Compagnie La Bugne et les Palmipèdes : étude d’une approche artistique singulière

La notion de palmipèdes désigne, dans l’ornithologie, des oiseaux dont les pieds présentent une membrane qui réunit les doigts. Ce groupe, où les canards et les oies constituent des exemples typiques, est décrite comme l’un des plus féconds de l’ordre des palmipèdes. L’expression palmipède évoque ainsi une singularité anatomique partagée par ces espèces, et elle sert de clé pour comprendre les formes et les pratiques artistiques associées à ce domaine.

Dans ce cadre, la compagnie La Bugne développe une esthétique et une dramaturgie liées à l’idée d’aquatisme, concept qui recouvre une approche performative autour du mouvement palmipède et de ses métaphores. Le nom « Commando Guimauve », ainsi que son grand frère « The Palmipèdes », marquent les débuts de déambulations palmipédiques qui mêlent humour, participation du public et hybridation des genres. L’évolution vers des formes plus élaborées s’accompagne d’un intérêt pour l’improvisation collective et le travail de chœur, tout en conservant une dimension parodique et visuelle qui caractérise la troupe.

Évolution artistique et jalons clés

La Cie La Bugne affirme dès ses débuts le concept d’« Aquatisme », qui s’inscrit comme leitmotiv et orientation esthétique. Le spectacle Le Championnat du Monde d’Aquatisme, pensé comme une forme fixe, devient en 2015 une pierre angulaire de leur répertoire et contribue à clarifier leur logique scénique autour du mouvement palmipède et de ses codes. Par la suite, l’exploration thématique se prolonge en 2015 par une incursion dans le domaine culinaire avec Le Zeste Culinaire, puis en 2019 par une réflexion gastronomique et politique au travers de la gastrosophie.

Pour 2024, la troupe annonce le grand retour des Championnats du Monde d’Aquatisme, en lien avec les JO de Paris et la frénésie sportive qui saisit le pays. Cette actualité scénique s’inscrit dans une continuité avec les déambulations palmipédiques qui croisent performance, humour et interaction active avec le public. En parallèle, le service Recherches et Développements travaille à une nouvelle déambulation pour deux chasseuses et un Yéti, introduisant une dimension comique et surprenante dans le paysage artistique contemporain.

Implantation locale et pratiques publiques

Après ces évolutions, la troupe et d’autres compagnies investissent régulièrement des espaces publics pour proposer des spectacles et animations. Chaque printemps, la Maison pour tous d’Ergué-Armel (MPT) ouvre un microquartier et accueille des performances et animations variées, favorisant l’accès culturel et la proximité avec les habitants. Le dimanche, des spectacles de rue, avec plusieurs compagnies et autour du vélodrome Abel Floch, permettent de découvrir des formes artistiques proches du peuple et de la rue. C’est une manière d’aller à la rencontre des habitants, notamment ceux qui sont éloignés des structures d’animation, selon Margaux Philippe, animatrice à la MPT.

Tout au long de l’après-midi, jeux bretons, jeux de force et quiz sur la Bretagne, initiations aux danses bretonnes et autres animations se succèdent. La programmation propose aussi des éléments burlesques et féériques tels que la fesse foraine, le souffle cul et la catapulte, ainsi que des aventures maritimes et des expériences collectives pour les spectateurs. Dans ce cadre, la Mic Mac compagnie propose une aventure en haute mer destinée à un public de plus de sept ans, révélant la diversité et l’accessibilité des propositions artistiques locales.

Parcours et humour comme moteur

Au cœur de La Bugne, l’humour absurde et la mise en réseau des corps et des objets créent une expérience immersive et partageable. L’équipe, vêtue de jaune avec des éléments visuels improbables, invite le public dans une plongée clownesque dans l’univers des influenceurs et des gourous du bien-être, mettant en scène des personnages qui incarnent les dynamiques contemporaines de la société du spectacle. Les quatre bonimenteurs ont prévu des clés pour retrouver le chemin du bonheur, accompagnées de conseils et de mantras répétés pour instaurer une dynamique participative et fédératrice.

Cette approche ludique et critique se distingue par une volonté de rendre visible les mécanismes culturels et médiatiques tout en proposant une expérience joyeuse et inclusive. Le travail collectif et la scénographie visuelle remplacent en partie les monocultures narratives et offrent une occasion de réfléchir autrement à travers le prisme des palmipèdes et des figures associées à l’aquatisme.

illustration palmipèdes et aquatisme morcelé

ELASTIC - "Le Portique" dans Signé Taloche (version TV 6,5min)

En somme, la compagnie La Bugne réunit une constellation de pratiques : déambulations, rires, engagement social et réflexion sur les dynamiques contemporaines. Par l’entremise des palmipèdes et de l’Aquatisme, elle propose une forme d’art qui mêle spectacle vivant, Participation du public et critique douce des codes du bien-être et des tendances médiatiques.

ÉvénementAnnéeCentreDétails
Le Championnat du Monde d'Aquatisme2015Parcours fixeÉlément central du répertoire
Le Zeste Culinaire2019Commission culturelleThème culinaire et gastrosophie
Retour 2024 et JO de Paris2024FranceGrand retour des compétitions d’aquatisme

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