Extrait de romarin alimentaire: propriétés, usages et sécurité

< p >Le romarin (Rosmarinus officinalis L.) est une plante aromatique méditerranéenne riche en composés bioactifs. Son extrait est étudié comme antioxydant et agent de conservation dans divers aliments, avec des limites de tolérance proposées entre 10 et 50 ppm exprimées comme la somme de l’acide carnosique et du carnosol. Santé Canada envisage d’autoriser cet extrait comme additif alimentaire dans plusieurs catégories, après évaluation de sa sécurité et efficacité.

Contexte réglementaire et usages proposés au Canada

< p >Health Canada, soit le ministère fédéral canadien de la Santé, a publié un avis de proposition réglementaire visant à modifier la Liste des agents de conservation autorisés et le Tableau des spécifications des additifs alimentaires afin de permettre l’utilisation de l’extrait de romarin comme additif alimentaire au Canada. Cette proposition fait suite à l’évaluation d’une demande d’autorisation d’additif alimentaire et propose d’autoriser l’extrait de romarin comme antioxydant (agent de conservation) dans des catégories telles que les biscuits, brownies, craquelins, produits de pommes de terre déshydratés, nouilles et pâtes précuites avec du gras, fruits à coque et graines, tartinades, barres de collations et collations salées ou sucrées.

< p >L’extrait est obtenu à partir de feuilles séchées de romarin par extraction à l’éthanol ou à l’acétone, suivie d’un raffinage réduisant les composés aromatiques et augmentant les composés antioxydants. Seuls les extraits conformes aux spécifications du JECFA seraient autorisés.

< p >La consultation publique est ouverte pendant 75 jours, avec une date limite de commentaires fixée au 21 février 2026.

Composition et mécanisme d’action

< p >L’activité antioxydante de l’extrait de romarin est principalement attribuée à deux constituants majeurs: l’acide carnosique et le carnosol. L’extrait visé est obtenu par extraction à l’éthanol ou à l’acétone à partir de feuilles séchées, puis raffinage pour augmenter les teneurs en acide carnosique et en carnosol et éliminer le solvant et les arômes volatils indésirables.

< p >Les composés diterpéniques et triterpéniques présents dans l’essence aromatique du romarin confèrent des propriétés antibactériennes et antivirales, des effets anti-inflammatoires et des capacités anti-oxydantes qui pourraient contribuer à la prévention de maladies cardiovasculaires, neurodégénératives et certains cancers selon les données précliniques et cliniques interrogées.

Propriétés et effets potentiels du romarin

< ul >
  • Propriétés antibactériennes et antivirales liées à la richesse en carnosol, acide carnosique, rosmanol et acide rosmarinique.
  • Propriétés anti-inflammatoires via les acides phénoliques et les triterpènes.
  • Effets neuroprotecteurs et potentiels sur la mémoire grâce à des actions sur les neurotransmetteurs.
  • Propriétés cholérétiques et cholagogues, soutien de la détoxification hépatique et de la fonction digestive.
  • Effet drainant rénal et potentialités antiseptiques et antibactériens locaux (peau et cuir chevelu).
  • Usage traditionnel et applications pratiques

    < p >Traditionnellement utilisé pour les troubles digestifs et comme tonique, le romarin est aussi employé localement pour des douleurs musculaires et articulaires ou pour désinfecter des petites plaies. Les directives européennes (2010/67/EU et 2010/69/EU) permettent l’utilisation d’extraits de romarin comme antioxydants alimentaires et précisent les critères de pureté et les applications autorisées, en spécifiant que l’apport actif doit être exprimé en acide carnosique et carnosol plutôt que comme mise en évidence aromatique.

    < p >L’EFSA a donné un avis favorable sur la sécurité des extraits, ce qui a conduit à des amendements des directives européennes et à l’enregistrement des extraits de romarin dans la liste des additifs autorisés. Le système européen distingue clairement l’usage comme antioxydant et permet une étiquetage « antioxydant : extrait de romarin » ou « antioxydant : E392 ».

    Considérations de sécurité et contre-indications

    < p >Pour la consommation orale, le romarin est contre-indiqué chez les personnes souffrant de calculs biliaires ou de maladie du foie à des doses élevées, et peut causer des nausées ou une dermatite de contact chez certaines personnes sensibles au carnosol. L’huile essentielle de romarin est neurotoxique et son usage interne est déconseillé. Chez les femmes enceintes ou allaitantes, l’usage médicinal est déconseillé, que ce soit sous forme de tisane, de complément ou de médicament. Le romarin utilisé en cuisine ou à faible dose est généralement considéré comme sûr pour la plupart des individus, mais des interactions potentielles avec des médicaments existent en raison des effets sur le métabolisme hépatique.

    Tableaux et données pertinentes

    < table > < tr > Composants principaux Rôle Acide carnosique et carnosol Actifs antioxydants majeurs Rosmanol, acide rosmarinique Contribuent aux activités anti-inflammatoires et antimicrobiennes Ursolic acid, oleanolic acid Polyvalents en activité antioxydante et métabolique

    Utilisations européennes et canadiennes comparées

    < p >En Europe, les extraits de romarin sont enregistrés comme antioxydants alimentaires et peuvent être utilisés pour la conservation des graisses, huiles, arômes, produits carnés, snacks, sauces, pommes de terre déshydratées et compléments alimentaires. Le cadre exige que les teneurs en acide carnosique et carnosol soient garanties et certifiées par les producteurs. Au Canada, Santé Canada prépare une intervention réglementaire pour autoriser l’extrait comme antioxydant dans des catégories spécifiques, avec des limites de tolérance et des spécifications de pureté similaires à celles établies par les standards internationaux.

    Schéma des voies d’action des principaux composants du romarin dans l’organisme et les aliments

    Éléments linguistiques et historiques

    Le romarin est décrit sous divers noms locaux et historiques tels que « herbe des troubadours », « rose marine » ou « bouquet de la Vierge ». Il est indigène des régions méditerranéennes et a été utilisé depuis l’Antiquité dans l’Egypte antique et par les Romains comme symbole de longue vie et de paix. L’usage en parfumerie est ancien, et ses huiles essentielles ont été exploitées pour leurs propriétés antiseptiques et anti-infectieuses.

    TOUT SAVOIR SUR LE ROMARIN (ses bienfaits et dangers cachés pour la santé)

    Aspects pratiques pour l’industrie alimentaire

    < ul >
  • Les extraits doivent être conformes aux normes JECFA pour être autorisés.
  • Les taux proposés (10-50 ppm) reflètent la somme des composés actifs (carnosic acid et carnosol).
  • Les méthodes d’extraction autorisées incluent l’éthanol, l’acétone et le CO2 supercritique, avec des raffinages garantissant la pureté et la concentration en actifs.
  • Utilisation dans des catégories diverses (biscuits, crackers, produits déshydratés, pâtes, fruits secs, tartinades, barres) afin de prévenir l’oxydation.
  • Questions courantes et clarifications

    < ul >
  • Le romarin ne peut pas être déclaré « arôme naturel » s’il agit uniquement comme antioxydant et ne transmet pas le goût de romarin au produit fini.
  • Il est nécessaire de garantir les teneurs en actifs (acide carnosique et carnosol) dans les lots d’extraits commerciaux.
  • Les extraits doivent être conformes aux directives européennes et internationales pour être utilisés dans des cadres réglementaires sécurisés.
  • tags: #extrait #de #romarin #alimentaire