Culture du rame petit pois nain : conseils pratiques pour une récolte abondante

Les pois cultivés (Pisum sativum), plantes de la famille des Fabaceae, se déclinent en de nombreuses variétés parmi lesquelles on trouve les pois à rames. Ces pois potagers nécessitent la pose de tuteurs car ils atteignent au moins 2 m de hauteur.

Ce légume-grain est délicieux et nutritionnellement très intéressant. Riches en fibres, en protéines végétales, bien pourvus en provitamine A, en vitamines C, K et du groupe B, ils affichent également une bonne teneur en minéraux et oligoéléments. Ils participent au bon fonctionnement de l’organisme et leur effet satiétogène n’est pas à négliger, ce qui peut rassurer les personnes soucieuses de garder la ligne.

Excellent aliment donc, le pois à rames mérite une bonne place au potager. Penchons-nous sur sa culture, des semis jusqu’à la récolte. Voyons aussi comment les conserver.

Quand et comment semer

De mars à mai pour les variétés à grains ridés, Au cours de l’automne sous les climats doux et en mars dans les régions aux hivers plus rudes pour les pois à grains lisses.

Avant d’effectuer les semis, la préparation du sol est incontournable. Les pois à rames possédant des racines pivotantes, il faut leur permettre de se développer correctement grâce à un bêchage sur une profondeur d’environ 20 cm. On procède ensuite de la façon suivante. 18 à 24 heures avant de semer les pois à rames, immerger les graines dans un récipient rempli d’eau pour que leur peau puisse se ramollir. On favorise ainsi le processus de germination. Tracer des lignes puis former des poquets (trous de plantation) de 3 cm de profondeur en veillant à respecter des intervalles de 35 à 40 cm. Déposer 5 graines dans chaque poquet sans les enfoncer dans le sol. Recouvrir les graines avec de la terre sèche. Arroser généreusement s’il ne pleut pas ou un peu moins copieusement si la tendance est à la pluie. On utilise l’arrosoir muni de sa pomme afin d’arroser en pluie.

Installer des filets. Ce n’est pas une obligation, mais sachons que les filets protègent les semis contre l’assaut des oiseaux, friands de petites graines. Dans les régions au climat rude, pour hâter la germination, il est utile d’installer un tunnel ou bien de couvrir les rangs de pois avec un voile de forçage.

Les pois ont besoin d’un ensoleillement suffisant et d’un sol léger, aéré, profond, frais, bien drainé. Ils se développent mal dans une terre argileuse qui est particulièrement lourde. Ce type de sol doit être amélioré par un apport de compost ainsi que quelques pelletées de sable, ce qui le rend plus léger et donc propice à la culture des pois dont les graines auront moins de mal à lever.

Il existe deux catégories de pois à rames. Les variétés à pois lisses (ou ronds) et celles à pois ridés dont la saveur est plus ou moins sucrée. On les sème à des moments différents, c’est-à-dire à partir de mars pour les premières (moins frileuses) et en avril voire en mai pour les secondes qui ont besoin d’être installées dans un sol déjà bien réchauffé par le soleil.

On note également que les pois peuvent être nains (moins de 50 cm), demi-nains ou demi-ramants (de 50 à 100 cm) ou, dans le cas qui nous intéresse ici, à rames (200 cm ou plus). On conseille d’opter pour l’échelonnage des semis (environ toutes les deux semaines) et de cultiver différentes variétés car cela permet d’étaler les récoltes dans le temps.

Pour cultiver des pois, il est nécessaire de disposer d’un peu de temps libre. Toutefois, ces légumineuses ne présentent pas de difficultés de culture insurmontables. Disons que les pois requièrent juste un peu d’attention, des semis jusqu’à la récolte.

Arrosage, tuteurage et entretien

L’arrosage des pois à rame ne doit pas être négligé. Les besoins en eau de ces végétaux sont particulièrement conséquents lorsque débute la période de floraison puis quand les fruits commencent à se former. C’est ce que l’on appelle la nouaison. On apprécie également la fréquence des arrosages en tenant compte d’autres facteurs. Les conditions climatiques (sécheresse, fortes chaleurs, pluies) entrent en ligne de compte. Le type de sol a également une influence sur la nécessité plus ou moins fréquente d’irriguer. Il faut savoir que les variétés de pois ridés présentent une meilleure tolérance à la sécheresse. Toutes proportions gardées bien-sûr ! On ne zappe donc pas totalement les arrosages pour autant car, quelle que soit la variété cultivée, le pois ne doit jamais manquer d’eau.

