Porc Breton : origine, histoire, caractéristiques et élevage

« Tout est bon dans le cochon ». C’est sans doute là l’une des raisons qui poussent l’homme à poursuivre l’élevage porcin depuis plusieurs milliers d’années. En dehors du bon goût de sa viande, l’animal est aussi très prolifique et facile à nourrir puisqu’il est omnivore. Saviez-vous d’ailleurs qu’il existe dans le monde plus de 350 races de porc ?

Origine et différenciation des races porcines

Avant de parler des différentes races de cochon, vous devez connaître les principales caractéristiques de différenciation de cet animal. Ensuite, il faut savoir que l’on catégorise les différentes races de porc en deux. Les races dites classiques sont les races de porc présentes en croisement dans la plupart des élevages de porcs français.

  • Le Landrace est une race de porc originaire du Danemark et de Suède. On la reconnaît à sa peau claire avec peu de poils et son corps allongé. Quant à sa tête, elle présente des oreilles tombantes.
  • Le Large White est originaire du Royaume-Uni. La couleur de sa peau est également claire et présente peu de poils. On le différencie du Landrace à son corps qui est moins allongé et ses oreilles droites. Il est reconnu pour la qualité de sa viande et ses performances de reproduction.
  • Le Piétrain provient d’une contrée moins lointaine qui est la Belgique. Les porcs de cette race ont une peau claire avec des taches noires, parfois rousses. On les reconnaît par leur musculature développée et leurs oreilles tombantes. Dotés d’un appétit modéré, ils affichent un taux de croissance plutôt lent.
  • Le Duroc nous vient d’Amérique du Nord. Les cochons de cette race ont une robe uniforme de couleur rousse brune. Leur corps est allongé avec des pattes puissantes.

Comme son nom l’indique, elle vient du Pays basque. La race basque se distingue des autres races par sa robe bicolore : noire et blanche. Ce qui lui vaut une autre appellation, celle de la pie noire. Le porc basque a aussi un corps musclé et des oreilles tombantes. La race gasconne vient du sud-ouest de la France en Gascogne. Elle se caractérise par une robe de couleur noire avec de nombreux poils. C’est une race de porc originaire du Limousin. Les cochons issus de cette race ont une robe bicolore : claire et noire. Les parties noires s’étendent jusqu’aux membres inférieurs et à la tête. La race Blanc de l’ouest nous vient évidemment de l’ouest de la France. Autrement dit, la Bretagne, le Pays de la Loire et la Normandie. Elle présente une robe claire, un corps allongé et de grandes oreilles tombantes. La race Bayeux vient de haute et basse Normandie. On la reconnaît à sa grande taille, sa robe claire accompagnée de taches noires et ses oreilles tombantes. La race corse ou le porc Nustrale est une race porcine originaire de Corse. La couleur de sa robe peut varier, mais le plus souvent elle est sombre (noir et brun). Concernant la morphologie, la race corse est de petite taille avec un corps allongé.

Les 10 races de porc citées précédemment peuvent toutes être trouvées sur le territoire. D’autres races existaient, mais elles ont été délaissées au profit de races plus prolifiques et produisant une viande de meilleure qualité.

Élevage porcin en Bretagne et évolution historique

L’agriculture bretonne est caractérisée depuis le milieu du xixe siècle par la polyculture-élevage : les agriculteurs, souvent en fermage, cultivent des céréales sur quelques hectares et possèdent des animaux comme des vaches, parfois un cheval, des poules et quelques porcs. Ces derniers sont élevés dans des bâtiments qu’on appelle des soues et sont nourris uniquement avec le surplus de la récolte annuelle de céréales. La situation évolue à partir des années 1950, avec la diffusion des premiers aliments complets, composés de farines végétales auxquelles sont ajoutés des additifs comme des farines animales et des vitamines.

Des négociants démarchent activement les fermes et les cheptels porcins peuvent alors augmenter. Certains agriculteurs construisent des « porcheries d’engraissement », spécifiquement aménagées pour faciliter le travail : c’est la naissance de l’élevage hors-sol. L’intensification de l’élevage dans les campagnes bretonnes précède les incitations des pouvoirs publics, qui dans les années 1950 mettent davantage l’accent sur les productions céréalières et bovines. C’est seulement dans les années 1960 que les pouvoirs publics prêtent une attention particulière à l’augmentation de la production porcine. L’INRA, créé en 1946, y consacre de plus en plus de recherches, conjointement avec l’ITP, créé en 1961.

