Destockage alimentaire et épiceries anti-gaspi à Bourg-en-Bresse et Paris: concepts, pratiques et impact

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« Nous anti-gaspi » est une enseigne qui commercialise des produits refusés par la grande distribution. En 2019, elle ouvrait un premier magasin rue du Pré Saint-Gervais (19e) grâce notamment à un financement du Budget Participatif. « Malgré nos gueules cassées, vous ne regrettez pas de nous avoir sauvé », annonce un écriteau calé sur un des rayons du magasin « Nous anti-gaspi ». « On va chez toi ou je vais à la poubelle », répond un autre.

Ouvert depuis le 6 novembre 2019 au 64, rue du Pré-Saint-Gervais, l’enseigne met en avant avec humour ses produits refusés par la grande distribution. Un deuxième magasin dans le 14e. Un an après l’ouverture d’un premier magasin parisien dans le 19e arrondissement, et sur le même principe, le réseau d’épiceries NOUS anti-gaspi a ouvert en octobre 2020 une deuxième adresse dans un local de Paris Habitat situé à proximité de Montparnasse. Au sein de ses 250 m2, des fruits et légumes, du frais, des surgelés, du vrac et de l’épicerie provenant directement des producteurs et du marché de Rungis.

« Nous travaillons avec près de 300 fournisseurs, notamment des partenaires locaux, indique Charles Lottmann, co-fondateur de l’enseigne. Lorsque nous récupérons les invendus, nous évitons la perte et fournissons un complément de revenus aux fournisseurs. Nous leur achetons des produits hors-normes, qui ne répondent pas aux standards de la grande distribution. »

Habitante du 19e, Cécile, 29 ans, glisse dans son panier un filet de canard à 7,95€ le kilo. Un petit prix, comme les autres articles vendus ici en moyenne 30% moins chers. Valentine, mère de famille, « jongle avec les prix » quand il s’agit de faire les courses. « Pour la viande, c’est rentable », lui assure Nina, nouvelle cliente, qui déplore ne pas pouvoir en manger aussi souvent car « c’est devenu trop cher ».

L’ouverture de l’enseigne a été financée en partie par le Budget Participatif 2017, dans le cadre du projet Alimentation pour tous. « Il s’agit proposer à la population aux revenus modestes une alimentation de qualité et durable, rappelle le co-fondateur de « Nous anti-gaspi ». S’ils ne répondent plus aux standards des grandes surfaces, les produits restent de qualité. À travers les rayons, Cécile continue de remplir son cabas en se laissant guider par les livraisons du jour. « Au final, cela permet de varier les idées de menus en fonction de ce qu’il y a. Autrement, au supermarché, j’achète toujours les mêmes choses », constate-t-elle. En effet, les références changent en fonction des arrivages des fournisseurs. « Un jour, il y aura des pâtes de telle marque, de telle sorte. Un autre jour, cela sera une autre. Mais nous aurons toujours un emplacement dédié pour toutes les familles de produits », explique Matthieu, l’un des six employés de Nous, anti-gaspi.

Avec cette épicerie dans le 19e, « Nous anti-gaspi » teste son concept auprès d’une clientèle urbaine, qui se rend à pied aux courses. Rien à voir avec leurs cinq autres magasins dans l’ouest, ouverts dès 2018 dans des zones industrielles provinciales. La finalité reste la même : réduire les 10 millions de tonnes de nourriture jetées chaque année en France. À son échelle, l’enseigne s’y emploie.

Les dynamiques du destockage alimentaire et les enjeux locaux

  1. Approvisionnement et réduction du gaspillage: les magasins récupèrent des invendus et des produits hors-normes pour les proposer à des prix accessibles, tout en évitant le gaspillage alimentaire.
  2. Impact social: les enseignes ciblent une population à revenus modestes et offrent une alimentation qualitative à coût réduit, renforçant l’accès à une alimentation durable.
  3. Partenariats et circuits courts: collaboration avec près de 300 fournisseurs, dont des partenaires locaux, et réorientation des produits vers des marchés comme Rungis.
  4. Économie et prix: des produits à prix bas, avec une variabilité selon les arrivages et les promotions, permettant notamment des économies pour les familles.

Expériences consommateurs et perspectives locales

Les clients témoignent d’une expérience axée sur la variété et les arrivages quotidiens, ce qui encourage la découverte de nouveaux produits et menus.

Infographie: chaîne d’approvisionnement et destination des invendus

La présence de magasins anti-gaspi montre comment le destockage peut s’intégrer dans des réseaux urbains et péri-urbains, tout en s’alignant sur des objectifs de lutte contre le gaspillage alimentaire et de soutien à des acheteurs à budget limité.

Supermarchés anti-GASPI : une révolution silencieuse - Tout Compte Fait

  • Disponibilité des produits selon les livraisons et les arrivages;
  • Prix moyenne autour de 30% moins chers que dans les circuits traditionnels;
  • Utilisation de produits invendus ou hors-normes, sans compromettre la qualité.

En synthèse, les initiatives de destockage alimentaire et les enseignes anti-gaspi illustrent une tendance robuste vers une alimentation de qualité à coûts réduits, soutenue par des partenariats locaux forts et une approche pédagogique auprès des consommateurs sur la réduction du gaspillage.

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