Pork-épic et chien: risques, défense et prévention face aux piquants

Les pics de porc-épic peuvent perforer la peau de votre animal et se déplacer de plus en plus profondément. De plus, comme le chien provoque avec sa gueule, cette dernière risque d’être pleine de pics, ce qui va l’empêcher de manger et même de la fermer. Au-delà de 24 heures, les pics de porc-épic ramollissent et deviennent plus longs et laborieux à extraire. Ceci nuira à leur extraction future. En les coupant, les pics deviennent moins visibles pour l’équipe vétérinaire. L’extraction étant douloureuse, votre animal pourrait se débattre. Par conséquent, le pic pourrait casser, et des débris pourraient ainsi rester pris sous la peau.

À la clinique vétérinaire, l’extraction des pics de porc-épic se fera sous sédation ou anesthésie générale, selon le temps chirurgical estimé. Votre chien a fait un face à face avec un porc-épic ? Vous en voyez rôder dans le coin et vous êtes inquiets? Voici une petite capsule qui vous donnera toutes les informations nécessaires en cas de besoin!

Contrairement à la croyance populaire, le porc-épic n’hiberne pas! Cela veut dire que votre toutou peut donc en faire la rencontre tout au long de l’année. Au printemps toutefois, le porc-épic en quête de nourriture, s’éloignera davantage de son abri. À l’automne, c’est plutôt la saison des amours et sa recherche d’un/une compagne qui le poussera à explorer davantage les environs. Soyez vigilants!

Le porc-épic est un animal pacifique qui attaque rarement ses ennemis. Toutefois, lorsqu’un indésirable s’approche trop de lui, même s’il s’agit simplement de curiosité, il réagira fortement en dressant ses pics et en fouettant de la queue afin de dissuader celui qui s’en approche. Fait à noter, le porc-épic ne peut pas lancer ses épines! Pour qu’ils atteignent la peau et s’y logent, il doit y avoir un contact entre le porc-épic et son adversaire. Ainsi, le porc-épic n’attaque pas votre chien, il se défend plutôt de sa présence un peu trop insistante.

La première, et sans doute la plus importante, est qu’il ne faut en aucun cas couper les poils de porc-épic! Chaque poil est recouvert de petits ardillons qui favorisent leur migration dans la peau et rendent leur extraction difficile. Ainsi, si vous coupez le poil, celui-ci va migrer dans la peau et nous risquons d’être incapables de le récupérer. Le poil doit donc être retiré en entier, en le saisissant fermement à sa base à l’aide d’une pince.

Lorsque l’animal est très docile et n’a que quelques poils incrustés, il est parfois possible de les retirer sans endormir l’animal, avec ou sans sédation. Il faut toutefois comprendre que cela est très douloureux pour l’animal. D’ailleurs, retirer les poils «à froid» pourrait même mener au développement d’un comportement agressif de la part de votre animal, chaque fois qu’on tente de lui manipuler la tête, par exemple. On nous dit parfois : «Si ça lui fait mal, il ne retournera pas vers le porc-épic la prochaine fois qu’il en verra un…». Malheureusement, le cerveau canin ne fonctionne pas ainsi! Le chien ne fera pas le lien entre la douleur ressentie et la rencontre avec le porc-épic. Il y a de fortes chances, par contre, qu’il fasse le lien entre la douleur et vos doigts qui arrachent les poils. C’est pour cette raison qu’il est préférable de faire cette procédure sous anesthésie générale chez votre vétérinaire. L’animal endormi, les poils pourront tous être retirés sans douleur et toute la surface de son corps sera palpée afin de s’assurer qu’aucun poil n’est oublié.

Alors voilà! Nous espérons que votre compagnon à quatre pattes ne fera pas de rencontre indésirable, mais si tel était le cas, contactez votre vétérinaire avant de poser un geste qui pourrait compliquer le rétablissement de votre animal.

Comment les porcs-épics se défendent-ils ?

Les piquants qui recouvrent son corps sont assez pointus pour percer la peau des reptiles... Voilà comment les porcs-épics se défendent en cas de danger. Pour survivre, certains animaux ont l'avantage d'avoir tout un arsenal sur le dos. C'est le cas du porc-épic : plusieurs milliers de piquants couvrent son corps. Ces poils évolués sont suffisamment pointus pour percer la peau de reptiles.

Mais tous les porcs-épics ne se ressemblent pas : il existe 29 espèces, séparées en deux familles. Les Hystricidés vivent en Afrique, en Asie et au sud de l'Europe. Eux gardent leurs piquants et leurs poils séparés. Les Éréthizontidés vivent sur le continent américain. Leurs piquants sont cachés sous leur fourrure, même si de longs poils imitent les piquants pour décourager les attaques.

