La confiserie française exporte de plus en plus

L’industrie de la confiserie est l’un des secteurs de production et d’exportation les plus dynamiques et importants en Europe. L’industrie de la confiserie n’est pas seulement un partenaire important pour l'agriculture allemande et européenne, mais, grâce aux courts trajets de transport, elle contribue également à la préservation des ressources. Le secteur s’inquiète de la possibilité d’une taxe sur les produits sucrés, mais il va bien.

Production, consommation et poids économique

D’après l’association européenne Caobisco, plus de 12 000 sociétés produisent près de 14,7 millions de tonnes de confiseries par an. Le chocolat est particulièrement prisé par les consommateurs. Dans le classement européen de Chocosuisse en 2020, la Suisse était en tête de la consommation de chocolat par habitant avec plus de onze kilogrammes par an, suivie par l’Allemagne (9,2 kg), l’Estonie (8,3 kg) et le Danemark (8,2 kg). D’après Euromonitor International, l’Estonie présentait même la consommation par habitant la plus élevée de confiseries en 2022 : statistiquement, chaque estonien en a consommé 13,6 kg cette année-là.

La consommation des Français, si elle reste raisonnable (3,5 kg de bonbons et de confiseries par personne et par an, ce qui est peu au regard des 7,8 kg engloutis chaque année par le Suédois moyen), ne rend pas cruciaux les messages de santé publique sur la surconsommation de sucre. Le potentiel est important : si un Français avale déjà 3,3 kilos de bonbons par an, il est loin derrière les 7 kilos du Suédois ou les 5,5 kilos de l'Allemand.

Pour les seules grandes surfaces, les ventes de bonbons et de confiseries se sont élevées à près de 1,2 milliard d’euros en France en 2015. Le marché a cru de 0,3 % en un an, mais progresse de près de 2 % depuis le début 2016. En volume, le marché est très stable, à 222.000 tonnes, et compte plus de 600 spécialités régionales (Anis de Flavigny, Nougats de Montélimar, Calissons d'Aix, etc.) et les « blockbusters » des grandes marques.

Exportations et rayonnement international

Sur l'ensemble de la production réalisée dans l'Hexagone, 26 % étaient dédiés aux consommateurs étrangers en 2014, contre 23,5 % en 2011. Il a produit 228 000 tonnes, dont un quart pour l’exportation. En cinq ans, les ventes hors de nos frontières ont progressé de plus de 20 %. « L’export est un vecteur très fort pour nous », explique Jean-Philippe André.

Il se félicite qu’un bonbon français sur quatre soit vendu hors de France, 20 % de plus qu’il y a cinq ans. Ainsi, l’Allemagne a acheté 6 500 tonnes de sucreries à la France l’an passé et est son premier client en la matière, devant la Belgique, l’Espagne et l’Italie. La confiserie française a une palette très attrayante hors des frontières, avec près de 600 spécialités régionales, explique Florence Pradier, la secrétaire générale du syndicat. Mais elle a surtout une fantastique réputation, grâce à des normes exigeantes de sécurité alimentaire et des codes d’usage et de qualité rigoureux. Notre savoir-faire fait envie.

Exportation confiserie française camions palettes

Structure du secteur et emploi

Les secteurs de la sucrerie, des confiseries et du chocolat occupent une place importante dans notre économie et notre industrie agroalimentaire. Celle du chocolat représente 115 entreprises, dont 90 % de PME, qui emploient 30 000 salariés. Le secteur, selon le syndicat du chocolat, compte plus de 30 000 salariés dans les seules activités de chocolaterie, et au sein duquel l'industrie sucrière nationale réalise un chiffre d'affaires de l'ordre de 7,6 milliards d'euros pour les seuls sucriers.

Si le secteur se porte bien, c’est aussi grâce à son aura internationale. Les ventes progressent, l’innovation est dynamique et les 7 000 emplois ne sont pas menacés. La France compte encore 70 PME dans ce secteur.

Tendances de consommation et segments porteurs

Un sondage actuel réalisé par la plateforme en ligne allemande Statista est arrivé à la conclusion que les femmes consommaient plus de sucreries que les hommes. En 2022, près de 34 %t des femmes ont indiqué consommer quotidiennement des sucreries ou des snacks salés, contre 23 % chez les hommes.

Après avoir retrouvé l’équilibre en 2023, le marché français de la confiserie a renoué avec la croissance l’an dernier, selon le syndicat professionnel Confiseurs de France. Après avoir retrouvées leur niveau d’avant la crise Covid en 2022 puis s’être stabilisées en 2023, les ventes de confiserie (hors chewing-gum) ont augmenté de 0,8 % en grande distribution l’an dernier. Ce rebond s’est réalisé dans un contexte de recul de la consommation alimentaire en volume. Ce qui satisfait le syndicat professionnel Confiseurs de France.

Certaines catégories sur le marché de la confiserie ont connu plus particulièrement une belle croissance sur l’année 2024. Sur le segment des spécialités de confiseries, les calissons connaissent une progression marquée (+11,1 %) ainsi que les pâtes de fruits et fruits confits (+8,8 %). En 2024, neuf foyers français sur dix ont acheté des confiseries. Leur budget a légèrement augmenté par rapport à l’an dernier, pour atteindre 42 €. Soit une 1,7 % de hausse, un peu moins que l’inflation moyenne annuelle (2 % en 2024 selon l’Insee).

Le caractère régional et traditionnel de la confiserie est une composante de l’attachement des Français à cette catégorie de produits. L’origine régionale des produits ou de la recette est pour autant un critère d’achat important pour 57 % des acheteurs. Un critère qui prend de l’importance avec l’âge (69 % chez les plus de 55 ans) et avec la fréquence de consommation (69 % également chez les acheteurs réguliers).

