Comment faire le thé de ronce fermenté: guide pratique et nuances scientifiques

Incontestablement, le plaisir de faire une bonne tisane est associé au calme et à la détente. Mais la tisane purement médicinale au goût désagréable, rapidement bue en se pinçant le nez, n’est pas notre propos ici. Nous l’avons donc compris, « l’instant tisane » est autant une affaire de temps qu’une affaire de goût. En effet, les bienfaits d’une bonne tisane sont non seulement apportés par les vertus médicinales de la plante, mais également par l’instant de détente que nous y ajoutons. On peut ainsi dire que le temps est à la tisane ce que le Yin est au Yang : complémentaire.

Là encore, beaucoup de gens ont du mal à croire que de simples feuilles de ronce peuvent donner une tisane agréable à boire. En effet, cette plante, très répandue dans nos régions et qui n’est autre que la ronce commune, possède des feuilles aux arômes fruités. Il faudra toutefois s’attacher à cueillir ces feuilles au moment de la floraison. C’est à cette période qu’elles contiennent le plus de principes aromatiques. Et séchées à l’ombre, on pourra les utiliser tout au long de l’année. C’est pour soigner les irritations de la gorge que l’on buvait autrefois des tisanes de feuilles de ronce.

Une fois les feuilles séchées, hachez-les grossièrement et imbibez-les d’eau, essorez-les puis roulez-les dans un linge humide et laissez-les fermenter pendant 3 jours. Petite note intéressante : mon ami Guillaume Besson vient de me poser la question suivante. Pourquoi sèches-tu les plantes avant de les faire oxyder? Eh bien non, je ne pense pas qu’il y ait un truc. On a récupéré des recettes données ici et là, et on est parti sur la plante sèche. On ne remet jamais assez en question les acquis. On ne prend jamais assez de recul pour simplifier.

Mais quelle est l’origine de cette recette qui aujourd’hui a le vent en poupe ? Bernard Bertrand nous propose une piste : une recette publiée dans le journal munichois Hell und Gewurz Pflanzen en 1918. Et souvent, qui dit recette dit voyage, évolution, transformation. Celle des feuilles de ronce fermentées n’échappe pas à cette règle. Certes, notre tisane de ronces fermentées n’a pas encore ses lettres de noblesse côté scientifique. Mais il est logique de penser que, comme pour d’autres plantes (par exemple, les feuilles de thé) le processus de fermentation/oxydation modifie la composition chimique. Les polyphénols se transforment en composés plus complexes, influençant la saveur, l’arôme et les propriétés antioxydantes.

Pour être juste : l’utilisation du mot « fermenté » n’est pas vraiment le terme correct, il faudrait plutôt dire : oxydation enzymatique contrôlée ! En effet, les feuilles sont hachées et humidifiées, ce qui active les enzymes naturelles présentes dans les feuilles. Ce processus est similaire à celui utilisé pour produire le thé noir ou le thé oolong à partir des feuilles de Camellia sinensis. Tandis qu’une fermentation au sens strict implique l’action de micro-organismes (bactéries, levures, moisissures) qui consomment des sucres et produisent des sous-produits (comme l’acide lactique ou l’alcool), comme pour le thé Pu-erh (Fermentation Microbienne), ce thé est unique car il subit une véritable fermentation microbienne après un séchage initial. Dans notre recette, aucun micro-organisme spécifique n’est introduit ni favorisé, ce qui rend improbable une fermentation significative. Elle ressemble plutôt à la recette du thé noir.

BERTRAND Bernard, Pour l’amour d’une ronce, Ed. Bonjour, en tant qu’apicultrice amateur, je me permets de répondre à Thaïs. Attention, le miel chauffé au-dessus, disons, de 40° perd une grande partie de ses bienfaits. Est-ce le thé de ronces ou de framboisier conserve les propriétés de la plante d’origine? Comme souligné dans l’article, nous n’avons pas d’études spécifiques pour ces plantes mais il est logique de penser que, comme pour d’autres plantes (par exemple, les feuilles de thé) le processus de fermentation/oxydation modifie la composition chimique. Les polyphénols se transforment en composés plus complexes, influençant la saveur, l’arôme et les propriétés antioxydantes. En conséquence nous pouvons envisager que l’oxydation ou la fermentation modifie les propriétés médicinales des feuilles de Rubus, mais sans études précises, on ne peut que faire des hypothèses basées sur ce qu’on observe pour d’autres plantes riches en polyphénols comme le thé.

j’ai une petite question à propos de la tisane de ronce. c’est vrai que les feuilles de ronces doivent encore acquérir leurs lettres de noblesse ! En revanche, pour le thé, l’étape du séchage initial (cruciale apparemment !), c’est tout un truc et du coup très documenté. - Ont-elles des atouts aussi puissants que les feuilles ? l’utilisation de la racine est traditionnelle oui, et on utilisait l’écorce de la racine qui est très astringente, plus que les feuilles je pense (je n’ai jamais essayé). Bonjour ! Je mets du miel dans mes tisanes, savez vous par hasard si la chaleur haltère les bienfaits du miel. Messages : 1102 Enregistré le : 04 juil. Messages : 1890 Enregistré : 02 juil. Messages : 8391 Enregistré : 03 févr. pour cette recette, l’étape entre les 2 torchons est elle indispensable ? En fait cette année je voudrais faire un essai sur les feuilles de ronce à sécher et les feuilles de mélisse (qui envahit tout dans le jardin si quelqu’un en veux, attention, c’est un cadeau empoissonné ), que me conseilles tu ? L’hiver vient...

Préparation et points techniques

Pour une version authentique, on hache les feuilles séchées et on les humidifie légèrement avant de les rouler dans un linge humide, puis de laisser fermenter pendant 3 jours. Cette étape est cruciale pour amorcer l’oxydation enzymatique et libérer les arômes fruités. Le séchage à l’ombre permet de préserver les principes aromatiques et les polyphénols pour une utilisation tout au long de l’année.

Infographie: cycle de préparation du thé de ronce fermenté (cueillette → séchage → oxydation contrôlée → infusion)

Interprétation et perspectives

La distinction entre fermentation microbienne et oxydation enzymatique contrôlée est centrale pour comprendre ce thé. Bien que la pratique ne fasse pas intervenir de micro-organismes intentionnels, elle s’inspire des procédés du thé noir et de l’oolong, où l’oxydation impacte directement la saveur et les propriétés antioxydantes. Cette approche permet d’envisager des effets similaires à ceux observés pour d’autres feuilles riches en polyphénols, tout en restant prudent sur les conclusions scientifiques sans études dédiées.

En somme, le thé de ronce fermenté (ou oxydé) est une expérience sensorielle qui associe arômes fruités et douceur réconfortante, tout en offrant un espace de détente et un potentiel de propriétés antioxydantes. L’étape clé demeure le contrôle de l’humidité et du temps d’oxydation pour obtenir un équilibre entre goût et bienfaits.

Variantes et questions fréquentes

  • Les feuilles de ronce peuvent-elles remplacer partiellement le thé traditionnel ?
  • Le miel peut-il être ajouté sans détruire les arômes sensibles à la chaleur ?
  • Quelle partie de la plante est la plus intéressante: feuilles, racine ou écorce ?

Faire du « thé noir » avec des feuilles de ronce

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