Berluti. Un nom immédiatement évocateur d’un savoir-faire inégalé. Advice on how to enhance a shoe’s beauty is always newsworthy. One does not polish a pair of luxury shoes like Berluti in just any way. Pour l’homme élégant d’aujourd’hui, amateur avisé de belles et bonnes choses, le soulier est la signature d’une allure.
Le cuir Venezia : un support d’exception
La Venezia leather used by Berluti was developed after years of research exclusively by and for the House. Pour pouvoir réaliser des patines aussi chatoyantes que des laques japonaises, il fallait le support parfait. C’est Olga Berluti qui met au point ce cuir de veau au tannage exclusif à la Maison et qui produit un cuir particulièrement souple, d’un grand confort, et qui permet de mettre en valeur toute la palette de couleurs. Un tannage exclusif permet à la peau de conserver son aspect naturel. Aucune imperfection ne peut être gommée et seules les meilleures peaux passent le filtre d’une sélection redoutable.
Immédiatement reconnaissable, il doit sa souplesse unique à son tannage végétal initial et sa durabilité à un second tannage aux sels minéraux. Cette pureté de la peau permet d’obtenir autant de profondeur et de nuances dans les couleurs du cuir. Ce tannage offre aussi une grande souplesse et une sensualité unique. La patine nourrit le cuir autant qu’elle en révèle la profondeur.

Origine et rôle d’Olga Berluti dans la méthode
En 1999, Olga Berluti developed a specific care ritual for Venezia leather and shares it with the Maison’s clients through a filmed patina lesson. Olga Berluti a mis au point le cuir Venezia, un cuir de veau au tannage exclusif à la Maison. Après l’acquisition de Berluti par le groupe LVMH en 1993, Olga Berluti continue d’en assumer la direction artistique jusqu’en 2011. Elle introduit des innovations - patines profondes, tatouages sur cuir, nouvelles couleurs - qui font la signature de la Maison.
Le rituel du glaçage et de la patine : étapes détaillées
Comprendre la patine, c’est comprendre pourquoi on cire. La patine, c’est l’ensemble des techniques de coloration et décoloration du cuir, par l’application de solvants, huiles essentielles, pigments et teintures. La patine de couleur est réalisée à la main par des experts coloristes.
- Nettoyage minutieux. Le rituel débute par un nettoyage minutieux, qui libère le cuir de ses cires pour le ramener à son état le plus pur. Le lait nettoyant décape le vieux cirage et la poussière logée dans les pores.
- Premières teintures. L’artisan dépose ensuite les premières teintures : les fumées soulignent les coutures, les œillets et les lignes de la chaussure.
- Couleur de cœur. Sur cette base s’invite la “couleur de cœur”, choisie par le client, que l’artisan retravaille en alternant eau et cire, entre intensité et transparence.
- Application par couches. On applique pigments et crèmes par couches successives pour creuser des contrastes, foncer les contreforts, éclaircir les pointes.
- Nourrissage et protection. Une crème nourrissante redonne souplesse et couleur; le cirage protège et fait briller. La patine nourrit le cuir autant qu’elle en révèle la profondeur.
- Glacage (glaçage miroir). Le glaçage : une fine couche de cire travaillée au chiffon avec quelques gouttes d’eau glacée, en petits cercles, jusqu’à obtenir un effet miroir.
Le principe à retenir, celui qu’elle répète : le travail se fait avec des chiffons enroulés autour des doigts, et le mouvement doit être généreux, puissant et circulaire. Le travail se fait en couches fines, toujours ce geste circulaire, généreux sur l’imperméabilisation.
Leçon de cirage et de glaçage par Olga Berluti..
Les techniques esthétiques de la Maison
Comme pour une œuvre d’art, le coloriste jongle avec les pigments, joue avec les teintures et les huiles essentielles. La patine peut ainsi être torturée (riche en dégradés de tons), flammée (avec la présence de légers traits) ou nuageuse (avec des effets de fumée). Toutes ces techniques peuvent bien sûr s’appliquer sur l’ensemble du soulier, ou simplement par endroits, sur la tige, l’empeigne, le bout.
Gorgées d’huiles essentielles, les teintes sont lumineuses, boisées, mordorées et profondes comme une laque japonaise. Il imagine la recette pour obtenir des patines aux transparences uniques.