Différentes solutions permettent de tuteurer les pois à rames. Des branches (de noisetier, de saule, de charme) au filet à ramer, en passant par les fils de fer, peu importe pourvu qu’ils puissent être soutenus. On peut même faire grimper ses petits pois le long d’un treillis soudé ou encore d’un fin grillage. Les tiges s’y accrocheront grâce à leurs vrilles. Le tuteurage est tout aussi utile pour les variétés naines et demi-naines puisqu’il permet aux tiges de profiter d’une plus grande luminosité. Poser des tuteurs est important pour d’autres raisons : on peut ainsi gagner de la place. C’est donc crucial lorsque l’on ne dispose que d’un espace de culture réduit. Mais que l’on ait un petit ou un grand jardin potager, la production au mètre carré est triplée grâce aux tuteurs. De plus, la récolte se fait à hauteur, ce qui s’avère plus confortable pour le jardinier.

On effectue des binages réguliers pour que les pois n’aient pas à souffrir de la battance. Cette croûte qui se forme à la surface du sol par l’action des pluies empêche peu à peu l’air de circuler mais aussi l’eau de s’infiltrer. Le binage est tout aussi crucial pour que les adventices n’envahissent pas les planches de petits pois. On ne néglige pas cette tâche en début de culture car lorsque les rames sont posées, il est moins aisé de passer la binette. Il est utile de poser un paillage au pied des pois juste après une bonne pluie ou un arrosage. Cela permet à la terre de conserver sa fraîcheur et limite le développement des adventices.

Pour pouvoir récupérer ses propres semences de pois, il suffit de laisser quelques gousses sur le pied pour qu’elles arrivent à maturité. On attend qu’elles soient complètement sèches pour les cueillir. Les graines qu’elles renferment pourront être semées le moment venu. On les conserve dans des contenants différents pour chaque variété et l’on pense à poser des étiquettes sur lesquelles on prend soin de noter le type de pois et la période de semis par exemple.

Un buttage est indispensable dès que les tiges des jeunes plants atteignent une quinzaine de cm. Cela consiste à ramener de la terre au pied afin de former un monticule de manière à recouvrir les premières feuilles (celles situées à la base). La partie laissée à l’air libre doit représenter au minimum 35 % de la hauteur totale du plant. Le buttage augmente la résistance des tiges en cas de vent fort. De cette façon, elles risquent moins de se coucher. De plus, cela protège les variétés semées en automne contre les coups de froid. Le jardinier peut profiter de ce moment pour installer les tuteurs si ce n’est pas encore fait.

Prévention et gestion des maladies et parasites

Les thrips des pois entraînent une déformation des cosses et un rabougrissement des plants. En cas d’infestation sévère, il est indispensable de traiter car ces parasites se nourrissent de la sève des végétaux. De plus, ils sont vecteurs de maladies cryptogamiques. On peut recourir à des pulvérisations d’un mélange d’huile de pin et d’extrait de pyrèthre. La tordeuse du pois pond sur les feuilles au cours de l’été puis ses chenilles se nourrissent de la plante hôte, notamment des graines et des gousses, créant donc de gros ravages. À titre préventif, il est recommandé d’opter pour les semis précoces. Quant à la mineuse du pois, il s’agit d’une mouche dont les larves minuscules creusent des galeries dans les feuilles. Heureusement, cela n’a guère d’incidence sur les récoltes.

Côté maladie, celle qui est la plus à craindre lorsque l’on cultive des pois est principalement l’anthracnose, assez fréquente chez ces légumineuses. Elle est due à un champignon pathogène et est favorisée par une forte humidité associée à des températures assez douces, de l’ordre de 15 à 20°C. Les symptômes qui doivent mettre la puce à l’oreille du jardinier sont les taches de couleur marron ou des zones brunâtres bordées de crème sur les tiges, les nœuds, les feuilles, les fleurs ainsi que sur les gousses. Prévenir l’anthracnose est absolument essentiel car cette maladie des pois est quasiment impossible à éradiquer. On peut très aisément éviter cette maladie ne serait-ce qu’en pulvérisant, à titre préventif, les rangs de pois à rames dès qu’ils commencent à fleurir, soit avec une décoction de prêle, soit avec un fongicide adapté aux petits pois et bien évidemment dont l’emploi est autorisé dans les jardins (une mention qui doit absolument être inscrite sur le conditionnement). Mais dès les semis déjà il est possible d’adopter des gestes simples pour protéger ses légumineuses comme par exemple le fait de ne pas trop serrer ses plants afin que l’air puisse bien circuler entre eux ou encore d’éviter de mouiller les feuilles lors des arrosages. Une autre méthode culturale bien utile pour prévenir cette maladie fongique est la rotation des cultures. Notons enfin que l’oïdium et le botrytis sont deux autres maladies très fréquentes au potager, elles aussi favorisées par l’humidité associée à la chaleur. Pour les prévenir, il est donc nécessaire d’appliquer les méthodes culturales que nous venons d’évoquer. Il faut aussi savoir que l’engrais azoté favorise le botrytis. Par logique, on limite donc les apports pour n’apporter à ses plantations que le strict nécessaire en azote. La rotation des cultures s’impose pour les légumineuses (pois, haricots, fèves…). Il convient donc d’attendre 3 ou 4 ans pour semer de nouveau ce type de légumes au même endroit.

