Intermarché et le cas des magasins Casino repris: analyse d’une fermeture programmatique et de ses conséquences

La situation économique propre à ce nombre limité de magasins rend impossible l’atteinte de tout équilibre financier susceptible de permettre leur exploitation par des chefs d’entreprise indépendants mais également par la concurrence qui, à ce stade, a décliné les différentes propositions. Plusieurs raisons à cela. Avant tout, « un manque d’investissement trop important ces dernières années », selon le Groupement Mousquetaires. Ce n’est un secret pour personne, outre les prix décrochés, les supers et hypermarchés Casino étaient pour beaucoup en très mauvais état (carrelage à refaire, manque d’entretien des meubles froid, façades et parkings vétustes, etc.).

« Des taux de charges trop élevés par rapport à la réalité économique du marché et une politique commerciale inadaptée », selon le Groupement, ont eu raison de cette trentaine de projets. Aujourd’hui, la situation est bien regrettable pour ceux qui se sont lancés. Et dans les faits, il reste, dans le lot des anciens Casino repris, beaucoup d’investissements à consentir avant de revenir dans le match. Mais ce n’est pas tout. Pour certains porteurs de projet, le prix des loyers est venu sérieusement plomber la rentabilité. Car être tributaire d’un bailleur, chose prévisible lorsque l’on n’est pas propriétaire des murs, s’avérait dangereux. La preuve. C’est notamment ce qui avait dissuadé d’autres indépendants comme Coopérative U de s’engager dans l’aventure.

Pourtant, "depuis la reprise des magasins, le Groupement Mousquetaires n’a cessé de mobiliser des moyens pour relancer ces points de vente (baisse des prix, plans d’actions commerciales, …)." De fait, la majorité des sites rachetés affiche une croissance de 20 à 30% de chiffre d’affaires. Soit, selon le distributeur, la sauvegarde de 10.000 emplois en France et la création de 1.500 postes, y compris sur les plateformes logistiques. 680 salariés concernés Aujourd’hui, 680 salariés sont concernés par la très probable fermeture prochaine de ces points de vente (15 Intermarché, 4 Intermarché Hyper, 6 Netto, 3 Intermarché Express).

  1. « L’objectif d’un dialogue social transparent et de qualité est une priorité, indique le Groupement, qui accompagnera en responsabilité l’ensemble du personnel concerné tout au long de ce processus. »
  2. Ce samedi 26 avril, 25 magasins Intermarché vont définitivement fermer dans toute la France. Et trois autres pourraient bientôt suivre le mouvement.
  3. Au total, 30 Intermarché ex-Casino, auront fermé leur porte avant la fin de l’année.

Une trentaine des près de 300 supermarchés Casino rachetés par l’enseigne rouge et noir en 2023 est ainsi considérée comme « commercialement inexploitables » malgré les « moyens » investis par le groupement Les Mousquetaires (propriétaire d’Intermarché). Dans trois magasins, le dialogue avec les syndicats se poursuit selon ce que la direction a confié à nos confrères de LSA. Ce qui explique qu’une date de fermeture ne soit pas encore actée.

Carte montrant les régions avec fermetures Intermarché après rachat Casino (répartition régionale des fermetures)

En 2023, le groupement Les Mousquetaires/Intermarché avait racheté 294 magasins à Casino. Parmi eux, une trentaine sont non rentables et vont définitivement fermer. Voici lesquels. Votre magasin Intermarché va-t-il définitivement fermer ce samedi 26 avril? L'enseigne de grande distribution a récemment annoncé qu'elle allait se séparer de 30 supermarchés qu'elle avait rachetés à son concurrent Casino à l'automne 2023. À l'époque, le groupe Casino en difficulté avait cédé l'ensemble de ses hypermarchés et supermarchés à d'autres enseignes. Carrefour, Auchan, et donc Intermarché. Cette dernière avait même récupéré le plus gros lot avec 294 magasins. Mais parmi eux, certains ont été jugés "inexploitables". Une trentaine donc, répartis dans toute la France.

Infographie: flux de rachat Casino → Intermarché et nombre de fermetures prévues

Après être passés de l’enseigne Casino à Intermarché, ces magasins vont donc définitivement baisser le rideau. Dans le lot, deux ont même déjà fermé. Il s’agit de celui dans le 7e arrondissement de Lyon, clos en avril 2024. Et de celui de Boissy-Saint-Léger dans le Val-de-Marne, fermé en mai 2024.

