AvIs piece de theatre croque monsieur: une veuve ambitieux et les italiens du boulevard

Dans le Paris des années 60 et au-delà, Coco Baisos, veuve et milliardaire ruinée, tente de préserver son train de vie en cachant la mort de son époux et en recherchant un nouveau parti qui lui assure une existence confortable. La pièce, écrite initialement dans les années 60 et revisitée au théâtre des Variétés, suit cette femme de tête irrésistiblement gaie et fantasque qui passe sans honte de millionnaires en milliardaires afin d’échapper à la ruine. Le cadre intime et loufoque du salon bourgeois sert de décor à une comédie où l’argent et le charme se disputent le contrôle de l’intrigue.

Le texte, repris par Isabelle Mergault sous la direction d’Alain Sachs puis de Thierry Klifa, conserve le rythme et le ton corrosif de l’originale Croque-Monsieur. Coco, incarnée avec élégance et vivacité par Fanny Ardant, déploie une présence qui saisit le public et hisse la pièce au rang d’un divertissement théâtral à la fois léger et savoureux. L’assemblage des répliques et les moments musicaux, écrits et interprétés avec une voix veloutée, offrent à la salle une expérience de vaudeville musical et d’esprit bouffon.

Une distribution qui fait dialoguer le chic et le mordant

Fanny Ardant et Bernard Menez forment le duo central du spectacle, porté par le tempo d’une mise en scène qui mêle charme et nervosité. Ardant, avec sa diction et son élégance, porte le rôle de Coco comme une démonstration de maîtrise comique et de présence scénique. Bernard Menez apporte une jubilation contenue, donnant à Anatole Longvy la corde sensible d’un homme dont le CAC 40 seul peut enthousiasmer. Pierre Rochefort, dans un registre plus distancié, réutilise l’humour d’un homme d’âge mûr pour nourrir le comique de situation.

La pièce est truffée de détails qui font ressurgir les années 60: le téléphone sans fil ancestral, des canapés colorés et des éléments de décor qui se réorganisent au clic, créant des situations d’apparence légère mais qui soutiennent une intrigue où l’amour et l’argent restent les véritables enjeux. Le tout est servi par une musique et des chansons signées Alex Beaupain, apportant une touche de comédie musicale à ce vaudeville surannée et moderne à la fois.

Réactions et perception du public

Les retours varient selon les interventions et les spectateurs: certains saluent l’élégance et la densité des répliques, d’autres trouvent que le rythme peut être inégal en première partie et que la mise en scène peut manquer de punch lors de l’entrée en scène initiale. Néanmoins, nombreux sont ceux qui soulignent que la performance de Fanny Ardant, associée au reste de la distribution, crée une énergie communicative et une atmosphère particulièrement captivante qui porte la pièce tout au long du spectacle.

Les critiques et les témoignages sur France Télévisions et les retransmissions soulignent la force du personnage féminin de Coco, sa détermination et son humour. Certains spectateurs déplorent des éléments visibles de la mise en scène et des choix artistiques qui, selon eux, pourraient être modernisés pour gagner en netteté et en rythme. D’autres écrivent que la pièce demeure un excellent divertissement, grâce à la voix et à la présence scénique de Fanny Ardant et à l’énergie de la distribution.

Conflits et dilemmes dramatiques

Le cœur du récit est la dissimulation du décès du mari et les 48 heures qui restent pour Coco afin de trouver un nouveau mari, afin d’éviter la ruine. L’intrigue évolue autour des tentatives de Coco pour naviguer entre les rendez-vous galants et les dilemmes moraux, dans un cadre où l’argent semble, parfois, dominer les sentiments. Le texte original et sa réinvention contemporaine tiennent ensemble l’équilibre entre comédie et réflexion sur la place de la femme indépendante dans une société où les codes du pouvoir restent dictés par l’argent et le charme.

La pièce rappelle aussi que l’amour peut résister à l’emprise des finances, et que la fureur de vivre de Coco peut être à la fois assurée et dangereuse lorsqu’elle se heurte à des obstacles et à des personnages qui deviennent plus que des accessoires de décor. Dans cette veine, la distribution variée enrichit le dynamisme scénique et propose des nuances qui évitent la simple caricature de la « femme à l’argent », offrant ainsi une palette d’émotions allant du glamour au doute intérieur.

Éléments de conception etambiances scéniques

La scénographie, fidèle à l’époque des Trente Glorieuses, associe des décorations élégantes et des technologies de l’époque qui créent des moments de mise en scène surprenants et humoristiques. Le tapis roulant, les sièges mobiles et les détails de décor participent à un effet de spectacle vivant qui accompagne le public d’un acte à l’autre avec une fluidité renouvelée par la musique et les chansons en scène. Cette approche esthétique sert le récit et renforce le sentiment d’un monde où tout peut être possible, pourvu qu’on sache séduire les bonnes personnes et contourner les aléas de la fortune.

illustration de Coco Baisos et son salon

Le style vocal de Fanny Ardant, parfois rocailleux, offre une profondeur dans le phrasé et les tonalités sombres et chaudes qui collent à la diction du personnage. Sa performance est décrite par certains comme particulièrement humaine et charismatique, capable de rendre la pièce à la fois drôle et touchante. Le metteur en scène Thierry Klifa apporte une direction qui cherche à donner une respiration nouvelle à un texte connu, tout en rendant hommage à l’esprit des années 60 et à l’esprit de recloisonnement théâtral du boulevard.

Tableau rapide des personnages et interprètes

PersonnageInterprèteRôle
Coco BaisosFanny ArdantVeuve espiègle qui poursuit un nouvel époux pour sauver sa fortune
Anatole LongvyBernard MenezLe partenaire improbable mêlant humour et charme
AugustePierre RochefortHomme de confiance, témoin des mariages passés

La pièce parle aussi de l’effet de la mode et des distractions de la vie mondaine: le cigare non allumé et les critiques sur la fumée qui accompagnent les échanges et les débats sur le plateau. Elle place le theatre de boulevard dans une fable moderne où les valeurs et les choix de vie sont mis à nu par le langage et le rythme de la comédie musicale.

CROQUE MONSIEUR AVEC FANNY ARDANT AU THEATRE DE LA MICHODIERE

En somme, Croque-Monsieur revisité est une exploration du pouvoir, du spectre du rire et de la résilience féminine dans un cadre glamour et ironique. La pièce combine l’élégance d’un spectacle de boulevard avec l’énergie d’un renouveau scénique, offrant une expérience qui peut séduire autant par les répliques acérées que par les chansons et les performances vocales des interprètes.

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