Confiserie Mignon au Québec: artisanat, histoire et savoir-faire d’une tradition familiale

Cette article explore l’univers de la confiserie Mignon, une maison dont l’artisanat et la transmission intergénérationnelle font la renommée, avec un regard particulier sur les nougats, les niniches et les glaces, tout en retraçant les origines et l’évolution de l’entreprise.

Un site emblématique et une journée typique à Pouliguen

Jacques Guilloré, le patron, se lance dans la fabrication du nougat tandis que Sarah s’occupe d’achalander les stocks de niniches et de vérifier que tout est en place. Ici, tout est fait maison. La maison Mignon existe depuis plus de quatre-vingts ans et la tradition s'est transmise de génération en génération. Le magasin actuel était à l'origine un baraquement dans les années 1930 et appartenait à la famille de la femme de Jacques Guilloré. Le grand-père, qui fabriquait des berlingots et des nougats sur les foires, passa la main au père puis à la fille. Aujourd'hui, c'est désormais Jacques, seul, qui gère l'entreprise du Pouliguen. Sa fille Tabatha y travaille également. Une glace de son invention porte même son nom !

Des visiteurs fidèles et des goûts variés

Marie-Josée et Jacques Pageot, en vacances avec leur petit-fils, sont des inconditionnels et se « ravitaillent » à la confiserie Mignon depuis cinquante ans. « On a un petit faible pour les niniches au caramel et au chocolat », sourit Marie-Josée. Pour les goûts plus acidulés, il existe aussi des niniches au coquelicot, à la violette ou encore au curaçao. Louis, qui travaille aux glaces, se souvient qu'il venait y prendre ses glaces et ses bonbons étant petit.

Un magasin-spectacle et une fabrication artisanale

Car les confiseries Mignon sont bien entendu un plaisir gustatif mais également un plaisir des yeux. Cinq mille personnes par jour défilent pour observer la fabrication des niniches, faites au crochet. « Ici, c'est un véritable magasin-spectacle ». Cette année, une petite nouvelle vient de faire son entrée : la Pouliguenaise. Du côté des glaces, Catherine Gérard fabrique les cornets Mignon depuis 25 ans. Elle a connu l'établissement quand il n'y avait qu'une petite boutique et certains clients sont devenus des amis.

Image: Atelier et vitrines de la confiserie Mignon au Pouliguen montrant les niniches crochetées et les glaces artisanales

Les secrets des cornets et les parfums renouvelés

Elle gère une équipe essentiellement composée de garçons, qui s'occupent de faire les cornets le matin et de vendre les glaces l'après-midi. Le secret des cornets réside dans des fers à l'ancienne avec un zeste d'orange et de citron qui leur donne un goût unique. « Cette année, les clients pourront tester de nouveaux parfums de glaces comme le chocolat brownie, l'ananas, ou encore la litchi », détaille-t-elle.

Aux origines du nom Mignon et l’histoire familiale

Aux origines du nom Mignon remonte à la fin du XIXe siècle. Jacques-Maximilien Janselme, le créateur de la confiserie, était d’abord marchand d'allumettes sur les foires. Quand son entreprise fit faillite, il décida de s'installer sur les foires à Nîmes pour présenter sa femme en tant que colosse. Mme Maximilien Janselme pesait 146 kg et mesurait plus de 1,90 m. Les surnoms étant à la mode à cette époque, Jacques-Maximilien Janselme se fit bientôt appeler Mignon puisqu'il était le mari de la Mignonne. Bientôt, les berlingots eurent un succès fou, et Maximilien Mignon prit la relève il y a plusieurs années.

Note: image et vidéos intégrées ci-dessous pour enrichir le récit et illustrer l’écosystème familial et artisanal
Image: Portrait historique de la famille Janselme et vues d’archives des foires

Économie locale et circuits courts

L’entreprise subsiste depuis 1880 grâce à des fournisseurs locaux et un travail en circuit court, sans intermédiaire entre le fabricant et le commerçant. La tradition familiale se perpétue avec plusieurs générations présentes sur le site, notamment Jean-Claude Janselme et Morgan Janselme avec Charline. On observe aussi une dynamique de voyage: la famille se déplace sur huit sites dans le Grand Ouest et reste deux mois à la Foire du Trône à Paris, permettant de faire connaître les produits tout en découvrant les villes telles que Rennes ou Saint-Malo.

Image: Carte des sites et itinéraires de la Confiserie Mignon dans l’Ouest

Crises et résilience: énergie, matières premières et saisonnalité

La facture d’électricité a augmenté et les forains ont dû investir dans des groupes électrogènes pour rester autonomes. Le coût des matières premières (beurre, farine, huile) connaît aussi une hausse significative. Le prix du bidon d’huile est en hausse de 30%, passant de 60-70€ à plus de 100€. En 2020, année blanche due au covid-19, l’activité a chuté de 80%. Malgré ces défis, l’entreprise retrouve peu à peu une dynamique normale et prépare les futures animations sur les foires, notamment avec l’opération Pokémon Géants et la journée Princesses.

Une offre variée et des perspectives d’avenir

Les nougatines, chichis et berlingots artisanaux ravissent les gourmands depuis plus de quarante ans, et l’enseigne promet de garder la tradition tout en élargissant l’offre. Morgan et Sandra Janselme, en ce moment à Rennes pour la fête foraine, perpétuent ensemble la tradition familiale et assurent la continuité sur plusieurs générations. L’objectif est clair: faire vivre la maison Mignon et ses savoir-faire pour les sept prochaines générations, notamment à travers les nouvelles créations et les partenariats locaux qui soutiennent l’économie régionale.

La dimension pédagogique et esthétique

Les produits, soigneusement présentés et fabriqués selon des méthodes traditionnelles, constituent un spectacle vivant autant qu’un plaisir gustatif. La boutique sert aussi de lieu d’apprentissage et de démonstration du métier, où les visiteurs peuvent voir les gestes d’antan revivre dans le quotidien moderne.

Comment est fabriquée la célèbre niniche de Quiberon ?

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