Production porcine et chiffres annuels par pays: comparaison et tendances

Effectif annuel de porcsNombre de porcs par an et par pays. Les données sont représentées sous forme graphique et permettent de voir et comparer plusieurs pays et/ou années.

Production de viande de porc -> Quantité de viande par an. L'UE a produit 23,2 millions de t de viande de porc en 2016, soit 1,3% de plus qu'en 2015 et 1% de plus que le record antérieur en 2007. Les 5 principaux producteurs, les millions de tonnes produites et leur part de production en 2016 ont été : Allemagne 5,57 (24%), Españgnea 4,06 (17,5%), France 1,99 (8,6%), Pologne 1,96 (8,5%) et Danemark 1,57 (6,7%).

Infographie: part des principaux producteurs européens de viande porcine en 2016

Avec une production cumulée de janvier à octobre de 3,4 millions de t, l'Espagne a battu un record pour tous les mois de 2016 sauf en juillet et octobre. La hausse de la production par rapport à la même période de 2015 (164.000 Tm, 5%) dépasse même celle des Etats-Unis, pays qui connaît aussi une forte croissance de sa production. Les Etats‑Unis ont battu un record de production pour 6 des 9 mois passés de 2016. Jusqu'au mois de septembre 2016, un total de 8,3 millions de tonnes ont été produites, soit 1,4% de plus que sur la même période de 2015.

Courbe de production mensuelle de viande de porc par pays en 2016

Au premier quadrimestre de 2017, l'UE dans son ensemble a connu une chute de la production de viande de porc de 183.100 t (-2,4%) par rapport à la même période de 2016, tandis que les USA ont augmenté de 75.900 t (+2%). voir le graphique

Effectif annuel de porcs - Reproductrices et total

L'effectif de truies en Espagne est le plus élevé de l'UE et continue à augmenter, de 4,6% par rapport à 2014, tandis qu'il baisse dans la plupart des pays. Parmi les principaux producteurs, les baisses les plus notoires ont eu lieu en Allemagne (-4%), aux Pays-Bas (-4,8%), en France (-2,3%) et en Pologne (-14,8%).

Avec un effectif en 2015 de 28,4 millions de porcs, soit 6,8% de plus qu'en 2014, l'Espagne devient le premier producteur porcin d'Europe, devant l'Allemagne, avec un effectif de 27,5 millions de têtes après une diminution de 2,8%.

Carte des effectifs annuels de porcs par pays en 2015

Dans l’Union Européenne, le nombre de porcs abattus en Mai suit la tendance à la baisse de cette année avec une diminution de 3,4% par rapport à l’an passé. « En 10 ans, l’autonomie française en porc a été malmenée par les difficultés à maintenir le niveau de production, » indique Anne Richard, directrice d’Inaporc, lors d’une rencontre avec la presse, fin mai. Entre 2014 et 2024, le nombre de porcs abattus a été réduit de 7,3 % tandis que la quantité de viande produite n’a régressé que de 3,9 %, les porcs s’étant alourdis. En parallèle, la consommation de viande de porc n’a pratiquement pas baissé ce qui entraîne un effritement de l’autosuffisance. Nous sommes l’une des dernières filières agricoles à produire à la hauteur de la consommation nationale. Et le risque c’est de voir se développer les importations.

Interdiction de l'abattage rituel en Belgique

France: contexte et défis de la filière porcine

Durant ces 10 dernières années, la France a perdu 25 % de ses élevages porcins. La filière porcine française représente près de 22 300 entreprises au total : alimentation animale, élevages, abattage /découpe et charcuterie / salaison, distribution. Les éleveurs sont les plus nombreux : ils sont 10 000, dont 8 400 possédant plus de 20 truies. Il s’agit de fermes familiales pour la plupart réunies au sein de coopératives agricoles (90 % de la production).

Avec une moyenne de 214 truies, soit environ 5 000 porcs produits par an, la taille des élevages porcins français est l’une des plus faibles en Europe. Les élevages de porcs français sont implantés sur des fermes qui se distinguent par leurs surfaces conséquentes : en moyenne 102 ha. Cette vaste étendue de terres présente deux atouts notables : les fermes ont la possibilité de cultiver leurs propres céréales et des protéagineux pour nourrir les porcs sur place.

Schéma illustrant la chaîne complète de la filière porcine française

La filière porcine est engagée dans une démarche de progrès continu en matière de conditions sanitaires et de bien-être animal. La France est en particulier un des deux seuls pays d’Europe à procéder à une anesthésie locale en cas de castration des porcs. Elle a en effet interdit la castration à vif depuis le 1er janvier 2022. Elle a également réduit l’utilisation des antibiotiques de -58,5 % en 10 ans, de 2011 à 2021, au-delà de la moyenne de l’ensemble des animaux d’élevages, située à 47 %. Mobilisée pour continuer les avancées en la matière, la filière travaille aujourd’hui en étroite collaboration avec le Gouvernement sur le projet de nouvelle réglementation européenne et a même déjà entamé la mise en place des cases liberté pour les truies. Une généralisation qui prendra du temps et ne sera pas possible sans un accompagnement financier car son coût est évalué à environ 2 milliards d’euros.

