Tim Burton, Helena Bonham Carter, Johnny Depp, voilà des noms qu’on a l’habitude de retrouver juxtaposés, en diverses combinaisons, car l’une est la conjointe du réalisateur, l’autre son acteur fétiche. On les retrouvera d’ailleurs cet automne (ou du moins leurs voix) dans The Corpse Bride, dont la bande-annonce burtonesque m’a mieux fait avaler les sucreries de Wonka. «Folie douce» sont les mots qui viennent à l’esprit lorsqu’on voit se déployer le monde-bonbon que recèle la colossale confiserie de Willie Wonka, avec sa rivière et sa chute de chocolat. »
«Gentil film» pourrait résumer mon appréciation de Charlie and the Chocolate Factory. Certes, comme dans le cas de Big Fish, ce n’est pas du Tim Burton à son meilleur (malgré un clin d’œil à Edward Scissorhands au tout début du film), mais la projection a dû me trouver bien disposé car j’ai presque tout aimé, et j’ai même supporté l’aspect comédie musicale (à petites doses, heureusement) et le quart d’heure lourdement «famille» de la fin. L’histoire (de Roald Dahl) est simple: l’usine géante du chocolatier Willy Wonka est un mystère pour tous, car on n’y voit entrer personne depuis que Wonka a congédié tous ses employés. Pourtant, ses friandises inondent les magasins, en particulier sa barre de chocolat «Scrumpdiddleumptious».
Un jour, Wonka organise un concours à l’échelle mondiale: cinq billets dorés permettront à cinq enfants de visiter la célèbre manufacture de chocolat. Une fille de riche, une fille de «Barbie» hyperactive, un nerd et un gros gourmand, avec parents assortis, se présentent pour la visite, ainsi que le petit Charlie Buckett, pauvre et sympathique, accompagné de son grand-père qui a jadis travaillé chez Wonka. Diverses péripéties - plus fantaisistes les unes que les autres - jalonnent la visite, la première découverte étant les hundreds d’Oompa Loompas, pygmées bruns à visage unique, que Wonka a ramenés d’Oompaland et qui lui servent de joviale main-d’œuvre. à la fin, un seul des enfants est destiné à gagner une récompense exceptionnelle; je ne gâche rien en énonçant l’évidence: ce sera le brave petit Charlie aux oreilles décollées qui, ni riche, ni ambitieux, ni goinfre, ni agressif, choisira de rester avec sa famille lorsque le milliardaire formulera son offre mirobolante.
J’ai parlé d’humeur au début de mon commentaire: j’aurais pu tout aussi bien mal supporter les images de synthèse peu détaillées et les effets numériques sommaires, ou les chorégraphies de petits clones marron, mais ce sont les acteurs qui ont emporté mon adhésion. Un suave Johnny Depp androgyne, hallucinant dans sa ressemblance avec l’Amélie Poulin d’Audrey Tautou, parcourt en funambule la fine ligne entre psychopathie et folie douce. Heureusement, à la différence d’un Michael Jackson auquel on songe immanquablement, Wonka semble avoir horreur des enfants. J’ai évoqué en début de texte les combinaisons d’acteurs gagnantes, et je suis sûr que la suivante n’est pas due au hasard: le petit Freddie Highmore avait joué face à Johnny Depp dans le film de Marc Foster Finding Neverland (2004), touchant hommage à James Barrie, le créateur de Peter Pan. Dans les deux films on est frappé par la solennité qui se dégage du regard de ce jeune acteur britannique.
Grâce à sa stature frêle (il avait quand même onze ans quand il a tourné Finding Neverland, et douze dans le film de Burton), il peut incarner des personnages beaucoup plus jeunes que lui, et leur donner une gravité remarquable. J’aime croire que, s’il a été consulté pour le projet, c’est Johnny Depp qui a recommandé le casting du talentueux Freddie. Ah oui, j’allais oublier de le préciser: Helena Bonham Carter joue le rôle de sa mère Buckett, spécialiste de la soupe aux choux, et Christopher Lee incarne le père (dentiste!) de Willy Wonka. Est-ce que Charlie and the Chocolate Factory sera encore à l’affiche lorsque vous lirez ces lignes? Probablement pas.
Mais je crois que vous pourrez louer le DVD sans regrets, et ce même si vous n’avez pas d’enfants à occuper, car il s’y trouve des clins d’œil aux adultes (dont un hommage tongue in cheek à 2001: A Space Odyssey). Question: faut-il vraiment une fillette irritante et criarde pour faire un bon suspense? Réponse: non, mais Spielberg peut se le permettre. Et prenez garde: quand Spielberg «adopte» un enfant acteur, c’est parfois pour plus d’un film. Dakota Fanning est habituée de se faire enlever par des extraterrestres (je pense à la télésérie Taken). War of the Worlds n’en est qu’au quart que déjà on a envie de crier à Tom Cruise: «Ouvre la portière de l’auto et cr… ta fille dehors!»
