Alexandra le meilleur pâtissier Brésil: portrait d’une gastronomie, d’un parcours et d’un festival

Gourmande et gourmet, Alexandra se distingue par son lien intime avec la cuisine et par son regard sur la gastronomie brésilienne, enrichie par son expérience parisienne. Le déclencheur de son parcours est né au Brésil et s’est poursuivi en France, où elle incarne une cuisine engagée et sans gaspillage, tout en valorisant les terroirs et les savoir-faire locaux.

Origines et itinéraire culinaire

Ma mère habitait en France. Mais je la connaissais très peu parce qu’elle m’a confié à ses parents lorsque j’avais 8 jours. Au départ, je suis venue ici pour la connaître et pour apprendre le français. Je pensais rester six mois. Vous avez commencé l’apprentissage de la cuisine à 32 ans seulement. Au début, l’idée de devenir cuisinière ne m’a même pas effleurée ! Pourtant, je cuisinais déjà beaucoup. Au Brésil, dans les milieux ruraux, les femmes sont élevées pour faire la cuisine, s’occuper de la maison et des enfants. En France, j’ai commencé par faire du baby-sitting, du ménage... Je me débrouillais comme je pouvais. Puis, j’ai rencontré mon futur mari. On recevait beaucoup de copains. On cuisinait tous les deux. J’adorais recevoir autour de grandes tablées. Les gens me disaient : « Tu devrais ouvrir un restaurant ! »

Après une décennie d’expériences et d’apprentissages, Alexandra ouvre son propre restaurant Tempero en 2012. « Devenir cuisinière a été une seconde naissance », écriviez-vous dans votre livre. J’ai eu une enfance difficile et j’existais pour mon mari, mes enfants, mes amis... Mais, je ne savais pas ce qu’était la reconnaissance professionnelle. Grâce à mon restaurant, je me suis émancipée professionnellement. Les clients appréciaient ma cuisine, j’ai commencé à être citée dans la presse... C’était incroyable pour moi !

Engagement social et durable

Vous faites de la cuisine gastronomique et écoresponsable. Comment combinez-vous engagement social, développement durable et viabilité économique ? Mes restaurants sont des écosystèmes où je me dois de respecter mon environnement. Je travaille avec une équipe que j’adore. J’ai donc à cœur de leur donner de bonnes conditions de travail. Nous ne travaillons pas le week-end, pas tous les soirs de la semaine. Nous ne gaspillons rien. D’ailleurs, nous n’avons pas de poubelle, seulement un compost. Nous nous approvisionnons chez des producteurs locaux. Les clients sont contents. Ils ont accès à des produits bio, locaux, cuisinés par une équipe qui est heureuse d’être là. Les restaurants sont aussi ceux de mes équipes, car plusieurs salariés ont des parts sociales de l’entreprise.

Certains me suivent depuis des années. C’est très important pour moi de donner leur chance à ceux qui n’en ont pas eue, à ceux qui arrivent de loin, qui sont en difficulté. En ce moment, j’accueille des réfugiés qui viennent de pays en guerre, des mineurs non accompagnés qui ont marché pendant des mois avant d’arriver en France. C’est toujours un plaisir de les former, car ils ont une force, une envie de réussir assez remarquable. Ils ont aussi vécu des traumatismes qui réapparaissent parfois quand ils sont stressés en cuisine. Toute l’équipe veille donc à agir avec une bienveillance encore plus forte pour leur donner toutes les chances de réussir. Il faut ouvrir la porte de l’ascenseur social.

Cuisine et identité brésilienne

La cuisine brésilienne est métissée et reflète l’héritage des peuples indigènes, africains et européens. Elle est généreuse, colorée, conviviale. On la cuisine pour la partager, jamais pour soi seul. Le Nordeste regorge de plats à base de manioc, de crevettes séchées, de piment et de lait de coco. Bahia est la terre de la moqueca et de l’acarajé. Le sud vit au rythme des churrascos, ces viandes grillées héritées de la tradition des gauchos. Chaque plat brésilien est une page d’histoire où l’on retrouve les traces des traditions indigènes, des apports européens, mais aussi la créativité née de la souffrance de l’esclavage.

Infographie: Carte des régions culinaires du Brésil et leurs plats emblématiques (feijoada, moqueca, churrasco)

Festival Food Temple Brésil à Paris

La cuisine brésilienne d'Alessandra Montagne est à l’honneur du festival Food Temple Brésil, à Paris, du 18 au 21 septembre 2025. Cet événement permet de découvrir les classiques comme le pao de queijo, le poulet mineirinho ou la moqueca de camarao et des recettes plus contemporaines. Un marché 100% brésilien permet d’y remplir son panier. Des dégustations, repas, ateliers et masterclass culinaires permettent de se familiariser avec les traditions brésiliennes et la gastronomie moderne.

Masterclass et ateliers sont au menu du festival, quels sont ceux qu’il ne faut pas manquer ? Tous mes ateliers sont super ! Plusieurs concerts sont programmés, dont celui de samba de la chanteuse de musique populaire Tia Surica. Musique, fête et gastronomie sont-ils indissociables au Brésil ? Oui, totalement. Au Brésil, on ne sépare jamais la cuisine de la musique, ni de la fête. La feijoada, symbole culinaire national, fait l’objet d’un spectacle choré-gastronomique de Calixto Neto. La feijoada est un plat qui symbolise mémoire, identité et convivialité. Préparer une feijoada un samedi, écouter de la samba, chanter avec ses amis : c’est un rituel qui fait partie de notre culture. Ce festival propose aussi l’Expo Favela Innovation, espace mettant en lumière la créativité née dans les favelas et les projets sociaux et entrepreneuriaux porteurs d’avenir.

Affiche et plan du festival Food Temple Brésil à Paris

Parcours personnel et citation marquante

« Devenir cuisinière a été une seconde naissance ». Mon parcours illustre une trajectoire où la cuisine devient vecteur d’émancipation et d’un discours sur l’égalité des chances. Je me suis émancipée professionnellement grâce à mon restaurant et à la reconnaissance de mes pairs et clients. Cette approche s’inscrit dans une philosophie d’éthique et de durabilité, où l’équipe et les ressources locales prennent une place centrale.

Notes complémentaires et contexte

Pour approfondir, les interviews et les articles évoquent les défis rencontrés par Alexandra et Laura Bartoli dans Pékin Express, notamment l’angle d’une éventuelle arnaque rencontrée au Brésil, et les incidences sur leur parcours et leur arrivée tardive à un rendez-vous. Cet épisode illustre comment les expériences personnelles et les obstacles culturels peuvent influencer des parcours médiatiques et culinaires, tout en nourrissant le récit d’une cuisine qui valorise l’authenticité et l’adaptation.

  1. Origines familiales et choix d’un apprentissage tardif en cuisine.
  2. Création du restaurant Tempero et développement d’un modèle durable.
  3. Engagement social et intégration des réfugiés dans l’équipe.
  4. Richesse de la cuisine brésilienne et son lien avec la musique et la fête.
  5. Festival Food Temple Brésil: découvertes culinaires et échanges culturels.

En somme, Alexandra représente une figure clé de la cuisine brésilienne contemporaine, mêlant héritage, innovation et responsabilité sociale, tout en tissant un pont entre Rio et Paris à travers une approche gastronomique axée sur la durabilité et le partage.

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