Le syndrome de Cushing, ou PPID (Pituitary Pars Intermedia Dysfunction), est une maladie hormonale qui touche principalement les chevaux âgés et entraîne un dérèglement du métabolisme. Cette pathologie se manifeste par une perte d’état ou, au contraire, une prise de poids excessive, un pelage anormalement long, une sensibilité accrue aux infections et un affaiblissement général.
Qu’est-ce que le PPID / Cushing équin ?
Le dysfonctionnement de la pars intermedia de l’hypophyse, ou PPID, est un trouble endocrinien à progression lente qui provoque une production excessive d’hormones par la pars intermedia de l’hypophyse. Il résulte d’un dysfonctionnement de l’hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau, qui se met à produire en excès certaines hormones, notamment l’ACTH (hormone adrénocorticotrope). Cette surproduction perturbe de nombreux mécanismes physiologiques et affaiblit la capacité du cheval à réguler correctement sa température, son métabolisme et sa réponse immunitaire.
Chez les chevaux atteints de DPIP, on observe une dégénérescence des neurones producteurs de dopamine dans l’hypothalamus. Le stress oxydatif est l’une des causes proposées pour expliquer la dégénérescence des neurones producteurs de dopamine, mais les chercheurs continuent d’étudier les raisons de ce phénomène. Chez les chevaux atteints de DPIP, des niveaux élevés d’ACTH en circulation déclenchent une augmentation de la production de cortisol, l’hormone du stress, par la glande surrénale.
Signes cliniques et conséquences
Un cheval atteint de Cushing sera souvent sujet à une longue liste de symptômes qui évoluent progressivement. Le signe le plus typique est un poil anormalement long, bouclé ou qui ne mue plus correctement. Le cheval peut également présenter une fonte musculaire, un abdomen qui s’arrondit (ventre tombant), une baisse d’énergie et une difficulté à maintenir son poids.
Il est souvent plus sensible aux infections, aux problèmes de peau et aux parasitoses, car son système immunitaire s’affaiblit. L’hirsutisme (poils très longs, pousse rapide, persistant en été) est en général caractéristique du Cushing chez le cheval. La fourbure n’est pas systématique mais les chevaux présentant un Cushing y sont prédisposés. Les chevaux atteints de DPIP ont une fonction immunitaire altérée et peuvent être plus sensibles aux infections dentaires, cutanées, sinusales et parasitaires.
Rôle de l’alimentation et objectifs nutritionnels
Pour accompagner un cheval atteint du syndrome de Cushing, il est important d’adopter une approche globale, et l’alimentation joue un rôle central. Un cheval Cushing doit recevoir une alimentation qui limite les fluctuations d’insuline et prévient les déséquilibres métaboliques. L’alimentation doit être riche en fibres et pauvre en sucres et amidons.
La résistance à l’insuline et l’hyper-insulinémie augmentent le risque de fourbure chez le cheval. On rencontre la résistance à l’insuline chez des chevaux présentant un surpoids chronique, chez les chevaux souffrant du SME (syndrome métabolique équin) ou du syndrome de Cushing. La résistance à l'insuline est un désordre métabolique qui perturbe la régulation du glucose sanguin. Elle favorise également le stockage des graisses et rend la perte de poids plus difficile pour les chevaux.
Les chevaux atteints de DPIP doivent recevoir une alimentation pauvre en sucres et en amidons. Ne choisissez que des aliments commerciaux et des concentrés contenant moins de 10 % de HCNS sur la base de la matière sèche. Certaines étiquettes d’aliments indiquent les valeurs d’HCNS sur leur analyse garantie, mais beaucoup ne le font pas. Vous devez également analyser votre foin pour déterminer sa teneur en HCNS. Votre rapport d’analyse du foin vous indiquera le pourcentage d’amidons, d’hydrates de carbone solubles dans l’éthanol et d’hydrates de carbone solubles dans l’eau contenus dans le fourrage.
Les foins de graminées matures, comme la fléole des prés (mil) ou le dactyle, conviennent mieux aux chevaux atteints de DPIP qui sont en surpoids. Le trempage du foin peut réduire la teneur en HCNS, mais il peut également entraîner d’autres pertes d’éléments nutritifs et ne pas réduire de manière fiable la valeur d’HCNS en dessous de 10 %. L’herbe des pâturages peut être très riche en hydrates de carbone non structuraux en raison de sa teneur en sucre, en particulier au printemps.
Si votre cheval DPIP est en surpoids, votre objectif est de restreindre en toute sécurité son apport énergétique. Si votre cheval a une bonne dentition, la plupart des chevaux peuvent satisfaire leurs besoins en énergie digestible avec un accès libre à des fourrages sélectionnés de manière appropriée. La première étape consiste à éliminer l’excès d’amidons (tels que les céréales) et de sucres de l’alimentation de votre cheval.
