Deuxième voyage du capitaine Cook : entre découverte scientifique et quête d’un continent australis

Au cours du XVIIIe siècle, deux navigateurs anglais mènent des explorations majeures dans l’océan Indien et le Pacifique. Le premier voyage de James Cook, entrepris à bord de l’Endeavour entre 1768 et 1771, est officiellement scientifique mais masque un objectif secret : retrouver la Terra Australis Incognita. Cook, né en 1728 dans le Yorkshire, s’impose comme un cartographe méticuleux et un chef d’expédition soucieux de la santé de son équipage. Avec l’aide d’un Tahitien, Tupaia, il explore Tahiti puis remonte vers le sud en direction de la Nouvelle-Zélande et de la côte est de l’Australie.

Le transit de Vénus observé le 3 juin 1769 constitue la première étape de cette mission, une opération scientifique qui sert aussi de couverture pour la véritable quête vers le continent austral. Après Tahiti, Cook atteint Poverty Bay en Nouvelle-Zélande le 6 octobre 1769 et devient le premier Européen à visiter cet archipel, déclarant possession britannique l’est de l’île. Le voyage continue avec une exploration des terres nouvellement cartographiées et une tentative de localisation d’un continent méridional, sans succès pour ce premier périple.

La fin du premier voyage voit une tournée vers l’Angleterre via la Nouvelle-Guinée, Java et le cap de Bonne-Espérance. Cook obtient des distinctions comme la Médaille Copley pour la préservation de la santé de l’équipage, malgré un bilan qui n’apporte pas la preuve de l’existence d’un continent au sud du Pacifique. Le regard scientifique et cartographique de Cook s’affirme néanmoins : il devient le premier Européen à cartographier de nombreuses régions du Pacifique et à démontrer que la Nouvelle-Zélande n’est pas rattachée à l’Australie.

Carte des routes de Cook: premier voyage en rouge, deuxième voyage en vert, troisième voyage en bleu

À la suite du premier voyage, l’Amirauté britannique décide d’un second périple, confié à Cook en tant que commandant du Resolution et à Tobias Furneaux pour l’Adventure. Le second voyage, lancé en juillet 1772, vise explicitement à prouver ou réfuter Terra Australis Incognita. Les deux navires franchissent l’Atlantique Sud et affrontent des conditions difficiles qui les conduisent vers les glaces des mers australes où Cook devient le premier à franchir le cercle antarctique en janvier 1773, atteignant 71° S et accumulant des observations scientifiques précieuses telles que l’étude de la salinité de la glace de mer.

Les navires poursuivent leur route vers l’est, vers les îles Kerguelen et au-delà, tout en cherchant une masse terrestre au sud. Le 17 janvier 1773, ils franchissent le cercle antarctique et atteignent des latitudes jamais atteintes auparavant par des Européens. Malgré ces avancées, l’expédition ne parvient pas à démontrer l’existence d’un continent austral et Cook préfère retourner vers le Pacifique en s’arrêtant en Nouvelle-Zélande et en explorant des terres comme la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud.

Lors du trajet de retour vers l’Angleterre, Cook longe la Géorgie du Sud et reste la figure centrale d’une exploration océanique qui a profondément élargi les connaissances européennes sur le vivant et les géographies polaires. À son retour, en juillet 1775, le deuxième voyage prend fin et la notion de Terra Australis Incognita s’estompe durablement. Cook est alors confronté à un bilan qui montre l’impossibilité de localiser un continent méridional de la taille de l’Europe, alors que l’Antarctique demeure une terre de mystère jusqu’au XIXe siècle.

Par ailleurs, le navigateur français Yves Joseph de Kerguelen poursuit un objectif similaire et atteint les îles qui portent aujourd’hui son nom dans l’océan Indien. Ses tentatives, marquées par des conditions défavorables et un aperçu initial d’une terre glaciaire ressurgissant, ne mènent pas à une découverte durable. Les expéditions de Cook se distinguent par leurs contributions scientifiques et environnementales : cartographie précise des côtes, découvertes d’îles et observation d’immenses colonies de phoques dans les îles Sandwich et Georgie du Sud.

Diagramme des trois voyages de Cook et trajectoires: Rouge (1er voyage), Vert (2e voyage), Bleu (3e voyage)

Les ouvrages modernes soulignent que les découvertes de Cook, notamment la descente jusqu’au sud extrême et l’établissement d’un réseau de connexions avec les populations locales, ont eu une influence durable sur l’histoire maritime et les rapports entre Européens et populations du Pacifique, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Ses missions ont aussi alimenté les débats sur l’impérialisme et le colonialisme, dont les répercussions sur les cultures autochtones du Pacifique persistent. Dans le récit historique, Cook demeure une figure centrale, non seulement pour son rôle de cartographe et d’explorateur, mais aussi pour son influence sur les perceptions européennes des régions australes et subantarctiques jusqu’au XIXe siècle.

Les destinations emblématiques liées à Cook, comme la Nouvelle-Zélande, la côte est de l’Australie et les îles subantarctiques, marquent durablement les trajets maritimes et les recherches scientifiques de l’époque. Cook fut l’un des précurseurs de la gloire de la marine britannique, et son travail, soutenu par la Royal Society et la Royal Navy, démontre que l’exploration du Pacifique pouvait s’allier à la rigueur scientifique et à la préservation de l’équipage, notamment par l’introduction d’un régime alimentaire qui lutte contre le scorbut. Le récit des voyages de Cook, mêlant découvertes, cartographie et enjeux géopolitiques, demeure l’un des piliers de l’histoire des grandes explorations maritimes.

Infographie: Chronologie des découvertes de Cook et lieux visités

Pourquoi le capitaine Cook a fait demi-tour au bout du monde

Aujourd’hui encore, l’héritage des expéditions de Cook est sujet à discussion, tant sur le plan scientifique que politique. Le récit des expéditions met en évidence les premiers contacts avec les populations autochtones et l’impact des explorations européennes sur les sociétés rencontrées. En résumé, les voyages de Cook dans le Pacifique et dans les mers du Sud ont permis d’établir des connaissances précises sur de vastes régions, même s’ils n’ont pas conduit à la découverte définitive d’un continent austral de la taille de l’Europe.

VoyagePériodeRésultat clé
Premier voyage1768-1771Observation du transit de Vénus; localisation possible d’un continentCartographie du Pacifique; découverte/Nouvelle-Zélande et Est de l’Australie; continent non confirmé
Deuxième voyage1772-1775Recherche de Terra Australis Incognita; circonscription des mers du SudFranchissement du cercle antarctique; terre inexistante confirmée en tant que continent

En conclusion, les exploits de Cook, même s’ils n’ont pas révélé le continent mythique, ont profondément transformé la connaissance cartographique et biologique des régions polaires et océaniques. Ses découvertes, alliées à l’action des autres explorateurs comme Kerguelen, ont préparé le terrain pour les futures expéditions et pour l’expansion des échanges européens dans l’hémisphère Sud.

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