Les chevaux de trait, en raison de leur masse corporelle importante et de leur activité physique, nécessitent une alimentation soigneusement équilibrée. Une gestion nutritionnelle adaptée est essentielle pour préserver leur santé, leur performance et leur bien-être général. Le fourrage constitue la base de l'alimentation des chevaux de trait. Herbe de pâturage, lorsque disponible, est une excellente source de nutriments; le foin de qualité offre une alternative indispensable en toutes saisons. Les céréales telles que l’avoine, l’orge et le maïs apportent une énergie contrôlée selon les besoins; l’eau est essentielle pour la digestion, la thermorégulation et l’élimination des déchets.
Fondations de la nutrition équine: le fourrage
Le fourrage constitue la pierre angulaire de l’alimentation de tout cheval et les chevaux de trait ne font pas exception. Il est le principal garant d’une fonction digestive saine et doit être disponible en quantité suffisante, idéalement en continu.
L’Herbe de Pâturage: un trésor naturel
Lorsque la saison le permet, l’herbe fraîche représente une source nutritionnelle de premier ordre. Sa digestibilité permet au cheval de trait de couvrir ses besoins tout en étant moins sujet à la prise de poids excessive que des races plus légères, à condition que l’herbe ne soit pas excessivement riche. Il est crucial de surveiller la teneur en sucre et en amidon de l’herbe, particulièrement en période de croissance rapide, pour prévenir des troubles comme la laminite. L’utilisation de bouchons de pâturage peut être envisagée pour réguler la consommation.
Le Foin: indispensable en toute saison
Le foin de qualité est une alternative précieuse et souvent nécessaire, surtout en dehors des périodes de pâturage. Il offre une teneur élevée en matière sèche et en fibres brutes essentielles à la flore intestinale. La recommandation générale est de fournir 1,5 kg de foin par 100 kg de masse corporelle par jour. Pour un cheval de trait pesant près d’une tonne, cela représente environ 15 kg de foin quotidiennement. Les chevaux vivant au box devraient recevoir au moins 2 kg de foin par 100 kg de masse corporelle pour assurer une ingestion continue et prévenir les déséquilibres digestifs. Donner le foin au moins 30 minutes avant tout autre aliment concentré est fortement conseillé afin que l’estomac contienne déjà une base de matière à digérer, évitant ainsi une sur-fermentation et des coliques. Les filets à foin permettent de ralentir la consommation et d’imiter le comportement naturel de broutage.
Énergie et nutriments essentiels: au-delà du fourrage
Si le fourrage est la base, d’autres éléments sont nécessaires pour compléter l’alimentation des chevaux de trait, en fonction de leur activité, de leur âge et de leur état physiologique.
Les Céréales: énergie contrôlée
L’avoine, l’orge et le maïs sont des sources d’énergie couramment utilisées. Cependant, leur richesse en amidon exige une gestion attentive. L’amidon non digéré dans l’intestin peut perturber la flore intestinale et provoquer des troubles digestifs et métaboliques. L’avoine, avec un taux d’amidon plus faible et plus digestible, est souvent préférée. L’orge et le maïs nécessitent une transformation hydrothermale pour améliorer la digestibilité. L’apport en amidon par repas ne devrait idéalement pas dépasser un gramme par kilogramme de masse corporelle. Pour les chevaux de trait, surtout ceux qui ne sont pas soumis à un travail intense, les céréales ne sont souvent pas indispensables et peuvent même contribuer à une prise de poids excessive.
Les Compléments Minéraux et Vitaminiques: soutien indispensable
Les chevaux de trait ont besoin d’un apport équilibré en macro-éléments (calcium, phosphore, magnésium, etc.) et oligo-éléments (zinc, cuivre, sélénium, etc.). Les sols appauvris peuvent rendre ces nutriments rares dans le fourrage. Un supplément minéral et vitaminique adapté est crucial pour combler d’éventuelles carences sans ajouter de calories superflues. Le rapport calcium-phosphore (Ca/P) est particulièrement important pour la santé osseuse, et un ratio autour de 1 à 3 est idéal. Des produits spécifiques existent pour fournir ces nutriments essentiels, soutenant la santé des sabots, la peau et le pelage, ainsi que la fonction immunitaire.