Cette dernière voit ses moyens croître en 1968 et publie à partir de 1969 les Journées de la Recherche Porcine. Parallèlement, les Chambres d’Agriculture bretonnes soutiennent le recrutement de conseillers agricoles, qui transmettent une gestion dite « rationnelle » d’élevages de plus en plus modernes. Des acteurs déterminants apparaissent par la suite: les techniciens des coopératives, avec le Groupement Coopératif des Producteurs de Porcelets de Lamballe (GCPPL), la Coop de Broons, et Cooperl, actuel numéro 1 français du secteur porcin.

Les conséquences environnementales de l’élevage porcin hors-sol se manifestent en Bretagne, notamment l’apparition du lisier. Autrefois, les porcs étaient élevés sur une litière de paille qui produisait du fumier; cette litière disparaît dans les nouvelles porcheries, remplacée par un sol en caillebotis et une fosse à lisier sous le bâtiment. Dès le début des années 1970, les études sur l’impact du lisier se multiplient, portées par l’INRA et ENSA de Rennes. Elles montrent les nuisances olfactives et les pollutions potentielles, surtout en hiver pluvieux. L’INRA préconise l’épandage du lisier mais recommande de limiter les risques de pollution des eaux et d’adapter les pratiques au sol.

L’élevage porcin moderne repose sur l’achat d’aliments composés et crée un paradoxe: il permet à des agriculteurs sans exploitation de rester en zone rurale tout en ouvrant l’élevage à de nouveaux entrants. Cependant, il suscite des oppositions syndicales: en Côtes d’Armor, la FDSEA, Modef et les Paysans Travailleurs s’opposent à l’« élevage industriel ». L’histoire de l’élevage porcin s’inscrit dans celle de l’agriculture bretonne au XXe siècle: une production animale qui connaît un développement spectaculaire et est souvent racontée par les archives étatiques ou scientifiques.

Porc Breton et production contemporaine

Aujourd’hui, en France, les races les plus répandues restent le Landrace, le Large White, le Duroc et le Piétrain. En Bretagne, la production est marquée par l’importance des élevages et des circuits courts, bien que la transformation à la ferme et les circuits courts soient moins répandus que dans d’autres régions. La Bretagne produit près de 60 % de la viande de porc française, 70 % des aliments pour porcs et fabrique un tiers de la charcuterie. Plus de 13 millions de porcs ont été abattus en Bretagne en 2022, générant des milliers d’emplois dans une région où 4 000 exploitations porcines élèvent 6,8 millions de porcs en 2022.

Les exploitants bretons ont en moyenne 49 ans et environ 23 % sont des femmes. Les revenus des éleveurs de porc fluctuent fortement selon la conjoncture mondiale. Le secteur bio porcin demeure marginal en Bretagne, représentant moins de 0,5 % de la production; les coopératives assurent l’essentiel de la mise en marché. Une part importante de la production est robuste et structurée autour d’organisations de producteurs, notamment des coopératives, qui dominent le marché.

Marques et pratiques actuelles

Le label Paysan Breton illustre une approche où les éleveurs s’engagent pour le bien-être animal et la durabilité. Chaque éleveur suit une formation spécifique au bien-être animal et privilégie une alimentation locale avec environ 55 % de céréales produites en Bretagne, favorisant l’économie régionale et réduisant l’empreinte carbone. Les élevages modernes utilisent des équipements économes en énergie, tels que l’éclairage LED et des ventilateurs basse consommation.

Infographie: Races de porc et leurs origines

Exemple témoignant de l’évolution familiale et professionnelle dans ce secteur : Arnaud, éleveur porcin Paysan Breton, raconte son parcours et l’importance du maintien d’une activité porcine locale dans le Finistère, en liaison avec la filière laitière et les productions de pommes de terre.

Et si un autre modèle d’élevage porcin était possible ?

La Bretagne demeure une région clé de la production porcine en France, avec un rôle majeur dans la valorisation des céréales et des approvisionnements locaux. À travers les années, l’élevage porcin y a évolué d’une polyculture-élevage traditionnelle vers une production intensive moderne, tout en suscitant des débats sociaux et économiques sur l’élevage industriel et l’environnement.

Région Porcins élevés Part de la production française Emploi lié
Bretagne 6,8 millions (2022) 60% 10 000 directs
France Plusieurs millions - -
Note: certaines données historiques et dépenses économiques reflètent les tendances générales de l’évolution porcine en Bretagne et en France.

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