Parallèles et influences croisées
Il n’y a pas que Burton dans cette discussion: le récit croise des thématiques et des anomalies propres à son univers, tout en s’ouvrant à des synopsis plus larges sur la famille, la perte et la tentation. Dans War of the Worlds 2005, par exemple, les scénaristes s’en sont tenus au dénouement du roman de Wells, ce qui est annoncé dès le générique d’ouverture avec ses gros plans microscopiques de bactéries. Mais les incohérences du scénario: l’offensive des envahisseurs planifiée des milliers d’années plus tôt sans prendre en compte l’aspect sanitaire, ou les trajets des machines de guerre enfouies sous terre, gâchent le plaisir. Cependant, les images impressionnantes et les scènes de tension restent marquantes.
De même, The Skeleton Key se distingue par une atmosphère marécageuse et un suspense posé, où le mystère s’épaissit autour du rite hoodoo dans une demeure du bayou. Kate Hudson incarne Caroline, et l’ensemble ménage des révélations qui résonnent avec les thèmes du foyer et de l’hérédité, sans tomber dans les hurlements faciles du surnaturel. Cette approche différente du récit fantastique éclaire les choix esthétiques et narratifs des réalisateurs face à des récits somme toute similaires sur le plan thaématique.
Biographie et influence de Heath Ledger
Heath Ledger naît à Perth. Il est le fils de Kim Ledger, ingénieur, et de Sally Ledger Bell (née Ramshaw), professeur de français. Il a une soeur aînée, Catherine (dite Kate). Ledger obtient son premier vrai rôle en jouant dans la série américaine Roar. En 1999, Ledger apparaît dans la production hollywoodienne 10 bonnes raisons de te larguer et obtient également le premier rôle dans le film australien Two Hands, réalisé par Gregor Jordan. En 2005, il interprète un cowboy homosexuel dans Le Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee, qui remporte le Lion d’Or à la Mostra de Venise et de nombreuses autres récompenses. Durant le tournage de ce film, il rencontre l’actrice Michelle Williams avec qui il a, en octobre 2005, une petite fille Matilda, dont le parrain est Jake Gyllenhaal, qui joue le rôle de son amant dans le film. Après avoir interprété le Joker dans Batman - The Dark Knight, il débute le tournage de The imaginarium of Doctor Parnassus, de Terry Gilliam.
Dans The Dark Knight, Heath Ledger laisse une trace indélébile par son incarnation du Joker, solidifiant sa place dans l’histoire du cinéma contemporain. Son héritage demeure un exemple de polyvalence et d’audace dans le choix des rôles, parfois contrastés, qui ont marqué la décennie 2000. Même hors de l’univers Burton, son nom continue d’évoquer des performances profondes et emblématiques.

Charlie et la Chocolaterie | Bande Originale composée par Danny Elfman
Les films évoqués ici montrent comment des choix de distribution et de direction artistique peuvent influencer l’expérience du spectateur, que ce soit dans l’adaptation d’un roman emblématique ou dans la réécriture d’un mythe de l’horreur et du fantastique. Ainsi, Charlie and the Chocolate Factory demeure une pierre de choix dans l’étude des interactions entre producteurs, réalisateurs et acteurs, et comment ces dynamiques se reflètent dans l’interprétation des personnages et dans la réception critique du film.
Tableau récapitulatif des éléments clefs
| Film | Réalisateur | Atout principal | Lien avec Heath Ledger |
|---|---|---|---|
| Charlie and the Chocolate Factory | Tim Burton | Univers visuel extravagant, humour noir | Non directement impliqué; référence générale à l’univers Burton |
| The Corpse Bride | Tim Burton | Animation burtonienne sombre et musicale | Voix des acteurs associés au cast Burton |
| The Dark Knight | Christopher Nolan | Joker emblématique, tension psychologique | Ledger n’y participe pas mais son héritage influence les super-héros modernes |
En somme, la distribution et la direction artistique autour de Charlie et la chocolaterie offrent une fenêtre sur la manière dont les univers cinématographiques se croisent et se reconfigurent à travers les années, en mêlant sparkling fantasy, drames familiaux et performances inoubliables.
tags: #charlie #et #la #chocolaterie #distribution #heath