Pessah est l’une des fêtes les plus importantes, sinon la plus importante dans la religion juive. Durant les sept jours (huit jours en Diaspora) qui la constituent, les fidèles s’abstiennent de toute trace de levain et célèbrent la libération du peuple juif d’Egypte. Cette année 2024, Pessah débute le 22 avril et finit le 30 avril à 22H.
Signification et origine de Pessah
Pessah commémore l’exode des Israélites hors d’Égypte, tel que raconté dans le livre de l’Exode de la Bible hébraïque. Les Israélites furent esclaves en Égypte pendant 430 ans; Moïse fut choisi par Dieu pour les libérer. Après dix plaies infligées à l’Égypte, le pharaon finit par accepter le départ des Hébreux lorsque l’Ange de la mort tua les premiers-nés égyptiens. Le nom « Pessah » signifie « passer au-dessus », rappelant le passage de l’Ange sur les maisons des juifs préservées par le sang de l’agneau.
Après la libération, l’armée égyptienne poursuivit les Hébreux et la Mer Rouge fut franchie à pied sec, avant que les eaux ne se referment sur les Egyptiens. Cette délivrance est le socle historique et théologique de Pessah: elle symbolise la naissance du peuple juif libre et la fin de l’asservissement.
Le pain sans levain: matsa et hamets
Le pain azyme, aussi appelé matsa, matsa ou matzah, est le pain sans levain consommé durant Pessah. Il est préparé à partir de farine et d’eau sans agent levant et cuit rapidement pour éviter toute fermentation. Dans la religion juive, le pain azyme est considéré comme pur et occupe une place centrale dans les rites de Pessah, contraste du pain levé du quotidien.
Durant Pessah, tout aliment contenant du levain (hamets) est interdit: blé, orge, seigle, avoine et épeautre; ainsi, pas de pain, pâtes, pizzas ou gâteaux levés. Une semaine avant les fêtes, on effectue un grand ménage pour éliminer le hamets, et tout se passe comme si l’on préparait la cashérisation de la cuisine.
Le Leke’h, pain sans farine interdite, peut aussi être consommé. Il offre une alternative sucrée et simple et peut être préparé sans levain. Dans plusieurs traditions, des pâtisseries casher pour Pessah (les gâteaux casher le’pessah) existent, avec des recettes adaptées. Les riz et pommes de terre restent autorisés selon certaines communautés, mais le hamets est proscrit dans la majeure partie des foyers juifs pratiquants.
Le Seder: rituel central de Pessah
Le repas du Seder, préparé lors des deux premières soirées, est le cœur symbolique de Pessah. Dans la Hagadah, récit de l’Exode, on lit l’histoire de la libération et on suit une liturgie précise comprenant quinze étapes. Le plateau du Seder rassemble des mets symboliques: matsa, maror (herbes amères), harosset (pâte de noix, dattes et fruits rappelant le mortier des briques), karpass (persil ou céleri), zroa (os d’agneau), betsa (œuf dur) et un bol d’eau salée évoquant les larmes des Hébreux. Quatre coupes de vin accompagnent le rituel, symbolisant les différentes expressions de la délivrance biblique.
Le Seder se déroule autour de la Hagadah, alternant questions et réponses, récit et commentaires, chants et bénédictions. Le rituel met l’accent sur l’éducation des enfants et rappelle que « dans chaque génération, chacun doit se considérer comme s’il était lui-même sorti d’Egypte ». À l’époque du Temple, l’agneau pascal était sacrifié; durant le Seder, on demeure fidèle à cette mémoire tout en préservant les pratiques actuelles sans levain.
La signification spirituelle et culturelle de Pessah
Au-delà de l’exode et de la libération, Pessah incarne la naissance du peuple juif et rappelle la fragilité humaine face à l’oppression. La fête est aussi un mémorial vivant, actualisant l’événement fondateur. C’est une période de rassemblement familial, de prières, de lectures et de chants qui renforcent l’identité juive et la solidarité face aux défis contemporains.
Les pratiques associées et échanges culturels
Les traditions de Pessah divergent quelque peu entre Ashkénazes et Séfarades mais restent centrées sur l’élimination du hamets et la célébration du Seder. Certains échanges culturels se reflètent dans les plats et les coutumes, tels que Mimouna après Pessah pour les Séfarades ou les variantes de plats sans levain. Le vin casher demeure un élément clé des tables de fête, bien que son élaboration et sa certification aient évolué pour proposer aujourd’hui des choix plus divers et raffinés.
