Pain de Sucre Rio de Janeiro histoire panorama téléphérique

BrésilCulminant à près de 400 mètres, le Pain de Sucre offre une vue splendide à 360° sur l’emblématique et extravagante Rio de Janeiro, depuis la baie de Guanabara jusque dans l’intérieur des terres.

La montée en téléphérique

Datant de 1912, le téléphérique a été construit par plus de 400 ouvriers en moins de trois mois. Les épingles placées par les alpinistes sur les rochers sont encore visibles de nos jours. La montée au Pain de Sucre en téléphérique se fait en deux étapes. Le premier téléphérique nous emmène à 217m de haut, à Morro da Urca, où nous pouvons d’ailleurs admirer la cabine originale en exposition. D’ici, nous avons une superbe vue sur le littoral sinueux et la plage de Praia Vermelha. Au sommet, le vent souffle sur la baie et les paysages qui se déploient sous nos pieds nous donnent le vertige. Les changements de lumière sur la ville, provoqués par le passage de nuages, sont étincelants. Au loin, nous pouvons observer les avions décoller depuis l’aéroport.

La première section conduit les passagers depuis la plage Rouge jusqu’au Morro da Urca, 212 mètres plus haut. Avec ses 528 mètres, la ligne est d’une longueur relativement modeste, mais possède la pente moyenne et la dénivelée la plus importante des deux tronçons. Après un trajet de 3 min 20 à la vitesse maximum de 6m/s, la cabine ralenti. La gare amont du premier tronçon est située à 226 mètres d’altitude sur le Morro da Urca. Ce premier sommet constitue une étape intermédiaire avant d'emprunter le deuxième tronçon dont la gare de départ est située quelques 200 mètres plus loin. L’endroit accueille divers aménagements touristiques dont un amphithéâtre pouvant recevoir de 700 à plus de 1100 personnes selon la configuration. Il accueille tout au long de l’année spectacles, concerts et divers festivités comme par exemple les soirées très prisées de la Saint Sylvestre organisées chaque année par la CCAPA. L’on trouvera également au Morro da Urca, des espaces de restauration ainsi qu’une boutique de souvenirs.

La seconde section conduit les passagers depuis le Morro da Urca jusqu'au Pain de Sucre. Si la dénivelée de 180 mètres et la longueur de 750 mètres ne possèdent rien de véritablement démonstratif, le trajet, de par l’exclusivité du site qui s’offre à nos yeux, n’en demeure pas banal pour autant. En une unique portée, nous survolons une fine bande de forêt vierge bordée de parts en parts par l’immensité de l’océan Atlantique, plusieurs centaines de mètres en contrebas. Seul se dresse devant nous l’imposant rocher sur lequel la cabine accoste finalement après un trajet de 3 min 20 à la vitesse maximale de 10 m/s ; une vitesse supérieure à celle du premier tronçon qui permet de conserver un débit identique sur les deux installations. La station sommitale Pão de Açucar est accrochée tout en haut de l’éperon rocheux, à près de 400 mètres d’altitude. Du fait de l’exiguïté du lieu, les aménagements sont nettement plus réduits qu’au Morro da Urca. Seule une terrasse panoramique a été aménagée à destination des visiteurs.

Après 36 années de service, et bien qu’en bon état, la CCAPA a cependant souhaité procéder à leur remplacement dans le cadre d’une politique de sécurité préventive et de rénovation. C’est CWA qui a été choisi en janvier 2008 pour la construction des nouvelles cabines dont le coût s'est élevé à 3 millions d'Euros. Au travers de sa gamme Replica proposant des reproductions de matériel existant, la société suisse a redessiné et construit sur mesure 4 nouveaux véhicules qui revisitent très habilement, et avec une grande sobriété, le style des anciens équipements. Le résultat est des plus réussis : avec leur vitrage noir fumé et leur habillage laqué brillant, les cabines ont un look des plus moderne mais l’identité originelle, caractérisée par la forme ovoïde et le vitrage panoramique, demeure parfaitement préservée. Le chariot mis en place par Agudio dispose de 2x8 galets de roulement qui prennent place, chacun en parallèle, sur les 2 câbles porteurs. Au centre, le câble tracteur d’un côté, et lest de l’autre, sont maintenus solidaires de la cabine par quadruple enroulement et une solide fixation mécanique à l’extrémité. Dans le cas de rupture hypothétique, 4 freins hydrauliques viennent automatiquement arrêter la cabine. Enfin, il est à noter que durant le trajet, le mouvement du chariot fourni de l’énergie à une génératrice à courant continu capable de gérer les sens de rotations aller comme retour. Celle-ci est reliée à un accumulateur situé en cabine. Chaque caisse mesure 5,4 x 3 mètres et accueille 65 personnes. Dans l’habitacle, la circulation a été améliorée et la ventilation optimisée grâce à 6 entrées d’air et 4 extracteurs en toiture. Un système de haut-parleurs permet de diffuser de la musique ou des messages d’information émis depuis la cabine comme des gares. Le pupitre opérateur de chaque véhicule est équipé de commandes de gestion de l’éclairage, des portes, et de la ventilation, mais surtout, il est relié au poste de conduite de son tronçon par ondes HF. Les ordres de pilotage de marche, accélération, ralenti, et également de l’arrêt des moteurs peuvent ainsi être gérés depuis la cabine.

