Solidarité et coopération internationale autour de Gilles Tatin et des échanges agricoles au Gorgol

La mission de coopération internationale s’inscrit naturellement dans la volonté de former des citoyens ouverts sur le monde, capables de s’adapter aux enjeux globaux, tout en développant une conscience interculturelle. Du 7 au 13 octobre 2024, une mission en terre mauritanienne (Kaédi-Gorgol) a permis de renforcer cette collaboration. Le partenariat ainsi acté lors de la mission entre le Campus la Mouillère et l’ENFVA repose sur la volonté partagée de promouvoir l’ouverture culturelle et technique, tant pour les apprenants que pour les enseignants. Les échanges entre ces deux institutions ne se limitent pas seulement à la transmission de savoirs : ils visent aussi par la formation professionnelle à participer aux défis agricoles spécifiques de la région du Gorgol.

Parcours du partenariat et objectifs pédagogiques

L’accord de partenariat entre les deux écoles ambitionne de soutenir la mobilité internationale, de favoriser l’échange d’expertise, et de réfléchir à l’adaptation des formations aux réalités locales. Lors de la mission, les experts français ont rencontré Monsieur le ministre de l’agriculture qui soutient pleinement le partenariat, les autorités locales de Kaédi, les agriculteurs, ainsi que plusieurs acteurs techniques du territoire, afin de mieux comprendre les besoins et les attentes des communautés rurales. Depuis 2010, un autre partenariat tout aussi important s’est développé entre la Maison Familiale Rurale (MFR) de Kaédi et le réseau des MFR du département d’Indre-et-Loire. Cette collaboration s’est concrétisée à travers des projets de formation en alternance, qui permettent aux jeunes de bénéficier d’une expérience pratique sur le terrain, tout en suivant des cours adaptés à leurs besoins spécifiques.

Le partenariat avec la MFR de Kaédi a permis de former des jeunes, en mettant un accent particulier sur l’insertion des femmes dans les filières agricoles. En effet, l’autonomisation des femmes par l’agriculture représente un enjeu majeur dans le développement rural du Gorgol. Cette mission a également été l’occasion de discuter avec les équipes pédagogiques de l’ENFVA autour de nouveaux projets dont l’ambition est de participer à la modernisation des pratiques agricoles dans le Gorgol, en s’appuyant sur des solutions pédagogiques innovantes. Par exemple, le besoin d’intégrer des solutions numériques et de renforcer les capacités des enseignants locaux a été identifié comme un axe clé pour accompagner la transformation du secteur agricole. Les visites de terrain ont contribué à mieux mesurer les contraintes des exploitations locales, telles que la gestion de l’eau, la mécanisation limitée et les défis liés à la diversification des cultures.

Histoire du partenariat et ambitions régionales

L’histoire de ce partenariat entre la Région Centre-Val de Loire et la Région Gorgol témoigne d’une ambition commune : offrir aux jeunes ruraux de meilleures opportunités grâce à une formation agricole adaptée et innovante. Ce partenariat ne s’arrête pas aux échanges académiques et techniques. En février 2025, une délégation d’enseignants du Campus la Mouillère se rendra de nouveau dans le Gorgol pour poursuivre les échanges.

Jean Philippe AUDRAIN, Directeur, Campus La Mouillère, 66 Avenue de la Mouillère, 45100 Orléans. Pierre Alexandre SWISTEK, Directeur adjoint, Campus La Mouillère, 66 Avenue de la Mouillère, 45100 Orléans. Mélanie CAVALHEIRO, Responsable Innovation et Formation, Campus La Mouillère, 66 Avenue de la Mouillère, 45100 Orléans.

Des formations ouvertes à l’international et des mobilités structurantes

L’enseignement agricole prépare à plus de 200 métiers du vivant dans les domaines de la production agricole, de la gestion de l’environnement et de la forêt, de l’aménagement de l’espace, des activités hippiques, des services en milieu rural, de la commercialisation des produits et de l’industrie agro-alimentaire. Dépendant du ministère en charge de l’agriculture, il s’agit du deuxième système éducatif français après celui de l’éducation nationale. L’enseignement agricole assume 5 missions définies par la loi : la formation initiale et continue des jeunes et des adultes et leur insertion professionnelle, l’animation des territoires, l’expérimentation et la coopération internationale. Les mobilités s’inscrivent dans cette mission de coopération internationale, qui vient enrichir celle de formation. Il s’agit, en particulier, de promouvoir les mobilités sortantes de jeunes, si possible en réciprocité avec des établissements partenaires à l’étranger. Ces échanges permettent de traiter de thématiques communes, tels que l’agroécologie, le bien-être animal et autres sujets d’actualité, mais vues sous différents angles. C’est de cette différence que vient l’enrichissement de tous.

