L'espace multiculturel du Lieu unique occupe les anciens locaux de la célèbre biscuiterie nantaise LU. De l'ensemble majestueux, n'ont été conservées que l'architecture, et, en hommage, les lettres LU qui ont donné naissance aux initiales du Lieu Unique. C'est un bâtiment à l'architecture typique de la fin du XIXe siècle qui affirme la puissance de l'entreprise LU, créée en 1846 par Jean-Romain Lefèvre et son épouse, Isabelle Utile.
À l'origine, ce n'est qu'une fabrique artisanale de biscuits. Successivement, les fils et petits-fils, puis leurs descendants, transformeront le destin de cette petite pâtisserie en une véritable saga entrepreneuriale et familiale. Dans le contexte de la révolution industrielle et du développement des voies de chemins de fer, ils vont peu à peu industrialiser et automatiser la production. C'est en 1886 que le célèbre Petit Beurre naîtra et deviendra le produit de référence. Son succès entraîne la création de la société LU et d'un ensemble architectural original à partir de 1899.
L'entreprise fait appel aux meilleurs affichistes et graphistes (l'artiste, Alphonse Mucha, est le premier à associer les initiales L et U), ayant déjà un sens aigu du packaging. L'entreprise familiale prospère et emploie jusqu'à 2.000 ouvriers. Dès le XIXe siècle, LU affiche une politique d'entreprise en avance, en instaurant une protection sociale, des congés maladies payés, et une participation aux bénéfices de l'entreprise ainsi que des primes de rendement, d'assiduité et de pénibilité. Elle prendra fin à l'aube des années 2000.
En 1986, l'entreprise est délocalisée ; et l'usine laissée à l'abandon. Le président du Centre de Recherche pour le Développement Culturel (CDRC) de la Ville de Nantes propose au maire, en 1994, d'établir dans ces locaux un centre d'art contemporain pluridisciplinaire. De l'ensemble majestueux, il ne reste qu'une partie des anciens locaux, aujourd'hui, classés, et une tour, reconstruite à l'identique en 1998, pour rappeler l'origine industrielle des lieux. Le CRDC s'y implante et crée le Lieu Unique en 2000 dont la tour s'est ouverte au public en 2004. La tour Lu se visite et offre une vue panoramique sur la ville et ses environs.
C'est à la fois un lieu de spectacles (danse, concerts, cirque...) et d'expositions, de rencontres littéraires mais aussi d'ateliers artistiques accueillant plus de 500.000 visiteurs par an. C'est aussi un lieu de vie, complété par un café et un restaurant, ainsi qu'une librairie et une boutique. Le côté jardin du Lieu unique Le bar est un endroit ouvert sur la création musicale et qui programme en journée des Dj résidents. En soirée, il se transforme en club avec des soirées thématiques en lien avec la programmation culturelle. Entre le live et les performers, les Allumés du tango s'y retrouvent, une fois par mois, sur la piste.
Une cuisine traditionnelle est servie au restaurant qui s'est facilement intégré dans ce décor industriel mais conserve une ambiance conviviale et chaleureuse. Le Lieu unique dispose également d'un hammam traditionnel qui investit le sous-sol de l'ex-usine Lefèvre-Utile sur plus de 600 m2. Le Lieu unique est aussi un lieu de vie et de convivialité. Ici, le restaurant. L'atelier du Silo accueille chaque année, deux plasticiens en résidence d'artistes, bénéficiant d'une bourse à la création.
Le Grand Atelier est une salle de spectacles de 620 m2 équipée de gradins télescopiques, d'une jauge de 532 places assises, de 1.500 places debout ou de 4.000 lorsque sa cloison amovible est ouverte sur la Cour. Celle-ci, d'une superficie de 1200 m2, a conservé son aspect authentique avec sa verrière originelle et se transforme en espaces publics en fonction de besoins.
Les artistes et designers de la région nantaise et d'ailleurs peuvent vendre leur créations grâce à la boutique. Le grand atelier avec ses cloisons mobiles et ses sièges amovibles. Le Lieu unique, à Nantes, est labellisé Scène nationale.
De 1986 à 1999 : Une biscuiterie reconvertie. En 1986, soit des décennies d’expansion plus tard, LU déplace sa production hors du centre-ville. Ses usines sont alors progressivement détruites et seule l’annexe du quai Ferdinand- Favre demeure. L’ancienne usine se découvre vite une nouvelle vocation. Les grands espaces désaffectés deviennent le terrain de jeu idéal d’un squat culturel.
À partir de 1989, des artistes (dont la compagnie Royal de Luxe) s’approprient la friche et en font un lieu de création atypique. En 1994, elle accueille la quatrième édition du festival Les Allumées. Porté par le CRDC (Centre de Recherche pour le Développement Culturel), scène nationale (et nomade) de Nantes, ce festival accueille pendant six nuits des artistes de grandes villes du monde : Barcelone, Saint-Pétersbourg, Buenos-Aires, Naples, Le Caire… À cette occasion, métamorphosée en un véritable “souk”, la friche revit durant plusieurs nuits dans l’atmosphère chaude d’Egypte.
Jean Blaise, directeur du CRDC, souhaite s’installer durablement sur le site. Il soumet un projet culturel à Jean-Marc Ayrault, le maire de Nantes : il s’agit de créer un lieu où la vie côtoie spontanément l’art, dans ses formes les plus contemporaines, voire “dérangeantes”. Provoquer la rencontre, le frottement des genres, redonner au lieu sa dimension poétique et conviviale, pousser à la curiosité, inclure des espaces de services (bar, restaurant, librairie, crèche, hammam). Telles sont les aspirations des futur·es occupant·es de l’usine.
Convaincue, la ville rachète l’annexe Ferdinand-Favre en 1995. Déclarée site protégé, la friche industrielle échappe de justesse à la démolition et accueille de nouvelles manifestations culturelles du CRDC comme Trafics : Marché de l’art et trafic de spectacles en juin 1996, Cuisines et Performances en juin 1997, et Fin de Siècle : Johannesburg en octobre 1997 ou New York en 1998. La tour LU est reconstruite, l’usine est réhabilitée par l’architecte Patrick Bouchain dans le respect de l’identité industrielle du site.

Structure et offre actuelle
Le Lieu unique est aujourd'hui un espace hybride: un lieu de spectacles, d’expositions et d’ateliers, mais aussi un café, un restaurant, une librairie et une boutique. Son architecture conserve des éléments de l’ancienne usine: la tour, reconstruite à l’identique, rappelle l’origine industrielle, et la grande cour offre un cadre pour des manifestations en plein air.
Le Grand Atelier, avec ses équipements et sa flexibilité, permet d’accueillir des performances, des résidences artistiques et des événements publics. L’espace accueille régulièrement des artistes et des projets culturels venus de Nantes et d’ailleurs, renforçant le lien entre industrie, art et société.
Le Lieu Unique est labellisé Scène nationale et demeure un symbole de l’évolution urbaine et culturelle de Nantes, passant d’une biscuiterie prospère à un centre culturel pluridisciplinaire majeur.