Fondée au XIIe siècle, c'est à l'origine un prieuré fontevriste, supprimé lors de la Révolution française, puis rétabli au XIXe siècle. La vie monastique y est définitivement rétablie en 1949, avec une communauté cistercienne. Celle-ci reste très modeste jusqu'en 1979. L'abbaye Sainte-Marie de Boulaur est fondée en 1142 par Pétronille de Chemillé, abbesse de Fontevraud, avec le soutien de l'archevêque d'Auch et de Sanche Ier, comte d'Astarac. Elle dépendait de l'abbaye de Fontevraud, maison-mère de l’Ordre de Fontevraud. La première abbesse de Boulaur fut Longuebrune, veuve du comte d'Astarac, qui à la mort de son mari avait décidé d'entrer dans les ordres.
Le monastère tire son nom du latin Bonus Locus signifiant « Bon lieu », et a donné son nom au village de Boulaur qui s'appelait auparavant Saint Germier, en hommage à Germier de Toulouse, évêque de Toulouse qui évangélisa la région.
À la Révolution française, le prieuré est déclaré bien national et les religieuses doivent se disperser, le clergé régulier étant supprimé. La vie monastique y revient à la fin du XIXe siècle. Le monastère est restauré en 1949 par des moniales bénédictines souhaitant rejoindre l'ordre cistercien ; elles vivent d'une petite exploitation agricole dont les produits sont transformés et vendus sur place.
Le monastère reste un simple prieuré de 1949 à 1990; sa prieure est la fondatrice Marie-Pia Le Thomas. La prieure est une amie de jeunesse de la mère de Claire de Castelbajac. Elle fait lire à l'abbé général cistercien un recueil de lettres de la jeune défunte ; celui-ci décide, parallèlement à l'ouverture de la cause de béatification de Claire de Castelbajac, de demander aux religieuses de prier pour cinq nouvelles vocations durant l'année 1981. Cinq jeunes femmes se présentent effectivement durant l'année, puis une à deux par an depuis.
La communauté accueille également, jusqu'à sa mort en 2005, la mère de Claire de Castelbajac. En conséquence de l'accroissement de la communauté, le monastère est érigé en abbaye en 1990 et essaime, en 1998, près de Narbonne, à l'abbaye de Rieunette, abandonnée depuis la Révolution. Le projet agricole de la communauté est ambitieux ; il est engagé dans une démarche d'agriculture biologique, démarche encore renforcée depuis l'encyclique Laudato si' en 2015. Le verger est notamment en permaculture. Début 2020, les sœurs diffusent sur Internet une vidéo où elles expliquent le projet qu'elles ont de bâtir « une grange cistercienne du XXIe siècle ».
Le bâtiment qu'elles veulent construire leur permettra, à leurs dires, de quintupler leur production en accueillant vingt-c five vaches, une douzaine de cochons, des ateliers, une fromagerie, une charcuterie, un espace d’accueil et une salle d’exposition. Mais, comme il est situé dans le périmètre de protection du monument inscrit qu'est l'abbaye, il doit respecter l'architecture locale en utilisant des matériaux typiques : tuile, pierre, terre, bois. En 2017, la surface exploitée est de vingt-sept hectares ; en 2020, elle passe à quarante-cinq. La communauté vit de son travail agricole et des produits transformés qu'elle vend : fromages (deux tonnes et demie par an), pâtés (huit cents kilogrammes annuels), confitures (quatre tonnes par an) et farines.

L'architecture de l'abbaye est fontevriste et non cistercienne. L'église abbatiale est bardée de contreforts épais. Une file d'arcatures en plein cintre court sous le toit. Son chevet est à pans coupés et est également flanqué de contreforts. Tout comme le clocher carré, la nef, romane dans sa base, comprend trois travées de voûtes gothiques et deux travées Renaissance. Des fresques du XIVe siècle couvrent les voûtes du chœur et de la travée suivante.
