Les cochons, contrairement à l'opinion générale sont, par exemple, tout sauf des animaux sales ; au contraire, ils sont très propres. Contrairement aux idées reçues, les cochons sont des animaux très propres. Les cochons, dès l’âge de 5 jours, font leurs besoins naturels dans un endroit retiré et mangent toujours éloignés de leur lieu de couchage afin de ne pas salir celui-ci. Les femelles, appelées truies, peuvent mettre au monde une portée de porcelets jusqu’à deux fois par an. Les truies mères construisent des nids de paille pour leurs porcelets et enseignent plus tard cette pratique à leurs filles. Avant leur naissance, la truie leur prépare un nid avec de la paille ou des végétaux pour le confort de tous.
Cependant, parce qu'ils ne peuvent pas transpirer, ils aiment se rafraîchir en se roulant dans l'eau ou dans la boue lorsqu’il fait chaud. Sachez que, s’ils se baignent dans la boue, c’est pour protéger leur peau fragile contre les parasites et les rayons du soleil, comme le font les sangliers. Par ailleurs, le porc a du mal à transpirer : il recherche donc en permanence des endroits humides comme la boue pour se rafraîchir et, n’ayant pas une très bonne vue, il a tendance à marcher n’importe où, même dans ses propres excréments. Malgré leur gabarit tout en rondeur, les cochons sont rapides. Ils peuvent même courir jusqu’à 45 km/h ! Ils savent également très bien nager.

Comportement social, intelligence et communication
Les cochons sont aussi des créatures très sociables. Dans des conditions de vie naturelles, ils vivent en groupes (appelés compagnies), constitués de vingt à trente truies avec leur progéniture. Après avoir atteint la maturité sexuelle, les mâles quittent la compagnie et, pour un certain temps, se réunissent en groupes séparés pour finalement mener une existence solitaire. Ce n'est que pendant la saison des amours qu'ils se joignent à nouveau à la compagnie. Les truies mères émettent un grognement rythmique pour communiquer à leur progéniture : il y a du lait ! Les porcelets peuvent distinguer le grognement de leur mère de celui des autres truies. Le grognement de tétée a un rythme différent de celui émis lors de contact, lorsque les cochons sont détendus. Quand ils sont vraiment contents, ils aboient. C'est ce que l'on peut observer lorsqu'un groupe de jeunes porcs joue. Lorsque les porcs sont frustrés, ils émettent un bourdonnement et un couinement strident lorsqu'ils sont stressés ou effrayés.
Les porcs ont une structure sociale très organisée avec une hiérarchie stricte et des routines quotidiennes régulières. S'ils en ont l'occasion, ils passent le plus clair de leur temps à explorer leur environnement et à chercher de la nourriture, jusqu'à 8 heures par jour.
Intelligence et capacités cognitives
Les cochons sont également des créatures très intelligentes et sensibles et disposent de grandes capacités d’apprentissage. On a découvert, par exemple, qu'ils peuvent penser de manière stratégique et consciente et tromper leurs concurrents lors d’expériences au niveau de l’alimentation. Ils ont aussi une compréhension mathématique et comprennent les notions «beaucoup» et «peu». C'est extrêmement rare dans le monde animal. Le langage des cochons est également plus différencié qu'on ne le pense généralement : on peut distinguer jusqu'à vingt sons différents. Des enquêtes sur l’intelligence animale soulignent même la grande mémoire du cochon, qui partage presqu’autant de patrimoine génétique avec l’homme que notre cousin le chimpanzé. Le saviez-vous ? Le cochon est le plus malin des animaux de la ferme ! Les cochons sont aussi plus faciles à apprivoiser que des chats ou même des chiens.