Intéressons-nous maintenant en détails au fonctionnement des téléphériques. Chaque voie des téléportés est équipée de 2 câbles porteurs de 50 mm disposés en parallèle sur un plan horizontal. Ce doublement, façon Suisse, assure une stabilité et une sécurité renforcées. Entre les deux, circule le câble tracteur (et lest) de 24 mm. Les deux lignes TPA1 et TPA2 disposent d’une configuration inversée. Sur TPA1 la motrice est en amont et les contrepoids sont situés en aval tandis que sur TPA2 la motrice est en aval et les contrepoids en amont. Pour autant la tension des câbles porteur est elle, pour les deux lignes, gérée en gare amont de chaque tronçon. Les contrepoids sont en effet uniquement destinés à assurer la tension des câbles tracteur/lest et auxiliaire. Dans une configuration classique de téléphérique, la tension des câbles porteurs s’effectue par contrepoids. Au Pain du Sucre, Agudio a fait le choix peu courant et novateur pour l'époque d’ancrages fixes et d’une gestion hydraulique. En gare amont de chaque tronçon, chacun des 4 câbles porteurs est relié à 3 séries de mordaches solidaires de deux vérins admettant jusqu’à 200 Bars de pression. L’électronique calcule en permanence l’effort et régule la tension nominale jusqu’à 78480 daN. La tension des porteurs reste donc parfaitement contrôlée. Cette configuration a été, à l’époque, rendue possible du fait de la longueur de ligne somme-toute modeste des deux sections. Le coût de cette technicité, alors plus évoluée et peu courante, a été largement compensé par le fait qu’aucun puits n’a eu à être mis en place. Pour les mêmes raisons, Agudio a adopté, pour les tensions des tracteurs et des auxiliaires, une configuration dite « déportée ». Situés en gare aval sur TPA1 et gare amont sur TPA2, les contrepoids sont disposés de façon réhaussée le long des murs latéraux des stations. D’un côté se trouvent les contrepoids du câble tracteur (7,3 T pour TPA1 et 17 pour TPA2) et de l’autre ceux du câble auxiliaire (9,6T pour TPA1 et 10T pour TPA2). La Tension du tracteur à gauche et de l'auxiliaire à droite. Le réseau électrique de Rio de Janeiro est aujourd’hui encore relativement peu fiabilisé et les changements brusques de tension restent monnaie courante. Dès lors, l’emploi d’une configuration avec des matériels aussi sensible que des régulateurs de fréquences aurait été relativement risquée. Le système Ward-Leonard est utilisé pour la conversion d'énergie électromécanique. Le courant arrive au Moro da Urca en 13800 V et est transformé via une sous-station interne en 440V pour l'alimentation du Ward-Leonard. Bien que TPA1 dispose d’une motorisation amont et TPA2 d’une motorisation aval, chacun des deux téléphériques utilise une configuration de treuil similaire et des moteurs identiques. Cela permet de ne tenir en stock qu’une seule série de pièces de rechange (car du fait de l’éloignement avec le site de production de Agudio, la CCAPA dispose toujours des pièces d’avance pour les organes essentiels).

