Au commencement, il y a 600 ans avant notre ère, il y avait le “roseau qui donne du miel sans le secours des abeilles”, découvert par les Perses, qui en garderent jalousement le secret… jusqu’à ce qu’Alexandre Le Grand, au IVe siècle avant JC, le rapporte avec lui et que sa culture se répande progressivement le long du bassin méditerranéen.
Réel essor de la confiserie, de nouvelles recettes apparaissent : les fruits confits se développent à l’arrivée des Papes en Avignon alors que naissent dragées, nougats et pralines. La dragée est née le jour ou il plongea une amande dans un bol de miel. Plus tard, la canne à sucre remplaça peu à peu le miel. Les Croisés font découvrir la canne à sucre en Europe… la demande augmente. Venise devient le centre logistique d’approvisionnement des ports de la Méditerranée.
Durant une longue période, le sucre - considéré comme un remède au même titre que toutes les autres épices - est utilisé et vendu très cher par les apothicaires. Parallèlement, une confiserie de luxe apparaît avec les 1ers fruits confits et les marmelades. Ce n’est qu’au XIIe siècle que la Europe organise son commerce de sucre.
Ce n’est qu’au XIXe siècle que le sucre se démocratise réellement, grâce à l’apparition du sucre de betterave. Un jour, un cuisinier lança la mode des “épices de chambre” : il roula des graines, des pignons, des amandes, de la cannelle, et du gingembre dans du sucre et les fit rissoler dans une poêle. Les invités les emportaient dans leur chambre pour mieux s’en régaler. Les ancêtres des bonbons étaient nés. Les épices de chambre rencontrèrent très rapidement un vif succès à la cour des rois.
Les congrégations religieuses ont joué un rôle capital dans l’histoire des bonbons. Elles ont découvert les vertus médicinales de la canne à sucre, ce fait décidé d’en offrir à leurs patients, ce qui est à l’origine des Anis de l’Abbaye de Flavigny. Durant longtemps, la confiserie resta liée à la médecine et à l’apothicairerie, avec des figures telles qu’Hippocrate, Dioscoride et Galien qui préconisaient des médicaments à base de produits divers.
La fin de la seconde guerre mondiale marque l’apparition de formes rivalisant d’originalité. Il faut mentionner que les bonbons d’antan n’ont pas disparu. Les Calissons d’Aix sont des délices provençaux qui incarnent l’élégance du sud de la France. Confectionnés à partir d’une pâte d’amandes finement moulues et de melon confit, leur forme ovale distincte et leur glaçage délicat les rendent instantanément reconnaissables. Les Anis de Flavigny sont des petits trésors qui prennent racine en Bourgogne. Ces bonbons délicatement enrobés de sucre cachent en leur cœur une graine d’anis, offrant ainsi une expérience gustative unique. Les Pastilles Vichy sont des pépites de fraîcheur, originaires de la cité thermale de Vichy en Auvergne. Elles sont élaborées à partir de l’eau de source de cette célèbre ville, réputée pour ses vertus bienfaisantes. Leur forme hexagonale et leur goût pur les transforment en une douceur prisée depuis des générations. Les Bêtises de Cambrai sont des bonbons emblématiques de la région des Hauts-de-France. Leur histoire est teintée d’une douce erreur de fabrication qui a donné naissance à ces petites merveilles sucrées. Les Bergamotes de Nancy sont des trésors à la bergamote, fruit emblématique de la Lorraine. Leur éclatante couleur orange et leur goût à la fois acidulé et parfumé en font une expérience gustative unique. Les Bonbons au Coquelicot de Nemours sont une rareté originaire de la région Île-de-France. Ils incarnent la tendresse du coquelicot, symbole de la région. Leur couleur rouge éclatante et leur subtil parfum en font une gourmandise unique en son genre. Les Grisettes de Montpellier sont des bonbons au réglisse enrobés de sucre, originaires du Sud de la France. Leur goût puissant et leur texture croquante en font une expérience gustative inoubliable. Les Violettes Cristallisées de Toulouse sont une véritable ode à la délicatesse florale. Ces bonbons cristallisés à base de violettes offrent un parfum subtil et une texture unique en leur genre. La Praline Rose de Lyon est une confiserie emblématique de la région lyonnaise. Ces amandes enrobées d’un sucre coloré rose vif offrent un contraste de textures et de saveurs irrésistible.
