Le brainrot italien est une série de mèmes Internet d'inspiration surréaliste apparus début 2025, caractérisés par des images absurdes de créatures produites par intelligence artificielle générative auxquelles on attribue des noms pseudo-italiens. Le brainrot italien se caractérise par des images ou des vidéos absurdes créées par intelligence artificielle générative. Il présente typiquement des hybrides d'animaux avec des objets du quotidien, de la nourriture et des armes. On leur attribue des noms italianisés ou ils utilisent des marqueurs culturels stéréotypés, le tout étant accompagné d'une audio généré par IA imitant la narration d'un homme italien, souvent dépourvu de sens. Les noms de ces personnages se terminent souvent par des suffixes italiens, tels que -ini ou -ello.
Le terme brainrot (pourriture cérébrale) a été élu mot de l'année 2024 par Oxford. Il fait référence à l'effet de détérioration de l'état mental causé par la surconsommation de contenu « trivial ou peu stimulant » en ligne. Il peut également désigner le contenu lui-même. Les internautes utilisent souvent cette étiquette pour reconnaître le caractère ridicule de l'Italian brainrot, tout en constatant la quantité croissante de « contenu IA » de mauvaise qualité (AI slop) présent en ligne. En octobre 2023, des internautes créent des mèmes « italiens » sur Dwayne Johnson, dans lesquels il énonce des rimes sur des sujets absurdes. Dans une vidéo, Johnson utilise le mot « Tralalero tralala », qu'il fait plus tard rimer avec « smerdo pure nell'aldilà » (« je chie même dans l'au-delà »). Bien que l'origine exacte de l'Italian brainrot soit difficile à identifier avec précision, le personnage de Tralalero Tralala est largement considéré comme le premier exemple du phénomène. L'utilisateur a été banni après cette publication. Cette vidéo a atteint 7 millions de vues. L'Italian brainrot présente divers personnages générés par IA. Plusieurs d'entre eux sont des hybrides, combinant souvent des animaux avec des objets du quotidien et divers fruits. Le premier personnage viral du genre fut Tralalero Tralala, un requin à trois « pattes » portant des sneakers Nike. Bombardiro Crocodilo, un bombardier avec une tête de crocodile. C'est une créature hybride possédant la tête d'un crocodile et le corps d'un bombardier bimoteur de l'ère de la Seconde Guerre mondiale. Tung Tung Tung Sahur (le "Tung" peut être plus ou moins répété) est un objet en bois anthropomorphe qui tient une batte de baseball. Bien que considéré comme faisant partie de l'Italian brainrot, il est d'origine indonésienne. Le « Tung Tung Tung » dans son nom est une onomatopée qui imite le son traditionnellement produit par les Indonésiens lorsqu'ils frappent les tambours bedug pour annoncer le suhur, le repas pris avant l'aube par les musulmans avant le jeûne du mois de Ramadan. Ballerina Cappuccina est une ballerine portant un tutu et des chaussons de pointe, avec une tasse de cappuccino en guise de tête. Le mème original la montrait en train de faire une pirouette avec grâce.
Les effigies de certains personnages de l'Italian brainrot ont été utilisées pour vendre des jouets et des NFT, et sont également au centre du jeu Roblox populaire Steal a Brainrot. L'Italian brainrot a aussi inspiré une variété de cryptomonnaies spéculatives (meme coins) très volatiles, comme l'« Italianrot », lancée en mars 2025. L'Italian brainrot a gagné en notoriété dans de nombreuses régions comme les États-Unis, la Corée du Sud et l'Allemagne. En Italie, plusieurs kiosques à journaux ont commencé à vendre des jeux de cartes à collectionner « Skifidol Italian Brainrot », inspirés des mèmes et commercialisés pour un jeune public. La radio polonaise Polskie Radio a noté que le mème est populaire auprès de la Génération Alpha « parce que c'est stupide, drôle et très addictif ». Polskie Radio a souligné comment le mème a été adapté dans d'autres médias, comme des jeux Roblox, des remixes musicaux et des quiz. Radio France Internationale a qualifié l'usage de noms pseudo-italiens parmi les personnages de « un peu problématique ». Ces observations donnent un cadre pour comprendre l'afflux de contenus IA absurde à l'échelle mondiale.
