Aujourd’hui, la vallée du Sambirano demeure un écrin naturel pour la culture du cacao depuis le XXe siècle, et c’est là que se nouent les liens entre les plantations et les chocolatiers malgaches.
Tout commence par les fermes comme Ambohimena Sud, sur lesquelles Chocolaterie de l’Opéra s’appuie pour produire les chocolats « Tannea » et garantir une traçabilité complète des fèves de cacao, de la récolte au traitement post-culture.
En 2018, Nicolas de Loisy signe un partenariat exclusif avec la ferme Ambohimena Sud, l’une des 8 fermes qui constituent la plantation MAVA, afin de soutenir une démarche écoresponsable et durable.
La plantation MAVA s’étend sur près de 850 hectares et adopte une culture sous ombrage, avec replantation de cacaoyers plus résistants et un écosystème qui évite l’usage d’engrais et de pesticides grâce à des racines profondes qui apportent les nutriments nécessaires.
Les travaux de qualité portent sur un protocole strict: seules les cabosses arrivées à maturité sont ramassées, l’extraction du mucilage se fait manuellement, et le temps entre versement et fermentation est limité pour préserver les arômes.
Le processus se poursuit par six jours de brassage et un séchage minutieux sur de grands tiroirs exposés au soleil, afin de préserver les spécificités aromatiques et limiter le dessèchement brutal.
Chez MAVA, les femmes jouent un rôle central dans le travail et la gestion de la qualité, depuis la récolte jusqu’au tri final, démontrant une organisation équitable et efficace.
La chocolaterie Robert, présente à Madagascar depuis 1937, a considérablement diversifié sa gamme et propose des produits allant du thé-cao aux tablettes vendues en grandes surfaces, en passant par des créations dans des boutiques de luxe.
Selon Fredy Rajaonera, directeur général adjoint, « depuis 15 ans, nous recevons un meilleur ouvrier de France qui nous aide à développer de nouveaux produits entre tradition et modernité ». Les consommateurs malgaches et étrangers ont des préférences différentes, ce qui pousse l’entreprise à adapter ses produits pour l’exportation.
La marque Vaovao chocolate, diffusée aux États-Unis sous le même nom, incarne un goût moins sucré et s’adresse à une clientèle élitiste dans les épiceries fines, contrairement aux chocolats Robert visant une consommation plus courante à Madagascar.
Cadre socio-économique et enjeux du cacao malgache
Tout au long des décennies, les dynamiques du secteur cacao ont été influencées par les accords et les conditions locales, y compris les transitions politiques qui ont façonné l’environnement des affaires à Antananarivo et ses environs.
La gestion durable des plantations, le respect des travailleurs et les chaînes d’approvisionnement transparentes deviennent des priorités pour les acteurs qui veulent préserver la qualité et l’image des chocolats malgaches sur les marchés internationaux.
Le manque ou l’accès inégal aux marchés peut influencer les prix du cacao et, par conséquent, les marges des chocolatiers locaux, créant un enjeu crucial pour les exportations et les investissements nationaux dans le secteur.
En somme, le cacao malgache, avec des pratiques agricoles responsables et des partenariats stratégiques comme ceux de MAVA et de Chocolaterie de l’Opéra, cherche à concilier tradition et modernité pour répondre à une demande internationale tout en protégeant l’environnement et les communautés locales.
Aspects pratiques et visuels utiles
La vallée du Sambirano et la plantation MAVA offrent des exemples concrets de pratiques agroécologiques: ombrage, rotation des cultures, et un soin strict des étapes post-récolte qui garantissent la qualité des fèves et la durabilité du terroir cacao.

Madagascar: cacao recherché, planteurs mal payés
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