Histoire et contexte

Situé au cœur de Rio de Janeiro au Brésil, le Pain de Sucre est une icône emblématique, avec sa silhouette imposante et sa vue panoramique à couper le souffle. Le téléphérique, inauguré en 1912, a révolutionné l’accès à cet endroit pittoresque. Le nom “Pain de Sucre” est dû à sa forme, qui ressemble à une forme traditionnelle du conditionnement du sucre raffiné utilisée au 16ème siècle. Le Pain de Sucre (Pão de Açúcar en portugais) est l’un des symboles les plus reconnaissables de Rio de Janeiro. Cet imposant massif rocheux a vu le jour lors de l’érosion des coulées de lave qui ont formé la région, culminant à 396 mètres. En tant que point de repère emblématique, il attire des millions de touristes chaque année, désireux de gravir ses sommets spectaculaires.

Le téléphérique relie deux stations : Morro da Urca et le sommet du Pain de Sucre. Le trajet en téléphérique se compose de deux segments distincts, à commencer par la montée vers Morro da Urca. La station de départ est située près de la plage Vermelha, près du niveau de la mer. Le trajet vers Morro da Urca offre un premier aperçu spectaculaire de la baie et des quartiers environnants. La montée vers le Pain de Sucre est une aventure culminant au sommet, où la vue à 360 degrés s’étend sur la mer, les montagnes et la ville.

Le Pain de Sucre demeure une attraction phare du tourisme, en équilibre entre préservation et accessibilité. Le trajet, bien que technique, est aujourd’hui intimement lié à l’expérience culturelle et historique de Rio. Le site raconte l’histoire de l’ingénierie afro-brésilienne et européenne et sert de passerelle entre la mer et la montagne.

Aspects techniques et modernisations

Les gares, dessinées par l’architecte brésilien Harry James Cole, incarnent le style des années 70, mêlant modernisme tardif et formes organiques. En 2008, les cabines ont été remplacées par des véhicules Replica de la société CWA, avec des caractéristiques modernes tout en préservant l’esthétique originelle. Le système mécanique intègre un chariot à double câble porteur, un câble tracteur et des dispositifs de sécurité avancés. Les cabines modernes accueillent 65 personnes et offrent une ventilation améliorée, des haut-parleurs informatifs et une connectivité entre les postes de conduite des tronçons via des ondes HF.

Le projet a inclus une gestion hydraulique des câbles porteurs et des ancrages fixes, une configuration « déportée » des contrepoids et des vérins qui permet de maintenir une tension précise sans puits. Les contrôles électriques et les moteurs Asgen ont été adaptés pour assurer une exploitation fiable, avec des groupes électrogènes de secours et des systèmes Ward-Leonard pour la conversion d’énergie. Les anciennes cabines exposées à la base du Pain de Sucre complètent le musée vivant du site.

Vue panoramique du Pain de Sucre et de la baie de Guanabara

Expérience et environnement

Au sommet, la terrasse panoramique permet d’observer les plages de Leme, Copacabana, Ipanema et Leblon encadrées par les montagnes. Directement en contrebas, les quartiers de Botafogo et de Flamengo s’étendent avec le Corcovado et le Christ Rédempteur en toile de fond. La végétation locale comprend des espèces comme l’orchidée Lealia Lobata, rare et typique des zones tropicales de montagne. En soirée, les lumières de la ville et le Christ Rédempteur illuminé créent une atmosphère féérique.

Pour les visiteurs, diverses options s’offrent: sentiers balisés autour des sommets, espaces de restauration, boutiques de souvenirs et visites guidées qui approfondissent l’histoire, la culture et l’écologie de l’endroit. Des spectacles et événements ponctuels animent Morro da Urca, notamment des concerts et des soirées festives comme celles du Nouvel An.

A Rio, le téléphérique du Pain de Sucre a 100 ans

Conseils pratiques et perspectives

Pour optimiser l’expérience, il est conseillé d’arriver à la station environ 15 minutes avant le départ et de réserver les billets à l’avance, notamment pendant les périodes de haute affluence. Il est aussi possible de redescendre à son rythme après l’ascension et de profiter des espaces de détente et des options gastronomiques. Le Pain de Sucre demeure un symbole de l’histoire et de la culture de Rio, offrant une fusion unique entre aventure et découverte pédagogique.

Le succès du téléphérique du Pain de Sucre a inspiré de nombreux autres téléphériques à travers le monde et peut servir de référence pour comprendre les enjeux d’ingénierie et de tourisme durable dans les métropoles côtières.

ÉlémentsDétails
Hauteur sommet≈ 396-400 m
Longueur totale des deux tronçons≈ 1 278 m
Vitesse maximale6 m/s ( TP A1 ), 10 m/s ( TP A2 )
Capacité cabine65 personnes
Année d’inauguration1912

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