Le hoquet correspond à des spasmes involontaires du diaphragme, suivis de fermetures rapides et bruyantes de la glotte. Le diaphragme est le muscle qui sépare le thorax de l’abdomen et qui est responsable de chaque respiration. La glotte est l’ouverture entre les cordes vocales, qui se ferme pour stopper le flux d’air vers les poumons. Le hoquet est un réflexe respiratoire complexe, qui peut se manifester à tout âge et qui, la plupart du temps, demeure bénin et temporaire.
Causes du hoquet
Les causes exactes du hoquet restent en partie mystérieuses, mais les médecins pensent qu’il serait lié à une irritation des nerfs ou des parties du cerveau qui contrôlent les muscles de la respiration (notamment le diaphragme). Les brefs épisodes n’ont pas toujours une cause évidente, mais certains déclencheurs sont fréquents:
- Ballonnements de l’estomac
- Consommation d’alcool
- Ingestion de substances chaudes ou irritantes
- Actions intriquées comme rire, parler, manger et boire
- Aérophagie (prise d’air excessive) lors du repas
- Hyperventilation et diminution du taux de CO2 dans le sang
Les épisodes persistant (plus de deux jours, voire plus d’un mois) peuvent avoir des causes plus graves. Le diaphragme peut être irrité par une pneumonie, une chirurgie thoracique ou gastrique, ou des déchets accumulés dans le sang en cas d’insuffisance rénale (urémie). Rarement, une tumeur cérébrale ou un accident vasculaire cérébral peut toucher le centre respiratoire et provoquer le hoquet persistant. Le hoquet persistant peut être le signe de maladies digestives ou d’autres affections graves et nécessite alors une évaluation médicale.
Évaluation du hoquet
Les brefs épisodes de hoquet ne nécessitent pas d’examen médical, mais les hoquets persistants ou accompagnés de signes avant-coureurs justifient une évaluation.
- Signes avant-coureurs: symptômes neurologiques (maux de tête, faiblesse, engourdissement, perte d’équilibre)
- Quand consulter rapidement: hoquet persistant avec signes neurologiques ou douloureux, ou si le hoquet dure plus de 2-3 jours
Le médecin commence par des questions sur les symptômes et les antécédents, puis réalise un examen clinique. Si nécessaire, des examens complémentaires peuvent être réalisés: analyses sanguines, radiographies pulmonaires, ECG, et selon les symptômes, IRM cérébrale et TDM thoracique. Les examens visent à identifier une cause sous-jacente et orienter le traitement.
Traitement du hoquet
La meilleure approche consiste à traiter la cause sous-jacente. Par exemple, traiter une pneumonie avec des antibiotiques ou un reflux gastro-œsophagien avec des inhibiteurs de la pompe à protons peut faire disparaître le hoquet.
Pour les brefs épisodes
La plupart des hoquets disparaissent avec ou sans traitement. De nombreux remèdes populaires existent, souvent sûrs et faciles à tester, même s’ils manquent de preuves solides d’efficacité. Les méthodes visent soit à augmenter le CO2 sanguin (apnées, respiration lente, respiration dans un sac non plastique), soit à stimuler le nerf vague (nerf qui va du cerveau à l’estomac). Parmi les techniques possibles:
- Retenir sa respiration
- Respirer profondément dans un sac en papier
- Boire de l’eau rapidement
- Achever boire du pain sec, du sucre cristallisé ou de la glace pilée
- Tirer légèrement sur la langue
- Provoquer des haut-le-cœur en s’enfonçant légèrement le doigt dans la gorge
- Se frotter les yeux
Pour le hoquet persistant
Plusieurs médicaments peuvent être utilisés selon la cause et la gravité:
- Chlorpromazine, baclofène, métoclopramide, gabapentine
- Bloquer le nerf phrénique par injection locale (procaïne) si nécessaire
- Phréniotomie (section du nerf phrénique) dans les cas rebelles, lorsque les autres traitements échouent
Des approches complémentaires peuvent aider dans certains cas: acupuncture, thérapies comportementales (biofeedback, hypnose, thérapie cognitivo-comportementale) pour gérer le stress, et modifier les schémas respiratoires.
Prévention et conseils pratiques
Pour les nourrissons, ajuster les positions d’alimentation et aider le rot peut prévenir le hoquet. Maintenir un environnement calme lors de l’allaitement et du biberon peut aussi réduire leur apparition. Chez l’adulte, identifier les facteurs déclenchants (manger trop vite, aliments épicés, boissons gazeuses, alcool) et adapter les habitudes peut limiter les épisodes.
Tableau synthèse des causes et prises en charge
| Catégorie | Exemples/Éléments | Points de prise en charge |
|---|---|---|
| Hoquet aigu | Repas copieux, alcool, gas, irritation œsophagienne | Remèdes de premier recours; observation |
| Hoquet persistant | Pneumonie, chirurgie thoracique, urémie, tumeur cérébrale | Examens complémentaires; traitement de la cause; médicaments; bloc phrénique |
| Cas rares/ Complexes | Cancers digestifs, AVC | Approche multidisciplinaire; intervention ciblée |
Rôle des soins spécialisés
Dans les cas persistants, une évaluation multidisciplinaire peut être proposée afin d’ajuster les examens et les traitements. Des options comme les blocs nerveux et la phrénotomie peuvent être envisagées lorsque les traitements médicamenteux échouent et que la qualité de vie est fortement affectée.
Points clés
- La cause du hoquet est souvent inconnue, mais des déclencheurs clairs existent pour les épisodes courts.
- Le hoquet persistant peut signaler une affection grave et nécessite une évaluation médicale.
- Beaucoup de remèdes existent; aucun n’est universellement supérieur, mais ils peuvent être utiles en pratique.
- Le traitement efficace repose sur le traitement de la maladie sous-jacente lorsque celle-ci est identifiable.

Le hoquet
Le hoquet est généralement bénin et se résorbe spontanément, mais lorsqu’il persiste ou réapparaît fréquemment, il peut impacter fortement la qualité de vie. Dans ces cas, une évaluation médicale complète et personnalisée est recommandée pour identifier les facteurs déclenchants et envisager des traitements adaptés, allant des mesures simples de style de vie aux interventions médicales ciblées.