Récolte et conservation

On récolte les pois à rames à différentes périodes de l’année. Les pois à écosser ainsi que les variétés naines se récoltent entre février et mai, tandis que le mangetout à rames (Weggiser, Caroubel) est prêt en mai-juin. Mais il y en a aussi que l’on cueille en automne (octobre-novembre). Pour faire simple, disons que les pois se récoltent généralement entre 10 et 14 semaines après les semis. Bien sûr, au moment d’acheter les graines à semer, il est très important de se renseigner sur la période de récolte. Le mieux est d’observer ses planches de pois pour savoir s’ils sont prêts à être cueillis. On récolte les gousses des pois mangetout dès que les grains commencent à se former alors que les grains doivent remplir les gousses mais être encore tendres s’il s’agit de pois à écosser.

Il existe de très nombreuses recettes qui permettent de les cuisiner, de les magnifier. Et n’oublions pas que les gousses sont également délicieuses. Une fois récoltés, les pois se conservent entre 3 et 5 jours dans le bac à légumes du réfrigérateur après avoir été entreposés dans un sac en plastique refermable. En cas de gros rendements, on opte pour un mode de conservation longue durée. La conservation en bocaux (après stérilisation) convient parfaitement aux pois et permet de les garder pendant 12 mois. On peut aussi les conserver au congélateur pendant 12 à 18 mois. Il faut tout d’abord les blanchir durant 90 secondes. On les plonge ensuite immédiatement dans l’eau glacée puis, une fois qu’ils sont parfaitement égouttés, il n’y a plus qu’à les placer dans des sacs congélation ou dans des boîtes en plastique à couvercle hermétique. Quelle que soit la solution choisie, il est fondamental que les petits pois destinés à la mise en bocaux ou à la congélation soient d’une extrême fraîcheur, c’est-à-dire récoltés le jour-même.

illustration benefices nutritionnels des pois

Les variétés d’automne résistent particulièrement bien au froid. "Douce Provence" supporte les hivers doux avec ses grains ronds. "Express Alaska" se distingue par sa précocité exceptionnelle. Ces variétés à grains ronds se sèment d'octobre à novembre pour une récolte en mai. Les variétés de printemps conviennent à toutes les régions. "Merveille de Kelvedon" offre des grains ridés très sucrés. "Serpette Cent pour Cent" produit généreusement. "Nain hâtif d'Annonay" reste précoce et compact. Ces variétés se sèment de février à avril pour une récolte de mai à juillet.

Les pois mange-tout se récoltent entiers. "Carouby de Mausanne" développe de grandes cosses violettes. "Norli" reste nain et productif. Saveur tendre et sucrée. Parfaits pour les poêlées et les woks. Les variétés naines économisent l'espace. Elles atteignent 40 à 60 cm de hauteur. Tuteurage léger ou inutile. Production correcte dans un encombrement réduit.

Quand semer des petit pois ? Semez en automne dans les régions aux hivers doux. Cette culture précoce permet une récolte dès le mois de mai. Choisissez exclusivement des variétés à grains ronds qui résistent mieux au froid. Semez au printemps dans toutes les régions. Cette période universelle garantit la réussite partout en France. Les semis de février se font sous climat doux ou sous abri. Dans les régions froides, attendez mars ou début avril. Le semis d'automne produit des plants plus vigoureux et des récoltes très précoces. Le semis de printemps reste plus sûr dans les régions aux hivers rigoureux. Dans tous les cas, évitez les semis trop tardifs. Les fortes chaleurs de l'été font jaunir les plants et arrêtent la production. Échelonnez les semis de printemps toutes les deux semaines jusqu'à fin avril. Les petits pois apprécient les terres légères, fraîches et bien drainées. Un sol bien préparé favorise un enracinement vigoureux et des récoltes généreuses. Travaillez la terre en profondeur. Les petits pois développent un système racinaire important qui peut descendre à 60 cm. Ameublissez sur 30 à 40 cm. Émiettez finement pour obtenir une structure homogène et aérée. Enrichissez modérément avec des amendements naturels. Les petits pois fixent l'azote atmosphérique et n'ont pas besoin d'un sol très riche. Un apport modéré suffit à assurer une bonne structure. Un excès d'azote favorise le feuillage au détriment des gousses. Choisissez un emplacement ensoleillé sans excès. Les petits pois apprécient la lumière mais tolèrent la mi-ombre. Un endroit abrité des vents froids protège les plants en hiver et au printemps. Les vents forts couchent les tiges et cassent les fleurs. Le drainage reste essentiel. Les petits pois redoutent l'humidité stagnante qui fait pourrir les graines et les racines. Évitez les zones où l'eau stagne après les pluies. Les petits pois se sèment directement en place. Le semis en godets reste possible mais peu pratiqué. Le semis direct reste la méthode la plus simple et la plus efficace pour cultiver les petits pois.

Je tuteure mes petits pois semés à l'automne (et c'est chouette !) #potager #janvier2023

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