Musée de la Canne à Sucre Martinique: mémoire et transformation d’une économie

La culture de la canne à sucre est intimement liée à une phase sombre de l’histoire de France, celle de l’esclavage. Bien qu’il ait été aboli par la convention en 1794, il fut rétabli par Napoléon en 1802 dans les Antilles françaises. Il faudra attendre 1848 pour qu’il soit de nouveau interdit. Les colons avaient construit les habitations où ils cultivaient et transformaient les produits agricoles comme le café, le cacao et surtout la canne à sucre. Sur la même commune, le domaine de la Pagerie en est un témoignage.

Le musée leur consacre donc une grande exposition au cœur de l’histoire de la canne à sucre à La Martinique. Le rez-de-chaussée abrite également des collections temporaires sur de nombreux thèmes différents. Le petit musée situé dans l’ancien site industriel retrace les commencements de la production sucrière au XVIIe siècle et l’esclavage intimement lié au fonctionnement des domaines et distilleries, tout en présentant les techniques contemporaines de production de sucre et de rhum.

Dans la Maison de la Canne, installée dans l’ancienne distillerie de Vatable, aux Trois-Îlets, la visite transporte presque quatre siècles en arrière. D’anciennes machines et outils, des maquettes, des photos et des panneaux explicatifs composent le musée. Une vieille locomotive à vapeur - utilisée au XIXe siècle pour transporter la canne à sucre - est notamment exposée sur le site, dans le jardin.

Locomotive à vapeur et outils anciens sur le domaine

La présentation permanente s’intitule « Une Terre, une Plante, un Peuple ». Impossible d’évoquer l’histoire de la canne à sucre sans raconter également l’histoire de l’esclavage en Martinique. Les bateaux ramenaient d’Afrique les esclaves destinés à travailler dur pour la récolte. Il fallait satisfaire une demande toujours plus abondante de sucre ou de rhum en métropole. La Maison de la Canne vous montre aussi comment la soudaine concurrence du sucre de betterave produit en métropole, du sucre des nouvelles colonies d’Asie et d’Afrique, l’apparition au milieu du XIXe siècle des premières machines à vapeur, et la fin de l’esclavage proclamée en 1848, ont profondément bouleversé l’économie sucrière martiniquaise.

Au rez-de-chaussée, les visiteurs découvrent l’introduction de la canne à sucre en Martinique, puis la rude condition des esclaves, la structure et le fonctionnement des « habitations ». Vient ensuite l’abolition de l’esclavage en 1848, avec le besoin de restructuration qui s’ensuivit. L’industrialisation s’est imposée, les exploitants se sont regroupés pour créer une unité industrielle.

Au premier étage du bâtiment, vous allez voir comment le rhum est distillé. Il peut être produit à partir de la canne à sucre directement, ou à partir de la mélasse du sucre. L’histoire montre aussi comment la canne a bouleversé la vie des jeunes colonies antillaises et pourquoi les habitations ont évolué vers des « usines centrales » équipées de matériel moderne pour traiter de grandes quantités de canne.

À l’extérieur, au gré de votre promenade, laissez-vous surprendre par de vieilles locomotives. Les voies ferrées s’étendent sur plusieurs dizaines de kilomètres et ces réseaux locaux, installés vers 1870, ont été à l’origine du développement de cette industrie. La montée en puissance des grandes unités industrielles explique pourquoi, progressivement, les habitations ont cédé la place à des usines, et pourquoi plus d’une dizaine d’usines furent bâties aux Antilles françaises.

La Maison de la Canne propose également des activités pour les familles et les enfants. Une installation est dédiée aux enfants de 3 à 6 ans, et une chasse au trésor est organisée pour les 6 à 14 ans avec ou sans les parents. L’activité coûte 8 euros par adulte et 4 euros par enfant. Des départs en train, « Flèchkann », offrent un parcours de 6,5 km à travers le domaine, la plaine et la forêt, et permettent de découvrir les aspects historiques et paysagers du site.

Les visites se déroulent de 9h à 17h, avec des amplitudes variables selon les jours. La Maison est fermée le lundi et les jours fériés. L’entrée coûte 15 euros pour les adultes et 10 euros pour les enfants, avec des tarifs réduits pour les familles. La visite guidée couvre l’espace patrimoine, la transformation de la canne, et des reproductions d’anciennes cases, avant un parcours découverte dans un champ de canne à sucre.

Parcours de visite et anciennes installations dans le domaine

La Maison de la Canne se situe à Pointe Vatable, aux Trois-Îlets, bien visible et indiquée depuis la route D7. Le site, déployé sur deux hectares, est devenu musée régional de la canne après la fermeture de l’usine en 1962. Aujourd’hui, la propriété offre de magnifiques lieux de promenade et des bâtiments historiques, ainsi qu’une exposition permanente et temporaire sur deux étages.

En dehors de la Martinique, vous pouvez envisager des visites similaires en Guadeloupe, où le musée de la canne à sucre témoigne de l’identité guadeloupéenne et de l’histoire économique liée à la culture de la canne. Le musée guadeloupéen est situé au nord de Grande-Terre, dans le quartier Beauport, et rappelle les débuts de la production sucrière, les transitions industrielles et les enjeux historiques propres à cette île voisine.

Vidéo Prestation Maison de la Canne

La culture de la canne à sucre fait partie intégrante de l'histoire et de la vie de la Martinique. La Maison de la Canne est un petit musée qui raconte les commencements de la production sucrière au XVIIe siècle et l’esclavage lié au fonctionnement des domaines et distilleries, tout en présentant les techniques contemporaines de production de sucre et de rhum. C’est une sortie culturelle et une promenade agréable, surtout lorsque l’on combine l’Histoire, le paysage et les témoignages sonores et visuels qui animent l’espace.

Infos pratiques et contexte éditorial

  • Ouvert du mardi au jeudi 08h30-17h30, vendredi et samedi 08h30-17h00, dimanche 09h00-17h00.
  • Tarifs: adultes 15 euros, enfants 10 euros, gratuité moins de 4 ans. Tarifs réduits pour les familles.
  • Accès facile depuis la route D7; deux hectares de terrain avec bâtiments historiques et jardins.
  • Horaires et activités peuvent varier; renseignez-vous sur place ou auprès des partenaires locaux pour les visites et les parcours spécifiques.

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