Voici le seul film du très pointu cycle « New Lebanese Cinema : Reclaiming storytelling » du Garden Cinema que j’aurais réussi à voir et cela pour une raison bien précise : c’est le film choisi par le « film club » pour en discuter au bar après.
C’est aussi par la même occasion le seul de tout le cycle dont j’avais entendu parler, peut-être car c’est l’un des seuls qui est sorti sur les écrans ici.
Le film raconte l’histoire d’un salon de beauté, à Beyrouth dans les années 2000 et des trois femmes qui y travaillent.
Il y a Layale, la patronne, une jeune femme volontaire mais aussi - malheureusement pour elle - désespérément amoureuse d’un homme marié, Nisrine, pétulante jeune fille sur le point de se marier mais qui doit surmonter un obstacle majeur : elle n’est plus vierge, et Rima, un autre jeune femme qui elle se trouve plutôt attirée sexuellement par les femmes.
Ce film est le premier de Nadine Labaki, qui après une carrière d’actrice, se lance dans le grand bain de la réalisation à trente-trois ans.
Elle est co-créditée à un scénario qui - c’est la première chose qui m’a traversé l’esprit - ressemble en tout point à celui de l’excellent Vénus Beauté Institut de Tony Marshall.
Le film nous émeut d’abord avec les péripéties auxquelles sont confrontés les personnages, les interdits sexuels hallucinants pour un occidental (la virginité exigée de Nisrine, la jeune épouse bien sûr mais aussi la difficulté de trouver une chambre d’hôtel pour un couple sans prouver de manière irréfutable qu’on est marié).
Il y a pas mal d’humour dans ce film, on rit de manière bienveillante des personnages.
La bienveillance est d’ailleurs vraiment le maître mot de ce film délicieux.
Labaki est vraiment de ces réalisateurs qui donne sa chance à tout le monde, qui porte haut ses personnages sans mépris aucun et qui parvient à entraîner le spectateur avec elle.
La caméra s’attarde sur Jamale, insatisfaite de sa coiffure qu’elle trouve horrible pour un casting très important.
Nous comprenons alors que derrière ce personnage d’une quarantaine d’années souffre de la phobie de vieillir.
Et finalement, vient la scène à la fois la plus grave et la plus pathétique puisque cette fois, le personnage se ment à lui même en se faisant croire encore jeune pour ne pas avoir peur du spectre de la ménopause : Jamale, passe devant une file de femmes et entre aux toilettes.
Un peu moins pathétique, l'histoire de la patronne du salon.
Le multiconfessionnalisme religieux du Liban est connoté par la croix que porte Layale puis spectaculairement amené au salon par le passage de la procession chrétienne pour apporter sa bénédiction.
Ici, la statue de la Vierge Marie n'est aucunement gratuite.
Le film, sans le prétendre, verse dans la métaphore idéologique.
Le politique semble inévitable dans un pays qui tombera sous les bombes une semaine après la fin du tournage.
Actrice, réalisatrice et scénariste française, Nadine Labaki a choisi de mettre à l'écran la complexité du dispositif féminin au sein d'une société en apparence moderne mais qui demeure, malgré tout, profondément traditionnelle.
Pour son premier long métrage, la réalisatrice libanaise Nadine Labaki tient elle-même le rôle principal et parvient à dresser des portraits très authentiques.
Ces femmes d’âges différents ont en commun d’être en quête affective.
La pâte épilatoire caramel est utilisée comme métaphore et titre du film, symbole de l’hypocrisie du système traditionnel oriental face au modernisme occidental.
Le film est porté par des actrices non professionnelles criantes de vérité et déconcertantes de beauté.
Chaque regard, chaque bouche, mèche de cheveux ou décolleté est une arme de destruction massive, mais pourtant, malgré cette sublimation du corps féminin, ce sont les caractères qui priment.
Le film montre que la femme est ici maîtresse de son corps et affirme sa volonté de liberté, mais sortant du microsome du salon ces femmes perdent de leur confiance et doivent se plier à des règles qui les obligent à ruser.
Questionnée sur l'humour fréquent dans le film, la réalisatrice souligne que l'autodérision est très présente chez nous.
Lorsqu'on a connu la guerre, comme nous, on relativise beaucoup de choses.