Compléments et micronutriments : pourquoi et lesquels ?
Les vitamines et les minéraux sont des micronutriments essentiels dont votre cheval a besoin en quantités suffisantes pour soutenir le métabolisme et les fonctions enzymatiques. Ces nutriments protègent également contre le stress oxydatif et l’inflammation. Malheureusement, les recherches montrent que la plupart des chevaux présentent une ou plusieurs carences en vitamines et minéraux dans leur alimentation. Il est peu probable que le fourrage à lui seul répondent aux besoins des chevaux.
Prévenir les dommages cellulaires causés par les radicaux libres nocifs, qui sont des produits du métabolisme cellulaire normal. Soutenir le métabolisme du glucose en veillant à ce que l’alimentation fournisse suffisamment de chrome et de magnésium. Maintenir une réponse immunitaire saine en apportant de la vitamine E, qui renforce la capacité des cellules immunitaires à détruire les bactéries. La vitamine E aide également les chevaux à se remettre plus rapidement d’une maladie.
Les chevaux atteints de DPIP présentent souvent un système immunitaire affaibli, des articulations raides et une difficulté à maintenir leur masse musculaire. Le meilleur moyen de soutenir la masse musculaire de votre cheval atteint de DPIP est de lui donner une source de protéines de haute qualité pour favoriser la synthèse et la réparation des protéines musculaires. L’exercice est également important pour stimuler la croissance musculaire.
Probiotiques, postbiotiques, prébiotiques et santé intestinale
On estime que 70% des cellules immunitaires se trouvent dans le tractus digestif du cheval. Par conséquent, l'amélioration de l'immunité passe également par le maintien d'un microbiote digestif sain. Vous pouvez soutenir le système immunitaire de votre cheval en lui donnant des probiotiques et des prébiotiques, ainsi que de la levure pour maintenir un microbiome sain dans l’intestin postérieur. Les microbes bénéfiques présents dans l’intestin postérieur du cheval jouent un rôle clé dans le maintien des défenses immunitaires.
Oméga-3 et inflammation
L’augmentation des acides gras oméga-3 dans l’alimentation de votre cheval peut aider à contrôler la production de molécules inflammatoires dans les cellules. Cela peut améliorer la régulation des réponses inflammatoires qui se produisent dans des conditions telles que le DPIP, la dysrégulation de l’insuline et la laminite. En particulier les omégas-3 composés de l’acide docosahexaénoïque (DHA) et de l’acide eicosapentaénoïque (EPA), se sont avérés avoir des propriétés bénéfiques pour la santé des chevaux. Choisissez un supplément d’oméga-3 qui contient du DHA ou de l’EPA.
Plantes et phytothérapie utiles
Le gattilier (Vitex agnus-castus) est la plante de référence pour le Cushing. Le gattilier peut être bénéfique pour certains chevaux atteints de DPIP à un stade précoce. La recherche montre que le gattilier peut réduire certains des symptômes cliniques associés à des niveaux élevés d’ACTH, y compris la croissance excessive des poils et la mue anormale. On emploie le Gattilier pour son action qui permet de rétablir l'équilibre oestrogène-progestérone dans l'organisme du cheval. Cependant, le gattilier n’abaisse pas les taux d’ACTH, contrairement au pergolide.
Le Chardon-Marie contient des principes actifs connus pour leurs propriétés protectrices du foie grâce aux silymarines qui est la substance active de la plante. Elle permet de protéger le foie contre certaines toxines tout en augmentant la fonction hépatique. Le Boldo a une action diurétique, qui améliore le fonctionnement du système urinaire chez le cheval, c'est une plante également hépatoprotecteurs. Le Radis noir tonifie le foie et il est cholérétique. L'Artichaut est réputé stimuler les fonctions de détoxification (neutralisation et élimination de divers composés toxiques) du foie.
La Prêle : Le silicium est indispensable à la synthèse des glucosaminoglycanes, que l’on trouve en abondance dans le cartilage. Grâce à son effet reminéralisant, elle va renforcer le système osseux et soulager les douleurs articulaires. La Prêle va favoriser la reconstitution des cartilages. Le Chrysanthellum est une plante qui contient des Flavonoides et Saponosides ce qui lui confère une action bénéfique sur le système circulatoire. Les feuilles de Cassis participent au soulagement des articulations du cheval lors des raideurs.
Compléments spécifiques cités
- TEK'IMUN : Le TEK’IMUN est un complément alimentaire en granulés. C'est un produit complet qui associe des probiotiques, des postbiotiques et des extraits de plantes (curcuma, gaulthérie, saule blanc, romarin, raisin et propolis verte du Brésil) contribuant à la réduction de l'expression des protéines de l’inflammation aigue (2022-Moecules).