Aujourd'hui, le brain rot désigne deux choses à la fois : un type de contenu en ligne, et les effets supposés de sa consommation excessive sur le cerveau. Les contenus brain rot sont de courtes vidéos générées par une intelligence artificielle, d’une durée de sept et quinze secondes, mettant en scène des personnages absurdes, des situations sans queue ni tête, une musique entêtante et des couleurs criardes. Certain•es y voient de l'AI slop : du contenu de piètre qualité produit à la chaîne. D'autres, au contraire, y voient un nouveau mouvement artistique basé sur l'absurde, un peu comme le dadaïsme l'avait été au début du XXème siècle en réaction au chaos de son époque. C'est l'écrivain américain Henry David Thoreau qui l'a utilisé pour la première fois en 1854, dans son ouvrage Walden. À l'époque, il s'inquiétait de l'appauvrissement de la pensée face à la montée de l'information de masse, liée à l'invention du télégraphe. Il écrivait : « Tandis que l'Angleterre s'efforce de guérir le mildiou, personne ne s'efforcera de guérir le pourrissement cérébral, qui prévaut bien plus largement et de manière plus fatale ? ». Oxford University Press l'a ensuite élu mot de l'année 2024.
Le constat de Thoreau n’a pas tellement vieilli, et ce n’est pas un hasard. À chaque nouveau médium, les mêmes inquiétudes reviennent : la technologie qui abêtirait les gens, les rendrait passifs et les couperait du réel. On s’en est inquiété pour le télégraphe, pour la radio, pour la télévision, pour les jeux vidéo, pour internet et aujourd’hui les mêmes préoccupations existent pour les réseaux sociaux et l’IA. L'Italian Brain Rot, c'est quoi ? L'une des formes les plus visibles de ce phénomène porte un nom trompeur : l'Italian Brain Rot. Contrairement à ce qu'il laisse entendre, il n'est pas né en Italie. Le brain rot remplit une fonction sociale précise. Ces contenus, leur jargon, leurs personnages, tout cela constitue un langage commun que les ados et la génération alpha partagent. Un langage que les adultes ne comprennent généralement pas. Ce n'est pas différent de ce que les Lapins Crétins ou les personnages de South Park ont représenté pour d'autres générations : un code culturel qui appartient aux jeunes, et qui cimente leur sentiment d'appartenance à un groupe.
À l'âge où l'identité se construit par rapport aux pairs, pouvoir dire « t'as vu Tralalero ? » est une marque d'appartenance. Il y a aussi une dimension auto-ironique dans ce phénomène. Les jeunes utilisent elles et eux-mêmes le terme « brain rot » pour désigner ce qu'ils ou elles regardent, avec une conscience lucide sur le fait que c'est absurde. Les vidéos très courtes, denses, qui captent facilement notre attention, correspondent exactement aux formats que les plateformes privilégient. Elles sont faites pour le « scroll infini » - ce geste de faire défiler du contenu. L’objectif est simple : garder l’utilisateur•rice le plus longtemps possible devant l'écran, pour lui montrer un maximum de publicités. C’est ce qu’on appelle l’économie de l’attention. À court terme, quelques minutes de scroll ne changent pas grand chose. Mais quand le scroll infini devient le seul loisir, la seule façon de combler l'ennui, cela peut être le signe d'un déséquilibre des pratiques. C'est justement là que le rôle du parent peut faire la différence : proposer de la variété, des activités qui demandent un autre rythme - lire, jouer, bouger, cuisiner ensemble.
