Horaire et visite de la chocolaterie Poulain de Blois et Villebarou : évolution, patrimoine et reprise

L'usine de chocolat Poulain de Villebarou, près de Blois, ne va pas fermer, elle est reprise par le groupe Andros. Il fut une époque où cette entreprise était la plus grande fabrique de chocolat d'Europe. Avec l'annonce de cette reprise, c'est tout un pan de l'histoire industrielle de Blois qui respire. En effet, la marque existe depuis 1848, date à laquelle elle fut créée par Victor-Auguste Poulain, un commis épicier de 23 ans qui fut le premier à sentir le potentiel commercial que détenait le cacao. Il fera de ce breuvage doux-amer une douceur sucrée appréciée des petits et des grands.

« De génération en génération, le chocolat Poulain se vend comme si un contrat de confiance était signé ». Reportage de 1983 consacré au marketing au sein de la chocolaterie Poulain, installée depuis le XIXᵉ siècle à Blois. L'archive disponible en tête d'article donne un bon aperçu de l'âge d'or de Poulain. Il s'agit d'un reportage réalisé dans l'usine en 1966, par les actualités régionales de l'ORTF. L'usine qui semblait neuve affichait pourtant déjà 140 ans. La visite des lieux commençait par l'important site de stockage et sa succession de cuves scintillantes où étaient stockées les fèves de cacao en provenance du Cameroun, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Livrées brutes à l’usine, les fèves étaient nettoyées et triées sur place.

C'était l'un des atouts de l'usine, largement mis en avant dans tout le reportage : son autonomie à tous les stades de la fabrication du chocolat. L'opération la plus importante était celle de la torréfaction, qui donne « l’arôme du cacao, donc du chocolat ». Les énormes torréfacteurs automatiques étaient chauffés à la vapeur, puis la fève était refroidie par air soufflé et concassée. C'est alors que commençait le long cheminement du cacao. Broyé, malaxé, fondu par une succession de machines aux allures futuristes, pour aboutir à la plaque de chocolat finale. Se succédaient de nombreux plans, à l'esthétisme léché, de la chaine de broyeurs, ces sortes de centrifugeuses qui permettaient d’obtenir le Graal, une pâte liquide : la « liqueur de cacao ». Elle contenait 55% de matières grasses.

Les caméras de l'ORTF filmaient avec intérêt le processus minutieux. Suivait une autre étape primordiale : le raffinage par « conchage » de la pâte pour obtenir sa finesse. La pâte était écrasée entre des cylindres d’acier, puis réduite en poudre. Poudre « conchée » qui serait à nouveau liquéfiée, avant de passer 48 heures dans des « conches longitudinales ». C'est ce conchage à 60 degrés, « qui donnait le velouté du chocolat », précisait le commentaire. Après un « coulage » à 30 degrés, le chocolat arrivait enfin aux moules compartimentés, placés sur une chaîne vibrante, pour chasser les bulles d’air. L'empaquetage se réalisait, lui aussi, à l'usine. Le reportage dévoilait les stocks de papier aluminium ou de papier cristal... Rien n'était laissé au hasard, jusqu'à l'impression du packaging, l'usine possédant sa propre installation d’imprimerie : son atelier offset, d’héliogravure, son atelier topographique et son atelier de sérigraphie. Le journaliste précisait en conclusion que l'usine Poulain était l'une des plus modernes d’Europe et qu'elle employait plus de mille ouvriers, « dont certains sont là depuis plus de 50 ans pour satisfaire, chaque jour, les gourmands les plus insatiables.

Racheté par le britannique Cadbury en 1988, Poulain s'était diversifié en élargissant son offre de poudre chocolatée instantanée ou encore en créant sa pâte à tartiner. En 1991, cette diversification, impliquant un agrandissement et une modernisation du matériel, avait obligé Poulain à quitter Blois pour s'installer dans sa banlieue proche, à Villebarou. Quelques semaines avant la démolition de l'ancienne usine Poulain à Blois, retour sur l'histoire de cette entreprise (avec un reportage des années 40), visite des lieux désaffectés avec un ancien ouvrier, puis présentation des nouvelles installations aux portes de la ville. La marque de chocolat Poulain est détenue depuis 2017 par le groupe Carambar & Co, créé après le rachat par la société d'investissement Eurazeo. Mais depuis le milieu des années 2010, la conjoncture a changé, plombant la productivité de l'entreprise. En 2023, la marque Poulain ne représentait plus que 4% de la consommation de chocolat des Français.

Informations pratiques sur la visite et l’histoire de Poulain

Pour les visiteurs, l’histoire de Poulain est une porte ouverte sur les techniques et les phases de fabrication du chocolat, depuis l’arrivée des fèves jusqu’à l’empaquetage final. La visite se déploie autour du site historique et des installations plus récentes à Villebarou, qui témoignent de la continuité industrielle et des évolutions technologiques.

Points clés du processus de fabrication évoqués dans les archives

  • Stockage des fèves en provenance d’origines variées (Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana).
  • Torréfaction et refroidissement des fèves pour libérer l’arôme.
  • Broyage, malaxage et oxydation progressive jusqu’à obtenir la « liqueur de cacao ».
  • Conchage et raffinement à des températures contrôlées pour obtenir le velouté.
  • Coulage, remplissage des moules et conditionnement dans les ateliers d’imprimerie.
  • Manufacture considérée comme une des plus modernes d’Europe et historique employant des générations d’ouvriers.
Insignes et archives historiques illustrant l’âge d’or de Poulain
visite historique chocolat Poulain carte des étapes

La reprise par Andros et l’orientation actuelle vers Villebarou permettent de préserver l’usine et d’envisager l’avenir dans un cadre industriel fidèle à son héritage et adapté aux évolutions du marché.

Pour les visiteurs et les lecteurs, l’histoire Poulain reste une référence sur l’évolution industrielle française, avec une attention particulière portée à la transmission des savoir-faire et à l’autonomie des sites dans la fabrication du chocolat.

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