Innovation, marketing et investissements

Face aux géants, il faut innover par les produits mais aussi par le marketing, Frisk a, par exemple, signé récemment avec l'artiste Takashi Murakami, précurseur du néo-pop, afin de relooker une série de boîtes de bonbons. En Alsace, la Compagnie Française de Chocolaterie et Confiserie vient d'annoncer un investissement de 11 millions d'euros sur son site de Geispolsheim, dans le Bas-Rhin. Et l'an dernier, la Confiserie du Roy René, spécialiste des calissons, a inauguré un nouveau site représentant un investissement de 14 millions.

Enjeux : coûts, matières premières et résilience

Comme bien d’autres, le secteur est actuellement confronté à de nombreuses inquiétudes existentielles : l’explosion des coûts de l’énergie et des matières premières, sans compter l’interruption des chaînes logistiques et la disponibilité des matières premières, posent des problèmes énormes en particulier aux petites et moyennes entreprises familiales. Ainsi, en automne 2022, les augmentations des prix du sucre avaient déjà atteint 100 %, le beurre avait renchéri de 57 % et le blé de 60 %.

« La charge financière énorme contribue de plus en plus au choix du site pour nos entreprises, quand elle ne devient pas une question existentielle. Ce n'est pas seulement l’impact des coûts de l’énergie et des matières premières en forte augmentation en 2022 qui se fait ressentir, mais également les contraintes liées aux sites de production, qui sont depuis longtemps supérieures à la moyenne en Allemagne. S’ajoutent à cela les coûts de la main d’œuvre, les impôts et la pénurie grandissante de travailleurs », explique Dr. Carsten Bernoth, Directeur général de l’association fédérale de l’industrie allemande de la confiserie (BDSI).

Pour le sucre, les prix ont diminué depuis leur pic de novembre 2023, où la tonne atteignait 820 euros, pour s'établir autour de 550 euros en juillet 2025, un niveau qui demeure cependant supérieur à ceux observés entre 2016 et 2021. Pour le cacao, les prix des fèves ont augmenté de 34 % entre janvier 2024 et septembre 2025, les cours ayant quasiment doublé en un an en raison de pénuries d'approvisionnement. Cette hausse du coût des matières premières se répercute sur les industriels et les prix à la consommation, avec une inflation cumulée d'environ30 % en 4 ans pour les confiseries chocolatées vendues en magasins.

Soutiens publics et politiques industrielles

Dans ce contexte, le Gouvernement, pleinement conscient des enjeux à relever par les filières du sucre, de la confiserie et de la chocolaterie, soutient résolument les entreprises agroalimentaires afin de renforcer leur compétitivité, leur résilience et leur capacité d'innovation. Le plan France 2030 mobilise ainsi 2,3 milliards d'euros en faveur de l'innovation, de la recherche, de la formation, de l'industrialisation et du développement de technologies nouvelles dans les secteurs agricoles et alimentaires. À ce jour, 1,402 milliard d'euros ont déjà été accordés, permettant de soutenir 487 projets au bénéfice de 557 entreprises.

Un nouveau fonds de fonds dédié aux industries agroalimentaires et annoncé lors du Salon International de l'Agriculture 2025 est également en cours de déploiement afin de stimuler l'écosystème des fonds intervenant sur l'agroalimentaire et de renforcer les PME et ETI du secteur agroalimentaire. En parallèle, l'État agit également au niveau local grâce au programme « Territoires d'Industrie », dont une nouvelle phase du programme sur 2023-2027 a été annoncée par le président de la République en mai 2023. Celui-ci vise à soutenir la réindustrialisation, le développement des compétences et la transition écologique, avec une enveloppe dédiée de 52 millions d'euros en 2025.

Par ailleurs, l'industrialisation des start-up et PME innovantes a fortement été soutenue grâce à des dispositifs tels que « Première Usine », qui a déjà permis de financer 99 projets, ou le programme ETIncelles, qui accompagne actuellement 197 PME en levant certains obstacles à leur développement. Les services de l'État accordent une grande attention aux industries françaises du sucre, du chocolat et de la confiserie et de manière générale au tissu industriel agroalimentaire.

Durabilité et emballages

La plupart des gens aiment grignoter, mais la tendance à toujours plus de durabilité fait que la demande en emballages plus respectueux de l’environnement augmente aussi pour les sucreries. La pression exercée sur l’industrie de la confiserie pour passer à des processus et des matériaux d'emballage plus écologiques est donc forte. Ils saluent également l'engagement des professionnels du sucre, du chocolat et de la confiserie en faveur d'une alimentation saine et durable.

Importations et échanges intra-européens

A l'inverse, les Français consomment aussi beaucoup de bonbons importés (27.400 tonnes), essentiellement en provenance d'Espagne, de Belgique et d'Allemagne. Les producteurs allemands transforment près de 10 % de la récolte annuelle mondiale de cacao, ce qui équivaut à environ 400 000 tonnes de cette matière première essentielle à la production du chocolat. Le commerce international lui aussi est bien entendu important pour l’industrie de la confiserie.

Indicateur Valeur notable
Production européenne (entreprises) Plus de 12 000 sociétés
Production annuelle (tonnes) Près de 14,7 millions de tonnes
Part de la production française exportée (2014) 26 %
Consommation confiseries Estonie (2022) 13,6 kg/habitant
Budget moyen confiseries foyer français (2024) 42 €

« Les ventes sont portées par l’innovation, les produits nouveaux, qui comptent pour 80 % de la croissance. Mais l’export est un vecteur très fort pour nous », explique Jean-Philippe André. Pour le moral, mieux vaut être à notre conférence de presse que sur le dossier Alstom.

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