25 magasins fermeront dès ce samedi 26 avril. Ensuite, 25 fermeront définitivement. En voici la liste complète région par région. Bretagne: Ploénour-Lanvern et Le Rheu. Normandie: Bagnoles-de-l’Orne. Centre-Val de Loire: Châlette-sur-Loing et La Riche. Nouvelle Aquitaine: Pompaire, Niort, Cenon, Fumel, Sauvagnon et Idron. Occitanie: Blagnac, Aueville-Tolosane, Millau, Decazeville, Perpignan, Pont-Saint-Esprit. Provence-Alpes-Côte d’Azur: Les Pennes-Mirabeau. Grand Est: Metz et Dombasle-sur-Meuse. Île-de-France: Meaux, Saint-Mard, Ozoir-la-Ferrière, Thillay et Fresnes.

Tableau récapitulatif des fermetures par région

Trois magasins en stand-by À ces 27 magasins déjà fermés ou sûrs de fermer s'en ajoutent trois qui restent ouverts, mais dont l'avenir est compromis. Lucé (Centre-Val de Loire), Épinal (Grand Est) et Saint-Louis (Grand Est). Dans ces trois magasins, le dialogue avec les syndicats se poursuit. Leur fermeture n’est donc pas encore actée. Le magasin Intermarché d’Issoudun a fermé définitivement ses portes, ce samedi 12 juillet en fin de journée, laissant une vingtaine de salariés sur le carreau. Pour les clients aussi, cette décision brutale est difficile à encaisser. Au magasin Intermarché d’Issoudun, Isabelle avait ses habitudes. Sa caisse numéro 6, ses collègues avec qui elle travaillait souvent en binôme et ses clients qu’elle a fidélisés au cours de ses sept années d’ancienneté.

Photo du magasin Issoudun et témoignages clients

Tout a pris fin ce samedi 12 juillet. À la fin de la journée, l’enseigne a définitivement fermé ses portes. Elle quitte Issoudun, la ville où elle était implantée depuis quarante ans. "Cela nous est tombé dessus, comme un coup de massue. On l'a appris le 26 juin, avec beaucoup de stress et d'incompréhension. J'ai passé pas mal de nuits sans dormir", confie Isabelle, en ce dernier jour de service. Les rayons boucherie et poissonnerie ont fermé en 2020. C’est le premier mauvais choix qui a été fait. Cette fermeture s’inscrit dans une dynamique de rationalisation et redressement conduite par Les Mousquetaires, justifiée par des chiffres et des perspectives de marché.

Le chiffre d’affaires actuel ne permet pas d’atteindre l’équilibre économique et de maintenir l'activité. Les mesures de reclassement sont dénoncées par l’union locale de la CGT qui représente certains salariés. "C'est à plus de 30 km d'Issoudun. Cela engendre des frais supplémentaires de déplacement qui ne sont pas pris en charge par la société. C'est compliqué d'aller travailler à Châteauroux, par exemple." En plus de sept ans d'ancienneté au magasin Intermarché d’Issoudun, Isabelle a noué des liens avec la clientèle d'habitués et a déjà retrouvé un poste dans un autre établissement.

Jugés non rentables, les magasins Intermarché de Meaux, Saint-Mard et d'Ozoir-la-Ferrière ont baissé définitivement le rideau le 26 avril. En janvier 2024, le groupement Les Mousquetaires-Intermarché annonçait le rachat de 294 magasins Casino sur tout le territoire. Un peu plus d'un an après seulement, une trentaine d’entre eux ont été jugés non rentables et les fermetures se succèdent. La Seine-et-Marne n'est pas épargnée et les magasins mentionnés ont connu le même sort avec une fermeture définitive actée le samedi 26 avril selon Le Parisien. La direction avait d'ailleurs annoncé cette décision le 3 avril dernier. 34 salariés dans l'attente Au total, 34 salariés (dix à Meaux, six à Saint-Mard et 18 à Ozoir-la-Ferrière) sont désormais dispensés d'activité, mais vont continuer à être rémunérés et restent en attente de reclassement.

Note: Le récit met en lumière les dynamiques économiques et sociales autour du rachat Casino par Les Mousquetaires et des fermetures associées, illustrant les tensions entre rentabilité, loyers, et accompagnement du personnel.

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