La pâte de verre est une technique de modelage à froid utilisant du verre réduit en fragments ou en poudre fine, parfois lié en une masse pâteuse grâce à un agent agglutinant.
Les fragments de verre concassé peuvent aussi être disposés dans des moules selon la technique de la cire perdue, permettant au verre fondu de s’écouler dans les espaces vides pendant la cuisson.
En France, la pâte de verre est redécouverte par Henri Cros à la fin du XIXe siècle.
Des artistes éminents comme Amalric Walter perpétuent brillamment cette technique.
Engagé par la verrerie Daum, Walter est une figure de proue dans ce domaine.
Ses œuvres en pâte de verre sont particulièrement recherchées, et les prix de vente varient considérablement, allant de 80 euros à 14 000 euros.
La valeur d’une pièce dépend du type d'objet, du travail de décoration et de son état général.
En 2020, une coupe en pâte de verre polychrome, dite « Aux scarabées » et mesurant 9 cm de hauteur, est estimée entre 5 600 et 6 000 euros.
D’autres artistes notables spécialisés dans la pâte de verre s’illustrent également pendant la période des arts décoratifs, entre autres François Decorchemont, Gabriel Argy-Rousseau - dont les œuvres sont souvent comparées à celles de Lalique -, François-Xavier Lalanne, Étienne Leperlier, Salvador Dali et Georges Despret.
Une sculpture intitulée « Oiseau de verre » conçue par François-Xavier Lalanne en 1979 pour Daum est notamment adjugée 16 250 euros lors d'une vente aux enchères en mai 2012.
Cette pièce, réalisée en pâte de verre blanche et bronze, avec un bec tenant une perle de cristal, est signée « Lalanne » et « DAUM FRANCE », numérotée 189/300.
La rareté et les décors
Les pièces créées fin XIXe - début XXe siècle appartiennent aux premiers travaux de la pâte de verre, et sont par conséquent plus rares et plus précieuses sur le marché.
La période de l'Art nouveau, par exemple, est particulièrement recherchée.
Les objets en pâte de verre réalisés en édition limitée ou en pièces uniques ont encore plus de valeur.
FrançoisÉmile Decorchemont conçoit par exemple un grand vase à décor floral, adjugé 20 000 euros par la maison MILLON.
Cet objet de forme balustre est réalisé en pâte de verre épaisse, moulée selon la technique de la cire perdue. Il présente des motifs floraux stylisés, avec un contraste de couleurs brun, orange et jaune. Le modèle porte le numéro 167 et est créé en 1922, diffusé jusqu'en 1923, avec une production limitée à trois exemplaires.
Le vase est signé avec le cachet « Decorchemont » et numéroté « 0119 1-22 ».
Les décors offrent une grande diversité, avec des techniques et des motifs variés qui influencent fortement la valeur.
Ces exemples illustrent comment la variété et la complexité des décors influencent considérablement la valeur des objets.
État et conservation
Pour préserver l'intégrité des œuvres en pâte de verre, il est essentiel de suivre des mesures spécifiques lors de leur manipulation et de leur stockage.
Ce matériau de nature amorphe présente une certaine fragilité, notamment au niveau de ses couches superficielles, qui peuvent se détériorer avec le temps.
Des altérations comme des fissures, des craquelures ou encore une exsudation peuvent survenir, compromettant la qualité de l'objet et réduisant ainsi sa valeur.
Les experts examinent méticuleusement l’objet pour repérer les éventuelles microfissures.
Une broche papillon de Daum se vend aujourd’hui environ 30 euros, un vase Murano non signé environ 100 euros mais les plus beaux objets, comme une broche de Lalique en pâte de verre jaune, sont estimés plus de 100 000 euros.
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Les experts ANAD de la maison MILLON, en activité depuis 1928, sont prêts à vous aider.
Un remarquable vase de François Émile Decorchemont nommé « Grand vase motifs » est adjugé 60 000 euros au sein de la maison MILLON.
Ce modèle créé en 1921 et diffusé la même année est réalisé en seulement 4 exemplaires.
