Les pépites tech de Rennes et l’actualité des startups en Ille-et-Vilaine

L’Ille-et-Vilaine n’a pas attendu la French Tech pour écrire son histoire d’innovation. Tout commence dans les années 70 avec une décision stratégique : l’implantation à Rennes du centre de R&D de France Télécom, futur Orange. Autour de ce noyau technologique, un écosystème s’est construit, étape par étape, telle une mécanique bien huilée. Les compétences historiques, avec en tête le traitement du signal, la cybersécurité et l’IoT, ont trouvé de nouveaux terrains de jeu : la collaboration avec Klaxoon, la disruption de l’assurance avec Leocare, la modernisation du lien intergénérationnel avec Famileo, ou encore la transition écologique avec Circul’Egg. D’une décennie à l’autre, le scénario se répète : un socle public et académique solide attire les talents, les startups émergent, les investisseurs détectent et supportent certains élans. Cela fait maintenant 12 ans que le label French Tech est venu poser son estampille sur cet écosystème en Ille-et-Vilaine. Avoir le privilège de laccompagner nous rappelle tous les jours que les enjeux géopolitiques de la tech se dessinent également au quotidien sur le terrain, là où se jouent de vraies positions : par des choix locaux, des collaborations concrètes, et une vision inclusive de l’innovation.

Tour d’horizon des enjeux en 2026

Alors, que raconte l’écosystème aujourd’hui ? Partons pour un rapide tour d’horizon des enjeux en 2026. Pourtant, l’écosystème bretillien a tenu bon. Les promos d’incubation font le plein, et 54 nouvelles entreprises ont rejoint le mapping, dont 38 créées il y a moins de 2 ans. Alors que les levées de fonds françaises reculaient de 5 % (7,4 milliards d’euros selon EY), le territoire a connu une correction plus marquée : après un pic à 234 millions en 2024 (+96 %), les investissements ont chuté de 49 % en 2025 (118 millions). Mais derrière ces chiffres, une réalité plus nuancée se dessine. Dans le même temps, 57 entreprises ont quitté le mapping (même chiffre qu’en 2025), principalement dans la santé et le numérique. Certaines scaleups ont dû se réinventer, réduisant la voilure ou changeant de cap, des choix difficiles qui semblent avoir porté leurs fruits (Leocare, Anozr Way, Steeple). Un mouvement de consolidation bien visible dans les 7 exits de l’année (avec Secure-IC, Klaxoon, Energiency, Heyliot, Sekost, Malizen et Gigz), mais aussi dans les restructurations qui ont touché des acteurs prometteurs. Au-delà des filières d’excellence (de l’industrie spatiale à la santé connectée), une récente étude menée avec 2050Analytics révèle une autre particularité du territoire : sa capacité à intégrer les enjeux de transition mieux que la moyenne nationale. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 52 % des startups locales affichent une démarche RSE (contre 38 % au national), et 74 % des startups à impact ont des initiatives concrètes en sobriété numérique, économie circulaire ou biodiversité. En 2026, certaines startups ont franchi le cap du million d’euros de CA, comme Jarvi ou Alcyconie. Glimps, de son côté, a assumé son ambition : devenir une solution souveraine européenne, bien au-delà d’une simple brique technologique. D’autres, ont fait le choix de la croissance externe et ont acquis des boîtes, le cas d’Ubiflow, Aghadoe, ou encore Fruggr. Nous avons aussi assisté à des changements de dimension, le cas notamment de Deneo et Daspren, dans la santé, qui ont signé des contrats majeurs avec des acteurs comme Orange Cyberdéfense, prouvant qu’on peut allier innovation et scalabilité. Ce qui marque, c’est le nombre d’entreprises qui ont trouvé leur marché : 14 startups comme Maestro, AgWi ou RetroPac ont passé ce cap crucial entre création et développement.

En 2025, Lizia a fêté ses 3 ans avec un CA multiplié par 4 (3 millions d’euros), 500 magasins partenaires et 100 000 unités vendues, un bel équilibre entre B2C et B2B, avec des partenariats chez Cultura, FNAC et Nature & Découvertes. Globe For You, de son côté, a levé 1,1 million d’euros (dont 600 000 € de business angels bretons) et vise l’Europe du Nord d’ici 2027, avec un nouveau site de production à Saint-Malo. Sans oublier Skyld, la Deeptech qui sécurise les algorithmes d’IA embarquées, primée par Le Point et soutenue par 1,5 million d’euros de levée. Derrière ces réussites, une tendance plus large se dessine, celle d’une nouvelle génération d’entrepreneurs acculturés à l’IA. Certains projets early suivis nous montrent que des changements profonds s’opèrent. Une nouvelle façon d’entreprendre se dessine. Le risque que l’on peut entrevoir ? Croire qu’un bon prompt suffit à valider un marché. L’IA : entre accélération et défis concrets 2025 a marqué un tournant pour l’IA chez les entrepreneurs. La curiosité laisse place à une volonté de stratégie IA structurée, articulée autour de trois enjeux clés : la gouvernance, l’intégration dans les process, et l’IA embarquée dans les produits. Concrètement, où en est-on ? Les usages prioritaires se concentrent sur l’automatisation du business dev, l’hyperpersonnalisation marketing, et la génération de code. Des entreprises comme Maestro (qui a rapidement pris le virage pour la productivité de ses équipes sales et product management avec l’IA) montrent comment l’IA s’impose comme un levier de performance. Anozr Way a même décuplé les capacités techniques de son produit, notamment dans l’investigation, grâce à l’IA agentique, tandis qu’Ubiflow automatise la relation client avec des agents ultra-précis. Mais les obstacles persistent. Manque de compétences, difficulté à mesurer le ROI, et dette technique freinent encore l’adoption. Et puis, il y a les enjeux sociétaux : l’IA ne se résume pas à un outil, elle redessine les organisations, les métiers, et les compétences.

