Entorse de la cheville: mécanismes, gravité, traitements et rééducation

Une articulation est composée d’os unis entre eux par une capsule et des ligaments. Malheureusement, il arrive que ces lésions ne cicatrisent pas correctement, laissant une cheville peu douloureuse mais franchement instable et rendant la marche sur terrain à peine accidenté difficile. L’appréhension est alors grande de vivre un nouvel épisode d’entorse. Les entorses à répétition sont le principal symptôme de l’instabilité de cheville. La cheville se dérobe (“elle me lâche docteur”), se tord, une chute pouvant faire suite. Les douleurs sont très importantes, particulièrement lorsqu’il s’agit des premiers épisodes. Cette douleur parfois syncopale laisse rapidement la place à un volumineux hématome sur le bord de la cheville (œuf de pigeon). La marche est possible mais douloureuse. Généralement, le patient a consulté, surtout pour la première entorse, craignant une fracture. Une radiographie a permis de s’assurer qu’il n’y avait pas de fracture associée aux lésions ligamentaires.

Le mécanisme de l’entorse est le plus souvent un mouvement forcé d’une articulation, au-delà de ses amplitudes normales. Cela va au minimum étirer abusivement les ligaments et au-delà les déchirer : micro-déchirures qui cicatrisent facilement ou déchirures plus larges nécessitant une contention plus longue. L’entorse de la cheville survient le plus souvent dans un mécanisme de torsion associant la flexion plantaire à l’inversion du pied, ce qui étire les ligaments du côté latéral et peut aller jusqu’à la rupture. Le ligament latéral externe est le plus souvent concerné, notamment son faisceau antérieur et son faisceau moyen. Plus rarement, l’entorse peut partir de la plante du pied vers l’extérieur, lésant le ligament latéral interne. Le ligament interne est le ligament deltoïdien. Lors d’un traumatisme en varus équin forcé, il peut survenir une rupture d’un ou de plusieurs faisceaux du ligament latéral, puis présente une impotence fonctionnelle et une tuméfaction externe (œuf de pigeon) plus ou moins rapidement apparait, de taille variable.

Les lésions vont principalement dépendre de l’état antérieur de la cheville et de la vitesse du traumatisme. Pour un même mouvement, une articulation déjà lâche va tolérer des amplitudes plus importantes mais subir peu de lésions, alors qu’une cheville bien tenue peut se déchirer rapidement. Cheville et cou-de-pied comprennent plusieurs articulations; décrire précisément les circonstances améliore l’inventaire des lésions et la performance du traitement. En cas de doute sur une lésion osseuse, une radiographie simple peut être utile pour évaluer l’atteinte articulaire et éviter des fractures associées. Dans les formes graves, un œuf de pigeon apparaît et l’appui est très difficile; il faut alors privilégier l’urgence et la consultation médicale.

Comment savoir si votre entorse est grave ?

Plusieurs degrés de gravité existent selon l’étendue des lésions du ligament et des autres structures du pied et du cou-de-pied. Entorse bénigne : étirement simple, pas de gonflement immédiat, pas d’écchymose (même le lendemain). On peut marcher sur le pied, mais la nuit est souvent douloureuse. Entorse de moyenne gravité : déchirure ou craquement ressenti, gonflement parfois immédiat, parfois apparition ultérieure d’un œdème et parfois présence de sang sous la peau. Entorse grave constatée d’emblée : craquement net, œuf de pigeon, appui très difficile, consultation urgente recommandée. En attendant, glace rapide, bandage en 8 modérément serré et surélévation de l’articulation, afin de faciliter la contention ultérieure. Méfiance : la déchirure peut toucher les fibres nerveuses et la douleur peut diminuer rapidement, ce qui ne signifie pas que le ligament est consolidé.

Le médecin peut évaluer les lésions via un interrogatoire, une palpation et, en cas de doute, une radiographie simple. Si besoin, des radiographies complémentaires ne sont réalisées qu’en cas de doute ou après 3 semaines pour vérifier l’absence de fracture qui pourrait être aggravée par des manoeuvres répétées.

