Constituant alimentaire plastique: risques du BPA, phtalates et autres additifs

Aujourd'hui, l'impact des phtalates sur la santé et l'environnement suscite de nombreuses inquiétudes et interrogations. On fait le point sur ce sujet fort, qu'on retrouve également dans la législation. Ces plastifiants, largement utilisés dans l’industrie plastique, servent à rendre les plastiques plus souples et flexibles.

Les phtalates sont des composés chimiques qui servent à rendre les plastiques plus souples et flexibles. Ces plastifiants présentent plusieurs risques pour la santé humaine et l’environnement. À l’image des bisphénols, ils sont eux aussi considérés comme des perturbateurs endocriniens et peuvent provoquer des troubles hormonaux. Ils ont également des effets nocifs sur le foie et les reins, ainsi que des impacts négatifs sur la fertilité.

Réglementation et extraction

En Europe, la présence de phtalates est réglementée, tout comme celles d’autres substances, par le règlement REACH (n° 1907/2006/CE). Au préalable, les phtalates doivent être extraits des plastiques par voie solvant. Le protocole d’extraction sera à adapter selon la nature du plastique. Face aux dangers de ces composés chimiques, les réglementations et directives sont omniprésentes et des alternatives émergent.

BPA et risques sanitaires

Le bisphénol A (BPA) est un composé chimique, fabriqué artificiellement, que l’on retrouve notamment dans certains emballages alimentaires et sur certains tickets de caisse. Il est utilisé pour la fabrication de plastiques particuliers (polycarbonates) servant à la confection de bouteilles recyclables, de vaisselles, de conteneurs de stockage, ainsi que de résines (résines époxy) servant de revêtement intérieur aux boites de conserves et aux cannettes. On peut actuellement le retrouver comme contaminant des denrées. L’Anses a publié en avril 2013 son rapport final sur l’évaluation des risques sanitaires liés au BPA.

L’alimentation est la principale source d’exposition au BPA, la moitié provenant des produits conditionnés en boîte de conserve, et environ 20 % de certains aliments d’origine animale. Le BPA est massivement utilisé depuis les années 1960, et les politiques publiques ont progressivement restreint son usage dans les contenants alimentaires, notamment chez les nourrissons et les femmes enceintes.

En Europe, la présence de bisphénols est réglementée, tout comme celles d’autres substances, par le règlement REACH (n° 1907/2006/CE). Pour détecter la présence de bisphénols dans la matière, des analyses en laboratoire sont effectuées par chromatographie liquide et gazeuse couplée à un spectromètre de masse. L’exposition au BPA est principalement par ingestion et migration des contenants vers les aliments, avec des sources secondaires comme le contact cutané et les poussières.

Impacts sur la santé et reproduction

Des études ont montré que le BPA est un perturbateur endocrinien pouvant affecter le développement neurologique, entraîner des troubles de la reproduction et augmenter les risques de certaines maladies métaboliques. L’Anses et d’autres autorités ont publié des avis soulignant la nécessité de réduire les expositions, en particulier chez les populations sensibles (fœtus, nourrissons, femmes enceintes et allaitantes). Des évaluations ont aussi estimé que des expositions à faible dose et les effets cocktails méritent des investigations plus approfondies.

Les parabènes, phtalates et bisphénols sont des substances omniprésentes dans les produits cosmétiques et les emballages, suscitant une attention croissante en raison de leur potentiel perturbateur endocrinien. Le BPA a été interdit dans certains contenants et, progressivement, dans l’alimentation, afin de protéger les populations les plus vulnérables.

Plastique, sols et environnement

Le recyclage des plastiques se complexifie: addition d’additifs et couches multiples empêchent un recyclage simple et efficace, et une grande partie des plastiques collectés est incinérée ou enfouie. La biodégradation des plastiques est souvent illusoire, surtout pour les plastiques pétrosourcés; les matériaux biosourcés ne garantissent pas nécessairement une biodégradabilité dans des conditions courantes.

Une étude conjointe INRA-CNRS (23 mai dernier) révèle une contamination massive par les microplastiques dans tous les sols, y compris les sols agricoles, avec des implications pour les organismes vivants, y compris l’humain. Les microplastiques et nanoplastiques peuvent pénétrer dans les tissus et organes, provoquer des inflammations et se retrouver dans les aliments, comme l’ont démontré des tests sur le thé, les fruits de mer et l’eau en bouteille.

Conséquences et perspectives

Face à ces constats, les mesures de régulation et les recherches pour des alternatives moins nocives s’imposent. Le recyclage insuffisant et la dépendance au plastique dans la chaîne alimentaire exigent une réflexion globale: réduire massivement la production, repenser le système et envisager des matériaux alternatifs pour l’agriculture et l’alimentation.

Les coûts sanitaires potentiels et le besoin de protections spécifiques pour les populations vulnérables renforcent l’urgence d’un cadre réglementaire renforcé et d’investigations complémentaires sur les expositions à faible dose, les effets cocktail et les alternatives moins toxiques.

Utilisation et sources courantes

  • Les bouteilles en polycarbonate et les récipients alimentaires.
  • Les revêtements de canettes, les boîtes de conserve et les emballages plastiques.
  • Les tickets de caisse et certains matériaux dentaires ou médicaux.
  • Les papiers thermiques et d’autres applications non alimentaires où le BPA peut être présent.

Tableau récapitulatif des points clés

SubstanceRôleSource courantePrincipaux risques
BPAPerturbateur endocrinienEmballages, résines époxy, ticketsProblèmes reproductifs, neurodéveloppement
PhtalatesPlastifiantsPlastiques PVC, cosmétiques, jouetsTroubles hormonaux, fertilité
NIASSubstances ajoutées non intentionnellementFabrication et dégradationEffets sanitaires mal connus

Éléments méthodologiques et contrôles

Les analyses de présence de BPA et d’autres bisphénols se font par chromatographie et spectrométrie. La détection et la quantification exigent des procédures d’extraction par solvants et des protocoles spécifiques selon les types de plastiques. Les cadres européens et nationaux guident l’évaluation des risques et les interdictions progressives dans les contenants alimentaires et certains usages.

Infographie: cycle de vie du BPA et voies d’exposition

Les perturbateurs endocriniens

En somme, le problème des constituants alimentaires plastiques est complexe et multidimensionnel: il touche la sécurité alimentaire, la santé publique, l’environnement et l’économie. Une réduction volontaire et coordonnée de l’usage des plastifiants et des additifs, associée à des recherches avancées et à des alternatives durables, figure parmi les leviers les plus prometteurs pour réduire les risques.

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