10 ans après lancé ses mousses au chocolat au Japon, Catherine Bréard est revenue sur Rouen pour réaliser un autre rêve : un atelier de biscuiterie dans un Esat. 10 ans après avoir conquis le Japon avec ses mousses au chocolat, la Rouennaise, Catherine Bréard a réalisé un nouveau rêve en ouvrant un atelier biscuiterie dans un Esat près de Dieppe (Seine-Maritime).
Une vocation née d’un appel familial et d’un diplôme
13 juil. Catherine Bréard, Rouennaise, avait 58 ans lorsque sur un coup de tête et suivant les conseils de son fils, Alix installé au Japon qui voulait qu’elle vive de sa passion, elle a tout quitté avec son mari Philippe pour rejoindre leur progéniture au pays du Soleil levant.
Fini les ressources humaines à Pôle emploi, plein feu sur sa passion pour le chocolat. Un diplôme en poche issu de l’école Le Cordon bleu à Paris et c’est le début d’une succes story au Japon. Après la conquête du Japon, elle réalise à 68 ans un nouveau rêve.
Une histoire agrémentée aussi de difficultés : judiciaires d’abord puis sanitaires avec la Covid. Mais Catherine n’est pas du genre à baisser les bras. 10 ans plus tard, alors que son activité se poursuit et se développe au Japon, elle réalise depuis quelques mois et à 68 ans, son second rêve. Ainsi elle vient de créer un tout nouvel atelier de production près de Dieppe, à Martin-Église où cinq personnes atteintes d’un handicap ont été formées par la cheffe à la réalisation non plus de ses mousses au chocolat mais… de ses biscuits.
Des choix qui donnent du sens et des partenariats solidaires
Pour cette passionnée, avide de sens dans tout ce qu’elle fait, c’est l’aboutissement de très longs mois d’efforts. « J’ai toujours voulu donner du sens à ce que je faisais. J’ai toujours aussi voulu travailler avec des gens de l’ombre, ceux à qui on ne prête attention. En 2022, j’ai eu une expérience formidable avec l’Esat de Canteleu. On a réussi à envoyer au Japon, une palette de 300 kg de mes biscuits. Je voulais continuer avec eux mais ils ne pouvaient pas embaucher plus. On a cherché des solutions avec la direction, en vain… », explique Catherine.
Un tout nouveau projet avec un ESAT près de Dieppe. La Rouennaise se tourne alors vers le président de l’APEI. « Il s’est montré très rapidement intéressé et m’a proposé de monter un tout nouveau projet avec les Ateliers d’Etran, à Maneville-Église près de Dieppe », rapporte Catherine. Pendant un an et demi, Catherine délaisse (un peu) la confection de ses mousses au chocolat pour se concentrer sur ce nouvel outil de production : plans, choix du matériel, formation des cinq personnes… Catherine s’enflamme pour ce nouveau projet et en avril 2023, « on a démarré la production ». Tout en conservant un œil sur ce qu’il se passe au Japon, Catherine poursuit sa route à la recherche de nouveaux clients pour ce nouvel atelier qu’elle affectionne particulièrement.
Réseau de distribution et vente en ligne
Les produits de Catherine sont en vente dans plusieurs épiceries fines de Rouen, servent de cadeaux dans des grands hôtels ou auprès de comités d’entreprise et se retrouvent également dans des corners de grands magasins parisiens ou japonais où la chef aime à raconter son histoire. Depuis mercredi 12 juillet, la vente en ligne a été mise en service. C’est la mousse au chocolat « au bon goût de Normandie » la plus célèbre du monde !

Parcours entrepreneurial et reconnaissance internationale
Après avoir remporté le premier prix de la meilleure mousse au chocolat à Paris et exporté son dessert en Asie (et bientôt aux États-Unis), le nouveau défi de Catherine Bréard est l’Élysée. À l’occasion de la Grande Exposition du Fabriqué en France, Emmanuel Macron aura la chance de déguster la douceur chocolatée de cette « mamie » énergique. Depuis 2018 et son changement de vie pour « vivre de sa passion », la succes story ne s’arrête pas et devrait même être adaptée sur grand écran.
« J’étais loin de m’imaginer l’engouement qu’elle allait provoquer dans le monde entier et en particulier au Japon et en France », écrit Catherine Bréard. La Normande originaire de Yainville, dans le pays de Caux, avait d’ailleurs été suivie à l’époque par une équipe de tournage de la chaîne M6 pour son émission « Nouvelle vie ». Si la recette de base est simple : « un excellent chocolat (42 % de beurre de cacao), des œufs frais, du beurre de Normandie et une petite pointe de sel et aussi beaucoup d’amour ». La mousse au chocolat a fait des petits et la gamme s’est élargie avec l’apparition de petits palets gourmands.
Incendie du Cuba Libre, à Rouen. 01Bien plus qu’un dessert. Catherine Bréard est née d’un désir profond : redonner une âme à ce que l’on porte à ses lèvres. L’élan du cœur. Parce que les instants qui nous restent gravés ne vivent pas seulement sur le palais, ils vivent en nous, réveillent une chaleur, un souvenir, une présence. Chaque création est une confidence. Une gourmandise faite de joie sincère et de générosité offerte sans calcul, pensée dans un temps qui ressemble à celui qu’on donnait autrefois aux choses qui comptaient vraiment.
Le rythme de production évolue en drops mensuels, en quantités limitées, par conviction : certaines choses perdent leur âme à être multipliées. Parce que le vrai luxe n’est pas dans l’abondance. Il est dans le choix. Catherine Bréard propose une texture signature, travaillée avec précision à partir d’ingrédients d’exception. Chaque création arrive en quantitités restreintes et le temps suspendu est une promesse de qualité et de rareté.
Un tournant et des perspectives internationales
Le duo a été suivi par les médias et s’est retrouvé à l’avant-plan du phénomène de l’entrepreneuriat senior. Le couple envisage désormais le développement via des licences et des partenariats, tout en consolidant les marchés en France et au Japon. Des contacts se nouent au Qatar, à Dubaï, en Corée et aux États-Unis avec l’arrivée du Printemps à New York et l’ouverture d’un pop-up store à Paris.
Le pop-up store est situé au 31 rue de Turenne, dans le Marais, et illustre la capacité d’adaptation rapide de la marque pour tester, ajuster et se déployer. L’espace, lumineux et jaune, accueille dégustations et ventes, avec des toppings au choix et des mange-debout pour une expérience conviviale. Cet élan témoigne de l’agilité du format et de la volonté d’atteindre rapidement de nouveaux publics.
Le message porteur reste intact: à tout âge, oser et croire en sa passion. Catherine et Philippe ont vendu ce qu’ils possédaient et se sont installés au Japon, puis ont connu une traversée tumultueuse marquée par les jugements et le Covid, avant de rebondir vers une production plus locale et socialement responsable. Leur histoire est aujourd’hui une source d’inspiration et pourrait être adaptée au grand écran.
Recette et philosophie
La recette de base privilégie un chocolat riche et crémeux, des œufs frais, du beurre de Normandie et une pincée de sel, mais surtout une énergie et une persévérance qui traversent les frontières. Chaque mousse est pensée pour rester proche du goût authentique tout en offrant une texture légère et enveloppante, et chaque palet ou pot porte l’empreinte d’un voyage et d’un engagement social.

| Éléments clés | Description |
|---|---|
| Chocolat | 42% beurre de cacao, cuisson précise |
| Texture | signature légère et aérienne |
| Public | pop-up, épiceries fines, hôtels, ESAT |
| Marchés | France et Japon, expansion envisagée |