Le film n'évoque jamais la guerre et son tournage s'est achevé quelques jours avant le conflit israélo-libanais de 2006.
Caramel a été sélectionné au festival de Cannes 2007, pour la Quinzaine des réalisateurs.
Pour son premier long métrage, la réalisatrice et comédienne Nadine Labaki a choisi de mettre à l'écran la complexité du dispositif féminin au sein d'une société en apparence moderne mais qui demeure profondément traditionnelle.
Du point de vue de l'intertextualité filmique, Caramel est chargé de citations et l'atmosphère est détendue grâce à un jeu d'acteurs réussi.
La caméra s'attarde sur Jamale, insatisfaite de sa coiffure et l’on comprend alors que derrière ce personnage d’une quarantaine d’années se cache une phobie du vieillissement.
Le film présente aussi des portraits de femmes soutenues par une amitié sans faille et une douceur qui tranche avec les difficultés vécues.
Labaki elle-même joue le rôle central de Layale, et est parfaitement épaulée par Yasmine Al Massri, Joanna Moukarzel et Fat Meh Safa dans des rôles féminins forts et complémentaires.
Layale, Nisrine et Rima évoluent dans un salon de beauté où la vie privée et les codes sociaux se croisent dans un microcosme coloré.
Layale est chrétienne et Nisrine musulmane, tandis que Jamale est une cliente habituée angoissée par la vieillesse, et Lili et Rose complètent ce tableau social.
Le titre Caramel vient du caramel utilisé comme pâte épilatoire, métaphore de l’hypocrisie du society oriental face au modernisme occidental.
Pour Nadine Labaki, « dans cet univers typiquement féminin, ces femmes s’entraident dans les problèmes qu’elles rencontrent avec les hommes, l’amour, le mariage, le sexe ».
Quelques scènes soulignent le poids de la famille et des traditions, comme celle où l’épouse est censée être vierge avant le mariage.
Les préjugés religieux et les normes sociales se rejoignent pour maintenir les femmes dans la servitude.
Tout le film est propulsé par cette contradiction entre la douceur des moments et la douleur de la vie, déclinée cinq fois en autant de destins de femmes.
Portraits de femmes tracés avec tendresse et générosité, la méchanceté est hors champ et la caméra montre une société qui oscille entre retenue et désir.
Non professionnelle, les comédiennes crient la vérité par leurs regards et leurs silences et apportent une prestation authentique.
En fin de compte, ces femmes demeurent les véritables actrices de leur destin dans Caramel, un film empreint de douceur et de mélancolie.

SUWI NYAI SAINEM RATAU K00KOPAN,CULVIEL TOK‼️SIRAH E NGUELU POL
- Layale: patronne du salon, chrétienne, force de travail et cœur blessé par l’amour interdît.
- Nisrine: musulmane sur le point de se marier, confrontée à l’enjeu de la virginité.
- Rima: jeune femme attirée par les femmes, présentée comme figure de désir et de vérité.
- Jamale: cliente vieillissante, anxieuse face au passage du temps et au casting.
- Rose et Lili: voisins et soutiens, témoins des dynamiques familiales et sociales.
Le film Caramel est le premier long métrage de la Libanaise Nadine Labaki qui tourne ensuite des spots publicitaires et des clips musicaux pour des chanteuses du Moyen-Orient, ce qui consolide sa vision visuelle et narrative.
La distribution inclut des artistes comme Yasmine Al Massri et Joanna Moukarzel, qui apportent une authenticité remarquable aux personnages féminins et renforcent le dispositif chorégraphique du salon.
La lumière, le rythme et le montage, notamment les scènes courtes montrant la vie de chaque femme en parallèle, contribuent à créer une impression de mosaïque intime et puissante.
| Éléments du film | Description |
|---|---|
| Lieu | Salon de beauté à Beyrouth |
| Personnages centraux | Layale, Nisrine, Rima |
| Thèmes | Hypocrisie sociale, traditions vs modernité, amitié féminine |
Pour Nadine Labaki, le choix du titre et le cadre social du film permettent d’explorer la complexité du dispositif féminin dans une société qui paraît moderne mais demeure profondément traditionnelle, tout en offrant une douceur et une lumière qui font écho à l’optimisme des personnages.