Même si les jeunes n’ont souvent pas conscience de ce qu’ils ont appris et accompli au cours de leur séjour à l’étranger, leur expérience est très valorisée sur le marché du travail et les compétences acquises seront un atout dans leur vie de citoyen. Il est d’ailleurs fréquent, quelques années après, de les voir s’investir au sein de l’Afdi, dans leur conseil municipal, ou encore dans des projets personnels ambitieux. Vivre une mobilité leur ouvre le champ des possibles. La coopération internationale, ce sont également des mobilités de personnels des établissements en échange scientifique, pour créer et renforcer les partenariats, pour préparer les mobilités des apprenants ou pour des stages de langue. Il s’agit, en particulier, de promouvoir les mobilités sortantes de jeunes, si possible en réciprocité avec des établissements partenaires à l’étranger. Ces échanges permettent de traiter de thématiques communes, tels que l’agroécologie, le bien-être animal et autres sujets d’actualité, mais vues sous différents angles.

L’établissement de Châteauroux - Lycée et CFA - compte sur une quinzaine d’enseignants et une secrétaire expérimentée qui s’engagent personnellement pour travailler, chaque année, sur trois dossiers de mobilité Erasmus : scolaire, dans l’enseignement supérieur et professionnel. Les mobilités sont très nombreuses grâce à une équipe de direction et d’enseignants, tous dynamiques et investis. En mobilité scolaire, une vingtaine d’élèves de 3ème partent en Belgique sur les traces de la 1ère guerre mondiale. Pendant une semaine, ils travaillent également sur la citoyenneté européenne avec un partenaire belge. Les élèves en bac STAV partent en Italie pour y observer d’autres approches de la production agricole et de l’aménagement, grâce à un partenariat avec un lycée technique, dont certains professeurs sont également venus cette année pour préparer une mobilité de lycéens italiens à Châteauroux. Et cette année, des élèves de 1ère du bac général sont partis une semaine en Slovaquie en mobilité de groupe. Pour l’enseignement professionnel, nous faisons partie du consortium EUROMETIER, géré par la région, qui permet aux élèves de lycée et aux apprentis du CFA de réaliser des stages individuels en entreprise, de 3 à 4 semaines, en Europe. Ils sont chaque année plus d’une quarantaine à partir et des enseignants se relaient sur place pendant cette période pour les accompagner et organiser des visites. En effet, des visites techniques et culturelles sont organisées afin d’enrichir cette expérience à l’étranger. Les apprentis du CFA doivent obtenir l’accord de leur patron, qui continue à les rémunérer, et 75 à 80% d’entre eux partent. Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, l’EPEFPLA porte un consortium inter-régional qui compte 9 établissements publics d’enseignement agricole du Centre-Val de Loire et des Pays de la Loire. Partent étudiants et personnels, surtout pour des stages individuels de 2 semaines à 2 mois, principalement en Europe mais aussi au Canada, en Suisse et en Angleterre. Chaque lycée gère ses étudiants, le porteur gère les fonds et le lien avec Erasmus. À Châteauroux, les étudiants cherchent leur stage, gèrent leurs déplacements, leur argent et cherchent une bourse (Erasmus, DGER) tout en étant encadrés et accompagnés dans leurs démarches par leurs enseignants.

Infographie: Parcours des mobilités Erasmus dans les formations agricoles

MoveAgri : MoveAgri est une action soutenue par le MASAF, dans le cadre du DNA (Dispositif National d’Appui à l’enseignement agricole). Ce site fonctionne comme un réseau social, pour aider à préparer et valoriser des mobilités à l’étranger. Les 7 établissements du CNEAP Centre-Val de Loire ont décidé de créer un consortium de mobilité afin de mieux répondre à la 5e mission de l’enseignement agricole. Depuis 4 ans, nous avons élaboré ensemble une stratégie d’ouverture à l’Europe et l’international en accord avec les principes d’Education à la Citoyenneté et la Solidarité Internationale (ECSI). En 2022-23, 58 apprenants sont partis en mobilité individuelle et 11 personnels en cours ou en stage. En 2023-24, ce sont 84 apprenants et 24 personnels qui sont partis. Les mobilités ont été réalisées en Europe. Nous accueillons également des jeunes et des adultes des pays partenaires. En dehors du consortium, d’autres projets sont à l’œuvre, notamment des voyages d’étude, parfois cofinancés par le dispositif 100% Mobilité du conseil régional. Par ailleurs, un établissement du CNEAP Centre Val de Loire est inscrit dans le dispositif franco-brésilien « Forum Science et Société », soutenu par le MASAF pour aborder ensemble le rôle des sciences et de l’humain dans les transitions agro-écologiques et sociales. Une délégation brésilienne est venue en région en octobre 2023 et nous préparons une mobilité outre-Atlantique en octobre 2025. Pour valoriser toutes nos dynamiques de mobilité, nous organisons depuis 2 ans un rassemblement régional regroupant l’ensemble des apprenants et des personnels concernés par le projet de l’année précédente. En 2024, la journée était intitulée « Mon expérience Erasmus+ ». Au total, une dizaine de groupes ont partagé leur expérience à l’aide de supports visuels : leur stage professionnel, la vie en collectivité, les sorties, la nourriture locale ou encore les modes de transport. 4 ateliers permettaient de tester les connaissances des jeunes et les sensibiliser à la citoyenneté européenne, de mettre des mots sur les compétences transversales développées durant la mobilité, ou encore de s’exprimer sur leur expérience en mots et en image grâce à une carte mentale et une fresque participative.