La Cyber arrive à maturité Rennes est une place forte historique de la cybersécurité, avec un écosystème soutenu par l’ANSSI, la DGA, et des acteurs académiques majeurs. Les années 2020 ont vu éclore des pépites comme Malizen, Anozr Way ou Ornisec, accompagnées par Cyber Booster. Un défi qui se renforce depuis deux ans, avec un flux de projets cyber en ralentissement. Face à cette tendance, et avec l’essor de l’IA, Le Poool lance une action majeure pour stimuler l’entrepreneuriat IA & Cyber. Label4AI, la pépite montante spécialisée dans la détection de deepfakes, a d’ailleurs marqué les esprits en remportant deux prix au FIC (Forum InCyber).

L’industrie innovante et le spatial en plein essor

L’industrie innovante est devenue une réalité En 12 ans, nous sommes passés d’une vision numérique de l’innovation à une vision qui intègre l’industrie. Et pas n’importe quelle industrie, une industrie fortement innovante. De Cailabs à Agriloops, en passant par Sweetch Energy, Ostrea et Aisprid, 2025 a été celle des ouvertures d’usines. Ces startups industrielles illustrent une dynamique claire : la Bretagne réinvente son industrie, avec des projets concrets comme l’usine spatiale de Cailabs ou les robots autonomes d’effeuillage de plants de fruits et légumes d’Aisprid. Ajoutons à cela deux autres actualités importantes. La 1ère, celle de l’ouverture du Bâtiment 78 à la Janais qui affiche un nouveau lieu totem pour l’innovation industrielle. La 2nde, une extension géographique de l’écosystème industriel. Oui, Vitré Communauté réaffirme sa place forte dans le paysage industriel en officialisant un partenariat avec Le Poool, et signe un projet ambitieux qui réunira étudiants, startups et projets industriels innovants, au cœur d’un ancien bâtiment réhabilité.

Le spatial : un écosystème en orbite Le NewSpace breton est bien là. Avec des acteurs comme Unseenlabs (satellites pour l’analyse des ondes électromagnétiques), Cailabs (usine spatiale rennaise), Halcyon performance (conception de matériaux) ou encore OsmosX (solutions satellitaires), le territoire se positionne comme un hub majeur du spatial français. LePoool est d’ailleurs membre fondateur de l’incubateur ESA BIC Nord, un accélérateur clé pour les startups spatiales, en lien avec le CNES, l’ESA et les grands comptes du secteur. La Région mise clairement sur ce secteur, avec des initiatives comme le réseau IRISPACE, qui structure la filière de la donnée satellitaire.

Deeptech : quand la recherche rencontre l’entrepreneuriat En Ille-et-Vilaine, 16,4 % des startups innovantes sont des deeptech. Un chiffre qui reflète l’ancrage profond de cette innovation de rupture dans le territoire. Avec 50 startups accompagnées, dont 15 issues directement de la recherche académique, la Bretagne prouve sa capacité à transformer des idées de labo en business. Pourtant, les défis restent de taille : passage à l’échelle, besoin de financements, et structuration de champions capables de rivaliser mondialement. On le sait, l’innovation ne se décrète pas, elle se construit… collectivement. D’abord, les scaleups qui ont réussi. Des entreprises comme IDnow, Hellowork, Secure-IC, ou encore Swile et CleverCloud venues d’autres territoires, ne se contentent pas de grandir : elles redonnent. Ensuite, les grands groupes. Orange, avec son programme pour les femmes entrepreneures, ou EDF, Thales, Enedis, des partenaires historiques qui misent sur l’innovation ouverte. Mais aussi des acteurs locaux comme Roullier ou Lacroix, dont les filiales bretonnes s’impliquent dans la formation, l’accès aux données, ou le co-développement de solutions. Enfin, les experts. GBA, le groupe Vidon, Geirec et d’autres cabinets ne sont pas de simples prestataires, ils interviennent à des moment clés auprès des porteurs de projets. Résultat ? Un réseau de + de 250 structures où chaque acteur, à sa manière, contribue à l’écosystème. Les scaleups mentorent, les grands groupes ouvrent des portes, les experts désamorcent les pièges.