Origines historiques et culturelles de la mauvaise réputation
La mauvaise réputation du cochon remonte au Moyen Âge, où l'animal est symboliquement associé à l'ordure et à la goinfrerie. Force est de constater que, depuis le Moyen Âge, le porc a mauvaise réputation. Il est associé à l’ordure et à la goinfrerie. Il est considéré sale, probablement parce qu’avant d’être rose, sa peau était souvent sombre et tachetée. Ce n'est qu'au 18e siècle qu'il devient rose et clair. La mauvaise réputation s'explique aussi parce qu’au Moyen Âge, la vue est justement le plus valorisé des cinq sens. Le porc passe donc pour une créature brute et stupide, guidée uniquement par l’odorat et par le goût, deux sens considérés comme grossiers. Quant à la goinfrerie, elle s’explique par le caractère omnivore du cochon, sa capacité à dévorer à peu près n’importe quoi, y compris des charognes.
Si le cochon est mal vu depuis longtemps, il n’est jamais associé à la lubricité, du moins pas avant le 16e siècle. Il faut attendre le 16e siècle pour qu'il endosse le vice de la luxure. Avant le porc, le chien était le symbole de la lubricité. En effet, depuis l’Antiquité, c’est surtout le chien dont le comportement sexuel est considéré comme répugnant et impur. Il faut attendre les 16e et 17e siècles pour que le porc endosse ce vice qu’est la luxure. Entretemps, en Occident, le chien est devenu le meilleur ami de l’homme, le gardien du foyer, le partenaire de chasse et l’animal de compagnie de ces dames. Il n'est donc plus question d’associer le chien à la sexualité. Il faut le débarrasser à tout prix de sa mauvaise réputation et c’est le porc qui en fait les frais. On assiste donc à un transfert symbolique du chien vers le cochon. Dès lors, tous les hommes se livrant à des pratiques obscènes, tenant des propos salaces ou harcelant des femmes, sont qualifiés de "porcs" ou de "cochons" et certains se mettent à faire ce qu’on appelle des "cochonneries". De plus, comme les croyances associent souvent la bêtise à la sexualité, le cochon est chez nous aussi considéré comme borné.

Expressions, médias et perception contemporaine
Aujourd'hui encore, les traces de ces préjugés tenaces se retrouvent dans nos expressions courantes..."Tu manges comme un porc !", "Non, mais on n’est pas dans une porcherie !", "Il est bête et têtu comme un cochon !" et "Arrête tes cochonneries !". Ces expressions en disent long sur le regard que nous portons sur le porc : l’animal serait sale, vorace, stupide et surtout lubrique. Le hashtag #BalanceTonPorc, version française de #MeToo, lui a porté le coup de grâce en 2017. Le porc serait-il l’animal le plus méprisé ? "Si le mouvement qui se range derrière la bannière #BalanceTonPorc est parfaitement légitime, nécessaire même, le slogan lui-même est mal choisi", explique l’historien Michel Pastoureau. "Le porc n’est pas spécialement luxurieux, le mâle n’agresse pas les femelles et il ne les harcèle pas."
Biologie, diversité des races et perceptions sensorielles
Sachez qu’à travers le monde, les races de cochons sont très nombreuses. On en dénombre plus de 300 ! Blancs, à taches noires, entièrement noirs… ils ne sont pas tous roses, loin de là ! Malgré son nez aplati, l'odorat du cochon est très puissant. Il possède d’ailleurs une excellente mémoire des odeurs et sa langue est la plus sensible de tous les mammifères. Ce qu’il préfère, c’est vivre dans la forêt. La parenté biologique serait d’ailleurs à l’origine de l’interdit alimentaire chez les juifs et les musulmans : manger du porc, serait, en quelque sorte, être anthropophage, ce que confirment les survivants des grandes catastrophes contraints de manger de la chair humaine : l’humain aurait un goût de cochon ! Cousin, si proche et mal aimé… copain, comme cochon !

Comportements alimentaires et omnivorie
Quant à la goinfrerie, elle s’explique par le caractère omnivore du cochon, sa capacité à dévorer à peu près n’importe quoi, y compris des charognes. La mauvaise réputation s’est donc aussi construite à partir de son régime alimentaire. Non, le cochon n’a pas toujours faim. Malgré leur gabarit tout en rondeur, les cochons sont rapides. Ils peuvent même courir jusqu’à 45 km/h !
Pratiques d’élevage et bien-être : repenser l’image du porc
Les truies mères construisent des nids de paille pour leurs porcelets et enseignent plus tard cette pratique à leurs filles. Comme des sages-femmes, elles les aident à préparer la mise à bas. À la naissance, chaque porcelet choisit une des tétines de sa mère. Les cochons sont aussi des créatures très sociables. Dans des conditions de vie naturelles, ils vivent en groupes (appelés compagnies), constitués de vingt à trente truies avec leur progéniture.
Le cochon (documentaire)
Pour aller plus loin
France Culture; Histoire des préjugés, sous la direction de Jeanne Guérout et Xavier Mauduit, Les Arènes, 2023.
| Aspect | Réalité |
|---|---|
| Propreté | Se retirent pour faire leurs besoins, évitent de souiller leur couchage |
| Usage de la boue | Protection contre parasites et soleil, régulation thermique |
| Intelligence | Stratégie, apprentissage, mémoire olfactive, langage différencié |
| Perception culturelle | Associations historiques avec ordure, goinfrerie, puis luxure |
| Races | Plus de 300 variétés, couleurs variées |
Sachez qu’à travers le monde, les races de cochons sont très nombreuses. On en dénombre plus de 300 ! Blancs, à taches noires, entièrement noirs… ils ne sont pas tous roses, loin de là !