1er voyage de James Cook: détails, trajets et découvertes

Fin XVIII ème, deux navigateurs anglais font d’importantes découvertes dans l’Océan Indien. Au cours de sa première expédition, en 1769, Cook double le Cap Horn et débarque à Tahiti. Il y installe un observatoire en prévision du transit de Vénus (passage de la planète Vénus exactement entre le soleil et la Terre, occultant ainsi une petite partie du disque solaire). Cette mission scientifique n’est en réalité qu’une façade. Le véritable but confié à Cook par la Royal Navy est la découverte du continent Antarctique. Il entreprend sa recherche avec l’aide d’un tahitien, Tupaia, connaissant remarquablement bien le Pacifique. En octobre 1769, Cook débarque en Nouvelle Zélande dont il cartographie intégralement les côtes et démontre qu’elle n’est en aucun point rattachée au continent austral. Il met ensuite cap à l’ouest en direction de la Tasmanie pour déterminer s’il s’agit d’une partie de l’Antarctique. Il découvre alors l’Australie dont il longe et cartographie une partie des côtes jusqu’au nord (cap York et à l’île de la Possession). Il en estime la taille puis il rentre en Angleterre. Il est alors promu commandant et prépare un second voyage pour atteindre la Terra Australis.

Au cours de cette expédition, il franchit le cercle polaire Antarctique le 17 janvier 1773. Il découvre la Géorgie du Sud et les Iles Sandwich du Sud et continue route au sud mais passe tout près de l’Antarctique sans l’apercevoir. À court de provisions, il remonte vers Tahiti. Dans une ultime tentative, Cook redescend au sud dans l’espoir d’y découvrir le continent, en vain. Il conclut à la non existence de ce continent mythique. En janvier 1774, il écrit qu’il voulait aller « … plus loin qu’aucun homme n’est allé avant moi, mais aussi loin qu’un homme puisse aller ». À la même époque, le navigateur français Yves Joseph de Kerguelen poursuit un but similaire. Il parvient dans le sud de l’Océan Indien aux îles qui portent aujourd’hui son nom. Il pense alors avoir trouvé l’Antarctique. Mais le mauvais temps empêche tout débarquement durant plusieurs jours. Une fois la prise de possession de l’île effectuée au nom du Roi, Kerguelen reprend la route vers la France se souciant peu du devenir de son second navire.

carte des voyages de Cook et Kerguelen

Historiquement, ce sont les réalisations de Cook qui auront l’impact le plus certain tant au niveau scientifique qu’environnemental. Cook franchit en effet le cercle polaire, descendant plus au sud qu’aucun homme jusqu’alors, mais il dévoile également l’existence d’innombrables colonies de phoques lors de ses explorations des îles Sandwich du Sud et de Georgie du Sud. Les voyages de Cook : le premier voyage est en rouge, le second en vert, le troisième en bleu. La route de l’équipage de Cook après sa mort est représentée par une ligne bleue en pointillés.

En 1763, à la fin de la guerre de Sept ans, dynamisées par leur expansion économique et démographique, les îles britanniques reprennent en main l’organisation et le financement des expéditions vers le Pacifique. Ce dernier est resté longtemps une tache blanche sur la carte. C’est pour les Européens l’endroit de tous les dangers, des plus grandes curiosités et de tous les espoirs. En 1768, la Royal Society charge James Cook d’explorer l’océan Pacifique Sud avec pour principales missions l’observation du transit de Vénus du 3 juin 1769 et la recherche d’un hypothétique continent austral. Il s’agit de partir à « la découverte de pays inconnus » et de développer « la connaissance de contrées lointaines déjà découvertes mais imparfaitement explorées » car « il y a des raisons de penser qu’un continent ou une terre très étendue existe au sud ». Selon les savants, ce continent se serait trouvé dans les hautes latitudes au sud de cet océan.

illustration du Transit de Vénus 1769

Le Résolution, navire de James Cook, lors de son deuxième voyage entre 1772 et 1775. Cook se distingue de ses prédécesseurs par le fait qu’il mit tout en œuvre pour éviter l’imprévu. Ses voyages ont un but purement scientifique, qu’il décida de privilégier au détriment du côté aventure. Il est également le premier, lors de son deuxième voyage, à emporter des montres, des chronomètres afin de savoir l’heure qu’il était en Angleterre à tout endroit ainsi que son fuseau horaire. Il se fit accompagner d’une importante équipe d’artistes et de savants parmi lesquels le naturaliste et botaniste Joseph Banks, ainsi que les botanistes Daniel Solander et Herman Spöring. Pour découvrir le continent austral, Cook choisit de recourir à un bateau qui ne risquait guère d’éveiller les soupçons, et à une mission d’observation astronomique comme couverture.

Cook doutait cependant de l’existence même de ce continent. Il ne changea pas d’avis lors du deuxième voyage, car Cook appareilla cette fois encore à la tête de deux charbonniers, le Résolution qu’il commandait, accompagné de Tobias Furneaux à bord de l‘Adventure. L’Endeavour quitte le port de Plymouth en août 1768. Il traverse l’Atlantique et passe le cap Horn, pour entrer dans les eaux du Pacifique le 27 janvier 1769. Le navire jette l’ancre à Tahiti en juin 1769. Le passage de la planète Vénus observé avec succès le 3 juin 1769, et donc la première partie de son mandat étant accomplie, Cook quitte Tahiti le 9 août 1769 et se met en quête du continent austral. Mais les mauvaises conditions climatiques contraignent l’équipage à obliquer vers le Sud-Ouest. Grâce à l’aide d’un Tahitien nommé Tupaia, qui possédait des connaissances pointues de la géographie du Pacifique, Cook atteint la Nouvelle-Zélande le 6 octobre 1769. Le navire accoste à Poverty Bay, et James Cook devient le premier Européen à visiter cet archipel d’îles, qu’il déclare possession britannique.

