La confiture est traditionnellement composée de fruits et de sucre, mais la mention « sans sucres ajoutés » suscite un intérêt particulier chez les consommateurs soucieux de leur santé. Ce qualificatif est apposé sur certaines références dont celle de Lucien Georgelin, qui propose une préparation de fruits utilisant des fibres végétales solubles pour remplacer le sucre tout en conservant l’arôme naturel des fruits.
Composition et ingrédients de la confiture Lucien Georgelin sans sucres ajoutés
La préparation de Lucien Georgelin est constituée à hauteur de 65 g de fraises par 100 g de produit fini. Elle intègre également 45,1 g de fibres végétales solubles, un gélifiant à base de pectines, ainsi que du jus de citron concentré. Ces fibres utilisées ne sont pas précisées sur l’étiquette et restent un « ingrédient secret » selon le fabricant, ce qui pose un problème de transparence pour le consommateur.
Ces fibres solubles proviennent probablement de sources comme la chicorée, l’agave, le blé, le maïs ou le tapioca, similaires à celles utilisées dans d’autres produits agroalimentaires. Elles permettent d’exalter le sucre naturellement contenu dans les fruits et d’abaisser l’indice glycémique de la préparation.
Nutri-Score et statut d’aliment ultratransformé
Grâce à la substitution du sucre par des fibres végétales, la confiture Lucien Georgelin bénéficie d’un Nutri-Score B bas sur le nouvel algorithme, signe d’une meilleure qualité nutritionnelle par rapport à une confiture classique. Ce Nutri-Score valorise notamment la réduction du sucre ajouté et l’enrichissement en fibres.
Cependant, malgré cette amélioration apparente, cette confiture est classée parmi les aliments ultratransformés. Contrairement à la confiture traditionnelle à la recette simple composée uniquement de fruits et de sucre, les ingrédients fonctionnels comme les fibres végétales solubles ajoutées la font entrer dans une catégorie d’aliments dont la consommation est recommandée d’être limitée à cause d’éventuels effets négatifs sur la santé.
Problèmes d’étiquetage et teneur en sucre réelle
L’étiquetage de la confiture Lucien Georgelin présente certaines non-conformités. La proportion exacte des fibres végétales n’est pas clairement définie en nom spécifique comme l’exige la réglementation. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) rappelle que, en l’absence de dénomination légale ou usuelle, un nom descriptif doit être utilisé pour les ingrédients.
De plus, selon des analyses effectuées sur deux lots différents, la teneur totale en sucre mesurée est en moyenne de 30 g pour 100 g, alors que l’étiquette annonce 21,7 g - un écart supérieur à la marge d’erreur légale tolérée. Puisque les fraises ne fournissent naturellement que 3 à 5 g de sucre pour 100 g, cette différence provient probablement des fibres solubles ou d’autres composants non détaillés. Ces écarts soulignent une problématique de précision dans l’information au consommateur et remettent en question la conformité de l’étiquetage.
Comparaison avec une autre référence sans sucres ajoutés
Parmi les confitures sans sucres ajoutés, la marque Gerblé propose également une préparation aux fraises. Cette dernière affiche un Nutri-Score A et revendique une teneur énergétique réduite de 64 % ainsi qu’une réduction de 89 % de sucres comparé à une confiture classique. Néanmoins, cette substitution du sucre s’effectue au moyen d’édulcorants de synthèse tels que le sucralose et le maltitol, ainsi que de fibres végétales (dextrine de blé).
Le sucralose (additif E955), puissant édulcorant environ 600 fois plus sucré que le sucre, est suspecté d’effets délétères sur la flore intestinale, de perturbations métaboliques, de risque accru de diabète et de troubles cardiovasculaires, en plus d’être suspecté cancérogène. Il est classé « peu recommandable » dans les évaluations des additifs.
Le maltitol (additif E965), édulcorant au pouvoir sucrant équivalent au sucre mais sans effet cariogène, est tolérable mais peut causer des troubles digestifs (diarrhées, ballonnements) en cas de consommation excessive. Lorsque la proportion dépasse 10 %, une mention sanitaire est obligatoire. Dans le cas de Gerblé, la teneur en maltitol est de 5,5 g/100 g, ce qui est sous ce seuil.
En résumé, contrairement à la recette de Lucien Georgelin qui mise sur les fibres, la recette Gerblé utilise des additifs controversés, ce qui soulève des questions quant à la qualité et aux effets potentiels de ces produits sur la santé.
Histoire et valeurs de la marque Lucien Georgelin
Lucien Georgelin est un confiturier expérimenté avec plus de 40 ans dans le métier. L’entreprise a débuté en 1982 dans un petit atelier avec des méthodes traditionnelles comme la cuisson lente au chaudron de cuivre, inspirée des recettes familiales. Malgré la diversification des activités, les valeurs fondatrices de naturel et de qualité sont restées au cœur de la production.
La gamme de préparations de fruits sans sucres ajoutés est née d’une volonté de répondre aux attentes des consommateurs désireux de « manger mieux mais manger bon ». Les recettes allient cuisson traditionnelle au chaudron et l’intégration d’ingrédients innovants comme les fibres naturelles solubles.
Les enjeux sanitaires liés aux confitures sans sucres ajoutés
Une consommation excessive de sucre est bien connue pour entraîner prise de poids et caries dentaires. Le retrait du sucre de la recette présente donc un intérêt. Mais son remplacement par des fibres ou des édulcorants entraîne l’ultratransformation du produit, à laquelle les autorités de santé recommandent d’être vigilant.
Par ailleurs, l’impact sanitaire des fibres ajoutées n’est pas encore clairement établi. La DGCCRF ne s’est pas prononcée sur leur bénéfice, soulignant la nécessité d’une réglementation stricte sur l’étiquetage pour assurer la transparence.
Au final, ces préparations innovantes offrent une alternative aux confitures classiques en réduisant le sucre ajouté et en améliorant le profil nutritionnel sur le papier, mais elles restent à considérer comme des aliments ultratransformés, dont la consommation doit être modérée.