2000-2012 : Sœur M. ↑ Quentin Marais, « Gers. Jacques Dubourg, Les abbayes de Midi-Pyrénées, Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, coll. « Passé Simple », 2009, 192 p. Emmanuelle Desjobert, « Boulaur », dans Nathalie de Kaniv et François You, L'écologie intégrale au cœur des monastères, Parole et Silence, novembre 2019, 279 p. Sommaire [Afficher]1. Que du beau monde 👑2. Le « Bon Lieu » 🌳3. Ça s’en va et ça revient 🔄4. Mais oui c’est Clair(e) ☀️5. L’amour est dans le pré 🐮6. Abbaye de Boulaur : et aujourd’hui ? ⛪7. Des pierres chargées d’histoires ⏳8. « Attention Chantier 🚧 ! » à l’abbaye de Boulaur9. En odeur de Sainteté 🌸10. Les moniales des Neiges 🏔11. Découvrez les produits de l’abbaye de Boulaur 👇
L’abbaye Sainte-Marie de Boulaur est une abbaye cistercienne française située dans le Gers. Implantée dans le Gers depuis 1142, l’abbaye a connu quelques péripéties au fil du temps. L’abbaye de Boulaur fut fondée en 1142 dans le Gers par Pétronille de Chemillé, abbesse de Fontevraud. À l’époque, Fontevraud est l’une des plus grandes cités monastiques d’Europe et a pour vocation de n’accueillir que des jeunes filles nobles. Parmi les fondateurs de Boulaur, on compte ainsi un archevêque et un comte, et la première abbesse est une comtesse devenue veuve. Les sœurs se nourrissent et fabriquent une variété de produits grâce à leur élevage et leur potager.
Aujourd’hui, les 24 sœurs de Boulaur suivent la règle de Saint Benoît « prière et travail ». Elles prient sept fois par jour et vivent principalement de leur petite ferme agricole. Côté architecture, il ne subsiste de l’église primitive de Boulaur que certains murs et une porte romane; le cloître date de la fin du XIIIe siècle et fut remanié au XVIIe siècle. La statue d’une Vierge à l’Enfant, datée fin XIIIe - début XIVe siècle, est conservée au cloître. En 2022, huit sœurs ont rejoint une nouvelle fondation à l’abbaye Notre-Dame des Neiges en Ardèche, et plusieurs postulantes ont été accueillies dans l’année suivante.

Au marché de Samatan, le stand des religieuses attire par leurs pâtés, fromages et confitures biologiques et monastiques, présentés une fois par mois entre la bouchère et le vendeur de sacs. Le stand invite les visiteurs à découvrir les fresques du XIVe siècle et les bâtiments XVIIIe siècle lors des visites. Le Saint-Germier, fromage local, est désormais en concurrence avec la Brouette, fruit de l’évolution des produits fermiers de l’abbaye. La production artisanale comprend fromage au lait cru, pâtés, confitures et farines, dans le cadre de la transformation des produits issus de l’exploitation. Le site offre aussi des retraites et une hôtellerie monastique pour les visiteurs en quête de paix et de silence.
Le marché de Samatan est décrit comme un lieu de rencontre avec les gens, où les sœurs expliquent leur vocation et présentent leurs produits. Sur place, l’accueil et les offices chantés en grégorien ajoutent une dimension spirituelle à la visite. Pour les gourmands, les produits monastiques constituent une expérience culinaire locale et authentique; les fromages et confitures sont disponibles aussi au Carrefour Market de Gimont et dans la boutique de l’abbaye, sans boutique en ligne.
Les sœurs envisagent la continuation de leur travail selon la règle bénédictine et poursuivent l’expansion de leur domaine agricole, tout en préservant le patrimoine architectural et religieux du lieu.
| Année | Événement | Impact |
|---|---|---|
| 1142 | Fondation par Pétronille de Chemillé | Départ fondateur et naissance de l’abbaye |
| 1949 | Rachat par des moniales bénédictines | Début de la vie cistercienne |
| 1990 | Érigée en abbaye | Expansion et autonomie |
| 1998 | Essaimage vers Rieunette | Expansion monastique |
| 2020 | Surface exploitable 45 ha | Augmentation de la production agricole |
En bref, Boulaur combine une histoire millénaire avec une activité agricole moderne et un engagement écologique fort, tout en restant fidèle à une spiritualité de prière et de travail dans l’esprit bénédictin et cistercien.