Le vase présente un corps ovoïde avec un grand col et un talon circulaire en retrait. Il est fabriqué en pâte de verre épaisse, moulée à la cire perdue, et orné de coquilles stylisées aux teintes nuancées de rose, brun et vert. Le cachet « Décorchemont » est apposé sur l'œuvre.
François Émile Decorchemont réalise également un vase exceptionnel intitulé « Grand vase vipères » adjugé 59 000 euros, lors d’une vente aux enchères organisée par la maison MILLON également.
Ce vase ovoïde, en pâte de verre épaisse, est moulé à la cire perdue et présente un décor tournant de vipères dressées, gueule ouverte. Il est doté de deux anses latérales en forme de tête de vipères. Le contraste des couleurs crème, brun, mauve et jaune apporte une richesse visuelle à l'ensemble.
Le modèle 128, créé en 1920, est produit en seulement deux exemplaires. Il est signé.
Nos experts spécialisés en objets Art Nouveau- Art Déco vous proposent leur expertise du marché pour évaluer gratuitement vos objets en pâte de verre. En remplissant simplement notre formulaire en ligne, vous pouvez obtenir une estimation fiable et rapide.
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Qu'est-ce que la pâte de verre ?
Tout comme le cristal ou le verre de Murano ont leurs particularités… la pâte de verre a aussi ses mimiques bien à elle. Et c’est ce qui fait tout son charme.
Parmi ces marqueurs, 6 sont à retenir :
- Son grain « peau de pêche » : La surface d’une pâte de verre est légèrement granuleuse, presque céramique. Contrairement au verre soufflé, lisse.
- Sa translucidité partielle : Ici, le mot important… c’est “partielle”. Car la pâte de verre n’est ni d’une transparence absolue comme le cristal, ni opaque comme la céramique.
- Les bulles d’air emprisonnées : Avec un bon oeil, vous en verrez certaines au cœur de la matière, d’autres en surface. Ce n’est pas un défaut… mais la signature de la technique.
- Le toucher cireux ou satiné : Plus simple à identifier que les bulles d’air, la pâte de verre vous offrira une sensation cireuse à son toucher.
- Les juxtapositions de couleurs inégalables : Les couleurs coexistent sans se mélanger entièrement, offrant des dégradés moirés.
- Le poids : Caractéristique commune avec le cristal, la pâte de verre est plus lourde que le verre soufflé classique.
Pâte de verre vs pâte de cristal vs cristal vs verre opaque vs verre soufflé, etc. Les caractéristiques finales ne sont pas les mêmes.
À l’origine utilisée comme substitut aux pierres précieuses pour les bijoux et décors, certaines sources datent les premières traces à 3000 ans av. J.-C., d’autres à 5000 ans av. J.-C.
La pâte de verre est une matière millénaire, pratiquée depuis l’Égypte antique. La preuve ? Des amulettes, bijoux et décors funéraires en pâte de verre retrouvés dans les tombes pharaoniques.
Mais les pharaons n’ont pas été les seuls à être séduits par cette matière, puisqu’elle a été utilisée ensuite par les Phéniciens… puis les Romains, qui pavèrent murs et plafonds de pâte de verre de diverses couleurs.
Après sa popularité de diva, la pâte de verre tombe dans l’oubli suite à l’invention du verre soufflé en Syrie vers le Ier siècle av. J.-C.
Une alternative plus rapide et plus économique.
Comment le verre est-il créé ? - C'est Pas Sorcier
Un bref regain est initié au XVIIIème siècle grâce au Duc d’Orléans, régent de France. Mais comme une icône ne meurt jamais, la pâte de verre renaîtra de ses cendres un peu par hasard vers ~1880.
Comment ? Grâce au sculpteur symboliste français Henry Cros, passionné d’archéologie qui cherchait à l’époque un matériau permettant de travailler la couleur comme on travaille la sculpture.
Et après de multiples expérimentations, il redécouvre seul la technique de la pâte de verre. Une découverte qu’il gardera jalousement pour lui toute sa vie, sans jamais révéler sa recette.
Henry Cros est ainsi le vrai pionnier de la pâte de verre en Europe, qui a ressuscité cette technique bien avant Daum, l’École de Nancy, etc.