Les Graisses: énergie sûre
Pour les chevaux ayant des besoins énergétiques accrus, ou pour ceux qui doivent être nourris sans céréales, les graisses sous forme d’huiles végétales constituent une excellente source d’énergie. Elles fournissent des calories sans l’apport d’amidon. Les recherches indiquent que certains chevaux atteints de PSSM peuvent obtenir jusqu’à 20 % de leur énergie alimentaire à partir des graisses. Toutefois, une consommation excessive peut ralentir la vidange gastrique et perturber l’équilibre microbien; limiter à 1 à 1,5 g par kg de poids corporel par jour est prudent.
L’Eau: l’élément vital
L’eau est essentielle pour toutes les fonctions physiologiques. Un cheval de trait peut consommer entre 5 et 13 litres d’eau par 100 kg de masse corporelle par jour, et ce chiffre augmente avec la chaleur et l’intensité du travail. Un accès constant à de l’eau fraîche et propre est primordial.
Besoins liés à la production et à l’activité
Les besoins nutritionnels évoluent selon la situation: croissance, travail, reproduction, performance et récupération.
Croissance
Les poulains de trait connaissent une croissance rapide et exigent un apport alimentaire et minéral élevé, tout en évitant la prise de poids excessive qui pourrait prédisposer à des problèmes de santé à long terme.
Travail
Le travail augmente les besoins énergétiques et protéiques. Le fourrage peut suffire pour un travail léger, mais un travail soutenu nécessite des concentrés, céréales transformées ou suppléments lipidiques. Autrefois, les rations étaient plus coûteuses et intensives pour les travaux agricoles soutenus.
Reproduction
Les juments gestantes et allaitantes ont des besoins accrus. Le pic de lactation peut nécessiter jusqu’à 286 % de besoin d’entretien, contre 212 % pour une jument de selle. Une alimentation équilibrée et supplémentée est essentielle pour la santé de la mère et le développement du poulain.
Performance et récupération: électrolytes
Lors de fortes transpiration, des électrolytes sont perdus. L’ajout de sel ou la mise à disposition d’une pierre à sel est important pour maintenir l’équilibre hydrique et musculaire.
Considérations spécifiques pour les chevaux de trait
La rusticité peut être un atout, mais elle peut aussi masquer une tendresse pour l’obésité. Les chevaux de trait peuvent être des « easy keepers », nécessitant une surveillance du poids et de la condition corporelle pour prévenir la laminite et d’autres complications liées au surpoids.
Problèmes de santé spécifiques
Myopathie à stockage de polysaccharides (PSSM), lymphœdème chronique progressif (LCP), problèmes respiratoires et ulcères gastriques nécessitent des adaptations alimentaires et une gestion adaptée. La ferrure et le coût global de l’alimentation et des soins varient selon les races et l’activité.
Coût et approche individuelle
Le coût de l’alimentation dépend de l’activité, de la qualité du fourrage et des besoins individuels. Une approche individualisée est cruciale, car chaque cheval, même au sein d’une même race lourde, présente des variations métaboliques et des besoins propres. L’observation attentive et, si nécessaire, la consultation d’un vétérinaire équin ou d’un nutritionniste peuvent aider à optimiser la ration.
- Concrètement, ajuster les quantités de foin et réduire les concentrés lorsque nécessaire, tout en maintenant une matière sèche suffisante.
- Prévoir des compléments minéraux et vitaminiques lorsque la ration concentrée est réduite pour éviter carences en oligo-éléments et vitamines.
- Gérer les protéines et les acides aminés essentiels (lysine) pour éviter des carences affectant le développement musculaire et la sangle abdominale.

Microplastics in cattle feed induce liver inflammation through the rumen microbiome-gut-liver axis
Il est indispensable de pratiquer des analyses des valeurs nutritives des fourrages pour établir une ration équilibrée. Les graminées restent les plantes de base, avec les légumineuses apportant protéines et calcium. La qualité sanitaire des fourrages est primordiale pour l’appétence et la prévention des pathologies. La mise à disposition d’une eau propre et du sel en libre-service est nécessaire au pâturage comme au box. Une transition de 7 à 10 jours est recommandée lors d’un changement de régime alimentaire pour permettre à la flore digestive de s’adapter.
Pour les concentrés, les repas doivent être distribués à horaires fixes et idéalement en petits repas; éviter les jeûnes prolongés et limiter l’amidon par repas pour limiter les ulcères. Le râtelier peut aider à limiter le gaspillage. L’observation de l’état corporel et l’évaluation régulière du plan nutritionnel restent les clefs d’une alimentation adaptée pour les chevaux de trait.
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