Le XIXe siècle voit l’émergence de nombreuses maisons de chocolat et de confiserie qui deviendront des monuments du paysage gastronomique européen. Le chocolat, ce trésor gourmand, traverse les continents: de ses débuts en Amérique du Sud, où il était vénéré par les civilisations précolombiennes, jusqu’à son arrivée triomphale dans les cours royales d’Europe. Le voyage du chocolat commence bien avant qu’il ne devienne la délicieuse gourmandise que nous connaissons aujourd’hui.
En Espagne, le chocolat est d’abord consommé sous forme de boisson amère, puis adouci grâce au sucre. L’arrivée du chocolat en Europe marque le début d’une transformation qui allait faire de cette boisson amère un véritable symbole de raffinement et de plaisir. En France, le chocolat devient peu à peu un élément majeur de l’art de vivre, et les grandes maisons françaises émergent, telles que Ladurée, Pierre Hermé, Dalloyau, Stohrer et Angelina, chacune apportant innovations et prestige.
Ces grandes maisons sont les témoins vivants de l’évolution de la pâtisserie française. L’histoire des grandes pâtisseries françaises, c’est un peu celle de la France elle-même: un mélange de tradition, d’excellence artisanale, et d’art de vivre. En poussant la porte de ces maisons, on entre dans un monde de finesse, de savoir-faire et de passion. Le chocolat, en tant que composant clé de cette tradition, continue d’inspirer des créations contemporaines comme celles de Vincent Guerlais, associant héritage et innovation.
Découvrez ci-dessous une sélection non exhaustive de marques et de produits qui ont façonné la confiserie européenne moderne.
- Haribo, fondateur en 1920 en Allemagne; l’ours d’or et les mélanges gélifiés internationalement connus.
- Fini Sanchez, Espagne; bonbons gélifiés et guimauves, avec une grande diversité de produits festifs.
- Lamy Lutti, France; confiseries piquantes et innovations locales comme l’Arlequin et le Roll Up.
- Krema, France; bonbons au beurre, recettes modernisées sans gélatine.
- Pez, Autriche; distributeurs emblématiques et dragées menthe-pâte à base de PfeffErminZ.
- Chupa Chups, Espagne; sucettes iconiques inventées en 1958 par Enric Bernat.
- Carambar, France; caramel mou en bâtonnet avec blagues dans l’emballage.
- Droites et curiosités régionales: Penha Caramelos, Cuberdon (Neus), Opal, Ahlgrens bilar, Salmiakki, Drop, Liquorice Allsorts, Laban Seigmenn, BonBon Lossepladsen, Gummibärchen, Sugus.
Tables et répertoires de spécialités
| Spécialité | Région | Description |
|---|---|---|
| Pâte d’amandes et melon confit, glaçage délicat. | ||
| Bonbons enrobés de sucre, cœur d’anis. | ||
| Pastilles à base d’eau thermale, forme hexagonale. | ||
| Bonbons à la menthe au goût doux et forme rectangulaire. |

Influence des grandes maisons sur l’art de vivre
Ces institutions, parfois centenaires, sont bien plus que des boutiques: ce sont des gardiennes du goût, de l’élégance, et de l’excellence à la française. Leur histoire est intimement liée à celle du chocolat et de la confiserie européenne, qui ont évolué avec les avancées industrielles et les goûts des consommateurs.
Bonbons d'antan, recettes secrètes !
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