Chateaubriand est né à Saint-Malo en 1768 et a connu une enfance solitaire. Destiné à devenir marin, il apprécie pourtant davantage l’étude de la religion et de la poésie. Son talent se fait connaitre rapidement et il est présenté au roi Louis XVI peu avant que n’éclate la Révolution française, qui l’effraiera et le fascinera en même temps. Une fois rentré au pays, il prône un retour au christianisme, qu’il avait plus tôt délaissé, et tente d’évangéliser le peuple avec son ouvrage Le Génie du Christianisme (1802). Son succès est tel qu’il ouvre la voie à de nouvelles conceptions et annonce le romantisme : il rompt avec les conventions classiques soutenues par les Anciens et introduit de nouvelles sources d’inspiration (les vertus des héros du Moyen Âge, etc.). Se faisant, il sensibilise les esprits à l’histoire nationale. Également auteur d’Atala (1801), de René (1802) et des Mémoires d’outre-tombe (1809-1841), il poursuit à travers son œuvre de nombreux engagements politiques.
François-René de Chateaubriand naît en 1768 à Saint-Malo. En 1777, les Chateaubriand s’installent au château de Combourg, en Ille-et-Vilaine. Le jeune François-René entame une carrière militaire et devient capitaine à dix-neuf ans. Écœuré par les excès du régime de la Terreur, il voyage en Amérique. Après avoir épousé Céleste Buisson de la Vigne, il rejoint l’armée des Émigrés, une coalition contre-révolutionnaire. S’ensuit une carrière politique où il devient ambassadeur à Berlin, puis à Londres, avant de se voir confier le poste de ministre des Affaires étrangères en 1823. Il passe ses dernières années à rédiger ses mémoires, et meurt à Paris. Selon son souhait, il est enterré à Saint-Malo, sur l’îlot du Grand Bé.
Bibliographie sélective Atala (1801) René (1802) Génie du christianisme (1802) Les Martyrs (1809) Mémoires d’outre-tombe (1848)
Œuvre et portée littéraire
Considéré comme un précurseur du romantisme, Chateaubriand connaît son premier succès littéraire en 1801 avec Atala, un court roman narrant avec lyrisme la relation amoureuse entre une Amérindienne et un jeune chrétien. Grand voyageur, l’écrivain publie plusieurs récits de voyage comme Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811) ou Voyage en Italie (1827). La chrétienté demeure au centre des réflexions de l’auteur. Mais la grande œuvre de sa vie demeure sa vaste autobiographie, les Mémoires d’outre-tombe. Chateaubriand y travaillera toute sa vie, pour une publication posthume en 1848. Le style de l’auteur est caractérisé par une prose lyrique et poétique, abondante en métaphores et en analogies.
« Qu’il est faible celui que les passions dominent ! » On attribue souvent à ses Mémoires une description de son enfance et de sa formation dans sa petite noblesse bretonne. Chateaubriand joue un rôle déterminant dans le souffle romantique naissant et dans l’affirmation d’un art des sentiments, en rupture avec les cadres classiques. Ses romans Atala et René, rattachés au cycle des Natchez, ouvrent la voie à une esthétique qui privilégie le moi, le mystère et l’exotisme. La publication des Mémoires d’outre-tombe, posthume, fait de lui une référence incontournable du XIXe siècle.
Parcours politique et privé
Le vicomte François-René de Chateaubriand est issu d’une famille noble ruinée de la Guérande à Saint-Malo. Acte de baptême de François-René de Chateaubriand est daté de 1768. Cette réussite financière est fondée sur le commerce avec les colonies où il fut corsaire en temps de guerre, pêcheur de morue et négrier en temps de paix. Le jeune François-René doit d'abord vivre éloigné de ses parents, chez sa grand-mère maternelle, Mme de Bédée, à Plancoët. Le père peut acheter le château de Combourg en Bretagne en 1761 et la famille s’y installe en 1777. Après de longues hésitations à propos de sa carrière, il obtient en 1786 un brevet de sous-lieutenant au régiment de Navarre, puis est fait capitaine à 19 ans. Il vient à Paris en 1788, où il se lie avec des figures majeures de l’époque et se lance dans l’écriture et la réflexion politique.
À la Révolution, il s’éloigne puis s’oppose au régime républicain. Blessé à Thionville, il se réfugie en Belgique puis en Angleterre et vit en exil jusqu’en 1800. De retour en France, il se lance dans une carrière littéraire et politique: il occupe des postes puis s’oppose à Napoléon, et, après la Restauration, se rallie opportunément aux Bourbons tout en défendant la liberté de la presse et en écrivant des Mémoires qui couvrent des périodes allant de 1789 à 1841. Il occupe des postes d’ambassadeur et de ministre des Affaires étrangères à divers moments, participe aux congrès européens et participe activement à la vie politique française au cours des Trente Glorieuses et de la Restauration. Ses engagements et son esprit critique font de lui une figure clé du romantisme et d’un certain conservatisme éclairé.
Réseau personnel et influence
Sa vie privée est marquée par des amours et des liaisons, notamment avec Pauline de Beaumont et Céleste. Son œuvre personnelle mêle expérience intime et réflexion politique, où l’on retrouve l’empreinte d’un esprit qui aspire à une société fondée sur le christianisme et la tradition monarchique, tout en entrelaçant des questionnements sur la liberté et la modernité. Victor Hugo lui aurait dédié l’« être Chateaubriand ou rien », marquant l’influence de son modèle sur la génération romantique qui a suivi.

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