Médaillée d'or à Tokyo avec l'équipe de France, Cléopatre Darleux est l'une des meilleures gardiennes de handball du monde. Elle est aussi maman depuis 2019. Dans un entretien à RMC Sport, elle raconte comment elle a géré cette maternité en pleine carrière.
Un parcours réconciliant carrière et maternité
La gardienne des Bleues, championne olympique à Tokyo l'été dernier, affirme être revenue « revenue plus forte que jamais » après sa grossesse. Vous avez donné naissance à votre petite fille Olympe en novembre 2019. Vous aviez 30 ans. Avez-vous eu des craintes au moment de vous lancer dans votre projet de maternité ?
Oui bien sûr. C'est un projet compliqué. Déjà, c'est tabou dans le sport. Il y a l'envie en tant que femme de devenir maman mais aussi les questions sur notre carrière. Comment de temps on va être absente? Comment est-ce qu'on va revenir physiquement? Est-ce qu'on va retrouver son niveau? Moi aussi je me suis posée ces questions. Après, comme je dis souvent, devenir maman de ma fille est la plus belle chose qui me soit arrivée. C'est pour ça que j'essaie de communiquer sur mon expérience.
Non, vous n'avez pas eu le sentiment à l'époque de sacrifier votre carrière ?
Non. Bien sûr qu'il y a des conséquences sur la carrière. Pendant notre absence, quelqu'un prend notre place mais ce n'était pas un sacrifice. Ce que j'ai en plus depuis la naissance de ma fille, ce n'est que du positif sur le plan personnel mais aussi sportif.
Le retour à la compétition et l’évolution personnelle
Vous avez mis combien de temps à revenir à la compétition? J'ai mis deux mois et demi à reprendre la compétition. Cela dépend des kilos qu'il y a à perdre (rires). Dans mon cas, j'ai eu la chance si on peut dire que le Covid-19 arrête les compétitions au printemps 2020. J'ai joué un mois et demi concrètement et après j'ai eu plus de temps. Mais je dirais qu'on peut revenir à son top au bout de quatre mois.
Vous dites que vous êtes même devenue une meilleure joueuse, que vous vous sentez plus forte qu'avant? Et vos résultats depuis votre retour le prouvent. Totalement! Depuis que j'ai accouché, mes résultats et mon niveau de jeu en 2020-2021, c'est la meilleure saison de ma carrière que ce soit en club et en équipe de France (NDLR: championne de France 2021, vainqueure de la Coupe de France 2021 et finaliste de la Ligue des Champions 2021 avec le Brest Bretagne Handball et championne olympique à Tokyo avec les Bleues).
Surtout dans mon état d'esprit, je me sens bien avec moi-même. Je me sens épanouie, plus légitime pour parler à mes coéquipières, à mon entraineur, à mon président. Je me sens apaisée et plus mature. C'est sûr qu'on a plus de responsabilités en étant maman. Le soir, quand on rentre à la maison, on a toujours notre petit bout qui nous attend et on passe à autre chose. On prend plus de hauteur.
Changement de regard sur la maternité et soutien structurel
Est-ce que vous sentez que les choses évoluent dans le bon sens ?
Oui complétement. Je reçois beaucoup de messages de sportives, tous sports confondus qui me demande mon parcours, comment je me suis organisée, comment j'ai repris l'entrainement etc. Plus on en parle, plus il y aura des sportives qui iront au bout de leur projet.
Vous avez aussi œuvré pour la signature d'une convention collective entre les joueuses et la Fédération Française de Handball sur ce sujet ?
Oui la convention DIHANE (Dialogue Social Innovation Handball Partenaires Féminins). Elle a été signée en mars 2021. Grâce à elle, on a obtenu un maintien de salaires pendant un an des joueuses en cas de grossesse mais aussi de grosses blessures au lieu de trois mois avant, mais aussi une hausse du salaire minimum et des droits aux congés.
Message pour les jeunes mamans et exemples inspirants
Qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui à une joueuse en pleine carrière qui vous lit et voudrait se lancer dans la maternité ?