- CMV METABOLIK : Le CMV METABOLIK est un CMV en petits granulés spécifiquement formulé pour couvrir les besoins en oligo-éléments et vitamines des chevaux présentant des pathologies métaboliques comme le syndrome de Cushing, le SME (syndrome métabolique équin), le PSSM ou les chevaux souffrant de fourbure. Le CMV METABOLIK est également conseillé pour les chevaux souffrant de maladies transmises par les tiques comme la piroplasmose (Babesia caballi ou Theileria equi), l’anaplasmose et la maladie de Lyme.
- CMV MINKO : Le CMV MINKO est bien plus qu’un minéral quotidien couvrant l'ensemble des besoins en oligo-éléments et vitamines du cheval et du poney. Le CMV MINKO est recommandé pour tous les chevaux, en utilisation quotidienne. Le CMV MINKO est formulé dans le respect des recommandations alimentaires de l'INRAe (tables des besoins Français) et NRC (table des besoins Américains). Très appétant, il contient un arôme fruit rouge naturel pour faciliter sa consommation.
- CMV CROK'MIN : Le CMV CROK'MIN est un minéral fibreux sous forme de croquette qui permet de complémenter le cheval ou le poney en oligo-éléments et vitamines directement à la main. Le CMV CROK'MIN est composé de fibres de sainfoin, de luzerne et de graines de lin extrudées. Le CMV CROK’MIN est formulé dans le respect des recommandations alimentaires de l’INRAe et NRC.
- AminoTrace+ (Mad Barn) : Le AminoTrace+ de Mad Barn est un supplément de vitamines et de minéraux spécialement formulé pour répondre aux besoins nutritionnels des chevaux souffrant de problèmes métaboliques, y compris le DPIP. Cette formule à faible teneur en HCNS est équilibrée de manière experte et contient des oligo-éléments organiques et des nutriments antioxydants de qualité supérieure.
- Optimum Digestive Health (Mad Barn) : L’ Optimum Digestive Health de Mad Barn est un supplément complet pour la santé intestinale qui fournit 80 milliards d’UFC de levure et de probiotiques par portion.

Formules à base de plantes dédiées
Arbalou Cush cheval est un mélange spécifique pour aider le cheval atteint du syndrôme de cushing : des plantes pour améliorer et maintenir en bon état son système hépato-rénal, des plantes pour soutenir le système locomoteur, le Gattilier en régulateur hormonal, la Spiruline et le Griffonia pour apporter vitamines et minéraux, de l'Alfalfa pour l'aider à conserver un beau poil ...
EKYCUSH CONTROL peut être donné toute l'année. 1 mesure = 30 g. Apport par doseApport journalier moyen (1 mesure = 30g) Gattilier : 8100mg Mucuna pruriens : 2700mg Ginkgo Biloba L. Composition (par kg) : carbonate de calcium, gattilier (Vitex agnus-castus L.) 270 000 mg, luzerne, mucuna pruriens (Mucuna pruriens) 90 000 mg, ginkgo biloba (Ginkgo biloba L.) 30 000 mg, cannelle (Cinnamomum cassia blume) 5 000 mg.

Soutien articulaire et osseux
Les chevaux Cushing sont sujets aux raideurs articulaires. Les articulations du cheval sont composées de plusieurs os, cartilages et des ligaments pour permettre au tout, d'avoir une mobilité dans la plupart des cas. Parmi ses nombreuses propriétés, c'est un fortifiant, reminéralisant, contribuant à prévenir les problèmes d'anémie et d'arthrite. L’ortie est utilisée lors de raideurs articulaires. L’ortie est une plante très riche en silice.
Le déficit en silicium peut donc provoquer de l’arthrose chez le cheval, qui est causée par un problème de régénération du cartilage. Grâce à son effet reminéralisant, elle va renforcer le système osseux et soulager les douleurs articulaires. La Prêle va favoriser la reconstitution des cartilages.
Soutien hépatique et élimination
L'excès de cortisol sollicite intensément le foie et les reins. Le Chardon-Marie contient des principes actifs connus pour leurs propriétés protectrices du foie grâce aux silymarines. L'Artichaut est réputé stimuler les fonctions de détoxification (neutralisation et élimination de divers composés toxiques) du foie. L'action cholérétique (qui augmente la sécrétion de la bile) de l'artichaut est attribuée à une substance amère et aromatique : la cynarine.
