nombreux pseudonymes de Marion Chesney, autrice prolifique décédée en 2019.
Pour qui est fait ce livre ?
Si vous avez envie de vous détendre, cette lecture est idéale. Ça faisait un petit moment que je n’avais pas lu de roman d’enquête. J’étais dans une vraie période fantastique, young-adult et tout le blabla alors ce cosy-mystery léger était parfait pour changer. Une bonne lecture, mais qui aurait été encore plus appréciée en automne ou en hiver, je trouve que ça se prête plus à la lecture de ce roman, plutôt cocooning sans prise de tête, drôle et léger.
La quiche fatale est mon tout premier Agatha Raisin et certainement pas le dernier. Je ne lis pas la suite pour l’enquête et le suspense car ça risque d’être dans la même veine mais plutôt pour le moment de détente qu’il m’offre. Et vous, vous avez lu ce livre ? Si vous avez lu cette saga, ce sont lesquels vos tomes favoris ?
Extraits choisis
« On préleva une fine part de la quiche d’Agatha, comme de toutes les autres. Elle regarda son « œuvre » d’un air suffisant. Hourra pour la Quicherie ! Il ne faisait aucun doute que sa tarte aux épinards sortait du lot. »
« C’était la mienne, la meilleure. Mrs. Elle éprouva un sentiment de malaise. Elle n’aurait pas dû dire de vacherie à l’épouse du pasteur à propos du concours. »
Tableau récapitulatif
| Élément | Descriptif |
|---|---|
| Titre | La quiche fatale |
| Auteure | M. C. Beaton (Marion Chesney) |
| Genre | Cosy mystery, roman policier léger, chick-lit |
| Univers | Village des Cotswolds, Angleterre rurale |
| Ton | Humoristique, détendu, cocooning |
| Public conseillé | Lecteurs cherchant lecture légère et détente |
A lire sous un parasol.