Pour le mouvement des MFR, mobilités, coopération et solidarité internationales sont liées. Participer à la 5ème mission de l’Enseignement Agricole par des actions basées sur des échanges d’élèves, des stages à l’étranger et l’appui à des programmes de développement. La fédération régionale Centre-Val de Loire est en partenariat avec la région du Gorgol en Mauritanie, zone de coopération de la région. Il existe des liens de longue date entre la MFR de Kaédi et celle de Loches en Touraine avec des échanges d’expertise pour grandir ensemble. Plus largement, le 20 novembre de chaque année, nous organisons la journée « MFR Monde » avec des échanges en visio entre MFR de différents pays pour valoriser ce qui se fait ailleurs. Nous accueillons aussi souvent des délégations de responsables de MFR d’autres pays et les jeunes les rencontrent. Les mobilités sortantes d’apprenants pour des stages professionnels sont principalement en Europe. Ce qui est travaillé au travers des mobilités et autres activités d’éducation au monde et aux autres (EMA), c’est une vraie progression pédagogique dans nos plans de formation. En bac pro, les élèves de seconde découvrent une autre région de France puis, à partir de la 1ère, ils peuvent découvrir l’Europe. Nous développons notamment un projet avec un partenaire au Danemark pour des lieux de stage individuel de 15 jours à 3 mois. Nous organisons aussi des voyages d’étude en groupe. Deux chargés de mission « Mobilités » sont désignés pour l’ensemble des MFR de la Région. Ce qui est travaillé au travers des mobilités et autres activités d’éducation au monde et aux autres (EMA), c’est une vraie progression pédagogique dans nos plans de formation. 3 de nos établissements en région Centre relèvent de l’UNREP - Union Nationale Rurale d’Education et Promotion, qui va fêter ses 100 ans en 2025. Tous font des mobilités. Plus de 50% de nos métiers y sont représentés. Prenons l’exemple de deux Lycées paysager et horticole des Apprentis d’Auteuil, qui organisent chaque année des mobilités ERASMUS+ de 3 à 4 semaines, dans des entreprises de paysage ou des jardineries. Sur cette année scolaire, le lycée Notre-Dame des Jardins a déjà envoyé 15 jeunes à Barcelone en paysage et vente en jardinerie. Le lycée professionnel agricole Sainte Jeanne d’Arc prépare une mobilité de 6 jeunes en paysage en février/mars 2025 à Brescia en Italie. La flore varie beaucoup d’une région à l’autre, d’un pays à l’autre, et les approches dans ce secteur sont très différentes. Les jeunes doivent remplir un dossier de candidature et sont sélectionnés selon leur motivation et, pour les apprentis, si leur patron les laisse partir. 20 à 30 jeunes de ces 2 lycées partent par an, ils sont 250 au niveau national des Apprentis d’Auteuil. La contribution financière demandée aux parents est très faible, ce n’est donc pas un frein. Ces mobilités sont importantes dans l’ouverture européenne des établissements et surtout dans le parcours des jeunes en formation professionnelle. Elles leur permettent d’acquérir de nouvelles compétences, de sortir de leur zone de confort et, pour la plupart, de voyager pour la 1ère fois hors de nos frontières. Nous organisons des temps de préparation au départ. Les mobilités s’inscrivent dans le parcours scolaire. En bac pro, nous avons une épreuve sur la mobilité internationale qui permet aux jeunes de présenter leur expérience et d’avoir des points en plus. Tous les voyages sont encadrés par des enseignants. Pour eux, la plus-value post-voyage est le regard de l’élève sur son enseignant parce qu’ils le voient autrement. Les mobilités ont un impact majeur pour nos apprenants et pour l’établissement dans son ensemble. Le projet PARME (Pratiques agricoles : recherche, mobilité, enseignement), mené avec l’ENFVA de Kaédi en Mauritanie, en est un exemple concret. Ce partenariat soutenu par la région Centre-Val de Loire favorise le partage de savoirs et pratiques en environnement, agriculture, gestion de l’eau, etc. Toutefois, ce projet ne se limite pas à ces deux temps forts. Des travaux seront menés tout au long de l’année en distanciel, pour une réflexion et un approfondissement continus des pratiques et savoir-faire.