La généralisation des cases liberté et les évolutions réglementaires sont des défis majeurs pour continuer à soutenir la production tout en respectant les exigences de bien-être animal et de durabilité.

Observations et approches AB (bio) et CDC AB

La production porcine sous cahier des charges agriculture biologique (AB) se développe peu, comparativement aux autres filières d’élevages. La production porcine conventionnelle fait l’objet de nombreuses critiques et controverses sur les registres de l’environnement, du bien-être animal et des modèles d’organisation de l’élevage et des filières. Le nombre de truies certifiées en AB a doublé entre 2016 et 2021, mais ne représente que 1,9 % du cheptel porcin (Agence Bio, 2022).

La valorisation de l’ensemble de la carcasse implique de trouver des débouchés à ces pièces sur le marché en AB, de manière à assurer une rémunération qui couvre les surcoûts liés aux spécifications du CDC AB et de les répartir sur l’ensemble des pièces et pas uniquement sur celles les plus demandées. C’est le cas au sein du partenariat entre Les porcs bio de France et Système U, où l’évolution du prix payé aux producteurs est indexée sur les variations du prix de l’aliment.

Diagramme des voies de valorisation de la production AB porcine

La valorisation de la production porcine en AB prend plusieurs voies qui croisent stratégies « de filière » et/ou « de territoire ». La stratégie « de filière » est celle développée par la filière longue qui représente environ 90 % du volume de la production de porcs en AB. La stratégie dite « territoriale » est celle mise en place par les éleveurs en circuit court qui, par la vente directe ou de proximité, créent du lien entre producteurs et consommateurs sur les territoires.

Le porc est omnivore et peut valoriser une variété de ressources disponibles, y compris des matières premières riches en fibres et des coproduits comme les drêches de brasserie, ce qui augmente l’autonomie des exploitations et des territoires et favorise les services écosystémiques.

Schéma: approches de valorisation AB et circuits territoriaux

À l’échelle des élevages, il existe une importante diversité de systèmes de production, ce qui peut être considéré comme un gage de résilience pour l’ensemble de la filière. Le lien au sol est inscrit dans le CDC AB avec une obligation réglementaire d’au moins 30 % des aliments qui doivent provenir de l’exploitation ou de la même région. Il est renforcé par les opérateurs 100 % en AB avec une obligation contractuelle de 50 % des aliments produits sur l’exploitation chez les éleveurs de Biodirect, BVB ou encore Unebio.

Des entretiens semi-directifs réalisés auprès de 21 acteurs entre avril et octobre 2021 ont permis d’identifier 164 freins et 231 leviers, et ont contribué à proposer une vision d’ensemble des freins et leviers et d’associer des leviers potentiels pour lever des freins. Les freins et leviers ont été répartis dans sept groupes et six types de leviers, avec une projection par une ACM suivie d’une classification ascendante hiérarchique (Ward, 1963).

Ensemble des chiffres et dynamiques

La production porcine sous CDC AB peut difficilement s’adapter à des variations rapides ce qui rend difficile la synchronisation entre amont et aval. En 2020, 35-40 % des carcasses étaient valorisées en viande fraîche et 60-65 % en charcuterie. Cette répartition est plus équilibrée que pour la filière conventionnelle où la valorisation en viande fraîche est plus faible: 25 %.

La période de croissance de la production AB a aussi vu la structuration et la mise en synergie des acteurs 100 % en AB. Les circuits de commercialisation sont cependant diversifiés: grande distribution, distributeurs spécialisés, et circuits courts. La demande en produits porcins biologiques est largement soutenue par des consommateurs, mais les prix à l’achat et les coûts de production restent des défis importants pour maintenir l’équilibre économique.

Tableau synthèse des chiffres clés (résumé)

Région/PaysProduction 2016 (Mt)PartObservations
UE23,2100%Croissance +1,3% par rapport à 2015
Allemagne5,5724%Premier producteur UE
Espagne4,0617,5%Meilleur niveau de reproductrices en UE
France1,998,6%Troisième producteur UE
Pologne1,968,5%Baisse marquée
Danemark1,576,7%Bon niveau de productivité
Tableau récapitulatif: production porcine par pays, 2016

La commission porcine de GDS France se réunit deux fois par an. GDS France coordonne les activités sanitaires porcines de son réseau au niveau national.

Conclusion opérationnelle (à titre informatif)

La filière porcine européenne demeure fortement liée à des dynamiques de production et de marché complexes, où les évolutions réglementaires et les orientations vers des systèmes AB et de filière locale jouent un rôle clé dans les choix des éleveurs et des acteurs de la chaîne.

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