Un rite funéraire, rituel funéraire, rite mortuaire, des funérailles ou encore des obsèques, est un ensemble de gestes, de rites et de paroles et dans certains pays de danses, accompagnant l'agonie puis la mort d'un être humain pour lui rendre hommage et, en quelque sorte, l'accompagner grâce à une cérémonie.
Les anthropologues considèrent généralement que les rituels funéraires sont un des fondements du passage à la civilisation.
La nature du rituel varie selon l'époque, le statut social du défunt, les croyances d'une société, les conditions du décès et parfois selon la volonté du défunt.
L'étude rétrospective des rituels funéraires par les indices laissés dans les tombes, croisées avec d'autres éléments archéologiques, permet de délimiter l'aire géographique et parfois l'histoire de sociétés disparues.
Les funérailles et le deuil collectif sont aussi l'occasion de moments particuliers de sociabilité qui marquent l'histoire d'un groupe.
Un moment clé - pour un individu ordinaire - est l'embaumement (soins de thanatopraxie), la crémation ou l'inhumation et plus rarement l'immersion en mer, la cryomation, l'anthropophagie ou l'offrande du cadavre aux vautours.
Les personnages célèbres ont parfois droit à des funérailles « exceptionnelles ».
La nature de l'hommage ultime et collectif ainsi que la mise en scène de la cérémonie, et l'érection d'un monument laissé à la postérité, varient suivant les époques et les périodes.
La règle dominante est que les morts font peur, et le problème majeur est de s’en débarrasser, c’est-à-dire de les séparer sans retour du monde des vivants.
Pour certains scientifiques, les premières pratiques funéraires connues datent du Paléolithique inférieur.
Une des plus anciennes sépultures de la préhistoire se trouve dans la grotte de Qafzeh, Israël.
À partir du Néolithique, les structures funéraires deviennent de plus en plus élaborées.
Les tumulus sont parmi les plus anciennes marques que l'Homme a laissées sur le paysage.
La famille exprime sa peine en couvrant les cheveux de limon ; chaque membre se frappe la tête avec la main gauche.
Les hommes de la famille ne se rasent pas pendant 70 jours.
Les premiers essais de momification égyptienne datent d'environ 3000 av. J.-C.; la technique connaît son apogée au XVIe siècle av. J.-C.
Le corps est conduit dans l'atelier de momification; les prêtres-embaumeurs proposent à la famille plusieurs séries de momies, plus ou moins coûteuses.
Le Livre des morts est l'ensemble des papyrus contenant des formules magiques mis à l'intérieur du sarcophage.
Le corps est étendu sur un lit de pierre aux pieds ayant la forme de pattes de lion.
On injecte dans le crâne une résine par un entonnoir.
Le prêtre affublé du masque d'Anubis pratique une entaille au côté gauche et enlève les viscères sauf le cœur, car il sera pesé par Anubis dans l'au-delà.
Les viscères sont lavés avec du vin de palme puis du natron et conservés dans 4 vases canopes.
On peut aussi placer des oignons dans le corps, symbole de la renaissance.
Le bain de natron dure environ 70 jours pour préserver le corps sans le rendre cassant.
La plaie recousue est recouverte d'une petite plaque de cire d'abeille ou de métal, décorée d'un oudjat.
Le visage est maquillé, une perruque est parfois posée.
Il faut 150 mètres de bandelettes pour entourer le corps d'un adulte.
Les premiers sarcophages datent de 3300 av. J.-C.; sur le couvercle, les décorations représentaient Nout et l'œil oudjat.
Les Égyptiens situaient le royaume des morts sur la rive occidentale du Nil, là où se couche le soleil, et on transporte le corps du défunt avec un cortège de pleureuses.
Le convoi apporte des cadeaux et de la nourriture; la momie est couverte de fleurs posée sur un traîneau en forme de barque tiré par deux bœufs.
En tête de la procession se trouve un prêtre vêtu d'une peau de léopard qui écarte les mauvais esprits grâce à de l'encens, du lait et de l'eau du Nil.