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Les startups de la French Tech Rennes - St Malo et les chiffres

Les startups de la French Tech Rennes - St Malo continuent de résister à la crise : 18 d’entre elles ont levé plus de 204 millions d’euros en 2021. En 2020, 31 startups avaient levé plus de 80 millions d’euros. La vitalité de la French Tech est indéniable, avec un nombre d’entreprises dont la croissance et la contribution à l’économie française sont significatives. En 2021, les startups de la FinTech figurent en tête avec plus de 118 millions d’euros de levées de fonds. Leocare (Rennes Métropole) qui développe des solutions d’assurance communautaire et services associés fondés et ajustés selon les usages des biens et équipements assurés et le comportement de l’assuré, réalise la levée de fonds la plus importante de l’année, avec 118 millions d’euros. Sweetch Energy (Rennes) : spécialisée dans les nanotechnologies, la startup rennaise produit de l’électricité à partir d’eau et de sel pour fournir des énergies propres et respectueuses de l’environnement. Demeta (Rennes) : cette startup de chimie verte, qui développe et conçoit des produits chimiques de spécialité et de polymères de haute technicité, a levé 2,4 millions d’euros en 2021. Purecontrol (Cesson-Sévigné) a développé un serveur industriel pour analyser les données, améliorer l’efficacité des systèmes de régulation (chauffage, climatisations, etc.) et optimiser les ressources, annonce sa première levée de fonds, pour un montant de 1,7 millions d’euros en 2021. See You Sun (Chantepie), startup qui conçoit des solutions clé-en-main de recharge électrique et de production d’énergie renouvelable, a levé 12 millions d’euros en 2021.

La Bretagne se positionne depuis plusieurs années comme l’une des régions françaises les plus avancées dans l’offre de solutions pour parer la multiplication des cyber-attaques. Yes We Hack est la première plateforme européenne de Bug Bounty et de VDP, qui connecte plus de 24 000 experts en cybersécurité répartis dans 170 pays et des organisations de toutes tailles et de tous secteurs pour rechercher les vulnérabilités de leurs sites web, applications mobiles, infrastructures et objets connectés, et sécuriser leurs périmètres exposés. Glimps développe et commercialise une solution qui détecte, analyse et attribue les attaques informatiques via une technologie à base d’intelligence artificielle pour les particuliers, les entreprises et les administrations. La Bretagne est la première région agricole française et la première région agroalimentaire européenne. Pour accompagner le dynamisme de cet écosystème et rester à la pointe de la technologie, de nombreuses startups innovent. One Wave, qui a développé une carte unique connectée et sécurisée rassemblant l’ensemble des cartes personnelles utilisées au quotidien (paiement, transport, fidélité…) a levé 600 000 euros. Sodira Connect, fournisseur de solutions Edge Computing, pour l’IoT et le Content Management, a levé 450 000 euros. La Bretagne est la 3e région HealthTech de France. À elle seule, la métropole rennaise centralise un dixième des emplois français en e-santé. Parmi les startups innovantes, Vytruve, basée à Rennes, réalise sa première levée de fonds avec 1,5 million d’euros pour son logiciel qui permet de concevoir des prothèses 3D pour les personnes amputées, en moins d’une heure et sans plâtre. Viabeez, startup basée à Saint-Malo, a levé quant à elle 285 000 euros pour développer sa plateforme de e-santé en entreprise. Le secteur de l’habillement à Saint-Malo n’est pas en reste cette année. Avec 20 millions d’euros levés en 2021, Unseenlabs (Rennes) illustre l’intérêt des investisseurs pour le secteur du spatial. Côté industrie, la startup Stirweld (Saint-Grégoire) a levé 2 millions d’euros pour son travail sur la démocratisation du soudage par friction malaxage (pour le soudage aluminium ou les assemblages bi-matériaux).

“Nous nous réjouissons, cette année encore, de voir que les investisseurs ont répondu à l’appel des pépites métropolitaines. Notre stratégie basée sur la valorisation des secteurs d’excellence, (cybersécurité, santé, numérique…) aujourd’hui porteurs d’innovation et créateurs d’emploi, est gagnante. La décision d’implanter sa startup à Rennes repose sur l’offre de formation variée, sur la qualité des réseaux d’acteurs économiques et les talents avec lesquels chaque chef d’entreprise pourra collaborer. “Cette année encore le dynamisme de la French Tech Rennes St Malo se confirme avec deux phénomènes notables : moins de startups lèvent au final plus d’argent, avec la levée historique de plus de 100 millions de Leocare, ce qui n’est pas une fin en soi mais qui montre que les futures pépites du digital peuvent aussi naître en région.

Illustration des territoires tech bretons et du réseau French Tech

Tableaux et éléments de synthèse

ThèmeFaits marquants
Capital-risque2024: pic 234 M€, 2025: 118 M€
Entreprises dans le mapping54 nouvelles; 57 sortantes
Initiatives IA & CyberLabel4AI; Le Poool; IA & Cyber
Deeptech16,4 % des startups

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