Karine et Jimmy forment un couple uni, toujours très amoureux après 20 ans de vie commune et deux enfants. Elle travaille dans une usine ; lui, chauffeur routier, s’acharne à faire grandir sa petite entreprise. Quand surgit le mouvement des Gilets Jaunes, Karine est emportée par la force du collectif, la colère, l’espoir d’un changement. Mais à mesure que son engagement grandit, l’équilibre du couple vacille.
Après Les Promesses, Thomas Kruithof explore à nouveau les mécaniques de l’engagement dans Les Braises. Il y a du Ken Loach dans ce très bon film social. Tout est juste, à commencer par les 2 acteurs principaux. Kruithof signe un film honnête mais inégal. Le film aurait gagné à oser plus de complexité. Le film est porté par un formidable duo d’acteurs Arieh Worthalter et Virginie Efira, enthousiasmante passionaria.
Nota Bene : la modération des avis s’effectue a posteriori. Parents de deux enfants sans problème, Jimmy et Karine forment un couple stable et aimant ; elle est ouvrière dans une usine alimentaire et lui vient de monter sa boite de transport routier. Mais, petit à petit, Karine s’intéresse de plus en plus au mouvement des Gilets jaunes et y découvre, progressivement, de vrais amis et un formidable moyen de réfléchir sur la vie en société, sur le pouvoir, les lois, la citoyenneté... Pendant ce temps, son mari se débat comme il peut avec les difficultés d’un petit patron prisonnier d’un secteur ultra concurrentiel...
Le réalisateur de Les Promesses réussit le pari difficile de mêler histoire intime et histoire collective, telle qu’elle s’est écrite autour des ronds points. Un retour passionnant sur l’histoire récente, sur l’engagement et sur la répression policière. Le film est porté par Virginie Efira et Arieh Worthalter, qui apportent une sincérité et une humanité remarquables. Virginie Efira campe une ouvrière qui souhaite changer le monde. Porté par ce duo, Les braises évoque le mouvement des Gilets jaunes et l’impact de l’engagement militant au sein d’un foyer.
Elle n’a pas été à l’affiche d’un film depuis deux ans, période pendant laquelle elle s’est consacrée à sa famille. Le tournage a largement puisé dans la réalité française : les scènes dans l’usine ont été tournées dans une vraie entreprise agroalimentaire, et les premières scènes du film ont été tournées au rond-point de Champniers, avant de s’établir au rond-point de Girac. Le récit situe les événements autour de 2018-2019, avec une focalisation sur l’intime qui se heurte à la dynamique collective.
Le film propose une approche où l’engagement citoyen et politique peut fragiliser un couple lorsque des convictions divergentes s’installer dans l’intimité. « L’amour est politique. Un couple, c’est une vision commune de l’avenir. À partir du moment où les convictions divergent, ça peut bouleverser la relation. Le film raconte cette collision », précise le réalisateur dans une interview.
Les braises est une fiction sur le premier plan du quotidien et sur l’ordinaire militant, racontée par un duo d’acteurs qui porte l’émotion avec une grande sobriété. Le film réussit le pari de mêler des scènes d’intimité familiale à des moments de protestation collective, sans verser dans le didactisme excessif. Il reste toutefois prisonnier d’un équilibre parfois trop convenu entre ses intentions sociales et son récit intime, ce qui peut donner une impression d’ouvrage inégal.
Les Braises se distingue néanmoins comme une œuvre qui donne la parole à des personnages rarement représentés à l’écran et qui propose une réflexion sur la citoyenneté, le pouvoir et la répression policière, tout en restant accessible et émouvante grâce à ses deux piliers d’interprétation. Le film est une histoire d’amour sur fond de mouvement des gilets jaunes, et il invite à réfléchir sur le poids des engagements dans la vie personnelle et familiale.
- Contexte et personnages: Karine ouvrière dans l’industrie agroalimentaire et Jimmy entrepreneur dans le transport routier, confrontés à des choix qui remettent en cause leur équilibre familial.
- Engagement et fulgurations: Karine intrigue le collectif, rencontre des amis militants et découvre de nouvelles perspectives sur la société, les lois et la citoyenneté.
- Conflit intérieur et social: les convictions divergentes mettent à l’épreuve la relation, tandis que Jimmy tente de maintenir à flot l’entreprise dans un secteur ultra concurrentiel.
- Réalisation et interprétation: Kruithof mêle écriture intime et dynamique collective, porté par Efira et Worthalter.
Bel hommage aux Gilets jaunes et à la manière dont un mouvement social peut traverser et transformer une vie privée, sans devenir démonstratif mais en assumant une certaine gravité.

Images et infographies suggérées: une carte des lieux de tournage et des rond-points emblématiques (Champniers, Girac), une frise chronologique des événements du mouvement et leur résonance dans le récit.
Gilets Jaunes - Le film (trailer VF)
Vidéo suggérée: extraits de bande-annonce et interviews du réalisateur sur l’approche thématique et les choix narratifs.
Le film est aussi l’occasion d’un regard sur le travail et les difficultés rencontrées par des petites entreprises dans un marché heurté par la concurrence et les fluctuations économiques, tout en explorant la charge émotionnelle des personnages lorsque leur vie personnelle devient miroir des combats collectifs.
Ainsi, Les Braises propose une vision nuancée de l’engagement: ce n’est pas une simple démonstration politique, mais une lutte intime qui peut transformer l’amour, la confiance et la vie au quotidien.