Les gens sont habillés en blanc, la couleur du deuil en Égypte.
Un deuxième traîneau apporte les vases canopes.
Devant la tombe, le fils du défunt touche la bouche, les narines, les yeux et les oreilles du mort pour qu'il puisse retrouver ses sens.
Ce rite permet au ka et au ba de réintégrer le corps.
Ensuite, on fait généralement le sacrifice d'un bœuf.
La veuve embrasse la momie et lui donne un collier de fleur de lotus bleu, symbole du ciel.
Puis on l'enferme dans son sarcophage avec le Livre des morts.
On dresse des tentes devant la tombe pour un banquet et déguster le bœuf sacrifié.
Pour qu’une âme ne soit pas errante, il lui fallait une demeure.
Si elle n’était pas fixée dans un tombeau et alimentée par des offrandes, elle errait et devenait malfaisante.
Elle tourmentait les vivants et faisait des apparitions nocturnes pour rappeler la sépulture nécessaire.
Cette croyance a créé une règle de conduite: le mort a besoin de nourriture et de breuvage, et les vivants doivent satisfaire ces besoins.
À titre d’exemple, Patrocle dans l’Iliade est lavé puis oint et incinéré avec une obole dans la bouche pour payer le passage de Charon.
La mort sans sépulture empêchait le défunt de descendre aux Enfers et le forçait à errer dans l'Érèbe.
La Rome antique voit l’appartenance sociale influencer le faste des rites: riches incinèrent, pauvres ou esclave furent jetés dans des fosses sans cérémonie.
Ces rites évoluent avec l’abandon de la religion romaine au profit des cultes orientaux et du christianisme.
Dans la Normandie celte et gallo-romaine, l’usage était courant d’enterrer une personne avec une statuette en terre cuite d'une déesse-mère.
Les archéologues ont retrouvé des dizaines de ces objets.
Pour les bouddhistes, la mort fait partie du cycle de la vie et les proches restent sans douleur pour aider à une séparation sereine.
Au Laos, tenir une corde attachée au cercueil est un rituel appelé chungsob, en relation avec l'âme du défunt.
Cette corde ne sera pas incinérée et pourra être conservée par les moines; les fils d'attache jouent un rôle important dans les cérémonies.
Dans la tradition tibétaine, le corps du défunt ne peut pas être touché durant trois jours et demi pour que le processus reste intact.
Durant 49 jours après le décès, des bouddhistes font des rituels chaque sept jours, prières et offrandes; les bouddhistes vont plutôt dans les stupas et disposent près de l'autel des ancêtres.
Ils gardent des cendres du défunt mélangées à de l’argile pour fabriquer des figurines bénies au nom de la personne décédée.
Pour protéger les enfants morts, les bouddhistes invoquent Bodhisattva Jizô et prient surtout lors de la fête des Morts.
Dès les signes de l’agonie, il est recommandé de ne plus quitter l’agonisant et de ne pas hâter la mort.
Il est prescrit de réconforter l’agonisant et de ne pas prolonger l’agonie; les derniers souhaits et confessions peuvent être prononcés.
Sitôt le décès établi, il faut prévenir la Hevra Kaddisha et demander le transfert de la personne décédée à domicile pour la veiller en récitant des Psaumes.
Cette tâche est généralement confiée à un membre de la Hevra Kaddisha plutôt qu’à un proche.
La purification (tahara) est une toilette funéraire réalisée avec pudeur et respect par la Hevra Kaddisha.
Des prières et sections de la Bible peuvent être lues; après la toilette, la personne est revêtue de takhrikhim et déposée sur un lit de paille dans le cercueil.
En diaspora, il est de coutume d’y mettre une poignée de sable provenant de la terre d’Israël.
Une fois le corps purifié et vêtu, le cercueil est scellé, après que les proches ont demandé pardon à leur disparu sans le toucher.
Après la tahara, lorsque l’enterrement ne peut avoir lieu le jour du décès, on effectue une shemira du corps et la cérémonie est présidée par un rabbin.