Je leur dirais : "allez-y foncez". N'ayez pas peur. Si c'est une envie profonde, il faut y aller. Pour ma part, ce n'était pas forcément calculé mais aujourd'hui, je suis hyper heureuse. Toute jeune maman, Laura Glauser a gagné une course contre la montre pour être opérationnelle à l’Euro. Elle n’imaginait pas que ce serait aussi dur.
Laura Glauser est de retour au plus haut niveau, sept mois après avoir donné naissance à sa fille, Kaniela. Glauser l’avoue, elle a douté. « Après mon accouchement, je n’avais plus de muscles, plus rien. Et, au niveau du handball, je n’avais plus aucun repère. Pourtant, elle s’entretenait encore physiquement une semaine avant d’accoucher. Mais il a fallu repartir de zéro. Pour revenir petit à petit. »
« Un mois après l’accouchement, j’avais repris un peu la musculation, à poids léger. J’ai repris la course à un mois et demi. Et, avec les filles, deux mois après l’accouchement. » Le sélectionneur, Olivier Krumbholz, n’a jamais douté de retour de sa gardienne pour l’échéance qu’elle s’était fixée. « Je n’ai jamais eu le moindre doute sur sa capacité à récupérer. »
Le rôle du duo Leynaud-Darleux et la quête de performance
L’excellent début de saison de Glauser avec Metz l’a rassurée, ela qui en a tant besoin. « Parce qu’elle n’a pas forcément conscience de son talent. » Laura, je la connais depuis que je suis arrivée à Metz. Ça fait plus de 9 ans. Elle m’a pris sous son aile, elle a pris soin de moi, elle a su trouver les mots quand ça n’allait pas. Et Leynaud de confirmer : « Laura, je la considère comme mon Bébé. »
« Ce soir, ce duo servira les Bleues contre les Pays-Bas. Avec une Glauser qui monte en puissance, brillante contre la Serbie mercredi, mais jamais du genre à ramener la couverture à elle. »
Laura Glauser est tombée enceinte de sa petite fille en 2017. Après avoir joué au handball jusqu’à ses 3 mois de grossesse, cette dernière décide de mettre sur pause sa carrière sportive. Mais en véritable passionnée, la championne continue à s’entretenir tout au long de sa grossesse "jusqu’à une semaine avant mon accouchement" nous confie-t-elle. Vélo, muscu, natation… impossible de l’arrêter !
Après la naissance de sa fille en 2018, son objectif est de concilier sa vie de maman avec sa vie de sportive. Mission réussie pour la handballeuse, qui emmène sa fille avec elle aux matchs, et se prépare en sa présence. Le sport occupe une grande place dans la vie de cette petite famille, jusqu'à orienter son lieu d'habitation. "Le sport, c'est ce qui rythme notre vie, qui dit où l'on habite, où l'on se déplace. Quand je joue en équipe de France, ma fille sait que c'est l'occasion de rentrer là-bas".
- Cléopatre Darleux : gardienne de l’équipe de France et championne olympique à Tokyo.
- Laura Glauser : parcours inspirant entre maternité et haut niveau, retour progressif et réussite internationale.
- Conventions et droits : entretien de la DIHANE pour améliorer les conditions des joueuses enceintes et des blessées.
Illustrations et ressources visuelles

Cleopatre DARLEUX is a wall | TOP 5 SAVES | Round 6 | EHF Champions League Women 2022/23
Tableau récapitulatif des moments clés
| Événement | Date approx. | Description |
|---|---|---|
| Naissance d’Olympe | 2019 | Début de l’expérience de maternité |
| Retour à la compétition | 2020-2021 | Reprise après confinement et grossesse |
| Constitution DIHANE signée | 2021 | Maintien de salaire et droits accrus |
| Tokyo Olympique | 2021 | Médaillée d’or avec les Bleues |
En somme, le parcours de Cléopatre Darleux, comme celui de Laura Glauser et d’autres sportives, illustre comment maternité et haut niveau peuvent se conjuguer avec réussite, soutien institutionnel et volonté personnelle. Le message est clair pour les jeunes athlètes : il est possible de concilier ces deux vies et de poursuivre l’excellence tout en restant fidèle à ses valeurs et à sa famille.
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