Après l’exploration de l’Est de l’Australie, Cook reprend la direction de l’Angleterre le 12 juin 1771 et fait escale à divers endroits sur sa route : Nouvelle-Guinée, Java et cap de Bonne-Espérance. Plusieurs marins sont victimes du scorbut et c’est à ce moment-là que Cook instaure le régime alimentaire à base de fruits et de choucroute, qui sera par la suite prescrit pour tous les voyages en mer. A son retour, la Royal Society lui décerna la Médaille Copley pour avoir réussi à préserver la santé de son équipage. Cette première expédition dirigée par James Cook se termina toutefois sur un bilan mitigé puisqu’il n’avait pu ni confirmer ni infirmer l’existence d’un continent au sud du Pacifique.

Au cours de son deuxième voyage, en 1773, Cook navigua pendant 171 jours à la recherche des glaces du Sud, mais ne rencontra pas le continent. Les températures négatives, les icebergs et les vents mordants qu’il endure pendant plusieurs mois le convainquirent que l’énigmatique continent austral rêvé par les géographes n’existait pas. Cook décida alors d’aller explorer les mers du Sud encore peu connues et mit le cap sur les prétendues terres de Juan Fernandez dans l’Ouest du Pacifique Sud. Il aborde successivement à l’île de Pâques, aux îles Marquises, à la Nouvelle-Calédonie et aux îles Sandwich. Il décrit ces îles comme un lieu de paix. En 1775, son rapport conclut clairement sur la non existence de la mythique Terra Australis. D’après lui, il n’existait pas de continent méridional de la taille de l’Asie mais seulement la grande masse glacée de la région antarctique.

Les douze années que Cook consacra à naviguer dans le Pacifique apportèrent énormément de connaissances de la région aux Européens. Il découvrit plusieurs îles et cartographia avec précision de larges portions de côte. Dès son premier voyage, il fut capable de calculer précisément sa longitude, ce qui n’était pas du tout évident à l’époque car cela nécessitait de connaître l’heure avec exactitude non seulement à l’endroit occupé mais aussi à une longitude d’origine. Il se distingua de Bougainville et de Lapérouse par le fait qu’il n’accomplit pas un, mais trois voyages. Ses découvertes les plus marquantes furent la côte Est de l’Australie 20 avril 1770, et l’île de la Possession le 22 août qu’il revendique pour la couronne britannique pendant le premier voyage, ou la Géorgie du sud et les îles Sandwichs du sud, en 1773, pour le deuxième. Sa contribution à la connaissance du vivant fut également considérable : au total, trente mille spécimens de la flore et la faune pacifiques furent ramenés en Angleterre, sans compter tous les objets divers comme les armes et les vêtements, témoignage du mode de vie des populations des antipodes.

Découverte des merveilles du Pacifique. Le premier voyage de James Cook fut un tour du monde effectué en deux ans et onze mois sur le trois-mâts carré HMS Endeavour. L'HMB Endeavour est un trois-mâts carré de 366 tonneaux, 105 pieds de longueur et 29 pieds et 3 pouces de largeur. Son effectif était de 94 hommes, dont onze civils et douze soldats ; 38 périrent lors de l'expédition, dont trente de dysenterie ou de malaria. Du 13 avril au 14 juillet 1769, l'expédition fait escale à Tahiti pour observer le transit de Vénus le 3 juin. L'équipage est bien accueilli par les vahinés et leur reine Oberea. Mais, pendant le séjour, les indigènes chapardent beaucoup d'objets dont l'octant. Du 7 octobre 1769 au 1er avril 1770, Cook navigue autour de la Nouvelle-Zélande afin de la cartographier. Il en fait le tour complet en passant par le détroit qui porte son nom (faisant escale dans la baie de la Reine-Charlotte). Du 19 avril au 14 juillet Cook cartographie la Nouvelle-Hollande (Australie). Un débarquement est effectué à Botany Bay (dans l'actuelle Sydney) du 28 avril au 5 mai. Du 10 octobre au 26 décembre 1770, l'expédition fait escale à Batavia (actuelle Djakarta) à Java pour réparer le navire.

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Le premier voyage fut également notable pour l’observation scientifique et la cartographie détaillée. En 1774-1775, Cook mène des explorations supplémentaires dans l’océan Pacifique et renforce les connaissances du vivant et des littoraux. Après trois voyages, Cook est tué en 1779 à Hawaii lors d’un incident avec les insulaires. Charles Clerke prend alors le commandement de l’expédition mais meurt peu de temps après, en août 1779, de la tuberculose.

Impact et héritage

Historiquement, ce sont les réalisations de Cook qui auront l’impact le plus certain tant au niveau scientifique qu’environnemental. Les découvertes, la cartographie précise des côtes et l’exploration systématique du Pacifique ont profondément changé la connaissance européenne du monde. Les voyages de Cook ont permis de démontrer l’éloignement des terres du sud et d’établir des échanges et des cartes qui serviront des générations entières d’explorateurs et de cartographes.

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