Le récit autour de l'Italian brainrot inclut des jeux et des dérivations culturelles comme « l’île de la Skibidi Tentafruit » et « Fruity Lanta », illustrant comment ces contenus s'intègrent dans des univers ludiques et médiatiques variés. Ne paniquez pas et prenez du recul : chaque génération d'enfants et d'adolescents a consommé des contenus audiovisuels de qualité variable voire discutable, sans pour autant de conséquences néfastes. Demandez à votre enfant de vous présenter ses personnages préférés, sans jugement négatif. Si certains contenus contiennent des éléments problématiques (violence banalisée, propos racistes ou sexistes glissés dans l'absurde), pointez les sans dramatier : « Ce personnage dit des trucs un peu limites, t'as remarqué ? Invitez votre enfant à identifier la mécanique sous-jacente et la raison de l'existence de ces vidéos : quel est leur but ? Pourquoi est-ce attrayant ? Identifies-tu de la publicité ? A quels moments : avant, pendant, après ? » Ce n'est pas votre enfant qu'il faut blâmer s'il ou elle passe des heures à scroller. Les plateformes investissent massivement pour que cette mécanique soit irrésistible. Une voix de synthèse étrange, des images qui clignotent dans tous les sens, un scénario inexistant. Vous ne comprenez rien ? C’est normal. C’est même le but. Bienvenue dans le monde du brainrot.
Une « pourriture du cerveau » devenue virale montre comment le brainrot se transforme en phénomène culturel et économique. À l’origine, le mot « brainrot » désigne une forme de détérioration mentale liée à une consommation excessive de contenus jugés futiles. Un terme déjà utilisé en 1854 par l’écrivain américain Henry David Thoreau pour critiquer la paresse intellectuelle de son époque. Élu mot de l’année 2024 par l’Université d’Oxford, le brainrot désigne aujourd’hui un genre visuel bien identifié sur les réseaux. Un style fait de montages ultrarapides, textes absurdes, voix robotiques et univers décalés, où plus rien ne semble avoir de sens, sauf pour ceux qui y sont plongés depuis un moment. Un rêve bizarre, devenu esthétique, décrit par exemple les vidéos brainrot comme souvent moches, déroutantes, mais addictives.
Sur les réseaux sociaux, ces contenus pullulent: des vidéos de sept à quinze secondes, parfois en sagas, parfois dans des formats épars, comme Skibidi Toilets, une série où des toilettes vivantes affrontent des humains à tête de haut-parleur. L’univers est incompréhensible, et pourtant, la chaîne YouTube du créateur cumule des millions d’abonnés. Avec l’intelligence artificielle, le phénomène s’emballe : n’importe qui peut générer en masse des vidéos dans ce style. Ce sous-genre a un nom: le slop. Des vidéos à la chaîne, sans logique, parfois floues, souvent dérangeantes. Certains parlent même d’un encombrement numérique. Une forme d’art ? Ou juste du bruit ?
Alors, pourquoi on regarde ça ? Ces vidéos pourraient être vues comme un défouloir collectif, une manière de rire sans réfléchir. Ou au contraire, comme le symptôme d’une fatigue mentale généralisée. Derrière leur esthétique étrange, ces contenus reposent sur une grammaire visuelle très codée: une forme d’humour méta, absurde, qui fait sens uniquement pour ceux qui partagent les mêmes références. Alors, le brainrot est-il en train de tuer notre attention ? Ou est-ce une nouvelle langue visuelle, propre à l’ère numérique ? Une chose est sûre: même quand on ne comprend rien, on reste scotché à l’écran.
Tableau rapide: éléments clés du phénomène
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Formats | Vidéos courtes de 7 à 15 secondes, parfois en sagas |
| Esthétique | Montages ultrarapides, voix robotiques, couleurs vives |
| Objets du contenu | Hybrides IA, animaux, objets du quotidien, fruits, armes |
| Nom et linguistique | Noms pseudo-italiens; suffixes -ini, -ello |
| Réception | Contenu vu comme AI slop ou mouvement artistique absurde |
Pour accompagner cette explication, voici des suggestions d’illustrations et de supports multimédias potentiels à insérer dans l’article.

Une infographie montrant l’évolution des formats de brainrot et leur diffusion sur les réseaux.

Carte d’inspiration montrant les régions où le phénomène est populaire et les adaptations médiatiques.
Ce que la science dit réellement à propos de la « dégénérescence cérébrale »
Vidéo explicative courte sur l’économie de l’attention et le scroll infini.