Au cimetière, on escorte le cercueil jusqu’à la dernière demeure en marquant des arrêts; certains sonnent du Shofar lors de la résurrection des morts.
On ne salue et ne répond à personne jusqu’à la mise en terre.
Le levaya signifie accompagnement et se pratique sans fleurs ni couronnes et sans musique.
Dans la tradition ashkénaze, on récite une bénédiction en entrant au cimetière et on écoute le hesped lors de la réception dans la salle.
Le mort est déplacé les pieds vers l'avant et on récite le Psaume 91; des pelletées de terre sont jetées par le rabbin puis les proches et les assistants.
Une fois la fosse comblée, on récite le Kaddish lehidhadeta puis le Tzidouk Hadin et on console les endeuillés par une bénédiction spécifique.
En quittant le cimetière, certains arrachent une poignée d'herbe symbolisant la résurrection et se lavent les mains sans les essuyer.
Dans la tradition sépharade, on ajoute au Psaume 91 la prière de Rabbi Nehounia bar Haqana et, lorsqu'il s'agit d'une femme, le Eshet Hayil.
Avant la généralisation de l’inhumation chrétienne, les cimetières extra-muros accueillaient des urnes cinéraires, des sarcophages et des offrandes variées.
À partir du VIe siècle, la construction d'églises et de chapelles destinées à servir de tombeaux devient courante et reflète l'évolution des mentalités.
Les tombes gauloises comportent des objets tels que des chars, des armes et des récipients, illustrant les croyances en la métempsychose et la continuité socio-économique dans l’au-delà.
Les druides croyaient à la migration des âmes et au concept que l’âme se réincarne dans le corps suivant, avec un esprit relié au cosmos.
Après la défaite d’Alésia, les élites gauloises adoptent les modes romains et les nécropoles romaines ou gallo-romaines se situent près des cités, avec des inscriptions et des mausolées pour les riches.
Les tombeaux populaires et les épitaphes permettent d’entrevoir l’univers familial et les pratiques funéraires à l’époque impériale.
Les Gaulois croyaient en la réincarnation et en la poursuite des besoins après la mort, tandis que César note leur courage lié à cette croyance.
Les Gaulois démontrent une certaine continuité dans les pratiques sociales et les rituels autour de la mort.
Les pratiques funéraires romaines et gallo-romaines mettent en scène un dialogue avec les morts et l’hommage par les inscriptions et les offrandes.
Le culte des morts se déroule à deux moments de l’année: les Parentalia et le rituel domestique des Dieux Lares dans le foyer familial.
L’arrivé des rituels chrétien; l’incinération devient exceptionnelle et l’inhumation avec objets est progressivement restreinte au profit de la vénération du Christ.
La christianisation transforme progressivement les mausolées en églises paroissiales et les cimetières en lieux publics près des églises.

Le cimetière du Clos-Vendeuil révèle des tombes richement équipées et illustre les pratiques funéraires de l’Antiquité gauloise et de l’époque médiévale, avec des bijoux, des armes et des objets de prestige.
Une tombe gauloise illustre des pratiques d’inhumation et d’incinération avec des éléments de mobilier et des pratiques rituelles spécifiques.
Les Gaulois croyaient à la métempsychose et à la réincarnation des âmes, et les objets funéraires témoignent d’un maintien du prestige social dans l’au-delà.
Le musée archéologique de l’Oise organise des expositions dédiées aux rites funéraires pour comprendre l’Antiquité gauloise et l’époque médiévale.
Cette exposition met en évidence que les rites funéraires et les pratiques sociales restent liés au bonheur et au chagrin, et que leur étude révèle les notions de mémoire et de culte des morts.
Les premières traces archéologiques de comportements funéraires envers les défunts remontent à environ 80 000 ans avant notre ère.
Les fouilles récentes et les recherches archéologiques modernes montrent que l’archéologie de la mort est particulièrement riche et révèle des pratiques diverses à travers le temps et les cultures.