Dans la production de poulets de chair, on distingue entre l'engraissement intensif avec des hybrides à croissance rapide et l'engraissement extensif en plein air. Dans les deux cas, l’idéal est de nourrir les poussins pendant les huit premiers jours avec un aliment de démarrage pour poulets de chair, riche en protéines pour soutenir le développement rapide des tissus musculaires.
La structure en miettes facilite l’ingestion par des poussins très petits, et au cours des huit premiers jours un poussin mange environ 170 g de nourriture dans l’engraissement intensif. Après environ huit jours, il faut passer à l'aliment d'engraissement, qui présente une énergie plus élevée et une teneur en protéines brutes légèrement réduite.
Les aliments UFA pour poulets de chair contiennent un coccidiostatique, prévenant la coccidiose intestinale et soutenant ainsi la santé digestive des animaux. L’engraissement de dindes peut aussi permettre une utilisation rentable des bâtiments en été. Sous pression et vapeur, la température augmente durant l’expansion et l’aliment devient « précuit ».
La qualité de l’alimentation est souvent associée à l’adaptation des élevages locaux: par exemple, des systèmes qui privilégient une approche plus autonome en matières premières et en approvisionnement local, avec des assemblages spécifiques selon les phases de croissance.

La teneur en énergie et en protéines est adaptée à chaque phase: énergie accrue et protéines brutes légèrement réduites lors de l’engraissement, et protéines élevées lors du démarrage pour soutenir la croissance musculaire rapide. Pour une flore intestinale saine, certains additifs comme les bactéries lactiques, stables naturellement dans l’intestin, stimulent le système immunitaire et stabilisent la digestion tout en inhibant les germes nocifs.
Idéalement, il faut sélectionner des poulets destinés à l’engraissement et adopter des pratiques qui favorisent le bien-être et la performance: par exemple, des poulets HYBRO placés dans des enclos mobiles, avec un accès constant à l’eau fraîche et propre, et un sol propre pour limiter les contaminations. La taille et le type de terrain peuvent varier, mais l’essentiel reste la gestion sanitaire et nutritionnelle adaptée à chaque stade.
La farine d’engraissement peut être remplacée par des ingrédients biologiques, et certaines fermes évoluent vers des rations plus locales et plus autonomes. On peut constater que les poussins mangent 1 kg d’aliment de démarrage jusqu’à 21 jours, puis une transition vers l’aliment fermier de croissance-finition pendant 5-6 jours, avant de passer à l’aliment fermier en phase de finition jusqu’à l’abattage.
La production peut s’appuyer sur un équilibre entre l’objectif de performance et les contraintes environnementales et économiques: alimentation 100% végétale pour certains labels, avec des proportions minimales de céréales et des matières protéiques importées réduites lorsque possible. Dans ce cadre, des filières comme St SEVER illustrent une approche 100% végétale, avec au moins 80% de céréales provenant des productions locales et une traçabilité assurée par des certifications et des partenariats régionaux.

Des essais et retours d’élevage montrent que des stratégies d’autonomie protéique, de réduction du recours au soja importé et de recours à des ressources protéiques locales peuvent être envisagés, tout en garantissant la croissance et la productivité des volailles. Des programmes de recherche visent à augmenter l’autonomie protéique et à faciliter le passage à une alimentation 100% bio, par l’amélioration de la teneur en protéines des matières premières, des procédés technologiques et une meilleure compréhension des mécanismes de digestion des protéines.
Les pratiques d’élevage peuvent aussi s’appuyer sur l’utilisation de fourrages et de céréales de l’exploitation: l’incorporation de blé entier dans l’aliment n pose pas de problèmes techniques si la formulation est appropriée et si la proportion entre blé et complémentaire est bien gérée. Cependant, l’accès et le coût des céréales, ainsi que les pratiques contractuelles, influencent fortement l’adoption de ce mode d’alimentation dans l’Ouest de la France.
Dans les élevages de volailles, le poulet occupe une place prépondérante. L’alimentation joue un rôle majeur dans la croissance, le poids et la vitalité du poulet de chair, et les qualités organoleptiques de sa viande. Les recettes adaptées à chaque stade physiologique sont conçues par des nutritionnistes, et les aliments complets sont distribués à volonté via des nourrisseurs adaptés à chaque âge et croissance.

La conduite alimentaire repose sur une gamme d’au moins trois aliments couvrant démarrage, croissance et finition. L’engraissement est progressif et démarre par l’équilibre des acides aminés et la prévention des carences en lysine, tout en évitant un excès protéique. En pratique, le poulet de chair conventionnel peut consommer entre 75 et 85 g d’aliment par jour et est abattu entre 35 et 81 jours selon le type d’élevage.
Dans certaines filières, la production de poulets de chair repose sur des pratiques locales avec des aliments fabriqués proche des élevages partenaires. Le contrôle qualité des matières premières suit des référentiels comme OQUALIM, garantissant les bonnes pratiques d’hygiène et la traçabilité, et certaines coopératives soutiennent l’usage d’aliments équilibrés et adaptés aux stades de développement.
Par exemple, certaines filières privilégient une approche de traçabilité renforcée et des partenariats régionaux pour produire des céréales françaises et réduire les importations. Des programmes de coopération et des certifications valorisent les méthodes d’alimentation et la durabilité, tout en assurant les performances économiques de l’élevage.

En matière de protéines, le soja demeure une composante importante des rations, souvent sous forme de tourteau, et les filières explorent des solutions pour limiter son recours par une sélection variétale, l’ajout d’enzymes et l’utilisation de ressources protéiques locales, tout en préservant les performances de croissance et la qualité de viande. Travailler avec des races locales peut aider à réduire, voire supprimer, le recours au soja dans certaines conditions, mais pour les filières intégrées, les marges restent plus limitées.
Pour les poules pondeuses et les canards, oies et autres volailles, les exigences nutritionnelles varient selon les espèces et les objectifs de production, mais les principes restent similaires: des formulations adaptées à chaque étape, des ingrédients de qualité, et des contrôles rigoureux pour assurer la santé et la productivité. Des solutions nutritionnelles complètes et équilibrées permettent de maximiser la croissance, la vitalité et la ponte, tout en assurant une digestibilité efficace et une meilleure conversion alimentaire.
Volaille de chair : gestion des 1ers jours en élevage
En résumé, l’alimentation des poulets fermiers repose sur une transition claire entre démarrage et croissance-finition, l’accès à une eau propre et à un sol maintenu propre, des choix d’ingrédients locaux lorsque possible, et une approche qui privilégie la santé intestinale et le bien-être des animaux. La collaboration entre éleveurs, nutritionnistes et acteurs de la filière permet d’atteindre une production adaptée, durable et rentable.