Si il est menacé, un porc-épic ne va pas immédiatement recourir à ses piquants. Le porc-épic va d’abord les hérisser pour les mettre en valeur, claquer ses dents et émettre une odeur fétide. Enfin, si l'agresseur ne fuit pas malgré ces avertissements, le porc-épic passe à l'attaque. Lorsqu'une pression est exercée sur eux, les piquants se détachent à la racine, tandis que leur pointe, plus aiguisée qu'une aiguille hypodermique, s’enfonce facilement dans la peau. Et les retirer n'est pas chose facile : cette pointe est couverte de sortes d'écailles qui s’enfoncent dans la chair lorsque l'on tire dessus.

Pour cette raison, certains animaux blessés autour de la gueule risquent de mourir, faute de pouvoir se nourrir. Mais même si les piquants peuvent infliger des blessures redoutables, celles-ci s'infectent rarement : ils sont couverts d'une substance qui fonctionne comme un antiseptique naturel. On peine à croire que le porc-épic, pourvu des plus longs piquants de tous les animaux terrestres, est un cousin de la souris. Et pourtant, le mammifère fait lui aussi partie des rongeurs. Les Hystricinés arborent un corps massif, une tête large, un museau aplati, des petits yeux, des oreilles arrondies couvertes de poils et une mâchoire puissante dotée de grandes incisives. Leurs pattes courtes et arquées possèdent de longues griffes recourbées. Leurs dos, croupe et flancs s’habillent de piquants à bandes noires et blanchâtres dont la longueur peut atteindre 50 cm. Les pointes situées sur la queue se parent à leur extrémité de capsules creuses (appelées sonnettes) qui peuvent tinter en cas de danger. Le museau, les pattes et le ventre du porc-épic sont dépourvus de piquants. Un porc-épic possède jusqu’à 30 000 piquants aux pointes aiguisées. Le ventre, recouvert uniquement de soies raides, constitue le point faible de l’animal lors d’une agression. La stratégie de défense du rongeur s’appuie d’abord sur un effet dissuasif avec l’érection de la crinière située sur le haut du crâne. Si l'intrus insiste, le porc-épic pousse des grognements, gratte le sol, fait tinter sa queue et passe à l’attaque. Son dos et sa croupe étant les plus piquants, l’animal se déplace à reculons ou latéralement, en présentant son postérieur puis il dégaine sa queue épineuse. Les longues pointes, qui se détachent facilement, pénètrent alors dans la peau de l’adversaire.

Essentiellement terrestre, le porc-épic de l'Ancien Monde peuple les forêts, les steppes et les déserts d'Afrique ou d'Asie ainsi que le sud de l'Italie où il a été introduit par les Romains. On le rencontre aussi en Albanie et en Grèce. En journée, l’animal nocturne se réfugie dans la vaste chambre intérieure d’un profond terrier - abandonné ou creusé - pourvu d’un long tunnel et de sorties multiples. Le porc-épic est un végétarien qui se nourrit de baies, de racines, de bulbes, de tubercules, de feuilles, d’écorce d'arbres, de bourgeons, de menus branchages, de pousses ainsi que de fruits mûrs trouvés au sol. À proximité d’un champ cultivé, il peut aussi consommer des pommes de terre ou du maïs.

Une habitude alimentaire du mammifère consiste à ronger des ossements d’animaux morts et les bois des cervidés tombés à l’automne qui lui apportent les sels minéraux dont il a besoin. La femelle porc-épic peut avoir jusqu'à 3 portées par an. Pendant la parade nuptiale, elle prend l’initiative en suivant le mâle qu’elle a choisi. Puis les deux se lèvent et se tiennent sur leurs pattes arrière pour s’enlacer, se lécher mutuellement et dodeliner ensemble. Cette danse amoureuse s’accompagne de jets d’urine. Au terme d’une gestation de 90 à 110 jours, 1 à 2 petits viennent au monde dans une chambre tapissée d'herbes et nichée au fond du terrier familial. Les porcs-épics naissent bien formés, les yeux ouverts et revêtus de piquants mous qui vont durcir et se dresser dans les 3 jours suivant la mise bas. Les nouveaux-nés peuvent commencer une alimentation plus solide au bout de 7 à 10 jours, mais continuent à téter pendant 4 à 5 mois. Élevés en colonie, les jeunes font l'objet de soins attentifs de la part de tous les adultes, y compris du père qui guette l’éventuelle apparition de prédateurs.

Classé en catégorie “Préoccupation mineure” par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le porc-épic n’est pas considéré comme une espèce menacée. Cet animal assez commun sur son aire de répartition peut vivre jusqu’à 15 ans. Parmi ses prédateurs, qui varient selon sa distribution, on peut citer le lion de montagne, le léopard, l’hyène, le coyote, le couguar, le lynx roux, le renard, le loup ou encore l’ours. Au terme d’un épineux combat, le vainqueur n’est pas toujours celui qu’on croit. En Afrique, il arrive souvent que de jeunes lions inexpérimentés soient contraints d’abandonner la bataille à la suite de blessures. Les anciens sont plus rarement touchés car ils ont la sagesse de capituler avant de se faire empaler !

Illustration: schéma défensive du porc-épic et répartition des piquants

Le Jour où Tous les Prédateurs Ont Peur d'un Porc épic

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