Variantes créatives : tatouage, scarifications et autres explorations
À l’aide d’une machine à tatouer, les pigments viennent s’ancrer dans la fleur du cuir Venezia, créant un dessin indélébile. En 2003 qu’Olga Berluti lance, après des années de recherche, une technique de tatouage sur cuir. Le tatouage est réalisé avec une aiguille et des pigments, point par point, par un tatoueur spécialisé, encré à même la peau du cuir Venezia.
Pour l’esprit innovateur instillé par Olga Berluti, la Maison a fait appel à Scott Campbell, un tatoueur basé à Brooklyn dont les encrages sont considérés comme des œuvres d’art. Cet artiste a mis au point une série de tatouages exclusifs pour Berluti : motifs graphiques, calligraphies, bestiaire réinterprété, inspirations rock and roll, vintage, signes astrologiques ou chinois…
Tel un geste sur la peau humaine, le tatouage sur cuir fait entrer la matière dans une autre dimension. Au-delà du tatouage, d’autres gestes explorent la matière comme un corps vivant. Scarifications franches évoquant des cicatrices, piercings inédits qui transpercent le cuir, brûlures qui marquent son grain d’une empreinte singulière: autant de techniques qui repoussent les frontières du savoir-faire traditionnel.
Patine sur mesure et service d’atelier
Chez Berluti, le rituel commence dès l’achat avec la « première patine » : on rapporte ses souliers en cuir Venezia après une quinzaine de portés, avant la moindre crème, pour que la maison fixe la couleur en tenant compte des plis de marche déjà formés. Autrement dit, on patine d’après votre démarche.
Les créations sont réalisées exclusivement sur demande, dans un délai de trois à quatre mois, le temps nécessaire à la métamorphose de la matière. Souliers, maroquinerie, coffrets: tous peuvent devenir porteurs de ce langage sensible. Outre le savoir-faire, la qualité, l’innovation et la beauté de ses produits, Berluti se distingue par la qualité de son service. Une fois client de la Maison, vous êtes connu et reconnu lors de vos visites et le personnel se fait un devoir de satisfaire vos désirs, de comprendre vos habitudes, de définir vos goûts, mais aussi de partager son savoir et de conseiller.

Entretien domestique : conseils pratiques inspirés d’Olga
Il n’y a aucune excuse pour des souliers dont la patine ou l’entretien laisse à désirer. Les tutos sur YouTube montrant comment cirer et faire briller ses souliers sont didactiques et leurs conseils très faciles à appliquer. Ce n’est pas une question de moyens, si ce n’est de moyens que l’on se donne !
- Embauchoirs en cèdre : maintiennent la forme, absorbent l’humidité et parfument le cuir.
- Deux brosses : une en crin pour épousseter, une à reluire pour faire monter la brillance.
- Chiffons de coton : les fameuses pattes qu’Olga enroule autour des doigts.
- Lait nettoyant et crème nourrissante : le premier décape, la seconde redonne souplesse et couleur.
- Cirage de qualité : idéalement assorti à la teinte du cuir ou incolore.
- Un peu d’eau glacée pour le glaçage miroir.
La méthode tient en quelques gestes : mettez les embauchoirs, époussetez, nettoyez au lait, nourrissez à la crème (une noisette), cirez en couches fines, faites reluire, glacez avec un chiffon et quelques gouttes d’eau glacée. N’oubliez pas les lacets : en cuir, ils aiment aussi la cire.
Ce qu’il faut éviter
- Sécher près d’un radiateur : la chaleur brutale dessèche et craquelle le cuir.
- Cirer un cuir sale : c’est emprisonner la poussière sous la cire.
- Noyer le cuir sous le cirage : la cire en excès empêche le cuir de respirer.
- Oublier la trépointe : c’est elle qui prend l’eau en premier.
- Confondre cuir lisse et daim/nubuck : daim et nubuck ne se cirent jamais.
Pour une paire portée régulièrement : un cirage complet par semaine, complété d’un coup de brosse quotidien. Et pour une paire véritablement patinée, façon Berluti, on l’entretient avec une main légère pour ne pas écraser le travail de couleur, et on la confie à la Maison pour les soins lourds.
Le récit et la poésie du soulier
Avant Olga, une chaussure se vendait. Après elle, une chaussure se raconte. Olga ne prétend pas seulement à l’esthétique technique : elle impose un récit, une relation sacrée à la peau et au pied. La maison a bâti un imaginaire autour du soulier, où l’élégance se raconte par la couleur, la transparence des patines et la longévité d’un objet. Dessin, cuir, assemblage, patine et glaçage font de chaque soulier un modèle unique, une création résultant du savoir-faire et de l’artisanat de la Maison Berluti.

Quelques notes historiques et modèles emblématiques
Berluti est une maison française fondée en 1895 par le jeune Alessandro Berluti. Il dessine un soulier à lacets fait d’une seule pièce de cuir et ne présentant aucune couture apparente : ainsi est né le soulier Alessandro, symbole de la maison Berluti. À travers sa forme pure, avec ses volumes parfaitement équilibrés et sans artifice, ce richelieu trois œillets rassemble sur quelques centimètres carrés de cuir toute la quintessence de la maison.
Andy Warhol, fidèle de la rue Marbeuf, en aurait possédé plus de cent paires ; elle lui dédiera d’ailleurs un mocassin, l’Andy, devenu culte. La patine, inventée et théorisée par la Maison, a transformé la façon de concevoir et d’habiller le soulier masculin.
| Élément | Rôle |
|---|---|
| Cuir Venezia | Support souple, absorbe la couleur, vieillit magnifiquement |
| Patine | Coloration à la main, profondeur, transparences |
| Glaçage | Brillance miroir, protection |
| Tatouage / scarifications | Personnalisation extrême, geste artistique |
La maison offre un objet emprunt de poésie et de romantisme que chaque client peut s’approprier. Chez Berluti, l'histoire d'une pièce ne s'arrête pas à l'achat. Chaque création est pensée pour traverser le temps.