Carte récapitulative des partenariats et zones d’action en Mauritanie et Centre-Val de Loire

Le musée Robert-Tatin accueille actuellement ses oeuvres. L'artiste travaille le plomb, le verre, il marie différentes matières. Son credo : « Recycler, réutiliser, réinterpréter, et toujours inventer. Gilles Guerrier, auprès de deux de ses compositions, exposées dans La Grange, au musée Tatin. L'art contemporain s'installe au musée. Dans une exposition ordonnée, Gilles Guerrier a déposé ses compositions dans La Grange et accroché au mur de petits tableaux multichromes. La façon dont la lumière vient s'y réverbérer fait ressortir l'invisible dans ses créations, tel que ce poisson inclus dans une sphère ; dans une autre moulure, on aperçoit « Arthur, » l'esquisse d'un visage. Chacun y trouve son illusion. Deux grandes créations sont exposées en extérieur.

Lavallois de naissance, Gilles réside à Saint-Ouen-des-Toits. « Je suis connu des Cosséens puisque j'y ai exercé sept ans au sein d’une agence bancaire, explique l’artiste. Bientôt à la retraite, je pourrai laisser libre cours à ma passion. L'intérêt de Gilles pour l'art remonte à sa jeunesse. Jeune, je me suis tout d'abord essayé au dessin au lycée, avant que ma carrière professionnelle ne me détourne un moment de ce loisir, raconte-t-il. Passé de la sculpture sur du plâtre au plomb, en 1990, j'ai sculpté, toujours dans le plomb, une main tenant une alliance. Cette création a signé mon lien d'intégration à cet art, nouveau pour moi. Je suis ensuite passé aux métaux divers, d'où me vient le besoin de la récupération. »

Œuvres de Gilles Guerrier exposées au musée Tatin

Cette exposition est inédite. « C'est la première fois que j'expose seul. Exposer dans un musée, c'est pour moi incroyable. Par goût de la fantaisie, Gilles s'est spécialisé dans la récupération et le détournement d'objet. Il y a un grand potentiel dans ces objets : recycler, réutiliser, réinterpréter, et toujours inventer. Je crée mes sculptures en dehors des modes, par manipulation et par d'improbables alliances de matières. Comme les billes de verre que je fais fondre et que, selon leur aspect à la sortie du four, j'inclus dans des composants métalliques.

Images et vidéos associées à l’article peuvent enrichir l’expérience du lecteur et démontrer les dynamiques de mobilité et de création artistique.

Kaédi : Femmes debout, entrepreneuses en action – Projet ReCEF

Le score de souveraineté représente la dépendance de l'entreprise vis à vis de l'ensemble de ses partenaires. Cette étude offre un panorama détaillé du marché du coworking en France : croissance rapide depuis les années 2010, diversité des acteurs. Cette étude propose un décryptage du marché du conseil en stratégie: rôle des consultants, profil des clients, concentration du marché autour des MBB, impact du contexte macroéconomique, missions courantes et tendances comme la digitalisation et les stratégies RSE. Avec des acteurs comme Mc Kinsey qui conseillent près de 70% des entreprises du CAC40, le rapport offre un aperçu détaillé de ce secteur influent et en constante évolution.

La mission des délégués régionaux chargés d’ingénierie de la formation (DRIF) porte sur la relation emploi-formation sous ses trois dimensions, professionnelle, territoriale et sociale. Elles précisent que la fonction d'ingénierie de formation institutionnelle est une fonction stratégique pour les services du ministère en charge de l'agriculture. Au niveau national, la Direction générale de l'enseignement et de la recherche (DGER) et le Secrétariat général font appel aux DRIF pour réaliser des missions nationales d'expertise. Le répertoire annuel des chantiers DRIF est un document d’information sur l’activité des DRIF au niveau régional, national et international.

Les musées et expositions, comme le musée Robert-Tatin et La Grange, démontrent l’importance de l’art comme vecteur de solidarité et de dialogue culturel dans les échanges internationaux qui accompagnent les axes agricoles et éducatifs.

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