Gestion pratique et conseils
Contactez votre vétérinaire pour qu’il effectue un test de tolérance au glucose et à l’insuline afin de déterminer la sensibilité à l’insuline de votre cheval. Le diagnostic de certitude se fait par prise de sang, le vétérinaire demande en général un dosage de l’ACTH, anormalement élevé chez les chevaux atteints. Le seul médicament autorisé pour traiter le DPIP est le mésylate de pergolide. Ce médicament est vendu sous le nom de marque Prascend. En agissant comme un substitut de la dopamine, le pergolide régule la libération d’hormones, telles que l’ACTH, par la glande pituitaire et la pars intermedia. Une fois les niveaux d’hormones régulés, les symptômes du DPIP s’améliorent dans plus de 75 % des cas.
Suivez ce guide pour savoir comment nourrir un cheval atteint de DPIP et consultez un nutritionniste équin pour vous assurer que votre cheval atteint de DPIP reçoit une alimentation équilibrée. Trouvez le bon produit pour votre cheval : nous facilitons l’équilibrage de l’alimentation de votre cheval pour favoriser une santé et des performances optimales. Obtenez des recommandations personnalisées pour équilibrer le régime alimentaire de votre cheval.
La maladie de cushing chez le cheval
Cas des chevaux maigres ou en fonte musculaire
Les chevaux atteints de DPIP et de dysrégulation de l’insuline ne sont pas toujours en surpoids et peuvent même être en-dessous du poids idéal. Les recommandations nutritionnelles pour les chevaux maigres atteints de DPIP priorisent l’apport de calories provenant de sources appropriées. Une alimentation à base de fourrage est la meilleure solution pour tous les chevaux et poneys, y compris ceux qui sont sous leur poids santé. Choisissez des aliments riches en gras et en fibres à faible teneur en HCNS afin de minimiser les pics de glycémie susceptibles d’augmenter le taux d’insuline.
L’atrophie musculaire se produit chez environ 50 % des chevaux atteints de DPIP, affectant les fibres musculaires de type 2A et 2B. La meilleure façon de soutenir la masse musculaire de votre cheval atteint de DPIP est de lui donner une source de protéines de haute qualité pour favoriser la synthèse et la réparation des protéines musculaires. Les recherches montrent qu’une supplémentation en lysine, thréonine et méthionine favorise la synthèse musculaire et peut contribuer au maintien de la masse musculaire chez les chevaux âgés.
Prévention, suivi et prise en charge
Le vieillissement est le principal facteur de risque de la DPIP, et cette affection survient le plus souvent chez les chevaux âgés de plus de 15 ans. Selon des études épidémiologiques, on estime que 20 % des chevaux de plus de 20 ans et 30 % de ceux de plus de 30 ans sont atteints de DPIP. Les signes cliniques du DPIP sont souvent méconnus. Les changements précoces peuvent inclure une mue retardée, de longs poils de couverture, une diminution des performances athlétiques, une fonte musculaire, des dépôts graisseux régionaux, une fourbure automnale inexpliquée et une augmentation de la consommation d’eau ou de la miction à l’automne.
Pour apporter un confort de vie au cheval atteint du syndrome de Cushing, il est impératif d'agir sur les conséquences de la maladie. La phytothérapie équine induit une action naturelle qui est efficace pour lutter contre les effets négatifs du cushing: hirsutisme, mue, léthargie, fourbure… et améliore le bien-être au quotidien des équidés.
| Objectif | Suppléments / aliments recommandés |
|---|---|
| Réduire inflammation et soutenir immunité | TEK'IMUN (probiotiques, postbiotiques, extraits de plantes), vitamine E, probiotiques |
| Support métabolique et minéraux | CMV METABOLIK, AminoTrace+, chrome, magnésium |
| Soutien hépatique | Chardon-Marie, Artichaut, Radis noir, Boldo |
| Soutien articulaire | Prêle, Ortie, Cassis, ingrédients reminéralisants |
| Augmenter oméga-3 | Suppléments contenant DHA / EPA |
Si votre cheval présente des problèmes dentaires, optez pour une alimentation à base de foin haché, de granulés de foin et/ou de cubes de foin trempés pour répondre à leurs besoins en fibres et favoriser la santé de leur système digestif. Certains chevaux atteints de DPIP ont des dents manquantes et souffrent de résorption dentaire odontoclastique équine et d’hypercémentose (EOTRH). Cela peut gêner la mastication des aliments et la saisie des brins d’herbe avec les dents de devant (incisives).
Une question ? Obtenez des recommandations personnalisées pour équilibrer le régime alimentaire de votre cheval et consultez un nutritionniste équin pour un plan adapté. Nous sommes là pour vous aider : notre formidable équipe du service à la clientèle est là pour vous aider, peu importe ce dont vous avez besoin.
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