Bien récupérer d'une entorse et prévention des complications

À long terme, les traitements des entorses de cheville ont évolué vers des approches fonctionnelles qui préservent la programmation de la marche et les circuits nerveux, favorisant une déambulation naturelle une fois la première semaine passée. Un protocole nommé GREC énonce: Glaçage, Repos, Élévation, Contention. Les anti-inflammatoires peuvent être utilisés avec prudence pour soulager la douleur, et la rééducation proprioceptive est essentielle pour restaurer la stabilité et prévenir les récidives.

La rééducation proprioceptive et les séances de kinésithérapie visent à réactiver les circuits réflexes qui assurent la stabilité de la cheville et le rattrapage des faux-pas. En cas de douleurs persistantes, ou de douleurs nocturnes, le médecin peut rechercher une algodystrophie et adapter le traitement. Une rééducation adaptée peut être démarrée dès le début et est indispensable dans les formes plus sévères.

Des décollements ou lésions associées (lésions cartilagineuses, lésion du ligament entre astragale et calcaneum) nécessitent un allègement prolongé de l’appui et des soins locaux spécifiques. Des entorses répétées ou une instabilité chronique peuvent nécessiter une intervention chirurgicale, comme une ligamentoplastie ou l’utilisation d’un ligament péronier pour reconstituer le plan ligamentaire. Avant toute chirurgie, la rééducation proprioceptive et la kinésithérapie restent des éléments centraux.

Complications et évolution sans traitement approprié

Sans traitement adéquat, la cicatrisation des ligaments peut être incomplète, conduisant à une instabilité chronique et à des épisodes répétés d’entorse. L’instabilité chronique peut favoriser l’apparition d’arthrose de la cheville sur le long terme, avec des douleurs et une perte progressive de stabilité sur terrain irrégulier. Une prise en charge tardive peut néanmoins nécessiter une chirurgie pour stabiliser la cheville et restaurer l’alignement.

Dans les cas les plus graves, la chirurgie repose sur une ligamentoplastie afin de restaurer un plan ligamentaire fiable et de permettre une reprise progressive des activités sportives. La période postopératoire comprend une immobilisation par botte pendant plusieurs semaines et une rééducation progressive avec kinésithérapie et parfois une hospitalisation en centre de rééducation pour les sportifs.

Glossaire et notions clés

  • Ligament : bande fibreuse reliant des os et guidant les mouvements articulaires.
  • Strapping : contention par une bande élastique pour limiter certains mouvements.
  • Système proprioceptif : sensibilité inconsciente qui informe sur la position de l’articulation et déclenche des ajustements musculaires.

Qu’est-ce qu’une entorse de cheville ? C’est un étirement ou une déchirure d’un ligament, assurant la stabilité de l’articulation. Le ligament latéral externe protège contre l’inversion; son déchirement peut varier de l’étirement à la rupture. L’œuf de pigeon est l’hématome externe typique lors d’une entorse grave.

  1. Repos, glace, élévation et immobilisation lorsque nécessaire pour favoriser la cicatrisation.
  2. Rééducation fonctionnelle et proprioceptive pour prévenir les récidives et restaurer la stabilité.
  3. Évaluation radiologique pour exclure une fracture et orienter le traitement.
schéma ligaments-cheville et œuf de pigeon

Exercices de rééducation pour soigner une entorse de cheville (Kiné)

Les mesures initiales incluent surélèvement du pied, glace, et parfois béquilles si l’appui est douloureux. Une immobilisation temporaire peut être nécessaire, puis une rééducation progressive est entreprise afin de restaurer les amplitudes et la stabilité. La reprise sportive dépend du type d’activité et du rétablissement individuel, avec une progression encadrée et une utilisation éventuelle d’une cheville légère ou d’un chaussage adapté.

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