Ainsi, la redécouverte de Cros inspire toute une génération d’artistes verriers, tels que Albert Dammouse, Georges Despret et Amalric Walter.

Mais au-delà des artistes, cette re-découverte portera la pâte de verre l’une des signatures de l’Art Nouveau et de l’École de Nancy.
⚠️ Attention toutefois à ne pas commettre une erreur courante (qu’on détaille dans notre section plus bas) : Malgré son rôle central dans l’École de Nancy, Émile Gallé n’a jamais produit de pâte de verre.
À propos des signatures et de l’authenticité
François-Émile Décorchemont (1880-1971) est une figure majeure de cette période qui développe la pâte de verre épaisse.
Amalric Walter, quant à lui, quitte Daum en 1915 et fonde son propre atelier à Nancy en 1919. Il continuera ensuite à produire des pièces signées sous son propre nom « A. ».
Les pièces signées Daum portent la mention « Daum Nancy » gravée, parfois accompagnée d’une croix de Lorraine selon les périodes.
Les maîtres verriers signent aussi selon des codes spécifiques; une signature lisible augmente fortement la valeur, et la gravure dans la matière peut être plus ou moins profonde selon l’époque et l’atelier.

Une vraie pâte de verre se reconnaît par sa texture granuleuse caractéristique, résultat du broyage du verre puis de sa refonte dans des moules. Sous éclairage intense, elle révèle des inclusions naturelles et des micro-bulles typiques du processus de fabrication artisanal.
Le poids est un indicateur fiable: la pâte de verre possède une densité supérieure au verre classique en raison de sa composition et de sa technique de formation.
Processus et chiffres clés
La technique pâte de verre développée par Henri Cros puis perfectionnée par les maîtres de l’École de Nancy implique un processus complexe en plusieurs étapes.
Le verre coloré est d’abord broyé finement, mélangé à un liant, puis pressé dans des moules avant cuisson à température contrôlée.
Durée totale de fabrication pour une pièce: 3 à 6 semaines minimum pour les petites.

Pour asseoir sa suprématie et réinventer l’image de la manufacture, Daum commence également à collaborer avec des artistes contemporains tels que Salvador Dali, César, Arman, Roger Tallon, Hilton McConnico.
Depuis 1968, Daum a relancé la pâte de verre en y ajoutant du cristal à +30% de plomb, donnant naissance à la pâte de cristal, matière iconique de Daum.
À l’heure actuelle, moins d’une centaine d’artistes et ateliers maîtrisent la technique au niveau professionnel.
Erreurs fréquentes et conseils pratiques
Il existe des erreurs récurrentes circulant sur le web à propos de la pâte de verre; il faut distinguer plusieurs points clé pour éviter les confusions.
Erreur n°1 - Émile Gallé n’a JAMAIS fait de pâte de verre. Il a travaillé le verre multicouche gravé à l’acide, une technique différente.
Erreur n°2 - Le Verre Français (Charles Schneider) n’a JAMAIS commercialisé de lampe en pâte de verre. Des pièces attribuées sont souvent mal identifiées.
Erreur n°3 - Auguste Legras n’a PAS FAIT de pâte de verre; il a produit du verre coloré dans la masse par chauffage.
Erreur n°4 - Verre opaque ≠ pâte de verre: le verre opaque résulte d’émaux dans la masse; la pâte de verre se fait par fusion de granulés dans un moule.
Erreur n°5 - Verre moulé ≠ pâte de verre: le verre moulé utilise des moules permanents et la production est en série, avec des écarts de prix importants.
Maintenant, pour vous donner quelques fourchettes plus précises :
- Une pièce d’Amalric Walter s’échange entre 80 et 14 000 euros selon la pièce et sa rareté.
- Une pièce Daum de l’époque Art Déco peut atteindre plus de 10 000 euros.
- Des pièces de François-Émile Décorchemont peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Et pour les pâtes de verre contemporaines (pâte de cristal de Daum & Lalique, neuf) :
- Comptez 100 à 500 euros pour un petit objet Daum.
- 500 à 5000 euros pour un vase ou une sculpture de taille moyenne.